Les notions d'esthétique et de goût chez Kant (art)
Publié le 1 Mars 2026
Qu'est-ce que le beau et comment en juger ?
I/ Le goût selon Kant
Le goût est l'instrument de discernement esthétique, la capacité de reconnaître le beau, de porter un jugement sur les œuvres d'art. Dans sa Critique de la faculté de juger, Kant étudie le goût et pose qu'une chose est belle sous quatre aspects. Nous verrons dans un premier temps, le goût du point de vue de la qualité du jugement de goût, selon la quantité en second lieu, point conséquent du premier. En troisième lieu, nous analyserons le goût du point de vue de la relation à une fin. Le quatrième point nous sera consacré au point de vue de la modalité du jugement de goût. Enfin, dans une dernière partie, nous dépasserons le goût kantien pour nous tourner vers son concept de l’esthétique.
A) Le goût du point de vue de la qualité
La première définition est déduite de la qualité du jugement de goût. Le beau est l'objet d'une satisfaction désintéressée. Le sentiment de plaisir et de peine justifie le beau, ils s’y rapportent. Le sujet affecté par le goût ne porte pas de jugement, il ressent simplement un plaisir qui n’est pas lié à l’objet.
B) Le goût du point de vue de la quantité
Est beau ce qui plait universellement sans concept. C'est la conséquence de notre point précédent, puisque la satisfaction donnée par la représentation de l'objet est libre de tout intérêt. Celui qui ressent une satisfaction suppose que chaque homme la ressent pareillement. Nous n’avons pas pour autant une connaissance objective. Elle est cependant valable pour tous. Nous avons donc
une universalité subjective qui nous sépare de l’agréable.
C) Le goût du point de vue de la relation à une fin
La beauté est définie comme la forme de la finalité d'un objet en tant qu'elle est perçue en celui-ci sans représentation d'une fin. C'est la définition de la beauté comme finalité sans fin, formelle. A ce stade de la réflexion, nous avons une finalité subjective et formelle.
D) Le goût du point de vue de la modalité du jugement de goût
« Est beau ce qui est reconnu sans concept comme objet d'une satisfaction nécessaire». Nous avons une nécessité exemplaire. Dans ce quatrième moment, l’art est posé comme une affaire de goût mais celui-ci est perçu comme la faculté de juger d’un objet avec l’imagination.
II/ L'esthétique chez Kant
L'esthétique
proposée par Kant dans sa critique du jugement respecte mieux la spécificité de la valeur Beauté. Sa théorie de l’esthétique comprend quatre points que nous allons tenter d’éclaircir.
1
«Le beau est l'objet d'un jugement de goût désintéressé ».
2
« Le beau est ce qui plaît universellement sans concept ».
3
« La beauté est la forme de la finalité d'un objet en tant qu'elle est perçue dans cet objet sans représentation d'une fin »>.
4
« Est beau ce qui est reconnu sans concept comme l'objet d'une satisfaction nécessaire ».
Dès la première formule nous comprenons que l’esthétique ne se définit pas par rapport à l’utile ou aux plaisirs subjectifs. Nous devons reconnaître que l’art suppose la satisfaction désintéressée. La contemplation esthétique nous délivre de nos désirs, par exemple la nature morte peut donner envie de manger et la contemplation nous satisfait.
Relativement aux deuxième et quatrième formules, nous pouvons affirmer qu’il y a dans le jugement de goût quelque chose d’universel, de nécessaire. La beauté ne se réfère pas à un sentiment subjectif. Elle prétend s’élever à une valeur universelle. L’universalité n’est que de droit et non de fait. Cela se confirme par le fait que l’universalité du beau persiste même si certaines personnes ne comprennent rien aux œuvres. Cette universalité et cette nécessité sont reconnues sans concept. La valeur d'une œuvre ne se démontre pas par des raisonnements. Elle s'éprouve, ne se prouve pas.
« Universel nécessaire affectif »
La troisième formule nous enseigne que la valeur esthétique est une finalité sans fin. La finalité d’une œuvre est l’harmonie, pourtant elle est sans fin car cette même harmonie ne renvoie qu’à elle-même sans jamais renvoyer à une fin extérieure à l’art. Il y aurait par conséquent une certaine gratuité de l’art.
source :
https://www.superprof.fr/ressources/philosophie/philosophie-terminale-l/notions-esthetique-gout-kant.html
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