A Trieste è nato il primo museo del vento, che raccoglie barattoli d’aria da tutto il mondo (A Trieste est né le premier musée du vent, qui recueille des bocaux d’air de partout dans le monde)
Publié le 16 Novembre 2025
“La Bora fa paura ma anche ridere”, racconta Rino Lombardi che nel 1990 inventò la Bora in scatola
La Reppublica | culture | arte
15.11.2025
di Valerio Millefoglie
“La Bora si annuncia sempre con un cielo grigio, una quasi depressione ; e tu sai, se la conosci, che sta arrivando l’allegria, sta arrivando l’euforia”. La voce dello scrittore Pino Roveredo, scomparso nel 2023, è ancora nell’aria, tra le testimonianze audio del Museo della Bora e del Vento di Trieste. L’ha fondato Rino Lombardi, pubblicitario che nel 1999 inventò un souvenir: la Bora in scatola, e ci costruì un museo intorno. “Si prega di lasciare in disordine”, si legge all’ingresso del Magazzino dei Venti, esposizione analogica dove sembra sia appena passata una raffica a dare la sua impronta caotica. “Io sono il vento” è invece l’incipit di un’autobiografia scientifica posta all’ingresso del Borarium, un nuovo spazio inaugurato lo scorso settembre dove il racconto è sviluppato in modo più rigoroso con un percorso interattivo, mostre e conferenze. “La Bora fa paura ma anche ridere”, racconta Lombardi. “La città diventa luogo della fantasia, di cose che volano, di gente piegata, diventa lei padrona della città”.
Il museo espone le prove, o Bora-victim: un gallo segnavento realizzato dall’artista Claudio Pali e strappato dal tetto di casa sua; esemplari di corde originali che una volta venivano tese lungo le strade per far sì che i passanti potessero aggrapparvisi; un paio di scarpe chiodate per non volare via prodotte negli anni 30 nel laboratorio di calzature dell’ospedale psichiatrico. “Il vento non ha confini, siamo aperti al mondo”, dice Lombardi maneggiando i barattoli di vetro della collezione di oltre 500 venti: “Provengono dai nostri ambasciatori eolici: abbiamo un vento beethoviano da Bonn, uno da Capo di Buona Speranza. Una coppia ha fatto un viaggio di nozze a caccia di venti. Luca Mercalli ne ha raccolto uno in Val di Susa, mentre il premio Nobel László Krasznahorkai ce ne ha portato uno catturato su una collina vicino a Budapest”. Mostrare l’invisibile, cambiare direzione camminando perché il vento ha scelto per noi un’altra traiettoria, anche questo è il senso del museo.
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traduction :
« La Bora fait peur mais aussi rire », raconte Rino Lombardi qui en 1990 a inventé la Bora en boîte
La Reppublica | culture | art
15.11.2025
par di Valerio Millefoglie
« La Bora s’annonce toujours avec un ciel gris, une quasi-dépression ; et vous savez, si vous la connaissez, que la joie arrive, l’euphorie arrive ». La voix de l’écrivain Pino Roveredo, disparu en 2023, est toujours dans l’air, parmi les témoignages audio du Musée de la Bora et du Vent de Trieste. Il a été fondé par Rino Lombardi, publicitaire qui en 1999 a inventé un souvenir : le Bora en boîte, et a construit un musée autour. [La bora (de l’italien « bora ») est une tempête de pente aval du nord-nord-est qui souffle sur la mer Adriatique, la mer Noire, la Grèce et la Turquie. Sa durée est souvent d’une journée ou moins, bien que les événements prolongés de quatre à six jours ne sont pas inhabituel. En hiver, il est souvent violent, avec une vitesse moyenne de 50 à 80 km/h et des rafales qui ont été mesurées à 180 km/h sur le golfe de Trieste. Le nom bora provient de Borée, dieu de la mythologie grecque, personnification du vent du nord. ndt.]
« S’il vous plaît laisser dans le désordre », peut-on lire à l’entrée de l’Entrepôt des Vents, exposition analogique où il semble qu’une rafale vient de passer pour donner son empreinte chaotique. « Je suis le vent » est plutôt l’incipit d’une autobiographie scientifique placée à l’entrée du Borarium, un nouvel espace inauguré en septembre dernier où le récit est développé de manière plus rigoureuse avec un parcours interactif, des expositions et des conférences. « La Bora fait peur mais aussi rire », raconte Lombardi. « La ville devient le lieu de l’imagination, des choses qui volent, des gens pliés, elle devient maîtresse de la ville ».
Le musée expose les preuves, ou « Bora-victimes » : un coq girouette réalisé par l’artiste Claudio Pali est arraché du toit de sa maison ; des exemplaires de cordes originales qui étaient autrefois tendues le long des routes pour que les passants puissent s’y agripper ; une paire de chaussures clouées pour ne pas voler produites dans les années 30 par le laboratoire de chaussures d’un hôpital psychiatrique. « Le vent n’a pas de frontières, nous sommes ouverts au monde », dit Lombardi en manipulant les bocaux en verre de la collection de plus de 500 vents : « Ils viennent de nos ambassadeurs éoliens : nous avons un vent beethovénien de Bonn, un du Cap de Bonne-Espérance. Un couple a fait un voyage de noces à la recherche de vents. Luca Mercalli en a pris un dans le Val de Suse [Le val de Suse est une vallée alpine qui se trouve dans la partie occidentale du Piémont en Italie, à l’ouest de Turin, dont plusieurs parties hautes sont rattachées à la France. ndt], tandis que le prix Nobel László Krasznahorkai nous en a apporté un capturé sur une colline près de Budapest ».
Montrer l’invisible, changer de direction en marchant parce que le vent a choisi pour nous une autre trajectoire, c’est aussi le sens du musée.
frederic grolleau
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