Cependant, on le sait bien, le besoin n’est pas le seul moteur du travail. L’homme est aussi un être de désirs. La puissance de son désir le porte à nourrir des ambitions, à ne pas se contenter de ce qu’il a, à se comparer aux autres, à rivaliser, etc. C’est pourquoi les hommes entrent souvent en désaccord à propos du partage de la richesse produite par leur travail. En ce sens, le travail divise, car il est à l’origine de l’apparition d’intérêts divergents, voire opposés.
Loin de satisfaire les appétits et les désirs de tous, la richesse produite par le travail excite les convoitises à tel point que, comme le proposait Marx, il est possible d’interpréter le cours de l’histoire humaine comme la conséquence du conflit, donc de la division entre les différentes classes sociales qui forment une société. Celles-ci se définissent en effet selon le rôle qu’elles occupent dans la division sociale du travail, leur rapport aux outils de production (propriétaires ou pas).
À l’échelle internationale, les relations économiques d’interdépendance entre États ne sont pas une assurance pour le maintien de la paix. Les raisons qui poussent à ne pas entrer en guerre sont les mêmes que celles qui incitent à le faire : l’impérialisme et le colonialisme sont les conséquences du besoin d’accaparer les richesses des autres peuples ou de les exploiter à son profit.