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    <title><![CDATA[fredericgrolleau.com (critik DVD)]]></title>
    <link>http://www.fredericgrolleau.com/categorie-380954.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;critik DVD&quot; du blog &quot;fredericgrolleau.com&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Thu, 09 Feb 2012 12:18:17 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 09 Feb 2012 12:18:17 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.fredericgrolleau.com</copyright>            <category>critik DVD</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Shutter island]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-shutter-island-55357185.html</link>        <description><![CDATA[<div dir="ltr">
    <p class="spip">
      <strong>L’enfer, c’est l’il perdu dans la mer.</strong>
    </p>
  </div>
  <div dir="ltr">
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666;"><img height="300" width="200" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/shutterH.jpeg" align=
      "left" border="2">L’histoire<br></span></strong>En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l’île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique
      où sont internés de dangereux criminels. L’une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée de l’extérieur&nbsp;? Le
      seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre cohérente d’une malade, ou
      cryptogramme&nbsp;?<br></span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666;">L’appel de la mer<br></span></strong>Au fil des séquences, on découvre en fait assez
      vite que la véritable incohérence est ailleurs, plus proche de nous. Pour être exact, dans la tête du personnage principal aussi harcelé par la tempête qui se déchaîne soudain sur l’île que par
      les images d’un double traumatisme antérieur&nbsp;: la mort de sa femme dans un incendie et les images de guerre de libération du camp de Dachau vécue par Daniels quand il était G.I.<br>
      C’est surtout à partir de cette imbrication psychologique que Scorsese, inspiré par le roman originaire de Dennis Lehane, commence de tisser sa toile entremêlant avec savoir-faire folie, vérité
      et rédemption. Car à n’en pas douter, <em>Shutter island</em>, plus qu’une énième oeuvre sur la théorie du complot, est un film sur le secret, le temps de latence. Entre rétention et
      déformation continue, Teddy Daniels n’est en effet pas aussi clair que l’on pourrait croire et il aura bien besoin, malgré son mal de mer (sic) qui ouvre le film, de toute l’eau qui l’entoure
      pour purifier son âme des horreurs que sa mémoire-rétine a enregistrées. Débute un redoutable échange alors, sous les yeux du spectateur pris au piège de la pseudo-objectivité de la caméra,
      entre l’oeil malade de Daniels et l’oeil scrutateur du cinéaste (<em>shutter</em> désigne au sens propre l’obturateur, ce qui permet la projection des images...<br>
      C’est sur la sinistre île-forteresse de Shutter Island, ce centre de détention psychiatrique isolé au large de Boston où les déments ne cessent de «&nbsp;se faire des films&nbsp;», que la
      grande révélation aura lieu, soulignée par la musique grave de Gustav Mahler.</span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <img height="186" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/shutter-island1.jpeg" align="middle" border="2">
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666;">Shutter island&nbsp;: un fort clos ou un forclos&nbsp;?<br></span></strong>On
      intuitionne sans peine que Daniels, plus que coupé du monde par un dispositif topologique, est séparé de lui-même, schizé par l’afflux des représentations mentales susnommées qui l’empêchent de
      "voir" le réel. Si chacun de nous apparaît comme prisonnier de lui-même et de son inconscient, l’obturateur peut aussi bien se donner (et se vivre) comme obstruction. Regard devenu écran, au
      grand dam de la vérité-image, elle-même dédoublée dans la tradition grecque entre idole et icone. L’objectif -sans jeu de mot - du film consiste bien à nous permettre d’analyser le sens que
      donne Daniels aux évènements qui se déorulent face à lui sur l’île. Fantasme ou réalité&nbsp;? Délire ou rationalité&nbsp;? Shutter island est-elle une prison close sur d’innombrables
      secrets&nbsp;? pourquoi l’administration locale ne coopère-t-elle pas&nbsp;? le marshall Daniels est-il ou non victime d’une terrible conspiration&nbsp;?<br>
      Scorsese illusre ainsi de façon magistrale le terme psychanalytique de «&nbsp;forclusion&nbsp;» élaboré par Jacques Lacan pour traduire verwerfen, verwerfung employés par Sigmund Freud à propos
      de «&nbsp;L’homme aux loups&nbsp;» (in <em>Cinq psychanalyses</em>) pour désigner comment <em>ce qui est du dedans revient du dehors</em>. Lacan qui traduit d’abord&nbsp;le mot allemand par
      «&nbsp;rejet&nbsp;» (le verbe verwerfen signifiant avorter pour les animaux) choisit après quelques tâtonnements «&nbsp;forclusion&nbsp;» qui renvoie à <em>clore dehors</em> du latin for,
      foris&nbsp;: ce qui est mis de côté, à part&nbsp;; et clore&nbsp;: fermer. Mais où donc est le dehors ici&nbsp;? Et Daniels est-il jamais au dedans de qui/quoi que ce soit&nbsp;?</span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <img height="186" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/Shutter-Island2.jpeg" align="middle" border="2">
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666; font-size: 14pt;">R</span></strong>épondre à ces questions suppose d’abord de revenir sur
      le statut accordé au cinéma dans les années 20 par les théoriciens de l’inconscient - l’on songe ici à la légendaire opposition entre Freud (pour qui l’image était incapable de dire le désir
      qu’elle représente) et Abraham soutenant au contraire qu’une telle transposition était possible (l’écran cinématographique pouvant alors en quelque sorte «&nbsp;ojectiver&nbsp;» le rêve ). Or
      s’il est un «&nbsp;inconscient visuel du cinéma&nbsp;» (les termes sont empruntés à Walter Benjamin dans dans <em>L’œuvre d’art au temps de sa reproductibilité mécanique</em> (1936), qui tente
      de sortir de l’alternative précitée en faisant du cinéma un dispositf ayant sa loi propre), la question importe de déterminer si cet inconscient est dépendant ou non de l’inconscient de type
      freudien - en découle le statut de vérité/libération attribué dès lors à l’image cinématographique.<br>
      Sur ce point, il faut s’arrêter chez Scorsese sur le plan où le Dr Naehring, médecin psychiatre allemand de l’île, explique à Daniels que dans la langue germanique il existe une parenté
      sémantique entre le traumatisme («&nbsp;Trauma&nbsp;») et le rêve («&nbsp;Traum&nbsp;»), induisant a priori que le cinéma servirait à représenter le rêve traumatique en tant qu’indice du
      traumatisme réel ayant perturbé la psyché du patient ou de l’analysé.</span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <img height="225" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/shutter-island3.jpg" align="middle" border="2">
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666;">Le devoir de mémoire&nbsp;: une folie</span></strong><br>
      Autant dire que nous sommes tous des névrosés (traumatiques, ce qui n’est pas nouveau sous le soleil depuis Freud) et que, tout au plus, le réel ne vaut que comme la réalisation d’un rêve
      traumatique... auquel cas le cinéma qui expose les représentations psychopathologique de ses héros est on ne peut plus sinon vérace du moins réaliste. Précisément, c’est là où le bât blesse
      dans <em>Shutter island</em>, ce qui contribue selon nous à rendre flottant ce qui eût pu être un thriller haletant&nbsp;: en effet, si l’on comprend bien que le réalisateur cherche à nous
      expliquer ce qui a pu motiver la dérive mentale du marshal à partir de la mort de sa femme et des corps des déportés exécutés en masse, femmes et enfants surtout, qu’il a observés en tant que
      soldat, pourquoi donc y aurait-il au juste un lien (inconcsient certes) entre le passé de Daniels qui s’expose à l’écran à coups de flash-back envahissant et la psychopathologie du
      personnage&nbsp;?</span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666; font-size: 12pt;">L</span></strong>a fin du film révèle que dans la réalité, la femme de
      Daniels a tué leurs trois enfants - on ne saura pas à vrai dire pourquoi - et qu’il l’a exécutée ensuite. Faut-il en déduire que marqué par la libération de Dachau (qui, au passage, n’a rien à
      voir avec Auschwitz&nbsp;: que vient donc faire dans cette galère traumatique l’image de la devise Arbeit macht frei&nbsp;???), Daniels a eu le désir inconscient de tuer les trois enfants issus
      de son mariage, et que c’est sa femme qui va accomplir ce désir pour lui&nbsp;? -&nbsp;rien ne justifie dans le roman ou dans le film cette idée. Que face aux drames impossibles à assumer, à la
      culpabilité qui nous ronge, Dame folie peut se faire protectrice&nbsp;?<br>
      En ce sens, Daniels n’a rien du Surhumain défini par Nietzsche comme celui qui affronte lucidement la vie, avec toute la souffrance qu’elle comporte. Or donc, si certaines souffrances sont trop
      rudes à affronter sans illusion, le marshal Daniels ne quittera jamais, sain et sauf, Shutter Island. Il est des blessures qui, comme les rêves on le sait, peuvent créer des monstres. Et le
      héros n’a pas (suffisamment) conscience ici de son degré de blessure morale pour l’affronter.&nbsp;<em>Vaut-il mieux vivre comme un monstre ou mourir en homme bien</em>&nbsp;? demande-t-il
      <em>in fine</em>, dans un dernier jeu du chat et de la souris entre le réel et le fictif. La boucle n’est pas bouclée, elle se répète, c’est bien pire. <em>Quod erat
      demonstrandum.</em></span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <img height="225" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/shutter-island4.jpg" align="middle" border="2">
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666;">L’enfer, c ’est l’il perdu dans la mer<br></span></strong>Si c’est une façon pour
      Scorsese de dire que le souvenir rend fou et que les cinéastes peuvent jouer à leur guise de l’«&nbsp;inconscient freudien&nbsp;», le procédé nous semble assez curieux. D’autant que Daniels
      laisse entendre que le phare de l’île doit être le lieu d’expérimentations sur les malades-cobayes à faire frémir ...et dignes des camps de concentration.<br>
      Une chose est sûre&nbsp;: en passant de l’enquête policière à l’effondrement intérieur d’un homme le film alimente les débats et suscite le questionnement philosophique. Daniels cherche moins à
      fuir désespérément Shutter Island qu’il n’évite de se regarder dans sa vérité. Et si la véritable tragédie était celle que chacun porte en soi tel un masque qui nous maintient à flot plutôt que
      dans la conspiration toujours possible des autres contre nous&nbsp;?<br>
      L’enfer, c’est l’il perdu dans la mer.</span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><em><strong><span style="color: #996600; font-size: 14pt;">Shutter island</span></strong></em><br></span></span><span style=
      "font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong>Réalisateur&nbsp;: Martin Scorsese<br>
      Acteurs&nbsp;: Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley<br></strong></span></span><span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong>Studio&nbsp;: Paramount<br>
      Date de sortie du DVD&nbsp;: 24 juin 2010<br>
      Durée&nbsp;: 137 minutes<br>
      Prix&nbsp;: 19,99 euros</strong></span></span>
    </p>
  </div>
  <div>
    <br>
    <table class="pointeur" style="text-align: justify;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="30"></table>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Aug 2010 18:47:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">f612e925100d3773ddf7c409dac3422c</guid>
                <category>critik DVD</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-shutter-island-55357185-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Lovely bones]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-lovely-bones-54592084.html</link>        <description><![CDATA[<div dir="ltr">
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      <strong><span style="font-size: 12pt;">Le paradis, ça se mérite</span>.</strong>
    </p>
  </div>
  <div dir="ltr">
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><em><span style="color: #9933cc;"><img height="300" width="200" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/lov.jpeg" align="left" border=
      "2">Violée et assassinée, une jeune fille de 14 ans découvre le monde depuis le paradis. Elle voit ses parents et sa famille ravagés par le drame, elle observe le détective chargé de l’enquête
      et elle aperçoit son meurtrier poursuivre ses sanglants méfaits.</span></em><br></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff9900;">Ou la porte du Paradis</span></strong><br>
      Le sujet porte facilement à la guimauve et le terrain n’est pas sans risques pour le réalisateur imposant de <em>King Kong</em> ou du <em>Seigneur des anneaux</em> I, II, III. Sans doute
      celui-ci a-t-il voulu revenir vers la veine intimiste de son <em>Heavenly creatures</em> ("Créatures célestes", 1994) où déjà le titillait la préoccupation du paradis. Mais justement, le
      paradis ça se mérite et il semble bien que Susie Salmon ne soit pas encore prête, c’est la thèse intéressante du film, à le gagner (à tous les sens du terme). Dans l’attente de la punition
      infligée au coupable, elle se condamne donc elle-même à errer dans les limbes. Prisonnière du purgatoire.<br></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff9900; font-size: 14pt;">L</span></strong>a critique, certes, n’y est pas allée de main morte - c’était de
      circonstance, me direz-vous - avec la représentation jacksonienne de cet entre-deux mondes&nbsp;: parure kitsch pour les uns, chromo publicitaire insupportable pour les autres, les méchantes
      langues n’ont voulu retenir de l’approche de Jackson que son côté vintage, occultant alors en quoi ces «&nbsp;adorables ossements&nbsp;», pour traduire le titre inspiré du plat roman d’Alice
      Sebold, <em>La Nostalgie de l’ange</em> (J’ai lu, 2003), mettaient tout simplement en exergue, et non sans une poésie visuelle certaine, la question du deuil d’un être aimé et l’ensemble des
      conséquences sismiques que provoque sur autrui sa disparition.<br></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><img height="186" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/lov2.jpeg" align="middle" border="2"><br>
      <br>
      <strong><span style="color: #ff9900; font-size: 14pt;">A</span></strong>insi, ni film de vengeance basique ni teen-movie réducteur, <em>Lovely bones</em> vaut avant tout comme une étude de
      moeurs sur le sens de la famille et l’irréversible au sens jankélévitchien, ce dont atteste la subtile scène du dédoublement où Susie croit échapper à son bourreau dans le piège qu’il lui a
      concocté sous le champ de blé proche de sa maison. La couleur - par le biais des décors féériques et magnifiques - est donnée d’emblée&nbsp;: le bonheur de cette famille de Pennsylvanie n’est
      pas destiné à durer&nbsp;; reste à savoir si le meurtrier sera ou pas démasqué pour que l’âme de la jeune fille repose en paix.<br>
      Sans une once de morale, non plus qu’une ribambelle d’effets spéciaux qui eussent été spécieux ici, Jackson parvient finalement à présenter le plus grand malheur qui nous guette - notre mort
      proche - comme un paradoxal bonheur à réinventer. Une jeune fille assassinée qui n’arrive pas à quitter les vivants, sa famille qui ne peut se résoudre à sa perte&nbsp;: un basculement
      incessant entre le monde des morts et des vivants, qui fait place belle au non-figuré, à méditer.<br></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <img height="186" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/lovely1.jpeg" align="middle" border="2">
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <strong><span style="font-family: Verdana; color: #cc33cc; font-size: 14pt;"><em><br>
      Lovely bones</em></span></strong> <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><br>
      Réalisateur&nbsp;: Peter Jackson<br></span><span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;">Interprètes&nbsp;: Mark Walhberg, Rachel Weisz, <span style="color: #000000;">Saoirse Ronan,
      Susan Sarandon</span><br>
      Durée&nbsp;: 2h08<br></span><span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;">Date de sortie&nbsp;: 10 février 2010<br></span><span style="font-size: 10pt;"><span style=
      "font-family: Verdana;">Editeur&nbsp;: Paramount Home Entertainment<br></span><span style="font-family: Verdana;">Prix&nbsp;: 19,99 euros.</span></span>
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Wed, 28 Jul 2010 14:28:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6461d1c16205caccab67df8a67f12096</guid>
                <category>critik DVD</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-lovely-bones-54592084-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Apocalypto]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-7234246.html</link>        <description><![CDATA[<div dir="ltr"><strong>
<p class="spip" align="justify"><em>Une grande civilisation n&rsquo;est conquise de l&rsquo;ext&eacute;rieur que si elle s&rsquo;est d&eacute;truite de l&rsquo;int&eacute;rieur</em>...<br /><font face="Verdana"><font size="2"><font color="#000000"><font color="#996600"><strong><font size="3"><br /><font color="#ff6600" size="2">L&rsquo;histoire</font><br /></font></strong></font><br /></font><strong><font color="#808080" size="4">A</font></strong>m&eacute;rique centrale du XVI<sup>e</sup> si&egrave;cle. Cr&eacute;puscule de la civilisation maya, peu avant la conqu&ecirc;te espagnole. Une tribu de chasseurs sylvestres est victime d&rsquo;une terrible attaque port&eacute;e par des guerriers mayas. Apr&egrave;s la destruction de leur village, les prisonniers survivants sont conduits jusqu&rsquo;&agrave; la cit&eacute; de pierres de ces Mayas pour y &ecirc;tre sacrifi&eacute;s. <br /></font></font><font face="Verdana"><font size="2"><font color="#996600"><strong><font color="#ff6600"><br />Mon Maya, mon ami</font></strong> <br /><br /></font><strong><font color="#808080" size="4">L</font></strong>e cin&eacute;aste dont on conna&icirc;t l&rsquo;engagement religieux, semble faire d&rsquo;une pierre plusieurs coups en jouant dans cette apocalypse maya - caus&eacute;e par une raison qui demeure encore assez myst&eacute;rieuse aujourd&rsquo;hui&nbsp;: r&eacute;voltes, crise &eacute;cologique, &eacute;puisement des ressources&nbsp;? -&nbsp;avec l&rsquo;id&eacute;e de la fin de notre propre monde mais aussi en mettant en sc&egrave;ne l&rsquo;&eacute;cologisme inquiet devenu depuis peu le credo de soci&eacute;t&eacute;s occidentales en mal de rep&egrave;res. Et voici, dans une nature sauvage id&eacute;alis&eacute;e &agrave; outrance, Patte-de-Jaguar qui se transforme en apologue des premi&egrave;res origines loin des enfers climatis&eacute;s rurbains que la cit&eacute; maya semble condenser de fa&ccedil;on assez curieuse au regard des r&eacute;cits de voyage dont on dispose &agrave; cet &eacute;gard. <br /><br /><strong><font color="#808080" size="4">C</font></strong>omme la volont&eacute; de sonder les soci&eacute;t&eacute;s pr&eacute;hispaniques n&rsquo;a pas toujours procur&eacute; au cin&eacute;ma ses plus grands chefs-d&rsquo;&oelig;uvre, Mel Gibson ne risquait-il pas toutefois, en&nbsp;s&rsquo;emparant de&nbsp;ce th&egrave;me, de nous livrer un avatar du&nbsp;<em>1492</em> de Ridley Scott truff&eacute; de contresens historiques&nbsp;? Sans doute l&rsquo;habilet&eacute; du r&eacute;alisateur lui permet-elle d&rsquo;&eacute;viter d&rsquo;embl&eacute;e l&rsquo;accusation d&rsquo;ethnocentrisme occidental, &agrave; partir du moment o&ugrave; les acteurs s&rsquo;expriment en yucat&egrave;que. Sans verser pour autant dans l&rsquo;arch&eacute;ologie d&rsquo;un savoir anthropologique il y a l&agrave; du moins une inscription louable dans le symbolique. Reste que les Am&eacute;rindiens qui n&rsquo;&eacute;taient certes pas des saints avant l&rsquo;heure sont pr&eacute;sent&eacute;s pour l&rsquo;essentiel ici sous un angle des plus binaires&nbsp;; soit de bons sauvages qui roulent des yeux, soit des monstres assoiff&eacute;s de sang. La marge de man&oelig;uvre est assez faible entre les deux postures... &agrave; moins de voir dans l&rsquo;&oelig;uvre une m&eacute;ditation plus g&eacute;n&eacute;rale sur le peuple maya qui souffre (ses villageois, ses soldats, ses enfants, ses travailleurs).<br /></font></font><font face="Verdana"><font size="2"><font color="#000000">C</font>ette civilisation maya r&eacute;duite dans <em>Apocalypto</em> &agrave; une cit&eacute; en proie au d&eacute;clin et &agrave; un peuple forestier ne fait donc qu&rsquo;illustrer le vieux pr&eacute;cepte selon lequel l&rsquo;histoire humaine n&rsquo;est qu&rsquo;un bain de sang. Dont acte et tant pis pour &quot;les Grecs du Nouveau Monde&quot;&nbsp;! </font></font></p>
</strong></div>
<div dir="ltr">
<p align="center"><img height="298" alt="" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/gibsonmel_apocalypto2.jpg" width="450" align="middle" border="2" /></p>
<p class="spip" align="justify"><font size="2"><font face="Verdana"><font color="#ff6600"><strong>L&rsquo;Autre, un miroir impossible</strong> <br /></font><br /></font><font face="Verdana"><strong><font color="#808080" size="4">M</font></strong>ais le film p&egrave;che aussi par ce qui l&rsquo;&eacute;l&egrave;ve&nbsp;: plut&ocirc;t que de nous pr&eacute;senter les prototypes m&ecirc;mes du bon sauvage, Gibson choisit d&rsquo;exploiter <em>ad nauseam</em> leur intol&eacute;rable violence fratricide. Ainsi l&rsquo;on peut bien interpr&eacute;ter les interrelations entre les protagonistes comme un hymne &agrave; une prise de conscience d&rsquo;une alt&eacute;rit&eacute; encore mal pens&eacute;e&nbsp;: en substance, les gentils Mayas qui sont m&eacute;chants avec le tapir qu&rsquo;ils chassent et tuent dans la premi&egrave;re s&eacute;quence du film vont devenir la proie de vrais m&eacute;chants Mayas qui vont les sacrifier avant que ces derniers eux-m&ecirc;mes ne deviennent la cible des conquistadores qu&rsquo;on voit d&eacute;barquer dans les derni&egrave;res images fort anachroniques. Moralit&eacute;&nbsp;: nul ne saurait jamais reconna&icirc;tre &agrave; temps la nature de l&rsquo;alter ego qui appara&icirc;t, ce qui fait qu&rsquo;en tout homme sommeillerait un tapir injustement traqu&eacute; qui s&rsquo;ignore&nbsp;! Preuve en est qu&rsquo;un des poursuivants de Patte-de-Jaguar succombera au m&ecirc;me pi&egrave;ge ayant servi &agrave; triompher de l&rsquo;animal innocent dans la sc&egrave;ne d&rsquo;ouverture.</font></font></p>
<p class="spip" align="justify"><font face="Verdana" size="2"><strong><font color="#808080" size="4">M</font></strong>ais l&rsquo;on peut aussi comprendre cette violence ruisselante, &agrave; l&rsquo;instar de <em>La Passion du Christ</em> et de <em>Braveheart</em> - contraction filmique entre les premiers hommes de l&rsquo;&eacute;tat de nature (fictif) de type hobbesien dans le <em>L&eacute;viathan</em> et les Tahitiens du Diderot du <em>Suppl&eacute;ment au voyage de Bougainville</em> - comme une justification de la future conqu&ecirc;te par les hommes blancs de populations d&rsquo;Indiens polyth&eacute;istes ne sachant plus comment s&rsquo;attirer les gr&acirc;ces de dieux ayant d&eacute;sert&eacute; les pyramides. N&rsquo;est-ce pas le sens de la formule pr&eacute;liminaire de Will Durant (<em><font color="#ff6600">Une grande civilisation n&rsquo;est conquise de l&rsquo;ext&eacute;rieur que si elle s&rsquo;est d&eacute;truite de l&rsquo;int&eacute;rieur</font></em> dans son <em>Histoire de la civilisation</em>), auquel cas Mel Gibson proposerait l&agrave; une lecture assez simpliste et unilat&eacute;rale pour comprendre la chute des Mayas et la victoire des Espagnols&nbsp;? <br />Autant dire que les conqu&eacute;rants ne sont pas responsables (ils n&rsquo;en sont que l&rsquo;occasion) du g&eacute;nocide unique cons&eacute;quence d&rsquo;une d&eacute;composition interne des soci&eacute;t&eacute;s pr&eacute;colombiennes. Tout le probl&egrave;me historique de la th&egrave;se gibsonienne est l&agrave; d&rsquo;ailleurs car, pour inform&eacute; que l&rsquo;on soit, rien - sauf une illusion r&eacute;trospective - n&rsquo;indique que la civilisation maya &eacute;tait en pleine d&eacute;cadence quand les Espagnols d&eacute;barqu&egrave;rent. L&rsquo;effondrement de n&rsquo;importe quelle civilisation peut s&rsquo;expliquer&nbsp;&agrave; chaque fois par ce fallacieux pr&eacute;texte&nbsp;! </font></p>
<p align="center"><font face="Verdana" size="2"><img height="300" alt="" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/gibsonmel_apocalypto3.jpg" width="450" align="middle" border="2" />
<p class="spip" align="justify">&nbsp;<font face="Verdana" size="2"><strong><font color="#808080" size="4">L</font></strong>a version de Gibson expliquant que les gigantesques empires d&rsquo;Am&eacute;rique ont &eacute;t&eacute; mis &agrave; bas aux XV<sup>e</sup> et XVI<sup>e</sup> si&egrave;cles de notre &egrave;re par quelques centaines de soldats espagnols parce que le g&eacute;ant maya &eacute;tait malade de sa violence et de son cannibalisme consacr&eacute;s &agrave; d&rsquo;inqui&eacute;tantes idoles, est au moins pol&eacute;mique. </font></p>
</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="spip" align="justify"><font face="Verdana" size="2"><strong><font size="4"><font color="#0033ff"><font color="#ff6600" size="2">Le Jaguar &eacute;tait un bouc<br /></font></font><font color="#808080">S</font></font></strong>i la richesse d&rsquo;une &oelig;uvre se reconna&icirc;t &agrave; la multiplicit&eacute; des ex&eacute;g&egrave;ses qu&rsquo;elle est &agrave; m&ecirc;me de susciter, soyons rassur&eacute;s sur ce point&nbsp;: <em>Apocalypto</em> interroge sur la l&eacute;gitimit&eacute; comme sur la condamnation de toute violence suppos&eacute;e fondatrice au service des civilisations. Dans cette perspective, l&rsquo;on pourrait aussi bien interroger le nomadisme eschatologique final de Patte-de-Jaguar aux confins de la Nature, &quot;dans la for&ecirc;t&quot;, &agrave; l&rsquo;aune des th&egrave;ses de Ren&eacute; Girard et de Derrida sur la n&eacute;cessit&eacute; du bouc &eacute;missaire pour consolider le fait social&nbsp;: n&rsquo;est-ce pas le propre du <em>pharmakon</em> que d&rsquo;intuitionner combien une civilisation plus d&eacute;velopp&eacute;e entra&icirc;ne une cruaut&eacute; plus grande&nbsp;? <br />En &eacute;cho &agrave; cela on retrouve dans le film cette autre abyssale et lancinante question&nbsp;: Qu&rsquo;est-ce qui &eacute;l&egrave;ve ou d&eacute;truit une civilisation&nbsp;? Pourquoi, civilis&eacute;s ou non, les hommes ne cessent-ils jamais de se ha&iuml;r&nbsp;? <br /></font><font face="Verdana" size="2">Toujours est-il, et il sera difficile de le lui contester, que Mel Gibson marque les images d&rsquo;<em>Apocalypto</em> d&rsquo;une puissance visuelle quasi hallucinatoire. </font></p>
<p align="center"><img height="293" alt="" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/gibsonmel_apocalypto1.jpg" width="450" align="middle" border="2" /></p>
<p class="spip" align="justify"><font face="Verdana" size="2"><strong><em><font color="#996600" size="3"><font color="#ff6600">Apocalypto</font><br /></font></em>R&eacute;alisateur&nbsp;:</strong><br />Mel Gibson<br /><strong>Avec&nbsp;:<br /></strong>Rudy Youngblood, Raoul Trujillo, Gerardo Taracena, Dalia Hernandez<br /><strong>Dur&eacute;e&nbsp;:</strong><br />2H18<br />DVD format PAL, Studio TF1 Vid&eacute;o, 6 septembre 2007 - 17,99 &euro;.</font></p>
</div>
<a accesskey="j" href="http://www.lelitteraire.com/ecrire/articles.php3?id_article=3112#access-j" name="access-j"></a>]]></description>
        <pubDate>Wed, 07 Nov 2007 16:10:47 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">997fc2ac2db3b7841a413670ed0b47d2</guid>
                <category>critik DVD</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-7234246-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Assurance sur la mort]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-4674500.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><font size="2" face="Verdana" color="#808080"><strong>Les 2 versions d'un article paru dans Philosophie Magazine n&deg;5 (fin nov. 2006), rubrique DVD</strong></font></p>
<div style="text-align: justify;"> </div>
<p style="text-align: justify;"><strong><font size="2" face="Verdana"><em><img width="200" height="300" class="GcheTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/assu.jpg" />Assurance sur la mort</em> (Double indemnity) de Billy Wilder<br /></font><font size="2" face="Verdana">2 DVD collector</font></strong></p>
<div style="text-align: justify;"> </div>
<p style="text-align: justify;"><font size="2" face="Verdana">Kant n&rsquo;y voit qu&rsquo;un pur &laquo; contrat civil &raquo;. Hegel, lui le consid&egrave;re surtout comme une formalit&eacute; juridique permettant un &laquo; usage r&eacute;ciproque &raquo; de la jouissance du sexe de son partenaire. Quant &agrave; Phyllis Dietrichson, l&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne de &laquo; Assurance sur l&rsquo;&eacute;chafaud &raquo; r&eacute;alis&eacute; par Billy Wilder en 1944, elle semble avoir le mariage en pi&egrave;tre estime. Cette mante religieuse s&eacute;duit en effet un employ&eacute; d'une compagnie d'assurances, Walter Neff, pour supprimer son mari encombrant et partager avec lui l'assurance-vie de son &eacute;poux, dont la prime double en cas de mort accidentelle.</font></p>
<div style="text-align: justify;"> </div>
<p style="text-align: justify;"><font size="2" face="Verdana">Ce film noir co-&eacute;crit par le romancier Raymond Chandler introduit ainsi dans la soci&eacute;t&eacute; un nouveau genre d&rsquo;assassin : celui qui, ni mis&eacute;reux ni gangster, se r&eacute;v&egrave;le juste un cadre moyen. Dont la motivation fondamentale est le sexe. Pouss&eacute; au gain par sa ma&icirc;tresse, Neff passe &agrave; l&rsquo;acte. Le crime semble parfait, las, le paiement de la prime est retard&eacute; par l'enqu&ecirc;te de Keyes, chef du contentieux de la compagnie d&rsquo;assurance et coll&egrave;gue de Neff.</font></p>
<div style="text-align: justify;"> </div>
<p style="text-align: justify;"><font size="2" face="Verdana">La morale du film, o&ugrave; le destin prend sa part, est claire : Neff et Phyllis s&rsquo;entretuent ; de la double indemnit&eacute; on arrive &agrave; une triple ex&eacute;cution. Magnifi&eacute;e par une implacable lumi&egrave;re. Preuve en est que nul ne peut pr&eacute;voir le cours de sa vie et se garantir contre le contingent ultime. Fond&eacute;e sur l'id&eacute;e de risque al&eacute;atoire, rationalis&eacute;, dont la couverture est financ&eacute;e par le paiement d'une cotisation., l&rsquo;assurance ne pr&eacute;munit donc ni contre le mauvais mariage ni contre la passion dans ce qu&rsquo;ils ont de plus inattendu. Telle est limite de toute &laquo; protection sociale &raquo;&hellip;</font></p>
<div style="text-align: justify;"> </div>
<p style="text-align: justify;"><font size="2" face="Verdana">De ce point de vue, observe Wilder, il n&rsquo;existe pas d&rsquo;assurance tous risques dans les relations humaines. Chacun peut bien certes s&rsquo;assurer sur la mort, mais il n&rsquo;est pas aussi ais&eacute; de s&rsquo;assurer contre elle. &laquo; Nul n&rsquo;est parfait &raquo; conclut le tatillon Keyes, dans une formule qui s&rsquo;applique de mani&egrave;re &eacute;gale &agrave; tous les protagoniste du drame.</font></p>
<div style="text-align: justify;"> </div>
<p style="text-align: justify;"><font size="2" face="Verdana"><strong><font color="#ff9900">Fr&eacute;d&eacute;ric Grolleau</font></strong></font></p>
<div style="text-align: justify;"> </div>
<p style="text-align: justify;"><font size="2" face="Verdana" color="#808080"><strong>Version 1 (non retenue)</strong></font></p>
<div style="text-align: justify;"> <font size="2" face="Verdana"><font color="#ff9900">
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><font size="3" face="Times New Roman" color="#000000">A la diff&eacute;rence de Kant qui le rabaisse &agrave; un pur &laquo;&nbsp;contrat civil&nbsp;&raquo; (<em>Principes m&eacute;taphysiques de la doctrine du droit</em>, &sect; 24), le mariage selon le Hegel des <em>Principes de la Philosophie du Droit</em> est surtout un contrat pour un &laquo;&nbsp;usage r&eacute;ciproque&nbsp;&raquo; de la jouissance du sexe de son partenaire (La vie &eacute;thique, 1&egrave;re section, &sect; 161 sqq.). C&rsquo;est donc &laquo;&nbsp;essentiellement une relation &eacute;thique&nbsp;&raquo; mais il faut croire que Phyllis Dietrichson (Barbara Stanwyck), l&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne de &laquo;&nbsp;Assurance sur la mort&nbsp;&raquo; (<em>Double Indemnity</em>) r&eacute;alis&eacute; par Billy Wilder en 1944, a assez peu &eacute;tudi&eacute; la philosophie. Cette mante religieuse s&eacute;duit en effet un employ&eacute; d'une compagnie d'assurances, Walter Neff, pour supprimer son mari encombrant et partager avec lui l'assurance-vie de son &eacute;poux (dont la prime double en cas de mort accidentelle).</font></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><font size="3"><font color="#000000"><font face="Times New Roman">&nbsp;
<p class="MsoBodyText" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><font size="3" face="Times New Roman" color="#000000">Ce film noir co-&eacute;crit par Raymond Chandler introduit ainsi dans la soci&eacute;t&eacute; de L.A un nouveau genre d&rsquo;assassin&nbsp;: celui qui, ni mis&eacute;reux ni gangster, se r&eacute;v&egrave;le juste un cadre moyen. Dont la motivation fondamentale est le sexe. Pouss&eacute;e au gain par sa ma&icirc;tresse, Neff assassine son &laquo;&nbsp;rival&nbsp;&raquo;. Le crime semble parfait, las, le paiement de la prime est retard&eacute; par l'enqu&ecirc;te que m&egrave;ne un coll&egrave;gue de Neff, m&eacute;ticuleux chef du contentieux&hellip; </font></p>
</font></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><font size="3" face="Times New Roman" color="#000000">La fatalit&eacute; et la morale du film laissent entendre qu&rsquo;elle aurait mieux fait, la gente Phyllis, de se plonger plus dans la philosophie que dans les comptes en banque. Car elle aurait pu lire cette d&eacute;finition, contre Hegel, du divorce par Marx dans <em>Le projet de loi sur le divorce</em> (Rheinische Zeitung, 1842): &laquo;&nbsp;Or, de m&ecirc;me que dans la nature, la dissolution et la mort apparaissent l&agrave; o&ugrave; une existence ne correspond plus du tout &agrave; sa destination ; de m&ecirc;me (&hellip;) l'Etat d&eacute;cide dans quelles conditions un mariage existant a cess&eacute; d'&ecirc;tre un mariage. Le divorce, ce n'est rien d'autre que la d&eacute;claration : tel mariage, dont l'existence n'est qu'apparence et tromperie, est un mariage mort.&nbsp;&raquo;</font></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><font size="3" face="Times New Roman" color="#000000">Et l'American Film Institute, dans son classement des 100 plus grands h&eacute;ros et m&eacute;chants de l'histoire du cin&eacute;ma, de pointer au 8<sup>&egrave;me</sup> rang madame Dietrichson. Mazette&nbsp;!</font><font size="3"><font color="#000000"><font face="Times New Roman">&nbsp;  </font></font></font></p>
<p align="justify"><strong>Fr&eacute;d&eacute;ric Grolleau</strong></p>
</font></font><br /><font size="2" face="Verdana"><font color="#ff9900">
<p>&nbsp;</p>
</font></font></div>
<font size="2" face="Verdana"><font color="#ff9900"> </font></font>]]></description>
        <pubDate>Sat, 25 Nov 2006 15:15:02 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">b9f60fdb9baf335ee3835d990cf114c8</guid>
                <category>critik DVD</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-4674500-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les Quatre Fantastiques]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-1978667.html</link>        <description><![CDATA[<p align="justify"><font face="Verdana"><font size="2"><strong><font color="#808080"><img class="GcheTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/4f-collector.jpg" />Le super-h&eacute;ros ne (se) pense pas, il fait, c&rsquo;est bien connu. <br /><br /><br />L&rsquo;histoire <br /></font></strong>Partis &agrave; bord de la station spatiale d&rsquo;un riche industriel, Victor Fatalis, pour &eacute;tudier dans l&rsquo;espace une temp&ecirc;te magn&eacute;tique, quatre astronautes (Reed Richards, Susan Storm, Ben Grimm et Johnny Storm) se retrouvent soumis &agrave; des radiations cosmiques et se transforment en supers-h&eacute;ros dot&eacute;s de pouvoirs extraordinaires, de m&ecirc;me que le docteur Fatalis. Reed (Mr Fantastic), le leader du groupe, homme &eacute;lastique &agrave; ses heures, Sue (La Femme invisible), Johnny (La Torche), dont le corps est fait de flammes et Ben (La Chose), personnage &agrave; la peau &eacute;cailleuse et orange constitu&eacute; de pierres, vont d&eacute;sormais devoir unir leurs forces pour d&eacute;jouer les plans du mal&eacute;fique Victor Fatalis... <br /><br /><br /></font></font><font face="Verdana"><font size="2"><font color="#808080"><strong>Surprise ? <br /></strong></font>On attendait sans grande surprise cette nouvelle adpatation par Hollywood des s&eacute;ries comics &eacute;dit&eacute;es avec un franc succ&egrave;s par Marvel Inc.et qui consituent &agrave; elles seules un pan entier de la mythologie U.S. Apr&egrave;s X-Men, Daredevil, Hell Boy, Batman Begins et autres Spider- Man, voici donc r&eacute;duits au format DVD THE FANTASTIC FOUR... <br />Ce qui surprendra davantage, c&rsquo;est la modestie de l&rsquo;ensemble, tant en ce qui concerne le casting que les effets sp&eacute;ciaux. Ni superstars pour camper les super-h&eacute;ros ni cahier de charges d&eacute;mesur&eacute; pour faire tressauter spectateur sur son sofa, le film sert surtout &agrave; camper les d&eacute;cors au profit d&rsquo;une probable suite, la cible privil&eacute;gi&eacute;e au niveau marketing &eacute;tant visiblement les adolescents. Tim Story (TAXI, BARBERSHOP) d&eacute;cide d&rsquo;&eacute;viter les doutes et incertitudes que partagent Spider-Man et les X-Men pour proposer des aventures d&rsquo;un quatuor o&ugrave; l&rsquo;intensit&eacute; n&rsquo;est gu&egrave;re au rendez-vous. <br />Ce qui fait la substance m&ecirc;me des Quatre fantastiques - s&eacute;rie cr&eacute;&eacute;e en 1961 par Stan Lee et Jack Kirby, soit justement leur pluralit&eacute; : il s&rsquo;agissait l&agrave; du premier rassemblement atypique de super-h&eacute;ros-malgr&eacute;-eux et parvenant &agrave; s&rsquo;unifier dans leur lutte contre le Mal - est laiss&eacute; de c&ocirc;t&eacute; au profit d&rsquo;une p&acirc;le rivalit&eacute; amoureuse entre Reed et Fatalis eu egard aux charmes (disons plastiques) Sue, et &agrave; la franche chamaillerie qui r&egrave;gne entre Johnny et Ben, autant d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments qui figurent dans la bande dessin&eacute;e originaire. <br /><br /><img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/4f-invi.jpg" /><br /></font></font><font face="Verdana"><font size="2"><strong><font color="#808080">Je suis ce que je fais <br /></font></strong>Il &ecirc;ut &eacute;t&eacute; pourtant fort int&eacute;ressant de jouer la carte de la &laquo; publicit&eacute; &raquo; qui caract&eacute;rise ces super-h&eacute;ros, qui n&rsquo;ont jamais cach&eacute; leur identit&eacute; puisque, et ce premier opus l&rsquo;atteste, c&rsquo;est au vu et au su de tous qu&rsquo;ils assument dans la cit&eacute; leur extra-ordinaire statut - dussent-ils en payer un prix &eacute;lev&eacute;, &agrave; l&rsquo;instar de Ben, que sa femme aim&eacute;e quitte lorsqu&rsquo;elle d&eacute;couvre, non sans effroi, qu&rsquo;il est devenu une (immonde) &laquo; Chose &raquo; pierreuse... Une geste ostensible &agrave; nuancer par le fardeau de la surhumanit&eacute;, la solitude, l&rsquo;exclusion qu&rsquo;elle implique en m&ecirc;me temps, mais cette noirceur psychique est &eacute;cart&eacute;e. N&rsquo;en d&eacute;plaise &agrave; Descartes, celui qui n&rsquo;a point besoin de dissimuler ses agissements sous cape (&laquo; larvatus prodeo &raquo;), ne saurait en passer par les affres d&rsquo;un cogito. Le super-h&eacute;ros ne (se) pense pas, il fait, c&rsquo;est bien connu. <br /><br /><img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/4f-torche.jpg" /><br />Elasticit&eacute; d&eacute;mesur&eacute;e des membres, invisibilit&eacute;, transformation imm&eacute;diate en torche vivante, min&eacute;ralisation d&rsquo;un corps devenu massif : ces mutations touchant les quatre protagonistes vont paradoxalement leur permettre de lutter contre les projets de conqu&ecirc;te du pouvoir d&rsquo;un scientifique milliardaire qui se &quot;m&eacute;tallise&quot; au fur et &agrave; mesure que le d&eacute;lire et la frustration s&rsquo;emparent de Fatalis (fatalit&eacute; alors ou cons&eacute;quence d&rsquo;un principe psychologique ant&eacute;rieur insoup&ccedil;onn&eacute; ?) et &eacute;gare sa raison - Fatalis &eacute;tant de fait plus victime de lui-m&ecirc;me que d&rsquo;une exp&eacute;rience scientifique ayant mal tourn&eacute; (il se dit d&rsquo;ailleurs que ce m&eacute;chant inspira George Lucas pour son c&eacute;l&egrave;bre Dark Vador !) <br />Point de refexion ou de mise en abyme du primat de l&rsquo;appparence sur l&rsquo;essence, de la m&eacute;tamorphose sur l&rsquo;existence, les amateurs de d&eacute;bats philosophico-m&eacute;taphysiques repasseront. De m&ecirc;me l&rsquo;hyst&eacute;rie m&eacute;diatique ou le poids moral du pouvoir financier et scientifique qui sont les th&egrave;mes fondamentaux du comic ne sont-ils qu&rsquo;illustr&eacute;s ici au lieu d&rsquo;&ecirc;tre approfondis. Ben en reste au fait de savoir s&rsquo;il doit abandonner son image de b&ecirc;te de foire mena&ccedil;ante pour assumer un statut de justicier, en abdiquant donc son humanit&eacute;. Il passe &agrave; l&rsquo;acte, certes, mais on ne sait au juste pourquoi. <br />On en reste donc &agrave; un niveau fort plat l&agrave; o&ugrave;, en droit, dev(r)aient &ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute;es des relations dramatiques, en fonction du funeste hasard qui fait que ce qui tire Fatalis (devenant le sombre Dr Bloom) vers le Mal attire le quatuor vers le Bien. A m&ecirc;me rayonnement cosmique effets radicalement oppos&eacute;s donc. Plut&ocirc;t que cela, on assiste aux molles r&eacute;pliques entre les uns et les autres et &agrave; un ennui global quand on conna&icirc;t le potentiel, sc&eacute;naristique et graphique, du comic. <br /><br /><img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/4f1.jpg" /><br />En privil&eacute;giant la lin&eacute;arit&eacute; et la pr&eacute;visibilit&eacute; d&rsquo;un r&eacute;cit sans faille ni rebondissements majeurs, Tim Story n&rsquo;en fait pas des tonnes, en restant &agrave; une prudente pr&eacute;sentation des protagonistes qui a au moins le m&eacute;rite d&rsquo;&ecirc;tre efficace et de ne pas brouiller les pistes interpr&eacute;tatives. Rarement la photo cin&eacute;matographique s&rsquo;est-elle employ&eacute;e &agrave; s&rsquo;agenouiller ainsi devant une &laquo; s&eacute;rie &raquo; de clich&eacute;s. <br />Bref, il s&rsquo;agit l&agrave;, au premier degr&eacute;, d&rsquo;un film tourn&eacute; en famille (les acteurs sont tous issus de s&eacute;ries du petit &eacute;cran) et destin&eacute; &agrave; la famille, ce qui explique sans doute sa popularit&eacute; aupr&egrave;s du jeune public depuis sa sortie en DVD. Laquelle s&rsquo;agr&eacute;mente, il importe de le souligner, d&rsquo;une superbe qualit&eacute; d&rsquo;image dans la compression (pr&eacute;cision impeccable du piqu&eacute;, richesse du contraste et &eacute;l&eacute;gante saturation des couleurs) tandis que la VO DTS est un pur r&eacute;gal tant sont l&eacute;gion les s&eacute;quences o&ugrave; Les 4 F assurent des envol&eacute;es sonores qui honorent haut la main l&rsquo;installation home cin&eacute;ma. <br /><br /><img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/4f-bonus.jpg" /><strong><font color="#808080">Du c&ocirc;t&eacute; des bonus</font></strong> <br />Pendant que vos enfants gloussent dans le salon il vous reste nonobstant l&rsquo;ind&eacute;niable qualit&eacute; des bonus du collector pour prendre votre revanche, avec en particulier un making of qui a la particularit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre plus long que le film ! Les &eacute;ditions Universal proposent l&agrave; un produit vraiment int&eacute;ressant qui vaut qu&rsquo;on s&rsquo;y arr&ecirc;te. Les techniciens y &eacute;voquent la cr&eacute;ation des effets visuels du film, pendant que les com&eacute;diens, visiblement fort d&eacute;tendus aux c&ocirc;t&eacute;s de de leur r&eacute;alisteur Tim Story multiplient les remarques drolatiques. <br /><br /></font></font><font face="Verdana"><font size="2"><strong><font color="#808080">frederic grolleau<br /></font></strong><br /><em>Les quatre fantastiques</em> - &Eacute;dition collector <br />Editeur : Universal Prix : 31,00 euros. <br /><br />Disque 1 : <br />Film au format 2.35 (16/9 compatible 4/3) <br />Anglais Dolby Digital 5.1 Fran&ccedil;ais <br />olby Digital 5.1et DTS 5.1 Sous-titres fran&ccedil;ais, anglais <br />Commentaire audio de Avi Arad, Ralph Winter, Kevin Feige, Michael France, Mark Frost, Simon Kinberg <br />Le Fantastic Tour : Journal de bord de Jessica Alba (22min) <br />Vid&eacute;oclips : Come on, come in et Everything burns <br />Inside look : X-Men 3 <br /><br />Disque 2 : <br />Making-of : Les 4 Fantastiques <br />Making of : Cr&eacute;er les personages <br />Documentaire sur le Building Baxter <br />Les 4 Fantastiques : Fabrication d&rsquo;une sc&egrave;ne 4 sc&egrave;nes coup&eacute;es : Reed tests plants (1min 04s), Planetarium with kiss (1min 02s), Reed and Sue walk (1min 08s), Wolverine insert (18s) <br />9 sc&egrave;nes multi-angle <br />Les essais des acteurs <br />Bandes-annonces et spots TV <br /><br /><br />copyright </font></font><a href="http://www.fredericgrolleau.com"><font face="Verdana" size="2">www.fredericgrolleau.com</font></a><font face="Verdana" size="2"> &amp; </font><a href="http://www.lelitteraire.com"><font face="Verdana" size="2">www.lelitteraire.com</font></a><br /><br /><br /><br /></p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 24 Feb 2006 22:12:45 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">15f64e5a80fb918ff868ebb4b93422ed</guid>
                <category>critik DVD</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-1978667-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Voyage au bout de l'enfer]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-1725627.html</link>        <description><![CDATA[<p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><strong><font color="#808080"><img class="DrteTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/deer_couv.jpg" />Du trou au trou, la cons&eacute;quence est bonne&nbsp;: <em>The Deer Hunter</em></font></strong><em> </em></font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><strong>Le trou de l&rsquo;&ecirc;tre</strong><br />Tout commence dans un trou, au sens figur&eacute;. Et y retourne. Dans une petite ville industrielle de Pennsylvanie, cinq ouvriers sid&eacute;rurgistes de l'&eacute;quipe de nuit se retrouvent dans un bar, apr&egrave;s leur travail. Ils s'appr&ecirc;tent &agrave; f&ecirc;ter le mariage de l'un d'entre eux, Steven (John Savage) et son d&eacute;part avec deux autres, Michael (Robert De Niro) et Nick (Christopher Walken), tous trois par ailleurs jeunes amateurs de chasse au daim et au cerf, appel&eacute;s au Vietnam. Deux ans plus tard, la guerre s&eacute;vit toujours et ces derniers se retrouvent prisonniers dans un camp vietcong...Ceux qui reviendront, resteront marqu&eacute;s &agrave; jamais, dans leur esprit et/ou leur corps, par les horreurs qu'ils ont subies au Vietnam. <br /><br />Cimino, qui s&rsquo;int&eacute;resse principalement au point de rupture entre l&rsquo;ordinaire et l&rsquo;horreur, filme&nbsp; les aventures d'un groupe de jeunes immigr&eacute;s russes, quittant famille, travail, loisirs et amis, pour rejoindre un court instant l'enfer du Vi&ecirc;tnam. Il le constate, la guerre ne fait qu&rsquo;accentuer les disparit&eacute;s g&eacute;n&eacute;tiques et les acquis psychologiques de chacun&nbsp;: le chasseur reste le plus stable, le plus froid et le plus efficace combattant, tandis que le r&ecirc;veur trop sensible aux douleurs occasionn&eacute;es par l'ennemi, devra r&eacute;sister ou succomber. Devenu m&eacute;taphore r&eacute;currente, le trou dans toute sa polys&eacute;mie guette celui qui se rel&acirc;che. Non pas qu&rsquo;on y &eacute;chappe &ndash; le d&eacute;cor&eacute; Michael revient ainsi prendre sa place dans son trou en Pennsylvanie, hant&eacute; par ce qu&rsquo;il a vu et v&eacute;cu pendant le conflit, par l'impact psychologique de la barbarie de la guerre sur l'&ecirc;tre humain &ndash; mais il existe plusieurs sorte de trous, n&eacute;cessitant une initiation rituelle particuli&egrave;re.</font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><strong>Le trou dans l&rsquo;&ecirc;tre<br /></strong>Laur&eacute;at de cinq oscars dont celui du meilleur film et celui du meilleur r&eacute;alisateur, <em>Voyage au bout de l'enfer</em> est un grand film sur l'amiti&eacute; et les cons&eacute;quences psychologiques de l'&eacute;preuve du feu. Apr&egrave;s une longue et statique premi&egrave;re moiti&eacute; de film qui saisit sous tous les angles anodins la vie m&eacute;diocre des trois amis dans leur trou originaire, la s&eacute;quence forte est celle de l&rsquo;emprisonnement des trois soldats. Non pas tant parce qu&rsquo;ils sont au &laquo;&nbsp;trou&nbsp;&raquo;, fa&ccedil;on de parler, que parce que les d&eacute;tenus jouent chaque jour, contraints par leur tortionnaires qui y voient mati&egrave;re &agrave; parier, leur vie &agrave; la roulette russe (le comble pour des Lituaniens&nbsp;!). Pour esp&eacute;rer survivre un peu plus longtemps, ils sont oblig&eacute;s de se livrer &agrave; des duels entre prisonniers, jusqu'&agrave; la mort d'un des deux participants. Le perdant est celui qui n&rsquo;ose appuyer sur la g&acirc;chette (il est alors envoy&eacute; dans une cage infest&eacute;e de rats immerg&eacute;e dans le fleuve) ou celui qui, ayant appuy&eacute;, voit sa tempe s&rsquo;aur&eacute;oler d&rsquo;un trou rouge crachant un geyser de sang. <br /><br /><img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/deer_extrait1.jpg" /><br />D&rsquo;un trou &agrave; l&rsquo;autre, stase par d&eacute;finition de l&rsquo;intimit&eacute; de l&rsquo;individu, l&rsquo;&ecirc;tre se d&eacute;shumanise, perd sa qualit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre. Dans ces circonstances, il n&rsquo;est de bouche-trou qui vaille. Ge&ocirc;le infecte ou blessure mortelle provoqu&eacute;e par l&rsquo;arme &agrave; feu, la b&eacute;ance d&rsquo;&ecirc;tre remplace la vie. De peur d&rsquo;&ecirc;tre trou&eacute;s d&eacute;finitivement, les trois amis jouent le tout pour le tout et, retournant le crescendo de la roulette russe &agrave; leur avantage, parviennent &agrave; s&rsquo;&eacute;chapper. Un seul d&rsquo;entre eux toutefois reviendra intact dans son foyer&hellip;Encore ce chasseur ayant &eacute;t&eacute; traqu&eacute; comme gibier n&rsquo;aura-t-il bien &eacute;videmment plus la m&ecirc;me perception de l&rsquo;existence et laissera&ndash;t-il, reparti en montagne sur les pistes d&rsquo;un cerf, la vie sauve &agrave; ce dernier &ndash; qui le fixe au moment du coup de feu d&rsquo;un oeil noir atone, sorte de trou &agrave; l&rsquo;envers qui se veut miroir de la valeur intrins&egrave;que de tout vivant. Trou rouge versus trou noir.<br />C&rsquo;est que Michael est devenu sensible &agrave; l'innocence, qu&rsquo;il &eacute;l&egrave;ve au rang supr&ecirc;me tandis que&nbsp; la vie humaine, supprimable &agrave; volont&eacute; par la malchance et le hasard, lui appara&icirc;t absurde, tout comme la guerre. </font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><strong>Le trou d&rsquo;&ecirc;tre</strong><br />Multioscaris&eacute; en 1979 - Meilleur r&eacute;alisateur pour Michael Cimino (qui recevra &eacute;galement &agrave; ce titre le Golden Globe) , Meilleur montage, Meilleur film, Meilleur son, Meilleur acteur dans un second r&ocirc;le pour Christopher Walken -, <em>The Deer hunter</em> (&laquo;&nbsp;Le Chasseur de daims&nbsp;&raquo;&nbsp;: soulignons le titre d&eacute;cal&eacute;) expose ce qu&rsquo;il en est d&rsquo;hommes se retrouvant forc&eacute;s &agrave; vivre en permanence &agrave; proximit&eacute; de la mort. D&rsquo;une mort arbitraire, ludique et perverse, sans fondement aucun. A mi-chemin de la d&eacute;tresse psychologique de De Niro et de la t&eacute;trapl&eacute;gie de John Savage, c&rsquo;est Christopher Walken, joueur professionnel des milieux clandestins, fou et drogu&eacute;, devenu accro au jeu et au spectre du trou l&eacute;tal, qui incarne &agrave; son paroxysme la d&eacute;mence de celui qui a trop dans&eacute; au bord des pr&eacute;cipices &ndash; avant de finir au fond d&rsquo;un trou tombal, zombie vid&eacute; de sa propre m&eacute;moire, automate r&eacute;duit &agrave; r&eacute;p&eacute;ter chaque soir &agrave; Saigon le m&ecirc;me geste actualisant la seule libert&eacute; qui lui reste&nbsp;: presser le canon contre sa tempe, enclencher la d&eacute;tente, reculer l&rsquo;&eacute;ch&eacute;ance du trou ultime. <br />Rest&eacute; l&agrave;, hagard et perdu, pour &laquo;&nbsp;faire son trou&nbsp;&raquo;, Nick n&rsquo;a plus que des (n&rsquo;est plus que) trous de m&eacute;moire&hellip; Ainsi s&rsquo;ach&egrave;ve la d&eacute;monstration implacable de Cimino, illustrant la destruction du soldat en tant qu'&ecirc;tre humain. Aucun des trois amis n&rsquo;est en effet d&eacute;c&eacute;d&eacute; sur le champ de bataille &agrave; proprement. parler, certes, chacun sera toutefois an&eacute;anti par le conflit &hellip;de diff&eacute;rentes mani&egrave;res. La guerre fait trou dans le sujet, dirait l&rsquo;autre.<br /><br /><img class="GcheTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/deer_extrait_2_bis.jpg" />Il est vrai, ce n&rsquo;est pas loin d&rsquo;&ecirc;tre la morale de l&rsquo;oeuvre, pour qui aspire &agrave; faire le &laquo;&nbsp;tour&nbsp;&raquo; de la question, qu&rsquo;un trou peut toujours en cacher un autre. Le combattant qui a go&ucirc;t&eacute; au Vietnam &agrave; de fortes doses d'adr&eacute;naline, n&rsquo;&eacute;prouve plus dor&eacute;navant de plaisir qu&rsquo;&agrave; pratiquer un nouveau &laquo;&nbsp;jeu&nbsp;&raquo; (qui est le masque d&rsquo;un&nbsp;&laquo;&nbsp;je&nbsp;&raquo; cela va sans dire)&nbsp;: celui de la roulette russe continu&eacute;e ou celui de la vie, &agrave; r&eacute;inventer avec les moyens qui restent. Michael lui-m&ecirc;me, une fois d&eacute;mobilis&eacute;, ne sera pas lui non plus capable de redevenir celui qu'il &eacute;tait avant. Le retour au trou n&rsquo;efface en rien les autres trous qui pr&eacute;c&egrave;dent, tous porteurs de mort. <br />Faut-il aller plus loin et demander qui creuse le trou, qui a cr&eacute;&eacute; le Jeu&nbsp;? Les longues s&eacute;quences de la premi&egrave;re partie du film (le mariage, les sc&egrave;nes de chasse), l'&eacute;loignement de la guerre elle-m&ecirc;me, la roulette russe, l'&eacute;norme g&acirc;chis humain r&eacute;sultant du conflit, tout cela qui troue l&rsquo;&eacute;cran tend &agrave; d&eacute;noncer une d&eacute;risoire volont&eacute; de puissance des &Eacute;tats-Unis. <em>The Deer Hunter</em>&nbsp;: une &eacute;pop&eacute;e de la d&eacute;faite, une &eacute;vocation de destins individuels bris&eacute;s et une fresque d&rsquo;une Am&eacute;rique traumatis&eacute;e qui &eacute;tablit en quoi du trou au trou, la cons&eacute;quence est bonne.</font></p>
<p align="justify"><strong><font face="Verdana" color="#808080" size="2">Fr&eacute;d&eacute;ric Grolleau</font></strong></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><em>Voyage au bout de l'enfer (The Deer hunter)</em> <br />Film britannique, am&eacute;ricain (1978). <br />R&eacute;alis&eacute; par Michael Cimino<br />Guerre, Drame. Dur&eacute;e : 3h 03mn. <br />Avec Robert De Niro, Meryl Streep, Christopher Walken, John Cazale, John Savage.</font></p>
<font face="Verdana" size="2">
<p class="spip" align="justify">Date de sortie DVD&nbsp;: 23 mai 2005<br />Suppl&eacute;ments&nbsp;: Commentaire audio, Entretiens, filmographies, bande-annonce<br />Editeur&nbsp;: Studio Canal<br />Prix&nbsp;: 20,00 &euro;.</p>
<p align="justify"><br /></p>
</font>
<p align="justify"><strong><font face="Verdana" size="2">copyright fredericgrolleau.com</font></strong></p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 29 Jan 2006 15:20:51 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">04b7cb87a522a8b56aa55c61dfba0762</guid>
                <category>critik DVD</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-1725627-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Madagascar]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-1458870.html</link>        <description><![CDATA[<p align="justify"><strong><font face="Verdana" size="2"><img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/madh2.jpg" />Le trip d&rsquo;une palanqu&eacute;e de l&eacute;muriens sous techno est plus roboratif qu&rsquo;une s&eacute;ance de psychanalyse</font></strong></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2">C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un impossible. L&rsquo;&eacute;chouage, apr&egrave;s un p&eacute;riple en mer, sur les c&ocirc;tes malgaches d&rsquo;une bande d&rsquo;animaux sauvages du zoo de Central Park &agrave; New York (un lion, un z&egrave;bre, une girafe et un hippopotame en mal de libert&eacute;) et qui vont rencontrer des l&eacute;muriens f&ecirc;tards de la Grande Ile. Une rencontre impossible en r&eacute;alit&eacute; puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a ni lion, ni z&egrave;bre, ni girafe, ni hippopotame &agrave; Madagascar, riche d&rsquo;une exceptionnelle faune o&ugrave; pullulent en revanche 69 esp&egrave;ces et sous-esp&egrave;ces de l&eacute;muriens, ces petits primates trouvant l&agrave; un habitat privil&eacute;gi&eacute; et presque unique. Mais quoi, cet impossible est-il le fruit d&rsquo;une quelconque volont&eacute; de privil&eacute;gier l&rsquo;&eacute;cotourisme de Madagascar ? <br /><br />Avec, derri&egrave;re les d&eacute;cors, le studio d&rsquo;animation am&eacute;ricain DreamWorks dirig&eacute; par Jeffrey Katzenberg, (dont Steven Spielberg est l&rsquo;un des fondateurs) et qui a &agrave; son actif Shrek 1 et Shrek 2, on en doute. En fait, avoue Kartzenberg - qui a tout de m&ecirc;me promis de verser 500 000 dollars pour aider &agrave; promouvoir l&rsquo;&eacute;cotourisme malgache - , &quot;Madagascar est un nom magique, c&rsquo;est pourquoi nous l&rsquo;avons choisi&quot; (pendant que le Wall Street Journal r&eacute;v&egrave;le qu&rsquo; &quot;aucun membre de l&rsquo;&eacute;quipe du tournage du film n&rsquo;y a jamais mis les pieds&quot;). Loin d&rsquo;un impossible utopique, DreamWorks mise bien plut&ocirc;t sur Madagascar pour rivaliser avec les studios Pixar (fond&eacute;s par le PDG d&rsquo;Apple Steven Jobs et qui ont produit d&rsquo;importants succ&egrave;s en salles ces derni&egrave;res ann&eacute;es, de Toy Story aux Indestructibles). Magagascar ou l&rsquo;art de se renouveler, apr&egrave;s Fourmiz et Gang de requins, ainsi qu&rsquo;une poign&eacute;e de produits sous-disneyens (La route d&rsquo;Eldorado, Spirit, l&rsquo;&eacute;talon des plaines, Le prince d&rsquo;&Eacute;gypte) ... et d&rsquo;&eacute;chapper au Shrekisme &agrave; tout vent. </font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2"></font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana"><font size="2"><strong><img class="GcheTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/mad_2fg.jpg" />Zooth&eacute;rapie <br /></strong>L&rsquo;histoire donc. Un lion (Alex), un z&egrave;bre (Marty), une girafe (Melman), un hippopotame(Gloria) et une poign&eacute;e de pingouins psychotiques fuient leur zoo new-yorkais pour secourir l&rsquo;un des leurs. Marty r&ecirc;ve en effet d&rsquo;aventure, son but ultime &eacute;tant de visiter le Connecticut. Rapidement captur&eacute;s, les quatre comp&egrave;res se retrouvent embarqu&eacute;s sur un paquebot en direction pour l&rsquo;Afrique, mais le sabotage de ce dernier par un gang de pingouins les fera &eacute;chouer sur une &icirc;le paradisiaque. R&eacute;unis sur Madagascar, ils doivent apprendre en quatri&egrave;me vitesse les rudiments de la vie &agrave; l&rsquo;air libre et que le bonheur dont ils jouissaient avant en &eacute;change de leur spectacle se m&eacute;rite... </font></font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2">De nouveaux protagonistes et de nouvelles aventures soit, mais le fond (accumulation de gags dans une intrigue fort lin&eacute;aire), las, n&rsquo;est gu&egrave;re chang&eacute; et le divertissement de ce long-m&eacute;trage d&rsquo;animation familial demeure tr&egrave;s premier degr&eacute;. Sans peine retiendra-t-on cette belle amiti&eacute; entre quatre animaux qui d&eacute;cident de mettre les bouts de la grand&rsquo;ville pour retrouver un paradis (fantasm&eacute;) originaire et naturel qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais connu tandis que les animateurs, n&rsquo;oubliant pas les adultes qui pourraient tra&icirc;ner par ici, s&rsquo;en donnent &agrave; coeur joie avec de multiples allusions et r&eacute;f&eacute;rences musicales (disco seventies : Stayin&rsquo; alive, Boogie Wonderland, I like to move it move it...) ou cin&eacute;matographiques (par exemple : New York, New York, La plan&egrave;te des singes, American beauty, Seul au monde ou encore Les charriots de feu), ce septi&egrave;me art &laquo; r&eacute;el &raquo; qui n&rsquo;est point oubli&eacute; par son grand fr&egrave;re virtuel. <br />Il n&rsquo;emp&ecirc;che, la finition et l&rsquo;animation techniques des personnages caricaturaux - aussi lisses et stylis&eacute;s que les d&eacute;cors ultra color&eacute;s en clin d&rsquo;oeil aux tableaux du douanier Rousseau - sont beaucoup plus brutes que dans Shrek : un choix d&eacute;lib&eacute;r&eacute; comme mis au service du pur divertissement mais qui d&eacute;plaira ...aux (vrais) puristes justement. </font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2">Gu&egrave;re durables et cr&eacute;dibles les n&eacute;vroses du quatuor &agrave; pattes n&rsquo;ont rien de transcendant ; le changement de comportement du lion Alex - habitu&eacute; jusqu&rsquo;ici &agrave; ses soins manucures, son brushing journalier ainsi que ses repas &agrave; heure fixe - se d&eacute;couvrant un app&eacute;tit de pr&eacute;dateur ne fait peur qu&rsquo;&agrave; lui-m&ecirc;me. Le z&egrave;bre ne parvient pas plus &agrave; justifier aupr&egrave;s d&rsquo;Alex en quoi se nourrir de viande est r&eacute;pr&eacute;hensible (le v&eacute;g&eacute;tarisme repassera). L&rsquo;ali&eacute;nation animale d&eacute;peinte le c&egrave;de ainsi vite au d&eacute;lire festif : le trip d&rsquo;une palanqu&eacute;e de l&eacute;muriens sous techno est plus roboratif qu&rsquo;une s&eacute;ance de psychanalyse. <br />Autant s&rsquo;&eacute;clater comme des b&ecirc;tes puisque penser fait souffrir. Et voil&agrave; : les bestioles courent dans tous les sens, mettant au passage leur f&eacute;rocit&eacute; au placard et l&rsquo;horreur de la vie sauvage (avec ses pr&eacute;dateurs et sa cha&icirc;ne alimentaire : rendu &agrave; son instinct le lion bouffera-t-til ou non son meilleur ami le z&egrave;bre en lequel il voit en montagne de steaks ?) n&rsquo;est finalement jamais illustr&eacute;e, le film &laquo; s&rsquo;inspirant &raquo; plus que largement de 1001 pattes ou de L&rsquo;&acirc;ge de glace. </font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2"><img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36/mad_1fg.jpg" /><br /><br /><strong>Y a -t-il une vie apr&egrave;s le steak ?</strong> <br />Heureusement, les pingouins m&eacute;chants rajoutent du piment avec leur r&ocirc;le de seconds couteaux et la transition entre New York et Madagascar est impeccable. La suite (la critique des produits d&eacute;riv&eacute;s et de l&rsquo;industrie du spectacle ) est plus convenue et l&rsquo;on est surtout d&eacute;&ccedil;u par le traitement ironique de l&rsquo;obsession toute urbaine du retour aux sources par laquelle s&rsquo;ouvre le film. Car en mati&egrave;re de nature idyllique, on nous propose un Madagascar sans humains o&ugrave; ne s&rsquo;agitent que quelques esp&egrave;ces animales (des l&eacute;muriens, des simili hy&egrave;nes et une araign&eacute;e...). La civilisation n&rsquo;en ressort pas sp&eacute;cialement mise sur la sellette, l&rsquo;appel de la loi de la jungle n&rsquo;autorise aucune mise en abyme particuli&egrave;re : relire Machiavel, Hobbes, Locke et Rouseau stimulera davantage. <br />L&rsquo;&icirc;le sauvage devient un Club Med o&ugrave; la nature semble fort anthropomorphis&eacute;e encore. Plus de diff&eacute;rence alors entre le zoo new-yorkais, l&rsquo;&icirc;le et le film : tout y est confortable, luxueux, douillet et dr&ocirc;le ...mais sous contr&ocirc;le. <br />Autant croire qu&rsquo;il est fun et hilarant de rouler les cheveux au vent sur l&rsquo;autoroute parce qu&rsquo;on y serait libre de toute entrave ! A quoi bon s&rsquo;&eacute;vader du zoo new-yorkais pour se cr&eacute;er ici d&rsquo;autres barreaux tout aussi artificiels ? Fallait-il d&rsquo;ailleurs s&rsquo;attendre &agrave; autre chose puisque, aussi bien, de l&rsquo;aveu du patron de DreamWorks, Madagascar ne valait depuis le d&eacute;part que comme un fantasme (id&eacute;al, virtuel) pour Am&eacute;ricains s&rsquo;excitant sur un nom exotique ? </font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2">Exit la narration et la rythmique, apr&egrave;s le steak urbain, il y a une pseudo vie o&ugrave; on r&ecirc;ve d&rsquo;un substitut insulaire de steak. Le What&rsquo;s a wonderful world r&eacute;sonne moins in fine comme un air parodique que comme un hymne &agrave; la coexistence pacifique de nos amies les b&ecirc;tes. Celle-l&agrave; m&ecirc;me qui d&eacute;j&agrave; r&eacute;gnait dans leur zoo. <br />Alex, Marty, Melman et Gloria gagnent ici la dance music sous le soleil en sus : tout &ccedil;a pour &ccedil;a ? Pixar peut se rendormir tranquille. </font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana"><font size="2"><em>frederic grolleau<br /></em><br /><strong>MADAGASCAR</strong> <br />R&eacute;alisateur : Eric Darnell et Tom McGrath <br />Acteurs : Ben Stiller, Chris Rock, David Schwimmer, Jada Pinket Smith <br />Dur&eacute;e : 83 minutes&nbsp;<br />sortie DVD : 22 d&eacute;c 2005 <br />prix : 20,00 euros</font></font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2">Format 1.85 - 16/9 compatible 4/3 - Double couche Langages : Anglais DD 5.1 - Fran&ccedil;ais DD 5.1 Sous-titres : Anglais / Fran&ccedil;ais / Arabe </font></p>
<p align="justify"><font face="Verdana" size="2">Suppl&eacute;ments : <br />C&rsquo;est parti en live. <br />Rencontre avec les acteurs. <br />Les coulisses du tournage. <br />La technologie de Madagascar. <br />Commentaire audio. <br />L&rsquo;&icirc;le enchant&eacute;e. <br />bandes annonces. <br />galeries d&rsquo;images. <br />Enfants Dreamworks. <br />Christmas Caper. <br />Commentaire des pingouins. <br />Derri&egrave;re l&rsquo;igloo. <br />Rencontre avec les pingouins du zoo de Central Park. <br />petits jeux interactifs. </font></p>
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<p align="justify"><font face="Verdana" size="2"></font><strong>&nbsp;<br /></strong></p>
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<p align="justify"><font face="Verdana" size="2">&nbsp;</font></p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 24 Dec 2005 01:12:38 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">eb568c46a232258a961433b6ab499d7e</guid>
                <category>critik DVD</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-1458870-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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