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    <title><![CDATA[fredericgrolleau.com]]></title>
    <link>http://www.fredericgrolleau.com/</link>
    <description>site auteur &amp; critique del'actualité editoriale</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Sat, 04 Sep 2010 11:44:47 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Sat, 04 Sep 2010 11:44:47 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010 www.fredericgrolleau.com</copyright>            <category>Littérature</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Ardoise]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-ardoise-56482606.html</link>        <description><![CDATA[<div dir="ltr">
    <p class="spip">
      <strong>En matière de littérature, la véritable aristocratie se gagne.</strong>
    </p>
  </div>
  <div dir="ltr">
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #999900; font-size: 14pt;"><img height="300" width="200" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/ardoise2.jpeg"
      align="left" border="2">O</span></strong>n sait toujours comment cela se passe avec Djian&nbsp;: l’homme est direct au risque d’être bourru, avare de compliments, ce qui ne facilite pas le
      travail consistant ici à rendre hommage à ses maîtres en littérature. Il y a pourtant dans ce bref ouvrage comme un vent du large, salutaire, qui vient balayer&nbsp;pléthore de miasmes&nbsp;:
      c’est que le projet consiste moins à honorer Salinger, Céline, Cendrars, Kerouac, Melville, Hemingway, Miller, Faulkner, Brautigan et Carver qu’à rendre compte de ce que siginfie écrire pour un
      auteur ...souvent décrié.<br>
      Evidemment, les tenants du classicisme ne pardonneront pas à l’auteur de <strong><em><a href="http://www.lelitteraire.com/article851.html"><em>Vers chez les blancs</em></a></em></strong>
      d’asséner que Breat Easton Ellis peut être élevé au même rang que Balzac dans le pays des gens de lettres&nbsp;; que Nabokov n’est guère «&nbsp;tripant&nbsp;», ou que la pornographie et la
      sexualité sont la seule vérité du monde dont témoignera jamais le roman (cf. le chapitré dédié à Henry Miller). Peut-être comprendront-ils davantage la formule d’après laquelle <em><span style=
      "color: #999900;">on devient écrivain le jour où on ne parvient plus à écrire</span></em>&nbsp;. Ce, n’en déplaise aux auteurs contemporains, pour la plupart ramenés à l’image d’ <span style=
      "color: #999900;"><em>une armée de notaires défilant sous un ciel d’automne pourri</em></span>. C’est dit.&nbsp;</span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #999900; font-size: 14pt;">E</span></strong>ncore faut-il lire ici entre les lignes de cette autobiographie par
      les livres (des autres&nbsp;!) et profiter de cette réédition en poche chez 10/18 pour puiser à cette source de jouvence livresque et d’humilité afin de se tourner vers ces auteurs
      d’Outre-Atlantique qui ne sont pas toujours aussi estimés qu’ils le devraient (l’on songe en particulier au cas de Carver). Certes donc, on n’apprendra rien de décisif en si peu de pages sur
      ces écrivains hénaurmes&nbsp;; pas plus on se s’arrêtera sur cette surprenante citation attribuée à Tolstoi&nbsp;: <em><span style="color: #999900;">La vie est une tartine de merde qu’on est
      obligé de manger lentement</span></em>&nbsp;&nbsp;; on accédera toutefois par une autre porte dérobée à l’univers si particulier et si musical de Djian. Ce qui fait que l’on retrouve céans, en
      version plus contractée et elliptique, l’incandescence créatrice qui traversait le <em>Philippe Djian revisité, rencontre avec Catherine Flohic</em> (Coll. Les singuliers Littérature, Les
      Flohic éditeurs, 2000).<br>
      En effet, si&nbsp;<em><span style="color: #999900;">pouvoir rassembler toutes les exépriences d’un homme en une seule phrase</span></em>&nbsp;définit correctement le «&nbsp;style&nbsp;»de
      l’écrivain tout du long de cette «&nbsp;ardoise&nbsp;», alors n’en doutons plus&nbsp;: Djian, l’heureux homme, a un style qui lui appartient en propre, générateur d’influences mulitples sur
      autrui, un style soit <em><span style="color: #999900;">à la fois une musique et une manière de regarder les choses</span></em>&nbsp;, bref <em><span style="color: #999900;">un point de
      vue</span></em> sur le monde, que nul ne peut copier. C’est pourquoi à chaque fois il sait nous emporter avec ses mots-valises, nous autres lecteurs-voyageurs immobiles, tant son projet tend à
      se confondre avec une éthique de l’écriture.</span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #999900; font-size: 14pt;">E</span></strong>t pour les plus chagrins&nbsp;: essayez un peu de résumer à chaque
      fois en leur consacrant 10 pages quelle est la dizaine de romanciers vous ayant bouleversé dans votre lointaine jeunesse et on en reparlera. Car c’est le mot de la fin, éh oui&nbsp;:
      <em><span style="color: #999900;">en matière de littérature, la véritable aristocratie se gagne</span></em>.</span>
    </p>
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    <a id="access-j" accesskey="j" name="access-j" href="http://www.lelitteraire.com/ecrire/articles.php3?id_article=4165#access-j"></a>
  </p>
  <table class="cadre" style="text-align: justify;" cellspacing="0" cellpadding="0">
    <tbody>
      <tr>
        <td class="e-hg">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-h">
          <img src="http://www.lelitteraire.com/ecrire/img_pack/rien.gif">
        </td>
        <td class="e-hd">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td class="e-g">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-c">
          <div dir="ltr">
            <p class="spip">
              <span style="font-family: Verdana,Arial,Sans,sans-serif; font-size: 10pt;"><span style="color: #ff6600;"><strong>frederic grolleau</strong></span></span>
            </p>
            <p class="spip">
              <span style="color: #ff6600;"><strong><span style="font-family: Verdana,Arial,Sans,sans-serif; font-size: 10pt;">&nbsp;</span></strong></span>
            </p>
            <p class="spip">
              <strong>Philippe Djian, <em>Ardoise</em>, 10/18, août 2010, 120 p. - 6,50 euros.<br>
              1ère édition&nbsp;: Julliard, 2002</strong>
            </p>
          </div>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>]]></description>
        <pubDate>Sat, 04 Sep 2010 11:38:00 +0200</pubDate>        <guid >fredericgrolleau.over-blog.com-56482606</guid>
                <category>critik ESSAIS</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-ardoise-56482606-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Shutter island]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-shutter-island-55357185.html</link>        <description><![CDATA[<div dir="ltr">
    <p class="spip">
      <strong>L’enfer, c’est l’il perdu dans la mer.</strong>
    </p>
  </div>
  <div dir="ltr">
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666;"><img height="300" width="200" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/shutterH.jpeg" align=
      "left" border="2">L’histoire<br></span></strong>En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l’île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique
      où sont internés de dangereux criminels. L’une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée de l’extérieur&nbsp;? Le
      seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre cohérente d’une malade, ou
      cryptogramme&nbsp;?<br></span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666;">L’appel de la mer<br></span></strong>Au fil des séquences, on découvre en fait assez
      vite que la véritable incohérence est ailleurs, plus proche de nous. Pour être exact, dans la tête du personnage principal aussi harcelé par la tempête qui se déchaîne soudain sur l’île que par
      les images d’un double traumatisme antérieur&nbsp;: la mort de sa femme dans un incendie et les images de guerre de libération du camp de Dachau vécue par Daniels quand il était G.I.<br>
      C’est surtout à partir de cette imbrication psychologique que Scorsese, inspiré par le roman originaire de Dennis Lehane, commence de tisser sa toile entremêlant avec savoir-faire folie, vérité
      et rédemption. Car à n’en pas douter, <em>Shutter island</em>, plus qu’une énième oeuvre sur la théorie du complot, est un film sur le secret, le temps de latence. Entre rétention et
      déformation continue, Teddy Daniels n’est en effet pas aussi clair que l’on pourrait croire et il aura bien besoin, malgré son mal de mer (sic) qui ouvre le film, de toute l’eau qui l’entoure
      pour purifier son âme des horreurs que sa mémoire-rétine a enregistrées. Débute un redoutable échange alors, sous les yeux du spectateur pris au piège de la pseudo-objectivité de la caméra,
      entre l’oeil malade de Daniels et l’oeil scrutateur du cinéaste (<em>shutter</em> désigne au sens propre l’obturateur, ce qui permet la projection des images...<br>
      C’est sur la sinistre île-forteresse de Shutter Island, ce centre de détention psychiatrique isolé au large de Boston où les déments ne cessent de «&nbsp;se faire des films&nbsp;», que la
      grande révélation aura lieu, soulignée par la musique grave de Gustav Mahler.</span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <img height="186" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/shutter-island1.jpeg" align="middle" border="2">
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666;">Shutter island&nbsp;: un fort clos ou un forclos&nbsp;?<br></span></strong>On
      intuitionne sans peine que Daniels, plus que coupé du monde par un dispositif topologique, est séparé de lui-même, schizé par l’afflux des représentations mentales susnommées qui l’empêchent de
      "voir" le réel. Si chacun de nous apparaît comme prisonnier de lui-même et de son inconscient, l’obturateur peut aussi bien se donner (et se vivre) comme obstruction. Regard devenu écran, au
      grand dam de la vérité-image, elle-même dédoublée dans la tradition grecque entre idole et icone. L’objectif -sans jeu de mot - du film consiste bien à nous permettre d’analyser le sens que
      donne Daniels aux évènements qui se déorulent face à lui sur l’île. Fantasme ou réalité&nbsp;? Délire ou rationalité&nbsp;? Shutter island est-elle une prison close sur d’innombrables
      secrets&nbsp;? pourquoi l’administration locale ne coopère-t-elle pas&nbsp;? le marshall Daniels est-il ou non victime d’une terrible conspiration&nbsp;?<br>
      Scorsese illusre ainsi de façon magistrale le terme psychanalytique de «&nbsp;forclusion&nbsp;» élaboré par Jacques Lacan pour traduire verwerfen, verwerfung employés par Sigmund Freud à propos
      de «&nbsp;L’homme aux loups&nbsp;» (in <em>Cinq psychanalyses</em>) pour désigner comment <em>ce qui est du dedans revient du dehors</em>. Lacan qui traduit d’abord&nbsp;le mot allemand par
      «&nbsp;rejet&nbsp;» (le verbe verwerfen signifiant avorter pour les animaux) choisit après quelques tâtonnements «&nbsp;forclusion&nbsp;» qui renvoie à <em>clore dehors</em> du latin for,
      foris&nbsp;: ce qui est mis de côté, à part&nbsp;; et clore&nbsp;: fermer. Mais où donc est le dehors ici&nbsp;? Et Daniels est-il jamais au dedans de qui/quoi que ce soit&nbsp;?</span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <img height="186" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/Shutter-Island2.jpeg" align="middle" border="2">
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666; font-size: 14pt;">R</span></strong>épondre à ces questions suppose d’abord de revenir sur
      le statut accordé au cinéma dans les années 20 par les théoriciens de l’inconscient - l’on songe ici à la légendaire opposition entre Freud (pour qui l’image était incapable de dire le désir
      qu’elle représente) et Abraham soutenant au contraire qu’une telle transposition était possible (l’écran cinématographique pouvant alors en quelque sorte «&nbsp;ojectiver&nbsp;» le rêve ). Or
      s’il est un «&nbsp;inconscient visuel du cinéma&nbsp;» (les termes sont empruntés à Walter Benjamin dans dans <em>L’œuvre d’art au temps de sa reproductibilité mécanique</em> (1936), qui tente
      de sortir de l’alternative précitée en faisant du cinéma un dispositf ayant sa loi propre), la question importe de déterminer si cet inconscient est dépendant ou non de l’inconscient de type
      freudien - en découle le statut de vérité/libération attribué dès lors à l’image cinématographique.<br>
      Sur ce point, il faut s’arrêter chez Scorsese sur le plan où le Dr Naehring, médecin psychiatre allemand de l’île, explique à Daniels que dans la langue germanique il existe une parenté
      sémantique entre le traumatisme («&nbsp;Trauma&nbsp;») et le rêve («&nbsp;Traum&nbsp;»), induisant a priori que le cinéma servirait à représenter le rêve traumatique en tant qu’indice du
      traumatisme réel ayant perturbé la psyché du patient ou de l’analysé.</span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <img height="225" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/shutter-island3.jpg" align="middle" border="2">
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666;">Le devoir de mémoire&nbsp;: une folie</span></strong><br>
      Autant dire que nous sommes tous des névrosés (traumatiques, ce qui n’est pas nouveau sous le soleil depuis Freud) et que, tout au plus, le réel ne vaut que comme la réalisation d’un rêve
      traumatique... auquel cas le cinéma qui expose les représentations psychopathologique de ses héros est on ne peut plus sinon vérace du moins réaliste. Précisément, c’est là où le bât blesse
      dans <em>Shutter island</em>, ce qui contribue selon nous à rendre flottant ce qui eût pu être un thriller haletant&nbsp;: en effet, si l’on comprend bien que le réalisateur cherche à nous
      expliquer ce qui a pu motiver la dérive mentale du marshal à partir de la mort de sa femme et des corps des déportés exécutés en masse, femmes et enfants surtout, qu’il a observés en tant que
      soldat, pourquoi donc y aurait-il au juste un lien (inconcsient certes) entre le passé de Daniels qui s’expose à l’écran à coups de flash-back envahissant et la psychopathologie du
      personnage&nbsp;?</span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666; font-size: 12pt;">L</span></strong>a fin du film révèle que dans la réalité, la femme de
      Daniels a tué leurs trois enfants - on ne saura pas à vrai dire pourquoi - et qu’il l’a exécutée ensuite. Faut-il en déduire que marqué par la libération de Dachau (qui, au passage, n’a rien à
      voir avec Auschwitz&nbsp;: que vient donc faire dans cette galère traumatique l’image de la devise Arbeit macht frei&nbsp;???), Daniels a eu le désir inconscient de tuer les trois enfants issus
      de son mariage, et que c’est sa femme qui va accomplir ce désir pour lui&nbsp;? -&nbsp;rien ne justifie dans le roman ou dans le film cette idée. Que face aux drames impossibles à assumer, à la
      culpabilité qui nous ronge, Dame folie peut se faire protectrice&nbsp;?<br>
      En ce sens, Daniels n’a rien du Surhumain défini par Nietzsche comme celui qui affronte lucidement la vie, avec toute la souffrance qu’elle comporte. Or donc, si certaines souffrances sont trop
      rudes à affronter sans illusion, le marshal Daniels ne quittera jamais, sain et sauf, Shutter Island. Il est des blessures qui, comme les rêves on le sait, peuvent créer des monstres. Et le
      héros n’a pas (suffisamment) conscience ici de son degré de blessure morale pour l’affronter.&nbsp;<em>Vaut-il mieux vivre comme un monstre ou mourir en homme bien</em>&nbsp;? demande-t-il
      <em>in fine</em>, dans un dernier jeu du chat et de la souris entre le réel et le fictif. La boucle n’est pas bouclée, elle se répète, c’est bien pire. <em>Quod erat
      demonstrandum.</em></span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <img height="225" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/shutter-island4.jpg" align="middle" border="2">
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #666666;">L’enfer, c ’est l’il perdu dans la mer<br></span></strong>Si c’est une façon pour
      Scorsese de dire que le souvenir rend fou et que les cinéastes peuvent jouer à leur guise de l’«&nbsp;inconscient freudien&nbsp;», le procédé nous semble assez curieux. D’autant que Daniels
      laisse entendre que le phare de l’île doit être le lieu d’expérimentations sur les malades-cobayes à faire frémir ...et dignes des camps de concentration.<br>
      Une chose est sûre&nbsp;: en passant de l’enquête policière à l’effondrement intérieur d’un homme le film alimente les débats et suscite le questionnement philosophique. Daniels cherche moins à
      fuir désespérément Shutter Island qu’il n’évite de se regarder dans sa vérité. Et si la véritable tragédie était celle que chacun porte en soi tel un masque qui nous maintient à flot plutôt que
      dans la conspiration toujours possible des autres contre nous&nbsp;?<br>
      L’enfer, c’est l’il perdu dans la mer.</span></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><em><strong><span style="color: #996600; font-size: 14pt;">Shutter island</span></strong></em><br></span></span><span style=
      "font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong>Réalisateur&nbsp;: Martin Scorsese<br>
      Acteurs&nbsp;: Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley<br></strong></span></span><span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong>Studio&nbsp;: Paramount<br>
      Date de sortie du DVD&nbsp;: 24 juin 2010<br>
      Durée&nbsp;: 137 minutes<br>
      Prix&nbsp;: 19,99 euros</strong></span></span>
    </p>
  </div>
  <div>
    <br>
    <table class="pointeur" style="text-align: justify;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="30"></table>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Aug 2010 18:47:00 +0200</pubDate>        <guid >fredericgrolleau.over-blog.com-55357185</guid>
                <category>critik DVD</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-shutter-island-55357185-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Lovely bones]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-lovely-bones-54592084.html</link>        <description><![CDATA[<div dir="ltr">
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      <strong><span style="font-size: 12pt;">Le paradis, ça se mérite</span>.</strong>
    </p>
  </div>
  <div dir="ltr">
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><em><span style="color: #9933cc;"><img height="300" width="200" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/lov.jpeg" align="left" border=
      "2">Violée et assassinée, une jeune fille de 14 ans découvre le monde depuis le paradis. Elle voit ses parents et sa famille ravagés par le drame, elle observe le détective chargé de l’enquête
      et elle aperçoit son meurtrier poursuivre ses sanglants méfaits.</span></em><br></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff9900;">Ou la porte du Paradis</span></strong><br>
      Le sujet porte facilement à la guimauve et le terrain n’est pas sans risques pour le réalisateur imposant de <em>King Kong</em> ou du <em>Seigneur des anneaux</em> I, II, III. Sans doute
      celui-ci a-t-il voulu revenir vers la veine intimiste de son <em>Heavenly creatures</em> ("Créatures célestes", 1994) où déjà le titillait la préoccupation du paradis. Mais justement, le
      paradis ça se mérite et il semble bien que Susie Salmon ne soit pas encore prête, c’est la thèse intéressante du film, à le gagner (à tous les sens du terme). Dans l’attente de la punition
      infligée au coupable, elle se condamne donc elle-même à errer dans les limbes. Prisonnière du purgatoire.<br></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff9900; font-size: 14pt;">L</span></strong>a critique, certes, n’y est pas allée de main morte - c’était de
      circonstance, me direz-vous - avec la représentation jacksonienne de cet entre-deux mondes&nbsp;: parure kitsch pour les uns, chromo publicitaire insupportable pour les autres, les méchantes
      langues n’ont voulu retenir de l’approche de Jackson que son côté vintage, occultant alors en quoi ces «&nbsp;adorables ossements&nbsp;», pour traduire le titre inspiré du plat roman d’Alice
      Sebold, <em>La Nostalgie de l’ange</em> (J’ai lu, 2003), mettaient tout simplement en exergue, et non sans une poésie visuelle certaine, la question du deuil d’un être aimé et l’ensemble des
      conséquences sismiques que provoque sur autrui sa disparition.<br></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><img height="186" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/lov2.jpeg" align="middle" border="2"><br>
      <br>
      <strong><span style="color: #ff9900; font-size: 14pt;">A</span></strong>insi, ni film de vengeance basique ni teen-movie réducteur, <em>Lovely bones</em> vaut avant tout comme une étude de
      moeurs sur le sens de la famille et l’irréversible au sens jankélévitchien, ce dont atteste la subtile scène du dédoublement où Susie croit échapper à son bourreau dans le piège qu’il lui a
      concocté sous le champ de blé proche de sa maison. La couleur - par le biais des décors féériques et magnifiques - est donnée d’emblée&nbsp;: le bonheur de cette famille de Pennsylvanie n’est
      pas destiné à durer&nbsp;; reste à savoir si le meurtrier sera ou pas démasqué pour que l’âme de la jeune fille repose en paix.<br>
      Sans une once de morale, non plus qu’une ribambelle d’effets spéciaux qui eussent été spécieux ici, Jackson parvient finalement à présenter le plus grand malheur qui nous guette - notre mort
      proche - comme un paradoxal bonheur à réinventer. Une jeune fille assassinée qui n’arrive pas à quitter les vivants, sa famille qui ne peut se résoudre à sa perte&nbsp;: un basculement
      incessant entre le monde des morts et des vivants, qui fait place belle au non-figuré, à méditer.<br></span>
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <img height="186" width="450" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/lovely1.jpeg" align="middle" border="2">
    </p>
    <p class="spip" style="text-align: justify;">
      &nbsp;
    </p>
    <p style="text-align: justify;">
      <strong><span style="font-family: Verdana; color: #cc33cc; font-size: 14pt;"><em><br>
      Lovely bones</em></span></strong> <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><br>
      Réalisateur&nbsp;: Peter Jackson<br></span><span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;">Interprètes&nbsp;: Mark Walhberg, Rachel Weisz, <span style="color: #000000;">Saoirse Ronan,
      Susan Sarandon</span><br>
      Durée&nbsp;: 2h08<br></span><span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;">Date de sortie&nbsp;: 10 février 2010<br></span><span style="font-size: 10pt;"><span style=
      "font-family: Verdana;">Editeur&nbsp;: Paramount Home Entertainment<br></span><span style="font-family: Verdana;">Prix&nbsp;: 19,99 euros.</span></span>
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Wed, 28 Jul 2010 14:28:00 +0200</pubDate>        <guid >fredericgrolleau.over-blog.com-54592084</guid>
                <category>critik DVD</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-lovely-bones-54592084-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Voyage au coeur de l’univers tintinesque...]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-voyage-au-coeur-de-l-univers-tintinesque--40286103.html</link>        <description><![CDATA[<div dir="ltr">
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p><span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><span style="color: #999999;"><em>Dans une ambiance et un décor tintinesques, trois <img src=
    "http://www.lelitteraire.com/IMG/jpg/fgpivot.jpg" align="right" border="0" vspace="3" width="200" height="254" hspace="5">apôtres du tintinisme, deux hommes et une femme, créent le Khi-Oskh Club
    (K.O.C), une sorte de cercle fermé qui fonctionne à l’image d’une communauté. L’objectif de ces "gardiens du temple hergéen"&nbsp;? Pourchasser ceux qui se "permettent de tripoter la progéniture
    d’Hergé" afin d’oeuvrer contre "la marchandisation et la surinterprétation de l’univers tintinien". A tous ceux et à toutes celles à qui "Après, Tintin..." a "donné du tintoin" (1), cette
    interview accordée par Frédéric Grolleau (2) à</em> <strong><span style="color: #000000;">Nadia Agsous</span></strong> <em>est une invitation à s’immerger dans l’univers de cette histoire
    tintinphile qui ne finit pas de dérouter. Encore... Et encore.</em></span></span>
  </div>
  <div dir="ltr">
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff9900;">Le titre "Après, Tintin..." suggère une idée d’inachèvement. Il laisse entrevoir une suite voire une
      continuité... Quel est le sens de ce titre et son lien avec l’histoire&nbsp;?</span></strong></span>
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><strong>Frédéric Grolleau</strong>&nbsp;: Peut-être l’inachèvement est-il connoté par les points de suspension du titre - davantage que par
      le "Après&nbsp;» vaguement suspensif. Mais mon intention de départ était plutôt de jouer sur la postérité d’Hergé en montrant que celle-ci relevait désormais d’une certaine caducité. A l’heure
      où se multiplient et se vendent sur tous supports tels des petits pains les pirates, pastiches et parodies des Aventures de Tintin et Milou, il me semble intéressant d’observer que Après Tintin
      (j’enlève la virgule), c’est-à-dire après le Tintin du Père, il n’y a plus rien. Après le Tintin d’Hergé donc, ... tintin&nbsp;! Le titre est aussi un clin d’oeil à un commentateur d’Hergé qui
      a consacré un essai à la jeunesse du héros d’Hergé et qui s’intitule «&nbsp;Avant Tintin&nbsp;».</span>
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><span style="color: #ff9900;"><strong>Le livre ouvre sur un préambule intitulé «&nbsp;Tout un tintouin&nbsp;» qui se décline sous forme
      d’une fiche à l’allure pédagogique où tu te livres à une explication exhaustive de l’expression «&nbsp;faire tintin&nbsp;». Quel est le sens de ce détour
      sémantique&nbsp;?</strong><br></span>Que le mot tintin qui renvoie originairement à un son de cloches, de grelot (homophonie de mon patronyme), de monnaie ou au tintement de verres - thématique
      de mon premier roman, "Monnaie de verre" - qui s’entrechoquent permet d’associer au nom propre du reporter la dimension du manque et du vide - ce qui est en accord avec le titre du roman, qui
      tend à souligner que ceux qui exploitent éhontément la créature d’Hergé ..."font tintin". Mais peut-être font-ils aussi Tintin au sens ou certains parodistes se montreraient plus fidèles en
      poursuivant l’oeuvre d’Hergé à leur façon que les héritiers juridiques d’Hergé dont on connaît la rudesse et l’intransigeance en matière de gestion de l’héritage du Maître (ils nous privent
      ainsi du trésor que pourraient constituer des parodies respectueuses des codes hergéens et nous amènent, en ce sens, à faire tintin de Tintin. Ce qui nous cause du tintouin...<br>
      Ce précis de polysémie est la première partie de l’ouvrage que j’ai écrite une fois venue l’idée générale et il était important pour moi qu’il figure ainsi en tête du roman afin de proposer une
      direction interprétative au lecteur, tant "Après, Tintin..." , à mes yeux, est un véritable jeu de pistes. Il m’amusait par ailleurs de rappeler que le mot tintin apparaît dans le langage des
      troupes vu que l’un des mes héros, collectionneur fou et redoutable psychopathe, est présenté comme enseignant au lycée militaire de Saint-Cyr l’Ecole.</span>
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><span style="color: #ff9900;"><strong>Sur la couverture du roman, Tintin est représenté tenant dans ses deux mains un objet qui pourrait
      être un livre ou une tablette sur lequel figure les noms de "Jésus-Christ" et Dieu"&nbsp;; Un objet à connotation religieuse. Quel est le message véhiculé à travers cette image qui peut avoir
      un effet déroutant&nbsp;?</strong><br></span><img src="http://www.lelitteraire.com/IMG/f.jpg" align="right" border="0" width="245" height="300">C’est que j’aime beaucoup dérouter, ma foi...
      Plus sérieusement, cette photographie m’a été obligeamment cédée par le journaliste Gérard Ponthieu, spécialiste des pays africains et qui tient un <a href="http://gponthieu.blog.lemonde.fr/"
      target="_blank"><strong><span style="color: #ff6600;">blog</span></strong></a> sur le site du Monde. Elle représente une statue, Tintin et Milou en plâtre/ciment vus de dos (ce qui permet
      d’éviter des problèmes de droit à l’image), située près d’une guinguette à Kinshasa où Mobutu aimait se rendre.<br>
      Dès que je l’ai vue, j’ai compris que ce serait une couverture parfaite pour imager mon roman car certes il y a un clin d’oeil à l’aspect religieux de la tintinomania - certains collectionneurs
      considèrent certaines pièces émanant du fond Hergé comme autant de reliques - mais, surtout, j’ai été attiré par la mise en abyme que représenterait la première de couverture d’un livre sur
      Tintin où le lecteur verrait Tintin tenant lui-même dans ses mains un livre etc. Si j’en avais eu les moyens techniques j’aurais même pu mettre la couverture de mon roman en lieu et place des
      mentions religieuses et le vertige eût été complet&nbsp;!</span>
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><span style="color: #ff9900;"><strong>Le Khi-Oskh Club (K.O.C.) est animé par deux hommes et une femme qui se définissent comme des
      «&nbsp;apôtres du tintinisme&nbsp;», «&nbsp;obsédés par le rééquilibre du Bien dans l’univers de Tintin. Le «&nbsp;Bien&nbsp;» est opposé à la notion du «&nbsp;mal&nbsp;». Quel est le sens
      attribué à ces deux notions dans le contexte tintinien&nbsp;? Comment se déclinent-elles dans l’univers de «&nbsp;Après, Tintin...&nbsp;»&nbsp;?</strong><br></span>C’est là une question assez
      technique&nbsp;: pour faire simple, disons que Tintin cherche toujours à promouvoir le bien, à sauver la veuve et l’orphelin, ce qui l’amène au fil de ses exploits à devoir combattre tous ceux
      qui veulent déstabiliser le monde vertueux auquel il croit. Mais ce chevalier à la gaie figure, pour moquer Cervantès, n’est pas toujours pris pour le paradigme de la probité par les pirates et
      autres parodistes, sans parler des commentateurs qui font subir à l’innocence de Tintin les pires analyses -psychanalytiques, franc-maçonnes entre autres.<br>
      Il était donc temps que des thuriféraires d’Hergé viennent venger l’honneur de son "fils", c’est-à-dire s’attaquer à ceux qui osent renverser le Bien tintinien en un Mal tintinoclaste. Les
      mécréants que traque le K.OC - ostensiblement inspiré par le Fight Club de David Fincher - sont ainsi amenés, le temps d’un repas ou d’une interview, à se repentir de leurs erreurs
      interprétatives avant d’être exécutés en prenant modèle sur un crime commis dans Les Aventures de Tintin et Milou. C’est une sorte de retour à l’envoyeur façon Copycat pour ainsi dire...<br>
      Pour les lecteurs qui ne comprendraient pas à quel point il y a une littérature infinie sur Tintin - où tout n’est pas "mal" je précise - je renvoie au site dédié au livre où se trouve un
      imposant appareil de notes et de renseignements bibliographiques. Je fais figurer notamment sur le <a href=
      "http://www.fredericgrolleau.com/pages/Apres_Tintin_Tintinades_supplementaires-1137253.html" target="_blank"><strong><span style="color: #ff6600;">site</span></strong></a> toutes les tintinades
      (de vrais documents n’ayant pas été façonnés par l’imaginiare du romancier) que je n’ai pas pu intégrer dans le livre parce qu’elles auraient pris trop de place..<br>
      <br>
      <img src="http://www.lelitteraire.com/IMG/jpg/fgpivot.jpg" align="left" border="0" vspace="3" width="200" height="254" hspace="5"><span style="color: #ff9900;"><strong>L’objectif des membres du
      K.O.C. vise à lutter contre "la marchandisation ou la surinterprétation de l’univers tintinien". Il y a dans leur attitude vis-à-vis de Tintin et de son concepteur une tendance à la
      sacralisation voire de la «&nbsp;tintonomania&nbsp;» une . Qu’est ce qui motive ce positionnement&nbsp;?</strong><br></span>De toute évidence, je crains que nos trois gaillards n’aient été
      bercés trop près du mur&nbsp;! Le propos est certes outré, mea maxima culpa, mais, en cette période de forte intolérance religieuse, je suis parti du principe qu’il fallait répondre à
      l’exagération (i.e la surinterprétation de l’univers tintinien ) par l’exagération, soit le délire de trois fans psychotiques qui décident un beau jour d’exécuter tous ceux qui blasphèment en
      portant atteinte aux valeurs hergéennes. Comme tous les fous, ils ont tout perdu, sauf la raison - la preuve&nbsp;: deux d’entre eux sont des professeurs de philosophie - , ce qui les rend
      encore plus dangereux et nuisibles&nbsp;!</span>
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; color: #ff9900; font-size: 10pt;"><strong>Par moments, le "Je(u)" narratif laisse transparaître en filigrane un "je(u)" biographique.
      O</strong></span><span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff9900;">n a le sentiment par moments que le narrateur se confond avec l’auteur. Quelle est la
      part d’autobiographie dans Après, Tintin...&nbsp;?</span></strong><br>
      <img src="http://www.lelitteraire.com/IMG/fg.jpg" align="left" border="0" width="200" height="211">Comme dans toute démarche littéraire, il faut bien à un moment ou à un autre que l’auteur
      puise dans une partie de son vécu, de son expérience personnelle pour donner corps à ses personnages et aux lieux qu’ils peuplent mais la plupart des informations et élémenst mis en scène dans
      <em>Après,Tintin...</em> relève de l’imagination du romancier. Il ne faut pas croire que parce que le narrateur dit "je" c’est forcément moi&nbsp;: si en effet je reconnais sans honte aucune
      aimer l’univers de Tintin je n’en suis pas encore à rêver la nuit de la façon dont je vais tuer ceux qui le spolient...<br>
      De ce point de vue, n’en déplaisent à mes détracteurs, il s’agit bien en la matière d’un roman à consonnance fictive et non d’une autobiographie.</span>
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><span style="color: #ff9900;"><strong><em>Après, Tintin...</em> est le énième ouvrage publié sur Tintin et son concepteur.Quelles sont les
      raisons qui ont motivé l’écriture de ce livre&nbsp;?</strong><br></span>J’ai toujours été passionné par l’univers de Tintin. Il s’agit là de la première bande dessinée que j’ai découvert
      enfant, en même temps que l’exercice de la lecture. Aussi, c’est en complétant ma bibliothèque tintinienne par des achats de parodies et autres pastiches que je me suis rendu compte de la
      prolifération des oeuvres continuant l’entreprise d’Hergé&nbsp;: disons donc que cette résistance du reporter à la culotte courte m’est apparue comme un thème stimulant à exploiter...</span>
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff9900;">De ton point de vue, qu’est ce qui différencie ce livre des autres&nbsp;? Quel est son apport
      principal pour l’œuvre d’Hergé et son héros, Tintin&nbsp;?</span></strong><br>
      Le seul intérêt que j’y vois aujourd’hui c’est que ce livre - toutes proportions gardées - résume un peu à mes yeux tous les autres puisqu’il est l’occasion du passage en revue de la majorité
      des interprétations auxquelles Tintin prête flanc depuis le décès de son créateur.</span>
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><span style="color: #ff9900;"><strong>Comment a-t-il été accueilli par les éditeurs&nbsp;? Les critiques&nbsp;? Le
      public&nbsp;?</strong><br></span>La plupart des éditeurs parisiens à qui je l’ai soumis l’ont trouvé trop érudit et souvent trop philosophico-technique pour être adapté au grand public. C’est
      assez amusant comme retour puisque ce sont les mêmes qui n’hésitent pas (aussi) à faire paraître, au nom du bon vieux renvoi d’ascenseur, chaque mois des romans de gare qui ne trouveront pas
      plus leur "public" que ce titre ne prétendait le faire...<br>
      A ma connaissance, il y a eu assez peu de critiques et de lecteurs qui ont fait connaître leur avis sur ce roman (l’essentiel des avis informés est sur mon site auteur), à la différence de
      Monnaie de verre et du Cri du sanglier mais je ne m’en soucie guère car je n’écris jamais en fonction d’un lectorat idéal. Je me contente de mener à bout une histoire telle qu’elle s’impose à
      moi. On peut me reprocher là une démarche par trop egocentrée mais je préfère cela au fait de considérer que les personnes qui lisent des livres ont besoin d’être guidées en permanence parce
      qu’elles n’ont pas le niveau requis pour pénétrer dans un univers. Tintin, ça se mérite, que diable&nbsp;!</span>
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><br>
      Propos recuillis pour lelitteraire.com par <strong>Nadia Agsous</strong> le 25 novembre 2009.</span>
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;"><br>
      (1) Selon Frédéric Grolleau, «&nbsp;donner du tintoin à quelqu’un&nbsp;» signifie «&nbsp;l’embarrasser, lui donner du souci..&nbsp;», P. 11.</span>
    </p>
    <p class="spip">
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: Verdana; font-size: 10pt;">(2) Frédéric Grolleau est critique littéraire et auteur de plusieurs ouvrages. Pour en savoir plus sur ses productions&nbsp;:
      http://www.fredericgrolleau.com/</span>
    </p>
  </div>
  <p>
    <a id="access-j" accesskey="j" name="access-j" href="http://www.lelitteraire.com/ecrire/articles.php3?id_article=3805#access-j"></a>
  </p>
  <table class="cadre" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
    <tbody>
      <tr>
        <td class="e-hg">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-h">
          <img src="http://www.lelitteraire.com/ecrire/img_pack/rien.gif">
        </td>
        <td class="e-hd">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td class="e-g">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-c">
          <div dir="ltr">
            <p class="spip">
              <span style="font-family: Verdana,Arial,Sans,sans-serif; font-size: 10pt;">&nbsp;Frédéric Grolleau, <strong>Après,Tintin... BoD, avril 2009, 176 p. - 11,00 euros.</strong></span>
            </p>
          </div>
        </td>
        <td class="e-d">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td class="e-bg">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>]]></description>
        <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 23:49:00 +0100</pubDate>        <guid >fredericgrolleau.over-blog.com-40286103</guid>
                <category> ENTRETIENS avec FG</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-voyage-au-coeur-de-l-univers-tintinesque--40286103-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Tintin est-il déviant ?]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-34405479.html</link>        <description><![CDATA[<div dir="ltr">
    <p align="justify">
      <b>Quand Tintin fait le guet...</b>
    </p>
  </div>
  <div dir="ltr">
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #000000;"><span style="color: #ff99cc;"><em><span style="color: #ff9900;"><img height="300" width="200"
      src="http://www.lelitteraire.com/IMG/buqouy.jpg" align="left" border="3">Tintin boy-scout est aussi Tintin schizo. S’il n’était qu’un petit humaniste dévoué aux bonnes causes, il y aurait
      longtemps qu’il nous aurait lassés en s’inscrivant dans un club où rayonnent soeur Emmanuelle et l’Abbé Pierre.</span></em><br></span>Pierre Sterck, <em>Tintin schizo</em></span></span></span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff3300; font-size: 14pt;">Q</span></strong>uand Hergé, totemisé Renard Curieux,
      fit ses débuts dans une revue scoute, il avouait volontiers que Tintin, épris d’aventure et de justice, était l’incarnation des valeurs de ce mouvement. De fait, rarement personnage aux traits
      si lisses et aux moeurs si simples aura été aussi adulé ...et disséqué. Flanqué de son éternel fox, le jeune reporter à la houppe qui paraît, du haut de son empire, n’avoir rien à envier à
      Largo Winch semble n’avoir pas pris une ride alors que l’on a fêté cette année son quatre-vingtième anniversaire et que s’ouvre cet été en Belgique le musée qui lui est dédié à Louvain-la-Neuve
      [ouverture des portes le 2 juin 2009. En octobre, ce musée accueillera "Tchang et Hergé", une exposition temporaire consacrée à l’artiste chinois Tchang Tchong Jen, ami de Hergé, dans le cadre
      officiel d’Europalia Chine 2009, qui est aussi l’année du 75e anniversaire du "Lotus Bleu"].</span></span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff3300; font-size: 14pt;"><img height="205" width="180" src=
      "http://www.lelitteraire.com/IMG/haddock%20sex.jpg" align="right" border="3">P</span></strong>ourtant, derrière la bonhommie évidente du personnage et de ses comparses, qu’on devrait retrouver
      au tout début de l’année 2011 dans l’adaptation cinématographique du <em>Secret de la Licorne</em> et du <em>Trésor de Rackham le Rouge</em> par Steven Spielberg et&nbsp;Peter
      Jackson&nbsp;[Jamie Bell (Billy Elliot) incarnera Tintin tandis que Daniel Craig (James Bond) interprétera Rackham le rouge, bon nombre de spécialistes tintinophiles se plaisent à chercher la
      faille dans la cuirasse. Forts du mot de Jankélévitch selon lequel «&nbsp;le respect est parfois une barrière à l’amour&nbsp;», d’aucuns n’hésitent pas à revisiter les arcanes tintinniennes
      afin d’exhumer à la vue de tous les éléments qui permettraient de penser autrement Tintin que selon la ligne - claire - officielle régentée par les ayants-droits d’Hergé. Emerge alors au gré
      des <em>Aventures...</em> et des rencontres le comportement hors-norme du héros préféré des lecteurs de 7 à 77 ans qui tend à s’affirmer comme "déviant".</span></span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff0000; font-size: 12pt;">&nbsp;S</span></strong>exuelle, politique, religieuse,
      sociale, la déviance s’applique en effet à une manière d’être, de penser ou de se conduire qui s’écarte des standards sociaux, moraux ou culturels régissant une collectivité. Elle peut
      concerner un individu ou un groupe, être choisie ou subie. Quelle qu’elle soit, observe Albert Ogien (<em>Sociologie de la déviance</em>, Armand Colin) elle suscite généralement une réaction de
      malaise ou d’agressivité, et le groupe dont on a divergé s’efforce, par des moyens médicaux, sociaux ou judiciaires, de la neutraliser, de la contrôler ou de l’intégrer. Comme l’indique
      l’étymologie, la déviance concerne tout ce qui s’éloigne du droit chemin.</span></span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff66ff; font-size: 14pt;"><img height="221" width="250" src=
      "http://www.lelitteraire.com/IMG/mariagedetintin.jpg" align="left" border="3">Tintin est-il humain&nbsp;?</span></strong><br></span><span style="color: #000000; font-size: 10pt;">De ce point de
      vue, comme en témoigne l’essayiste et auteur dramatique Jean-Marie Apostolidès dans <em>Les métamorphoses de Tintin</em>, Tintin, de par son angélisme affiché, sort bien parfois du sillon
      psychologique et existentiel qu’il ne devrait point quitter. Petit garçon au sobriquet enfantin qui ne veut pas grandir et se confonter à la figure du Père ou des substituts qui en tiennent
      lieu - Hergé reconnaît dans son <em>Entretien avec P. Hamel et B. Peeters</em> qu’il connaît bien la psychanalyse de Jung&nbsp;-, Tintin n’a pas de parents attitrés, c’est une sorte d’"enfant
      trouvé" tout-puissant qui semble plier le monde à ses volontés. Mais sans père il est aussi sans repère (sans rival au sens pyschanalytique), et c’est auprès d’autres figures (Haddock, Siclone,
      Calystène, Halambique, Tournesol...) qu’il cherchera une incarnation du mystère, de la loi et de l’autorité.<br>
      On peut ainsi lire <em>L’Etoile mystérieuse</em> comme une exploration de l’enfance (insulaire) primitive et de ses peurs où il faudrait pouvoir établir sa marque pour éviter d’être dépendant
      d’une Mère-nature toute-puissante et monstrueuse. Notre héros lutte&nbsp;en ce sens&nbsp;pour maintenir ce qu’Apostolidès nomme la «&nbsp;structure de l’ordre&nbsp;» et vivre au regard des
      valeurs que tout père, symbolique ou effectif, impose à sa descendance)&nbsp;: installé dans une zone pré-oedipienne rassurante, le héros est semblable à un personnage de contes de fées.
      Refusant comme Peter Pan de vieillir, il n’a aucune vie personnelle, n’a rien d’individualisant et voit toutes les choses à l’entour comme issues d’une famille unique. D’où dans les premiers
      albums sa non distinction de ce qui sépare les êtres et les cultures.</span></span>&nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><span style="color: #ff9900;"><em>Malgré ses errances autour du monde, rien de l’univers extérieur ne pénètre chez Tintin</em>.</span>
      (J.-M.&nbsp;Apostolidès)<br></span><br>
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff0033; font-size: 14pt;"><img height="253" width="180" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/minous-couv.jpg" align=
      "right" border="3">M</span></strong>éconnaissant la sexualité et obsédé par le Bien, sans femme ni argent, il cherche seulement, note l’auteur des <em>Métamorphoses...,</em> à «&nbsp;rétablir
      sur terre l’état d’innocence paradisiaque&nbsp;» originaire, ce qui contribue à le perdre dans notre monde symbolique de consommation et d’ échanges. Il échappe ainsi aux règles admises par la
      société qu’il assimile à un monde dégradé, ne trouvant parfois le repos, via des robinsonnades qui ne déplairaient pas au Deleuze de <em>La logique du sens</em>, que dans la Nature. Sa déviance
      s’enracine en ce que, dépourvu d’origine et de filiation assignables, il n’a paradoxalement pas grand chose d’humain ne dispose d’aucune existence privée, ce qui explique le "communisme" du
      château de Moulinsart.</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><em><span style="color: #ff9900;">Il n’accumule rien, n’apprend rien, ne possède pas de caractéristiques qui le rapprocheraient des humains
      ordinaires (...) Tintin revient sans cesse à la case de départ puisque l’expérience n’a pas prise sur lui. (...) c’est pourquoi il ne viellit jamais.</span></em> (J.-M.&nbsp;Apostolidès)</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff33ff; font-size: 14pt;"><img height="523" width="282" src=
      "http://pushedupsleeves.files.wordpress.com/2009/01/tintinandthewhip.jpg" align="left" border="3" style="width: 215px; height: 431px;">&nbsp;Haddock ou le retour impossible au monde
      réel</span></strong><br></span> <span style="color: #000000; font-size: 10pt;">Héros sotériologique tel le Christ, sans amour ni haine, ce surhomme en pantalons de golf qui refoule tout désir
      ne vit que dans ce miracle permanent au fil de ses exploits&nbsp;: restaurer le Bien ici-bas. C’est cet irréalisme des premières aventures encore dédiées à la figure de la première enfance
      culminant dans <em>Le Sceptre d’Ottokar</em> que vient contrer la figure de Haddock, bouche sur pattes toute en démesure et oralité introduite par Hergé à partir du <em>Crabe aux pinces
      d’Or</em> (le capitaine alcoolique est à la tête d’un navire faisant à son insu du trafic d’opium et où Tintin est emprisonné par le bras droit du méchant Rastapopoulos). Haddock permet à
      Tintin d’entrer dans le monde objectif des échanges et des adultes, de commencer une existence personnelle au lieu de rester dans son quant-à-soi.</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff0033; font-size: 14pt;">U</span></strong>ne relation particulière qui amène le Capitaine, perdu dans le désert, à
      vouloir ensuite faire sauter la tête de Tintin comme un bouchon de champagne, ce qu’Apostolidès assimile à un désir homosexuel explicite, l’alcool qui équivaut à une pulsion du Ça freudien
      étant de l’ordre du symbole phallique. Haddock qui, plus loin, remet le couvert phantasmatique en voulant cette fois «&nbsp;boire Tintin&nbsp;» ramené à une bouteille de bourgogne
      rouge&nbsp;!<br>
      Or, en menant Haddock à maîtriser ses pulsions destructrices, Tintin va prendre conscience des siennes propres&nbsp;: ainsi de la scène plus loin où, dans une cave de Bagghar, Tintin et
      Haddock, enfermés par des bandits sont enivrés par les vapeurs de l’alcool et goûtent au plaisir défendu de la saôulerie collective, Tintin entonnant un air d’opera et encourageant Haddock à se
      comporter ...comme un chien. Ce passage de l’univers théologique à l’univers psychologique, en même temps qu’il donne la vedette des <em>Aventures...</em> au capitaine, permet au héros
      pré-oedipien qu’était Tintin, indifférent jusqu’alors à la différence des sexes, de s’ouvrir à la sexualité humaine au sens où le reporter, "au-delà d’un desir homosexuel inconscient et
      constamment réprimé" (Apostolidès), accède enfin à un univers tant personnel que phantasmatique.</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff0000; font-size: 14pt;"><img height="202" width="250" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/minousv1.jpg" align=
      "right" border="3">M</span></strong>ais c’est là une exception, la déviance de Tintin l’empêchant le reste du temps de quitter le monde de la petite enfance, le temple du sommeil. Curieusement,
      face au falot capitaine, aussi maladroit qu’exubérant, note Apostolidès, Tintin, avec son contrôle permanent des pulsions agressives ou sexuelles, incarne un être abstrait, tout en
      refoulement&nbsp;: son ouverture à la vraie vie a échoué.</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><em><span style="color: #ff9900;">Ce qu’ignore l’enfant trouvé, c’est que dans le combat fraternel qu’il livrera au capitaine, le vainqueur n’est
      pas celui qu’on atendait.</span></em> (J.M.&nbsp;Apostolidès)<br>
      <br>
      <strong><span style="color: #ff0000; font-size: 14pt;">P</span></strong></span><span style="color: #000000; font-size: 10pt;">our parler de déviance, il faut que soient réunis trois
      éléments&nbsp;: existence d’une norme, transgression de cette norme et stigmatisation de cette transgression. L’origine de la déviance n’est donc pas à chercher dans la nature profonde de
      l’individu, mais bien plutôt dans son rôle social, lequel détermine son identité. La déviance s’inscrit dans une dialectique dont le pôle opposé est forcément la norme qu’elle enfreint.
      Partant, le déviant est celui qui, par consensus communautaire, est affublé d’une étiquette - véritable "stigmate social"-&nbsp;; celui qui ne souscrit pas à la morale commune.</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <img height="170" width="300" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/tintinzoophile.jpg" align="middle" border="3">
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff33ff; font-size: 14pt;">Tintin incarne l’universalisme occidental ... qu’il subvertit</span></strong><br></span>
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;">Le professeur et critique d’art Pierre Sterckx pose alors dans son essai, <em>Tintin schizo</em>, la dérangeante question&nbsp;: é-norme par
      définition, Tintin est-il fou&nbsp;? Dépositaire des grandes valeurs universelles, Tintin arpente certes le monde et rencontre partout la différence, le relativisme, l’opposition (les tribus en
      Afrique et en Amériques, les commnuautés chinoise et manouche, les moeurs orientales etc.). Mais «&nbsp;chez Hergé, dit Apostolidès, l’idéal est premier&nbsp;: l’essence précède
      l’existence&nbsp;». N’en déplaise à l’existentialisme sartrien, l’idéal seul importe au père de Tintin. Est premier pour lui non ce que nous faisons, la somme de nos actes, mais la source
      suprasensible dont nous provenons et sommes le reflet dans le monde de la contingence historique. Or, en en restant à cette essentialité originaire, Tintin dévie de la norme
      commune&nbsp;:<br></span> <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><span style="color: #ff9900;"><br>
      Tintin est un héritier kantien du Siècle des Lumières pour lequel le beau, le vrai et le bien sont des vérités universelles, c’est-à-dire des universalités distribuées par l’Occident à tous les
      peuples de la Terre...</span>&nbsp;(P. Sterckx)<br></span><br>
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff0033; font-size: 14pt;">S’</span></strong>il n’est pas le personnage conventionnel et froid, humaniste et chrétien,
      misogyne et réac que l’on décrit parfois, le fait est qu’il passe le plus clair de son temps à transcender les codes moraux et politiques de son temps. Ainsi est-il passionné de civilisations
      exotiques mais les cultures planétaires l’intéressent-elles moins qu’il y paraît&nbsp;: le monde des Arumbayas (<em>L’oreille cassée</em>), des Indiens (<em>Tintin en Amérique</em>), des Incas
      (<em>Le temple du du soleil</em>), la figure du Yéti (<em>Tintin au Tibet</em>) ou du gorille (<em>L’île noire</em>), la découverte des cercles lunaires (<em>On a marché sur la
      lune</em>)&nbsp;: tout cela, qui méritait bien un "scoop", est pour finir ex-pliqué, mis à plat, à ce point décodé que le pouvoir magique qui s’y lovait s’en est comme absenté. Au croisement de
      la psychanalyse et de l’ethnologie, Tintin est un grand décrypteur qui démythifie en permanence. Etre fourchu, il incarne selon Sterckx à la fois la raison du système occidental et sa
      folie.</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><em><span style="color: #ff9900;">Hergé n’est pas (...) un homme de la désillusion et du désenchantement, (...) il est un héritier de cette
      modernité - esquissée par Spinoza ou Leibniz, et pleinement affirmée, un siècle plus tard, par Kant, Voltaire, Diderot (...).</span></em> (P. Sterckx)</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff0000; font-size: 14pt;"><img height="300" width="200" src=
      "http://www.lelitteraire.com/IMG/tintin%20sex%20moulinsart.jpg" align="left" border="3">&nbsp;D</span></strong>ouble et ambigu, s’il n’est pas le sage porte-parole des codes moraux et
      politiques de son temps (il dénonce les inégalités craintes dans <em>Tintin au pays des Soviets</em> et <em>Le Lotus bleu</em> par exemple), Tintin ne fait pourtant pas qu’affronter les codes
      extérieurs à lui&nbsp;; il va au-delà d’eux, tentant d’en expérimenter la source, d’où toute une série d’hallucinations (l’alcool d’Haddock, le poison, l’opium, les fakirs...), les cauchemars
      et les rêves confondus avec le réel. Ainsi, quoique inscrit dans l’ordre, dans l’immobilisme social et moral qu’on lui connaît, le petit reporter est toujours attiré par les marques de la
      déviance.<br>
      D’où son flirt permanent avec la folie. Mais il est moins schizophrène (cette maladie mentale qu’on s’emploie à enfermer, d’où un Tintin à l’envi "jeté en asile ou en prison, enterré vif,
      momifié"...) que, au sens de Deleuze et Guattari dans les <em>Mille Plateaux</em>, ce qu’on peut qualifier de "schizo". Sorte d’electron libre multidirectionnel, Tintin ne s’inscrit pas dans
      l’orbite de l’universalisme et du capitaslime occidental dont il devrait promouvoir les codes anthopocentriques, il ne fait pas que vouloir éclairer rationnellement le monde mais s’en écarte
      sans cesse dans une trajectoire schizoïde qui se veut puissance créatrice.</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><em><span style="color: #ff9900;">Schizo (...) est une production de désir et de langage qui fait passer des flux (actes, signes) à l’état
      libre.</span></em> (P. Sterckx)</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff0000; font-size: 14pt;">S</span></strong>ous des dehors de brave garçon, cet "énergumène indiscipliné au devenir
      imprévisible" est plus complexe qu’il y paraît&nbsp;: il est sans cesse en mouvement tout en ne changeant pas&nbsp;; il vit dans une «&nbsp;solitude radicale, absolue&nbsp;» mais en étant
      toujours entouré (d’amis ou d’ennemis)&nbsp;; il se retire souvent à Moulinsart mais y est tout de même exposé aux bouleversements du monde&nbsp;; il est au cours de ses aventures constamment
      confronté à la mort tandis qu’il est plus immortel qu’ Highlander. Qui plus est, on ne lui connaît aucun fantasme sexuel&nbsp;! Avouez qu’il y a de quoi perdre son latin...<br></span>
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;">Tintin n’entérine donc pas un "empire des signes d’Occident" par ses sempiternels voyages mais se délie et s’absente, faisant plutôt exploser
      toutes les structures préexistantes à son propre mouvement. La loi - incarnée par les Dupondt&nbsp;- lui colle aux basques mais il est rétif à la norme. Adepte des temps morts (déambulation
      nocturne à Shangai, endormissement à la belle étoile en Syldavie, rêverie bucolique à Moulinsart au son d’un air manouche...), "il se tient au coeur de l’évènement d’une façon schizoïde."
      Petite planète ex-orbitale, il sait s’approcher de l’imperceptible. Ni voleur ni violeur ni touriste, "il intervient" affirme Sterckx.<br></span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff0000; font-size: 14pt;"><img height="290" width="200" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/couv-gaul3.jpg" align=
      "right" border="3">&nbsp;C</span></strong>e qu’il va chercher jusque sur la Lune, déviance assumée, ce sont rien moins que " des occasions d’éliminer sa propre culture", de "se
      détérritorialiser totalement, se volatiliser comme sujet bien élevé - bien pensant." Il trahit ainsi sans cesse le monde capitaliste qui est censé l’envoyer en mission pour asseoir son emprise
      sur l’atérité des significations ...puisqu’il se révèle lui-même un fou qui échappe au système en parvenant à occuper l’espace d’un temps -toujours provisoire mais répété - le lieu de la
      déviance absolue représentée notamment par la drogue et l’alcool, les hallucinations et les pscychotropes. Dans <em>Tintin et l’alcool</em> (interdit à la vente par Moulinsart), Bertrand Boulin
      remarque que l’oeuvre de Tintin vaut comme une société universelle avec ses complexités, ses rêves, ses non-dits et ses interdits - en particulier au sujet de l’alcool, ses dépendances, ses
      audaces et ses folies. (on peut consulter sur ce point le stimulant site <a href="http://www.dogmael.com/tintin/pages/index2.html" target="_blank"><em><strong><span style=
      "color: #ff66ff;">Tintin et les psychotropes</span></strong></em></a>)</span><br>
      <span style="color: #ff9900; font-size: 10pt;"><em><br>
      (...) l’indifférence affective qui en résulte, la rupture entre une vie imaginaire totalement libérée et un comportement social hyper-conditionné, tout cela ne fait plus partie d’un modèle
      négatif classé sous la rubrique ’schizoïdie’ mais est devenu au contraire un idéal à atteindre...&nbsp;(Pierre Sterckx)</em></span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff0000; font-size: 14pt;">C</span></strong>ontre toute forme de linéarité, le mouvement brownien est en définitive le
      credo de Tintin, l’échappement vers le vide est son maître mot&nbsp;: "Etre schizoïde, c’est oser des connexions sub-atomiques, aller aux particules les plus hétérogènes afin de les agencer
      dans des ensembles inouïs".</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff33ff; font-size: 14pt;"><img height="300" width="200" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/crocgai.jpg" align=
      "left" border="3">La déviance de l’hétérosexualité ou quand Tintin fait le guet<br></span></strong></span><span style="color: #000000; font-size: 10pt;">La déviance n’est pas une nature, mais
      bien une (contre)forme sociale, qui remet en question légitimité, relativité et rébellion. Si le principe de déviance permet de jauger le degré de liberté qu’une société est prête à accorder à
      ses membres, les normes, comme la censure, qui sont les modes d’autoprotection ou d’autopréservation de cette société révèlent pour leur part aussi bien ses valeurs que ses peurs.<br>
      D’où la tentation, une subversion venant en chasser une autre, de briser l’asexuation revendiquée de Tintin (cf l’exercice de ventriloquie quasi schizophrénique dans Lire en 1978, où Hergé fait
      parler Tintin à sa place...) pour lui substituer l’image, politiquement incorrecte mais plus <em>hype</em>, d’un boy-scout belge gay. Matthew Paris s’est ainsi complu dans un article du Times
      de janvier 09 (<em>Of course Tintin’s gay. Ask Snowy</em>&nbsp;: «&nbsp;Bien sûr que Tintin est gay, demandez à Milou&nbsp;».), s’inspirant certainement de l’album pastiche <em>Tintin en
      Thaïlande</em> où notre reporter faisait son <em>coming-out</em>, à jouer de l’Outing forcé pour raviver les clameurs des ligues de vertu et, qui sait, les pousser à interdire les albums de
      Tintin pour soustraire les enfants à son influence déviante.<br>
      Ancien boy-scout lié aux milieux catholiques belges les plus réactionnaires (via son employeur Le Petit Vingtième), éternel célibataire, à qui on ne connaît aucune liaison féminine (sauf la
      Castafiore, ses amis sont tous des hommes - dont les Dupont-Dupond, "flamboyant couple moustachu" rencontré "en croisière", qui aiment se travestir...), tout plaide en vérité contre
      lui&nbsp;:<br>
      <br></span> <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><em><span style="color: #ff9900;">Un jeune homme sans expérience, androgyne, avec une houppe blonde, des pantalons bizarres et une
      écharpe, qui emménage dans le château de son meilleur ami, un marin entre deux âges&nbsp;?</span></em> (Matthews Paris)</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <img height="170" width="300" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/tnt%20gay.jpg" align="middle" border="3">
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff0033; font-size: 14pt;">L’</span></strong>écharpe est un signe qu ne trompe pas. Bien entendu, on ne saura jamais
      si Tintin était gay ou pas, conclut M.&nbsp;Paris. "Milou a tout vu. Milou sait tout. Et Milou ne dira jamais rien". Reste que le doute est permis&nbsp;: fort mignon avec sa petite mèche et sa
      tenue un peu moulante, Tintin, avec sa libido inexistante, sa relation ambiguë avec le capitaine Haddock et ses rapports plus qu’affectifs avec Tchang - sans oublier les inséparables
      Dupond-Dupont&nbsp;-, est un reporter qui ne séduit jamais les femmes (quasi inexistantes hormis la présence d’une Castafiore à la limite du drag-queen). Une recherche dans Google sur les
      termes «&nbsp;Tintin&nbsp;» et «&nbsp;gay&nbsp;» donne 526 000 références...<br></span> <span style="color: #000000; font-size: 10pt;">En définitive, la déviance, si elle n’est pas
      véritablement subversive, peut contribuer, les moeurs changeant, à la régulation, voire au renforcement de la norme. D’où l’attrait exercé par Tintin sur les parodistes, eux-mêmes apôtres de la
      déviance en tant qu’écart par rapport à la forme paradigmatique, qui ne se privent pas pour inventer à Tintin nombre de comportements sexuels satiriques, souvent plus ludiques que scandaleux.
      Autre façon pour Tintin d’honorer le sens littéral de la déviance en traçant de nouvelles lignes de fuite (on peut citer entre autres les pastiches <em>Tintin en version X</em> , <em>Tintin
      fait un porno</em>, <em>Aventures libertines de Tintin n°1</em> de Jan Buquoy, et la revue Croc,"Special Gai" (Québec, 1983) où Tintin se fait frictionner par un Haddock SM&nbsp;! Quiconque
      aspire à faire le bilan mouvementé de toutes ces exégèses tintiniennes peut aussi consulter notre ouvrage&nbsp;<em><a href="http://www.lelitteraire.com/article3541.html" target=
      "_blank"><strong><span style="color: #ff0000;">Après,Tintin...</span></strong></a></em> éditons BOD, avril 2009)&nbsp;</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="color: #000000; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff0000; font-size: 14pt;"><img height="209" width="209" src="http://www.lelitteraire.com/IMG/tintin%20gay%20vert.jpg"
      align="right" border="3">&nbsp;I</span></strong>l n’est pas impossible de ce point de vue que le héros de Hergé ne propose pas seulement une déviance sociale et esthétique, mais nous confonte,
      sentinelle insaisissable, à un espace possible de liberté permettant d’échapper au déterminisme et, comme Lao-Tseu l’a si bien dit, de "trouver sa voie". Et l’on songe à la boutade du général
      de Gaulle, rapportée par Malraux&nbsp;: <em><span style="color: #ff9900;">Au fond, vous savez, mon seul rival international, c’est Tintin&nbsp;! Nous sommes les petits qui ne se laissent pas
      avoir par les grands. On ne s’en aperçoit pas à cause de ma taille...<br></span></em>A déviant déviant et demi.</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <strong>&nbsp;frédéric grolleau</strong>
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 30 Jul 2009 18:38:00 +0200</pubDate>        <guid >fredericgrolleau.over-blog.com-34405479</guid>
                <category>ARTICLES PRESSE &amp; DOSSIERS</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-34405479-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'oeil de Galilée]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-30575804.html</link>        <description><![CDATA[Article paru dans La Recherche&nbsp; le 17 avril 2009<br>
  (source : <a href=
  "http://larecherche.typepad.fr/le_blog_des_livres/2009/04/quand-les-yeux-de-lesprit-voient-plus-loin-que-l%C5%93il-du-corps.html#more">http://larecherche.typepad.fr/le_blog_des_livres/2009/04/quand-les-yeux-de-lesprit-voient-plus-loin-que-l%C5%93il-du-corps.html#more</a><br>
  <div id="content">
    <div id="entry-65581131" class="entry">
      <h1>
        Quand les yeux de l'esprit voient plus loin que l'œil du corps<br>
      </h1>
      <div class="entry-content">
        <div class="entry-body">
          <div class="entry-content">
            <div class="entry-body">
              <p style="text-align: justify;">
                <a style="display: inline;" href="http://larecherche.typepad.fr/.a/6a00e54eff70fa8834011570250b6e970b-pi"><img border="0" src=
                "http://larecherche.typepad.fr/.a/6a00e54eff70fa8834011570250b6e970b-800wi" alt="Blog Luminet" title="Blog Luminet" class="at-xid-6a00e54eff70fa8834011570250b6e970b"></a> <span style=
                "font-size: 10pt;">En cette année 2009, déclarée Année internationale de l’astronomie par l’UNESCO, Jean-Pierre Luminet donne suite au <em>Secret de Copernic</em></span> <span style=
                "font-size: 10pt;">et à <em>La discorde céleste</em> dans sa tétralogie (<em>La perruque de Newton</em> est à venir) dédiée à ces «&nbsp;bâtisseurs du ciel&nbsp;» ayant modifié notre
                perception de l'univers. En 1609, dans un contexte européen ou les divers royaumes tentent de s'accaparer les savants ou de supprimer ceux qui les gênent, les premières observations
                télescopiques du théoricien et physicien expérimentateur Galiléi Galiléo «&nbsp;rencontrent&nbsp;» la publication de <em>L'astronomie nouvelle</em> où Johannes Kepler découvre, par la
                seule force du calcul et de l'esprit, les lois du mouvement planétaire (soit les trajectoires en ellipses). Ainsi naît un univers désormais démesuré, voire l'idée, chère à l'Antiquité
                et défendue jusqu'au bûcher en 1600 par G. Bruno, d'une pluralité de mondes possibles...<br></span>
              </p>
            </div>
            <div class="entry-more">
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><br>
                L'esprit de <em>L'œil de Galilée</em> tient essentiellement à son titre paradoxal : si Galilée qui, bien que non astronome et profane aux lois de l'optique, parvient à voir en
                observant le ciel à la lunette des choses (le relief de la lune, les satellites autour de Jupiter, la Voie lactée infinie....) inaperçues de tous et surtout d'Aristote - paradigme du
                modèle cosmologique de l'époque et donc de la chrétienté-, c'est le protestant Kepler, mathématicien impérial à Prague, qui va confirmer les théories de son vis-à- vis copernicien.
                Kepler, luthérien hérétique qui souffre d'une faible vue (c'est toute l'ironie du roman dont il est le héros inattendu), est celui qui comprend, à l'aide des études de ses assistants,
                le fonctionnement de la lunette astronomique de Galilée (la convergence des images dans le foyer des lentilles) en écrivant son traité d'optique. Et donc la pertinence des
                observations de son confrère dont la preuve expérimentale ne sera fournie qu'un siècle plus tard ! Or leurs deux savants ne se sont jamais rencontrés, s'échangeant tout au plus
                quelques lettres...<br></span>
              </p>
              <p style="text-align: justify;">
                <span style="font-size: 10pt;"><br>
                Foin de tout géocentrisme ptoléméen, la morale épistémologique de ce riche roman de l'impeccable Luminet est sauve : il faut toujours la conjonction de la théorie et de l'observation
                pour faire avancer les sciences ; ici, bouleverser l'astronomie (Jean-Claude Lattès, 2009, 350 p., 20 €).</span>
              </p>
              <p>
                <br>
                <span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #ff9900;">Frédéric Grolleau</span></strong></span>
              </p>
            </div>
          </div>
        </div>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Thu, 23 Apr 2009 09:48:00 +0200</pubDate>        <guid >fredericgrolleau.over-blog.com-30575804</guid>
                <category>ARTICLES PRESSE &amp; DOSSIERS</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-30575804-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Après,Tintin..., nouveau roman de Frédéric Grolleau !]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-28252405.html</link>        <description><![CDATA[<strong><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Verdana;"><span style="color: #993366;"><em><img width="296" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36//tintincaro2.jpg" height=
  "300" class="CtreTexte"></em></span></span></span></strong>
  <p style="text-align: justify;">
    <strong><span style="font-size: 12pt;"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; (toile de <a href="http://www.carolinemaurel.com/" target="_blank"><span style="color: #ff6600;">caroline
    maurel</span></a>)<br>
    <br>
    Après,Tintin...,</em></span></strong>
  </p><span style="color: #993366;"><span style="font-size: 12pt;">nouveau roman de Frédéric Grolleau est paru aux éditions BOD le 20 février 2009.</span></span><br>
  <br>
  <div>
    <span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="color: #993366;"><strong>Le propos</strong></span></span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Voici donc le résultat de deux années d’enquête. Ce nouveau roman de Frédéric Grolleau aborde un sujet d’actualité
    puisque 2009 sera l’année Tintin, et le début d’une période faste pour tout ce qui aura trait au jeune reporter à la houpette… En effet, le musée Tintin ouvrira ses portes en Belgique en mai 2009
    ; et les trois adaptations au cinéma des Aventures deTintin par Steven Spielberg et Peter Jackson commenceront à être diffusées dès 2010.<br>
    Ainsi, ce roman du réalisme situé dans l’univers de Tintin arrive à point nommé. Il raconte, dans la veine érudite d’un style qui le place à la frontière de l’essai et du polar, les mésaventures
    d’un collectionneur tintinophile schizophrène qui s'est tellement immergé dans l'univers d’Hergé qu'il en vient bientôt à confondre la bande dessinée et la réalité. Il forme avec deux amis une
    sorte de club qui traque les exégètes et parodistes de Tintin qui ne respecteraient pas, selon leurs critères, l'héritage du père de Tintin. La construction du récit fait alterner avec les
    péripéties des protagonistes des extraits de documents, dont on ne sait au juste s'ils sont authentiquesou non ; ce qui achève de brouiller les pistes.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Apôtres insoupçonnés du tintinisme, les membres du Khi-Oskh Club débattent à chaque fois avec leurs victimes en se basant
    sur des références précises : l'objectif avoué de chaque séance étant de parvenir moins à persuader qu'à convaincre l'interlocuteur de l'absurdité de sa thèse. La porte dialectique doit rester
    ouverte, qui lui permettrait de confesser sacrasse ignorance et d'échapper ainsi au pire qui l'attend. Mais l’orgueil les perd bien souvent…</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Tout comme son titre – dont on appréciera la lecture sur deux niveaux grâce à l’apparition d’une simple virgule – le
    laisse entendre, si Tintin n’est plus, qu’est-ce que cet après peut bien nous réserver comme (mauvaises) surprises ?</span><br></span><br>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="color: #993366;"><strong><span style="font-size: 12pt;">L'argumentaire de l'éditeur</span></strong></span><br></span>
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Un collectionneur fou de Tintin, sorte d' <em>Alexandre le bienheureux</em> de la ligne claire qui vit, pense et agit en
    bande dessinée, décide de tintiniser le monde par trop réel et décevant face aux fantasmagories du 9e art, en s'appuyant sur les membres du cercle de Khi-Oskh, soit les initiés sectaires de
    l'ordre du grand T.n.T.<br>
    Résolu à faire rentrer les désordres mondains dans les cases prédéterminées du dessin/destin d'Hergé (1907-1983) en excluant toute autonomie existentielle, ce tintinomane psycho va exécuter ceux
    qui vilipendent l'héritage hergéen en passant par les codes imposés par Hergé et les apocryphes des Aventures de Tintin et Milou.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Entre journal extime d'un Tintin schizo et méditation philo gonzo, <em>Après Tintin...</em> convoque les grandes figures
    de l'éxégèse tintinienne (A. Algoud, J.-M. Apostolidès, P. Assouline, J-L. Marion, B. Peeters, M. Serre, S. Tisseron) tout en proposant un ensemble de "tintinades", extraits</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">d'articles de presse, de posts de forums Internet et un quizz qui achèvent de perturber les repères du lecteur quant à
    l'ordre normatif de la réalité.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: verdana,geneva;">Après <em>Monnaie de verre</em> (NP, 2002) et <em>Le cri du</em> <em>sanglier</em> (Denoël, 2004), bienvenue dans un
    monde tintinnabulant où les parodies/pirates/pastiches, tirés à 25, 50, 300 ou 1000 exemplaires se vendent désormais plus chers que les livres originaires d'Hergé... et valent comme les nouvelles
    tables de la Loi d'une société cosmopolitique et consumériste en pleine déshérence dont les prophètes, de 7 à 77 ans, sont des lecteurs qui refusent de grandir !</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #b31a1a;"><span style="font-size: 10pt; color: #b31a1a;"><span style="font-size: 10pt; color: #b31a1a;"><span style=
    "font-family: verdana,geneva;"><span style="color: #000000;">Critique littéraire, F. Grolleau (photo F. Vignale) est le directeur du site</span></span> <a href=
    "http://www.lelitteraire.com/"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: verdana,geneva;"><span style=
    "font-size: 10pt;">www.lelitteraire.com</span></span></span></a></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt; color: #b31a1a;"><span style="font-size: 10pt; color: #b31a1a;">&nbsp;</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt; color: #b31a1a;">&nbsp;</span></span> <span style="font-family: verdana,geneva;"><br></span><span style=
    "font-family: verdana,geneva;"><strong><span style="color: #993366;"><span style="font-size: 12pt;">L'avis de Claire Nozière</span><br></span></strong><span style="font-size: 10pt;">responsable
    des auteurs français pour Andrew Nurnbeg Associates, Londres, le 2 octobre 2008.<br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;"><em>Un ouvrage (...), parfaitement adapté à l'actualité de l'année 2009. Je l'ai lu avec attention et j'ai apprécié les qualités d'écriture, d'érudition
    tinitinnophile et d'originalité, qui caractérisent ce texte. [L'auteur livre] à la connaissance et à la réflexion du lecteur des interprétations différentes de l'oeuvre d'Hergé, relevant de
    l'exégèse ou de la parodie, et cela sous une forme qui évite l'ennui didactique et transporte au contraire le lecteur dans les aventures inattendues des membres du Khi-Oskh Club.</em></span>
    <span style="font-family: verdana,geneva;"><em><span style="font-size: 10pt;">Vu les qualités de votre manuscrit, je serais étonnée de ne pas le voir publié en
    France...<br></span></em></span></span><em><br>
    <br></em><strong><span style="color: #993366;"><span style="font-size: 12pt;">Commander le livre<br></span></span></strong><span style="font-size: 10pt;">Le livre Après, Tintin peut être acheté
    dans les librairies classiques ou en ligne, ou encore directement sur le site de l'éditeur, à l'adresse url ci-dessous :&nbsp;<br></span><a href=
    "http://www.bod.fr/index.php?id=1786&amp;objk_id=197529"><span style="font-size: 10pt;">http://www.bod.fr/index.php?id=1786&amp;objk_id=197529</span></a><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Il est possible, contre un chèque bancaire de&nbsp;20 euros &nbsp;- frais de port inclus pour la France - d'en commander un exemplaire&nbsp; (avec ou sans dédicace)
    auprès de l'auteur en écrivant à l'adresse&nbsp;: F. Grolleau/ lelitteraire.com&nbsp; 63, bvd saint-michel 75005 Paris</span><br>
    <br></span>
  </p><br>
  <strong><span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="color: #993366;"><span style="font-size: 12pt;">Découvrir plus d'infos (extraits, quizz, documents inédits...)
  sur&nbsp;&nbsp;<a href="http://www.fredericgrolleau.com/pages/Apres_Tintin-1123289.html" target="_blank">Après, Tintin...</a></span></span></span></strong>]]></description>
        <pubDate>Sun, 22 Feb 2009 22:50:00 +0100</pubDate>        <guid >fredericgrolleau.over-blog.com-28252405</guid>
                <category>OEUVRES PERSONNELLES &amp; Revues de Presse</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-28252405-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Largo Winch, tome 16 : "La voie et la vertu"]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-26655605.html</link>        <description><![CDATA[
  <span style="font-family: Verdana;"><strong><span style="font-size: 14pt; color: #996600;"><img width="200" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36//wcv.jpg" height="297" class="DrteTexte">Quand
  Winch devint vain...</span></strong></span>
  <p class="spip" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p align="justify">
    <span style="font-family: Verdana;"><strong><span style="font-size: 14pt; color: #ff9900;">C</span></strong>ette fois ça y est, la déception est au rendez-vous. Autant les auteurs
    avaient&nbsp;non sans sagesse à peu près vaillamment tenu le choc jusqu’au quinzième tome, autant celui-ci, au moment même où les aventures de papier du golden boy aventurier sont adaptées au
    cinéma (connaissant d’ailleurs un certain succès), annonce clairement la couleur.<br>
    Devenu lui-même un (im)pur produit capitaliste, - retourne-toi dans ta tombe, Marx&nbsp;! - Largo Winch fait désormais dans l’esbrouffe jamesbondienne, cultivant l’art des relations
    superficielles quand bien même pseudo-teintées d’une fidélité à toute épreuve, le tout sur fond de spiritualiré obsolète. Marre du beau chevalier blanc et son hégélien complexe de la belle
    âme&nbsp;!</span>
  </p>
  <p class="spip" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p align="justify">
    <span style="font-family: Verdana;"><strong><span style="font-size: 14pt; color: #ff9900;">S</span></strong>uite attendue de l’épisode «&nbsp;Les trois yeux des gardiens du Tao&nbsp;» (où Largo
    venu signer à Hong-Kong un ac­cord de <em>joint ven­ture</em> avec la Tsai In­dus­tries Corp. dis­pa­raissait, car&nbsp;devant honorer sa dette d’honneur envers une triade - dérober le Daodejing,
    manuscrit écrit de Lao Tseu, fondateur du taoïsme - et était déclaré mort par les cadres du groupe W), les diptyques ayant semble-t-il, Dupuis l’a bien compris, les faveurs du public plutôt que
    les séries interminables ou les one shot fugitifs, «&nbsp;La voie et la vertu&nbsp;» - qui porte fort mal son nom dans le contexte - surfe toujours sur la même vague archi poussive&nbsp;: le
    «&nbsp;milliardaire en blue jeans&nbsp;» s’échappe du piège qu’on lui tendait, rétablit la justice, se débarrasse des méchants et affiche son plus beau sourire Colgate après quelques cascades
    entouré de bimbos à moitié nues...<br>
    <br>
    <strong><span style="font-size: 14pt; color: #ff9900;">S</span></strong>urnage seul dans ce pâle marigot le personnage saphique de Silky, la pilote d’avion du héros, qui semble s’autonomiser en
    diable face à son patron - encore que la fin du maigre suspense, une course entre un hélicoptère et un hydravion en trois pages à la fin de l’album, est expédiée en&nbsp;deux de&nbsp;coups de
    cuillère à pot guère crédibles&nbsp;! Bref, quand l’éthique se fait étique, le lecteur, à l’instar de l’hydravion susnommé, pique du nez.<br>
    Voilà qui n’a rien de palpitant, qui ne surprend aucunement et qui n’est acceptable somme toute que grâce à la maîtrise du dessin réaliste d’un Francq impeccable. Secondé par Fred Besson, le
    dessinateur nous livre des vues sompteuses en grand angle de la ville de Hong Kong, des dé­cors très dé­taillés aux cou­leurs éclatantes. Certes. Mais <em>quid</em> du scénario quand on pense que
    van Hamme est derrière une saga culte comme celle, entre autres, de <em>XIII</em>&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="spip" align="justify">
    &nbsp;
  </p>
  <p align="justify">
    <span style="font-family: Verdana;"><strong><span style="font-size: 14pt; color: #ff9900;">A</span></strong> découvrir en lisant Livres Hebdos qu’il s’agit pourtant, en dépit de la morosité
    ambiante, du livre qui se vend le plus, tous genres confondus, les mots nous en manquent. La crise a belle et bien des effets pervers. C’ets à croire que plus les gens sont fauchés plus ils sont
    crédules puisqu’on peut alors leur fourguer n’importe quel ersatz de bonheur et de richesse ...à petit prix.</span>
  </p><a accesskey="j" name="access-j" href="" id="access-j"></a>
  <table class="cadre" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
    <tbody>
      <tr>
        <td class="e-hg"></td>
        <td class="e-h">
          <br>
          <strong><span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="font-size: 10pt;">frederic grolleau</span><br></span></strong>
        </td>
        <td class="e-hd"></td>
      </tr>
      <tr>
        <td class="e-g"></td>
        <td class="e-c">
          <div dir="ltr">
            <p class="spip" align="justify">
              <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana,Arial,Sans,sans-serif;"><strong><span style="color: #888888;">Jean Van Hamme (Scénario), Philippe Francq (Dessin), Fred Besson
              (Couleurs), <em>Largo Winch</em>, tome 16&nbsp;: La voie et la vertu, Dupuis, 2008, 48 p. - 10,40 €.</span></strong></span>
            </p>
          </div>
        </td>
        <td class="e-d">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td class="e-bg">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-b">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-bd">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td>
          <img width="1" src="" height="5">
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>

  
]]></description>
        <pubDate>Sun, 11 Jan 2009 13:35:00 +0100</pubDate>        <guid >fredericgrolleau.over-blog.com-26655605</guid>
                <category>critik BD</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-26655605-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La séparation]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-24304987.html</link>        <description><![CDATA[<div dir="ltr">
    <p class="spip" style="TEXT-ALIGN: justify">
      <b>Priest renouvelle définitivement le genre de l’uchronie.</b>
    </p>
  </div>
  <div dir="ltr">
    <p class="spip" style="TEXT-ALIGN: justify">
      &nbsp; <span style="font-family: Verdana;"><strong><span style="font-size: 14pt; color: #ff9900;">Si ce n’est toi, c’est donc ton frère</span></strong></span>
    </p>
    <p class="spip" style="TEXT-ALIGN: justify">
      <img width="200" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36//sepa.jpg" height="300" class="DrteTexte"><span style="font-family: Verdana;"><strong><span style="color: #ff6600;"><span style=
      "font-size: 14pt;"><span style="color: #ff9900;">C</span></span></span></strong><span style="font-size: 10pt;">omme de coutume, le roué C. Priest trousse avec cette <em>Séparation</em> une
      vertigineuse mise en abyme qui <span style="color: #000000;">renoue avec les leitmotive obsédants de quelques-uns de ses titres phares,</span> <span style="color: #808080;"><em><a href=
      "http://www.webzinemaker.com/admi/m4/page.php3?num_web=1489&amp;rubr=4&amp;id=36367" target="_blank"><span style="color: #999999;"><strong>Le monde inverti</strong></span></a></em></span>,
      <em>Les extrêmes</em>, <em>Existenz</em>, <em><a href="http://www.lelitteraire.com/article1981.html" target="_blank"><span style="color: #999999;"><strong>Futur
      intérieur</strong></span></a></em> ou <em><a href="http://www.lelitteraire.com/article2711.html" target="_blank"><span style="color: #808080;"><strong>Le prestige</strong></span></a></em>.
      Dédié à la mythique journée du 10 mai 1941, le récit porte ici sur le destin alternatif de deux jumeaux homozygotes, les frères Jack et Joe Sawyer, deux sportifs anglais membres de l’équipe
      olympique d’aviron, qui ont été médaillés aux Jeux olympiques de Berlin en 1936 par le dauphin inquiétant d’Adolf Hitler, Rudolf Hess en personne.<br>
      Soudés jusqu’alors les frères vont désormais se séparer sous les yeux du lecteur, sur le plan historique comme psychologique&nbsp;: l’un fonde une vie de famille en épousant Birgit, une juive
      ramenée de Berlin avant la grande déportation&nbsp;; l’autre semble se réaliser au sein de la Royal Air Force en devenant un chevronné pilote de bombardier. L’atrocité du conflit réunit
      toutefois bientot les jumeaux Sawyer, le pilote vétéran qui bombarde jour et nuit les régions sous contrôle allemand entreprenant en effet une relation ambiguë avec la femme de son frère,
      objecteur de conscience servant comme ambulancier héroïque la Croix Rouge et à qui Churchill confie une mission secrète, à savoir tenter de mener à son terme le projet de paix avec l’Allemagne
      nazie lancé par Rudolf Hess.</span></span>
    </p>
    <p style="TEXT-ALIGN: justify">
      <span style="font-family: Verdana;"><strong><span style="font-size: 14pt; color: #ff9900;">D</span></strong></span><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">eux versions de la
      Seconde Guerre Mondiale et deux présents corollaires se contaminent mutuellement, pour le meilleur et pour le pire. Mais la véritable "séparation" a lieu dans le roman de Priest, où, sur fond
      d’un monde détruit par la folie belliciste des hommes, on ne sait plus au juste, assommé par la masse de documents et d’extraits de lettres créés par le romancier (que de détails réalistes sur
      le déroulement de la Seconde Guerre Mondiale&nbsp;!), dans quelle réalité de 1941 l’on se trouve&nbsp;: celle où la mission de paix de Rudolf Hess en Écosse, conduite sans le soutien d’Hitler,
      est caduque (avec pour conséquence l’entrée des États-Unis dans le conflit mondial)&nbsp;; ou celle où un traité a bel et bien été signé entre Hess et l’Angleterre, ce qui signifie que la paix
      n’est pas perdue&nbsp;? Celle de Jack, conforme à l’Histoire officielle, celle de Joe qui si’nscrit dans une autre dimension temporelle&nbsp;?<br>
      Des possibilités qui se compliquent lorsqu’on découvre que Hess, tout comme Churchill, a un double. Et ajoutons qu’une troisième strate se fait jour, qui plus est, puisque le récit - uchronique
      - par lequel débute le roman, attribué à un auteur de livres historiques grand public, Stuart Gratton, travaillant sur le rôle crucial du 10 mai 1941, expose que la paix séparée avec
      l’Angleterre a permis à l’Allemagne de vaincre la Russie et d’exiler les Juifs d’Europe à Madagascar, tandis que les USA, après avoir attaqué le Japon, s’enfermaient ensuite dans
      l’isolationnisme...</span>
    </p>
    <p style="TEXT-ALIGN: justify">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="font-size: 14pt; color: #ff9900;">L</span></strong>a mince frontière entre rêve et folie s’efface,
      phagocytée par les "illusions lucides" frappant Joe Sawyer (on se demande même parfois si Jack et lui ne sont pas une seule et même personne) et achevant d’égarer le lecteur dans le labyrinthe
      des signes pseudo-objectifs. La guerre qui traverse l’histoire (et l’Histoire) n’est donc pas celle que l’on pensait et l’écriture rigoriste et tourmentée, non linéaire, de Priest ne cesse de
      se jouer des fausses répétitions et de la thèmatique du dédoublement pour faire vaciller à jamais sur son socle la bonne vieille normalité. De fait, les incohérences sciemment entretenues vont
      bon train dans tous ces "mémoires de guerre" présentés par Priest et bien malin qui pourra les demêler&nbsp;!<br>
      Monde virtuel, vies parallèles, doublures asymptotiques, sosies et vrais-semblants&nbsp;: on passe d’un monde à l’autre, d’une réalité à une autre sans coup férir, sans transition non plus,
      bref sans "séparation"&nbsp;! Ainsi à&nbsp;l’instar de la plupart des romans de Priest, c’est la perception humaine même du(des) monde(s) qui est mise sur la sellette, manière d’indiquer que
      seule la divergence fait loi dans le fil de trame de nos souvenirs.</span></span>
    </p>
    <p style="TEXT-ALIGN: justify">
      <span style="font-family: Verdana;"><span style="font-size: 10pt;"><strong><span style="font-size: 14pt; color: #ff9900;">A</span></strong>yant valu à son auteur deux prix prestigieux -
      British&nbsp;Science-Fiction Award 2002 et Grand prix de l’imaginaire du roman étranger 2006 - <em>La séparation</em> est tout simplement un ouvrage magistral.</span></span>
    </p>
    <p style="TEXT-ALIGN: justify">
      <strong><span style="font-family: verdana,geneva;"><span style="color: #ff9900;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;frederic grolleau</span></span></span></strong>
    </p>
  </div><a id="access-j" accesskey="j" name="access-j" href="http://srv04.admin.over-blog.com/#access-j"></a>
  <table class="cadre" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
    <tbody>
      <tr>
        <td class="e-hg">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-h">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-hd">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td class="e-g">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-c">
          <div dir="ltr">
            <p class="spip" style="TEXT-ALIGN: justify">
              <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana,Arial,Sans,sans-serif;"><strong>Christopher Priest, <em>La Séparation</em> (traduit par Michelle Charrier), Gallimard Coll. "Folio
              SF", 15 mai 2008, 485 p. - 7,40 €.<br>
              Première parution&nbsp;: Denoël coll. "Lunes d’Encre", avril 2005, 455 p. - 23,00 €.</strong></span>
            </p>
          </div>
        </td>
        <td class="e-d">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td class="e-bg">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-b">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-bd">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td>
          <img width="1" src="http://srv04.admin.over-blog.com/img_pack/rien.gif" height="5">
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>]]></description>
        <pubDate>Sat, 01 Nov 2008 11:58:00 +0100</pubDate>        <guid >fredericgrolleau.over-blog.com-24304987</guid>
                <category>critik ROMANS</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-24304987-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Bouncer tome 6]]></title>
        <link>http://www.fredericgrolleau.com/article-23665218.html</link>        <description><![CDATA[<div dir="ltr">
    <p class="spip" align="justify">
      <b>Une plongée terrifiante dans les abysses de l’Ouest américain...</b>
    </p>
  </div>
  <div dir="ltr">
    <p class="spip" align="justify">
      &nbsp;<img  width="200" src="http://idata.over-blog.com/0/20/00/36//bouncv.jpg" height="300" class="GcheTexte"><span style="color: #ff9900;"><span style=
      "font-size: 14pt;"><span style="font-family: Verdana;"><strong>Au royaume des vilains à deux mains<br></strong></span><span style="font-family: Verdana;"><strong>le bon manchot dandy est
      roi</strong></span></span></span>
    </p>
    <p class="spip" align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><strong><span style="font-size: 14pt; color: #ff9900;">L’</span></strong>heure est venue du retour de Bouncer Van Dorman et le moins que
      l’on puisse dire, c’est que l’ex bourreau manchot de Barro-City devenu le videur du saloon <em>l’Infernio</em> tient la dragée haute à toutes les gueules cassées du Far West. Après tous les
      tracas rencontrés dans le premier cycle où il a plus d’une fois failli laisser sa peau, le métis doit maintenant prouver aux Indiens qu’il est, par sa filiation paternelle, le digne gardien de
      leur sanctuaire. Ce n’est pas le moindre tracas de l’album qui regorge de crapules et canailles en tous genres, à commencer par le peu scrupuleux Axe-Head - qui doit son nom au fer de hache qui
      orne le coin de son crâne et qu’il ne peut retirer sans riquer de mourir - flanqué de ses cinq enfants, déjà meurtriers dans l’âme. Participent également à la saga Carolyn Harten, une veuve
      acariâtre assoifée de territoires apaches et l’officier de l’armée de l’Union, Callagher, prêt à tout pour se remplir les poches.<br>
      <br>
      <strong><span style="font-size: 14pt; color: #ff9900;">T</span></strong>andis que l’intrigue se resserre autour de l’arrivée d’une nouvelle institutrice, Jodorowsky et Boucq signent avec ce
      western tragique un opus maîtrisé où la bassesse des personnages n’a d’égale que la beauté des paysages cadrés en panoramas magistraux. De manière encore plus efficace et rugeuse que dans les
      précédentes aventures du héros, ce&nbsp;sixième volet de <em>Bouncer</em> invite à une plongée terrifiante dans les abysses de l’Ouest américain&nbsp;: quand terreur et violence riment avec
      poussière, Jodorowsky et Boucq s’amusent à faire de l’ombre à <em>Blueberry</em> et renvoient <em>Chinaman</em> au vestiaire des chenapans.</span>
    </p>
    <p class="spip" align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="center">
      &nbsp;
    </p>
    <p class="spip" align="justify">
      <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">&nbsp;</span>
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;">Personne à Barro-City n’échappe à la condamnation sans appel qui règne dans ces pages&nbsp;; tous, femmes, enfants, estropiés du coeur ou du
      corps, bandits de grand chemin, sont les tristes pantins qu’agite le noir vent du Destin. Pas facile dans ces conditions de témoigner d’une once de libre arbitre, soit d’humanité, quand les
      monstres sont partout&nbsp;!</span>
    </p>
    <p align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p class="spip" align="justify">
      &nbsp;
    </p>
    <p align="justify">
      <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana;"><span style="font-size: 14pt; color: #ff6600;"><strong><span style="color: #ff9900;">C</span></strong><span style=
      "font-size: 10pt; color: #000000;">e</span></span>tte poétique de la déréliction signale combien l’homme est petit face à son environnement et Boucq immense dans le monde du dessin réaliste. Si
      vous cherchez un univers sauvage "impitoyable" à la Eastwood où la compassion a fait ses valises depuis longtemps, avec le <em>Bouncer</em> vous êtes chez vous&nbsp;! Que l’on nous permette
      d’ailleurs d’observer cela&nbsp;: que les Humanoïdes Associés, actuellement en redressement judiciaire, puissent permettre à des auteurs de publier un tel travail est bien le signe de la
      qualité et de l’intégrité de cette maison à qui l’on souhaite de sortir très vite de l’ornière où elle s’est enlisée.</span>
    </p>
  </div><a id="access-k" accesskey="k" name="access-k" href="http://srv07.admin.over-blog.com/#access-k"></a>
  <table class="cadre" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
    <tbody>
      <tr>
        <td class="e-hg">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-h">
          frédéric grolleau<br>
        </td>
        <td class="e-hd">
          &nbsp;
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td class="e-g">
          &nbsp;
        </td>
        <td class="e-c">
          <div dir="ltr">
            <p class="spip" align="justify">
              <span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana,Arial,Sans,sans-serif;"><b>P</b>Alejandro Jodorowsky et François Boucq, <em>Bouncer</em> - Tome 6&nbsp;: "La veuve noire", Les
              Humanoïdes Associés, 2008, 56 p. - 12,90 €.</span>
            </p>
          </div>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>]]></description>
        <pubDate>Sun, 12 Oct 2008 18:16:00 +0200</pubDate>        <guid >fredericgrolleau.over-blog.com-23665218</guid>
                <category>critik BD</category>        <comments>http://www.fredericgrolleau.com/article-23665218-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>
</rss>