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fredericgrolleau.com


chemin de fer 1 : conscience, perception, morale, sujet

La conscience ou le mythe d'une vie intérieure propre à chacun

 

INTRODUCTION

Le problème philosophique de la conscience est, depuis Descartes, celui de savoir :

1) s’il existe quelque chose de tel, ou si au contraire elle n’est qu’une fiction (qu’elle soit d’origine philosophique, et donc exemple typique de ce que fait la métaphysique, ou ancrée dans le sens commun).

2) et si on peut y avoir accès : après Descartes, la tradition française a continué et consisté à considérer le moi comme un objet, qui, de surcroît, est le fondement privilégié de toutes nos connaissances et de tout ce qu’on peut savoir. Le problème est ici celui de savoir si avoir conscience de soi, c’est vraiment se connaître soi-même.

 

I- DESCARTES : LA CONSCIENCE COMME ENTITE ET COMME TRANSPARENCE A SOI

A-    La découverte du cogito (commentaire de la 4ème partie du Discours de la méthode de Descartes)

1) le doute hyperbolique

a) Le problème de Descartes est celui du fondement de la connaissance.
b) Il distingue théorie et pratique
c) La méthode cartésienne de recherche de la vérité

2) Je pense donc je suis

a) Le cogito ou la première vérité
b) Remarque : le cogito est-il un syllogisme

 

B-    Descartes érige donc la conscience, comme fondement de toute certitude. Elle est ce qu’il y a de plus certain au monde

1) L’immunité spéciale des actes de conscience

a) La conscience est donc chez Descartes douée d'une certitude spéciale, que rien ne peut atteindre.
b) Présupposé : le dualisme

 

2) Conséquence : l’idéalisme.

a) Pour Berkeley, la matière n'existe pas : l'immatérialisme
b) L'idéalisme est irréfutable
c) Le problème est alors de savoir comment on peut encore distinguer entre vérité et erreur
d) Mais comment se fait-il encore que ces perceptions nous apparaissent comme des objets?
e) Et comment se fait-il que plusieurs esprits voient la même chose?
f) L'intérêt de cette thèse est d'éviter le scepticisme, ainsi que le doute cartésien
g) Ne peut-on objecter à Berkeley qu'il a rétabli, avec Dieu, un au-delà inconnaissable ?

C- Ce qui est encore plus important, c’est que Descartes fait de la conscience un objet, un "moi" spécial, auquel on peut avoir accès

1)      Rappel
Chez Descartes, l'analyse de la notion de conscience est liée à une tentative pour fonder la conscience sur l'acte même de la pensée et sur l'être de Dieu. Il ne s'agit évidemment pas de psychologie, mais de métaphysique.

2)      La substance pensante ou la conscience réifiée

a)      La conscience est une substance pensante

b)       La prise de conscience de soi est donc une connaissance de notre moi profond (ou  la connaissance introspective)

c) Problème : Descartes sent-il vraiment, comme une présence immédiate, la présence de ce moi ?

3) Texte de Geach, Mental acts

Propos du texte : la critique de l'introspection

 

II- LE MOI EN QUESTION : CHOSE OU FONCTION ?

A-    Hume : la conscience comme entité est une pure illusion (critique de l'introspection, et problème de l'identité personnelle)

a) L'empirisme.

a1) La critique du rationalisme : toute connaissance commence par l'expérience

a2) Impressions et idées - le principe de copie

a3) Ambiguïté de son empirisme : généalogie des connaissances? Ou appareil critique, de validation des connaissances?

b) La critique de la métaphysique

c) Analyse du texte de Hume, Traité de la nature humaine, I, IV, vi, §1

c1) §1 Le problème : le moi (cartésien) est-il bien une évidence? Une expérience immédiate et incontestable ?
c2) En quoi le moi est-il une fiction?
c3) Conclusion : le moi ne peut être qu'une fiction, i.e, une construction.

Pourquoi alors forgeons-nous cette fiction?

conclusion : si nous sommes des êtres humiens, ne sommes-nous plus des êtres humains ? Notre vie n'a-t-elle plus aucun sens ? Cf. l'histoire du "Marin perdu" dont nous parle le neurologue Sacks dans L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau.

Transition

Devant l'échec de la thèse humienne, faut-il revenir à la thèse du moi substantiel cartésien ?
Ce que va nous montrer Kant : l'existence d'un point de vue subjectif, sous lequel nous regroupons ce qui nous arrive, n'implique pas qu'il existe un sujet personnel qui pré-existe à ses attributs (cf. cogito, inférence invalide), un ego métaphysique, qui préserverait l'identité.

 

B- Kant, La conscience n'est plus une intériorité pure et n'a donc rien de privilégié.
Cf Critique de la Raison pure , Esthétique transcendantale, §8 l'idéalisme, p. 205 (Ed. PUF), Remarque 2 et Réfutation de l'idéalisme.

1) L'argument kantien de la réfutation de l'idéalisme : quand j'ai conscience de moi, j'ai en même temps conscience de la relation à quelque chose en dehors de moi.
2) Apport essentiel par rapport à Descartes : vers un dépassement de l'intériorité.

 

CONCLUSION
1) la relation sens interne ou conscience/certitude est moins immédiate et fondamentale, voire fondationnelle, que l'a prétendu la philo moderne depuis Descartes

2) la notion forte de sens interne qui a découlé de sa philo suppose la description d'entités et d'événements intérieurs, d'un monde subjectif pur : bref, qu'il y a quelque chose de purement interne.

Ainsi, c’est tout le projet d’une psychologie de l’intériorité pure ou égologie transcendantale descriptive, qui est en question (ie : une psychologie qui serait basée exclusivement sur l’expérience interne).

L'intériorité n'est donc qu'un mythe. Ne sommes-nous pas, avant d'être de pures consciences, des êtres vivant avec d'autres êtres, dans une société, etc.? Le monde "public" ne serait-il pas plus réel que le monde "privé"? (Suite directe de ce cours : Autrui; intermédiaires : l'inconscient, les passions)

 

Annexe : Etude d'un texte de Kant, issu de L’Anthropologie du point de vue pragmatique, I, 1: La conscience comme fonction

A) La possession du Je est un privilège humain.

            Fonction du Je : le Je est la condition de possibilité de toute représentation
            Le  Je, sujet logique / sujet moral
            Eminence de la conscience

B- La conscience de soi qui consiste à posséder dans sa représentation le Je transcendantal, est un acte de l'entendement.

C-Analyse de la formation du Je chez l'enfant : dire "Je", ou le passage à la pensée.


Transition vers L’inconscient

 

 

 

 

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