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Après, Tintin... revue de presse

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Après, Tintin (Frédéric Grolleau) – BoD
dimanche 29 mars 2009, par Thomas Clément

 


Les membres du Khi-Oskh Club n’ont qu’un seul but : faire respecter vaille que vaille l’héritage d’Hergé. La noble mission que les trois membres de ce cercle de tintinophiles aguerris ne souffre aucune tergiversation, et les nombreux spécialistes qui participeront aux débats initiés par les adeptes de cette société en seront pour leurs frais.

Entre polar et réflexion philosophique, ce roman de Frédéric Grolleau, par ailleurs directeur de la rédaction du site lelitteraire.com, est surtout une belle partie de jeu du chat et de la souris. Le narrateur, que l’on voudrait identifier à l’auteur, est un tintinophile délirant, un collectionneur maladif de tout ce qui touche à cet univers (la description précise des innombrables artefacts qui composent sa collection finit d’ailleurs par être drôle par son principe de running gag), et son obsession le pousse, en compagnie de ses deux comparses, à partir à la recherche d’un monde tintinesque idéal, ou tout du moins idéalisé, par ces trois-là. Quitte à éliminer physiquement leurs contradicteurs.

On croise donc, au milieu des statuettes, puzzles, horloges et autres objets issus des Aventures de Tintin et Milou quelques grandes figures de l’exégèse de l’oeuvre d’Hergé (Albert Algoud, Pierre Assouline, Benoît Peeters et Serge Tisseron seront de la partie), mais attention ! Pour la plupart d’entre eux, la discussion sera fatale !

Avec son roman et par un curieux effet d’ironie, Frédéric Grolleau se paie donc le luxe de railler à la fois les spécialistes de Tintin et les collectionneurs (il en fait d’ailleurs partie !), ceux-là même qui s’y intéresseront en premier chef.


Après, Tintin
Auteur : Frédéric Grolleau
Editeur : BoD
172 pages
11 euros
Parution le 26 février 2009


source :
http://www.bandedessinee.info/Apres-Tintin-Frederic-Grolleau-BoD.html

 
 





 
Frédéric GROLLEAU

Après, Tintin...


Est-ce un roman philosophique, un catalogue d’objets dérivés, une lecture psychanalytique de Tintin, un pamphlet ? Un peu de tout cela ce qui donne forcément un ouvrage inclassable. Voyons un peu.
Le narrateur est un collectionneur névrotique qui se prend pour un ardent défenseur de la mémoire d’Hergé, voire pour Tintin lui-même. Assisté de deux acolytes au moins aussi fêlés que lui, il a fondé le KOC (Khi-Oskh Club) dont le but est de punir ceux qui bafouent la mémoire de Tintin et de son papa, comme par exemple les auteurs d’innommables pastiches tels que Les sept boules de Kristell ou Tintin chez les rastas. Cela mérite-t-il la peine de mort ? Là n’est même pas la question.
Afin d’accomplir leur mission, notre trio convoque les spécialistes du genre, Pierre Assouline, Benoît Peeters, Michel Serres, etc. Dans l’aventure quelques-uns y laisseront la peau après avoir défendu leur point de vue avec une vigueur pourtant des plus respectables.

Sur ce fil se greffent d’autres éléments. Le catalogue d’abord, car tous les objets tintinesques qui constituent le fondement de l’existence du narrateur sont décrits par le menu, tarifs en euros compris. Direction la salle de bain où m’attend […] un bel ensemble orange 100% coton, 450 g/m2 en éponge bouclette douce et épaisse comprenant une serviette (dimension 100 x 50 cm) au motif Milou avec bande jacquard « Tintin et Milou » à une extrémité et son gant de toilette assorti (dimension 21 x 15 cm). Pour 10 €, je m’essuie chaque fin de semaine dans le visage de mes héros préférés. Fonctionnant comme un gag récurrent, ces énumérations nous rappellent à quel point Tintin est devenu une icône capitaliste et consumériste.
S’intercalent aussi des « Tintinades » constituées d’extraits d’articles de presse ou de blogs qui servent ou desservent les destinées du reporter le plus célèbre de la planète. C’est un personnage de papier ? Qu’importe, il fait toujours les pages culture du Monde ou de Lire.
Enfin, rappelons que Frédéric Grolleau est avant tout un philosophe ayant publié une dizaine d’ouvrages ; à ce titre, il nous offre une lecture freudienne de quelques personnages de la galaxie Hergéenne : Par exemple, la Castafiore parle sans arrêt pour ne rien dire, comme tous ceux qui ne veulent pas risquer d’être interrogés sur un sujet délicat auquel ils ne veulent pas répondre. Elle répond toujours à côté. Or, justement, n’est-ce pas là ce que fait toute personne qui garde un secret et désire ne pas en parler ?

Un livre très érudit et très rigolo qui réjouira les amis de Tintin mais surtout ceux qui n’aiment pas ce qu’en ont fait ses descendants qui n’ont hélas pas hérité de son sens de l’humour. Afin de cultiver le vôtre, n’oubliez pas de répondre au quizz en fin d’ouvrage.

                                                          
                                                      
                                     Patricia Châtel 


(09/04/09)    












Editions BOD
172 pages - 11 €









Frédéric Grolleau
est philosophe (auteur de plusieurs essais chez Ellipses), journaliste (La Recherche, Philosophie Magazine et Cause commune) et directeur de la rédaction du site
www.lelitteraire.com.


Pour visiter son site :
www.fredericgrolleau.com


 



source :
http://www.encres-vagabondes.com/magazine/grolleau.htm


2009, l’année Tintin ?

mardi 7 avril 2009 par François Xavier


A n’en pas douter si l’on considère ces deux événements majeurs : l’ouverture du Musée Hergé, à compter du 2 juin, à Louvain-la-Neuve, à une vingtaine de kilomètres de Bruxelles. Un bâtiment de 3600 mètres carrés, fruits du crayon génial de l’architecte français Christian de Portzamparc qui offrira au public deux expositions – une permanente et une tournante – dédiées à Tintin, ainsi que des expositions temporaires consacrées à de jeunes auteurs de BD, plus une librairie, une salle de projection et un restaurant.
Mais avant, la parution de ce roman champagne qui vous laissera un arrière goût amer, comme si, finalement, Tintin n’était pas qu’une simple BD pour adolescents mais bien un univers étrange. Pour vous en convaincre vous replongerez illico dans les albums d’Hergé …


Commençons par une généralité, car il y a toujours un fond de vrai dans une généralité, et cela sans populisme d’opérette ni philosophie de comptoir ; dans une généralité il y a le bon sens et le résultat d’observations répétées, voire du vécu pour ce qui nous concerne,
Frédéric Grolleau et votre serviteur. Donc, allons-y, enfonçons la porte à moitié ouverte : les éditeurs se la pètent ! Voilà c’est dit. Une phrase qui corrobore celle de Michel Rio, rapportée il y a peu par un journaliste du NouvelObs ; Rio disait : "Un éditeur, ça dit oui ou non." et quand son ancien lui a demandé de faire plus long, il est parti …
Ce qui nous fait dire que les réponses alambiquées que Grolleau a reçues au sujet de son Tintin sont à ranger dans le panthéon du n’importe quoi : pour résumer, les plus grands éditeurs de Paris ont trouvé son livre remarquable, mais soit trop intelligent (sic), soit trop amusant, soit ceci et cela, enfin tout pour finir par refuser. Pensez donc, il y a les copains à publier, faut pas pousser mémé non plus, hé ! Discours identique pour les dits "petits" éditeurs de province qui sont bien aussi grands que les autres par les perles magnifiques qu’ils débusquent au coin des piles de manuscrits. Comme quoi, ils ne sont pas tous des chiens ; mais bon …
Tout cela pour en arriver à
BoD, un éditeur allemand qui, une fois étudié votre manuscrit (histoire de s’assurer que ce n’est pas l’apologie du crime ou un appel à l’insurrection), vous ouvre une interface sur la Toile. Un fichier PDF plus tard voilà votre livre référencé sur Amazon et toutes une pléthore de fichiers dont les libraires raffolent … Y’a plus qu’à … Et surtout, la force de cet éditeur, c’est d’être dans le vent et d’une logique imparable : finies les impressions à la volée et les livres qui partent au pilon. BoD n’imprime qu’à la demande. Alors, oui, vous allez attendre huit jours l’arrivée du livre, soit chez votre libraire soit dans votre boîte aux lettres, mais qu’est-ce donc que huit jours comparés aux milliers d’arbres sauvés ?


R
ésumons : Gallimard, Denoël, Seuil et Grasset n’ont plus le monopole de la référence, des dizaines d’éditeurs sont partis de ces sociétés pour créer leur propre label. Désormais, l’on se moque bien de qui publie, ce que l’on veut savoir c’est si ce que l’on va acheter vaut le coup. À partir du moment où la qualité de fabrication est optimale l’on se penche donc sur le contenu.
Voyons alors de plus près ce que ce roman sur le célèbre reporter à la houppette cache comme trésors. Difficile pari que celui de rester sincère puisque la troisième partie s’est écrite dans ma propriété du sud de la France, et que j’y ai reconnu quelques clins d’œil bien marqué de la part de l’auteur…


A
près, tintin … Et si il n’y avait pas d’après, justement ? Et si, après, tiens, c’était rien, nada, makache, ouste ! du balai ! circulez il n’y a rien à voir ! Et bien oui, l’expression populaire "faire tintin", c’est bien être privé de quelque chose, non ? Alors que, et c’est bien là qu’il y a un os, il y aurait beaucoup à dire. C’est pour cela que d’éminents intellectuels – ou tout le moins selon l’étiquette que certains s’autoproclament ou que des
médias complaisants leur attribuent – ont osé s’emparer du sujet le transformant en phénomène de foire pour érudits du dimanche et promoteurs de spectacles qui y ont vu tout l’attrait mercantile d’une telle démarche. Oui, à bien y regarder, que ne savons-nous pas laisser en paix l’œuvre d’un mort plutôt que d’aller y chercher les poux en coupant en quatre les cheveux si particuliers d’une houpette mondialement célèbre ?
Manifestement c’en est trop pour le narrateur qui se saisit du problème par le bout de sa colère et entraîne avec lui deux comparses tout aussi intégristes que lui et bien calés dans la genèse de l’œuvre. On ne touche pas à Tintin, qu’on se le dise !


V
ont alors l’apprendre à leur dépend quelques signatures bien connus, d’Albert Algoud à Pierre Assouline (sans oublier Apostolidès, Tisseron, Peeters, etc.) : ils seront assassinés dans la plus pure tradition du crime rituel. On s’en lèche les babines de voir ainsi projetés dans la fiction des êtres de chair et de sang qui dépassent parfois les bornes dans la réalité et que l’on aimerait bien, au minimum, entartrer selon les règles de notre compère belge …
Un pari risqué que prend là Frédéric Grolleau, on devine déjà quelques grincheux frapper à la porte de l’éditeur ou à celle de l’écrivain qui, retranché sur son île, aura le mérite de les voir venir et pourra alors tenter une dernière manœuvre pour sauver sa peau, soit en prenant la fuite sur la Seine, soit en sabordant l’embarcation ennemie avant qu’elle ne vienne s’apponter en bas de chez lui …
Mais trêve de plaisanterie. Après, Tintin … n’est pas qu’une farce grossière qui tire des fils un peu trop voyants, c’est aussi une analyse fine et complexe du personnage Tintin et de ses implications dans le monde, de la manière dont on peut – doit ? – le lire et, dans la mesure où c’est tout de même, en tout premier lieu, une Å“uvre destinée au plaisir, de ce qui aura rendu si proche de nous ce diablotin de reporter, et de ce qui nous aura procurer tant de plaisir ...
A tel point que des dizaines de pastiches, de parodies et de pirates circulent, notamment sur la Toile, ou vous pouvez les acheter, histoire de prolonger le plaisir, bandes d’adolescents attardés que vous êtes … Mais que font donc les héritiers ?


T
ruffé de références, associant un quizz et des documents officiels, ce roman-essai s’élance parfois vers des sommets de la réflexion intellectuelle – normal, Grolleau est agrégé de philosophie – mais que cela ne rebute point le lecteur lambda, le dictionnaire est aussi un compagnon de voyage ; et que serait le plaisir de lecture sans un minium de choses à apprendre ?
Lisez ce livre, amis et nostalgiques de Tintin, vous ne le regardez plus du même œil, après …


Frédéric Grolleau, Après, Tintin …, BoD, mars 2009, 172 p. – 11,00 €

source :
http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4010


livresdumonde.net

Que peut-il se passer quand des collectionneurs amoureux de l'oeuvre d'Hergé se rencontrent ? Ils vont d'abord comparer leurs collections. "C'est moi qui ai la plus grande ! Oui mais moi, j'ai des pièces rares..." Et, pour que nul n'en ignore, vient un inventaire à la Prévert où l'auteur enumère ses possessions, leur valeur marchande et le fournisseur...

Et puis, ils vont parler de cette passion qui les anime. Souvent, et c'est le cas ici, pour le personnage central et deux de ses

amis, ils fusionnent en une association, un club, un cercle pour répandre la bonne parole ou veiller au respect de l'oeuvre du Maître. C'est comme ça que, dans ce roman, est créé le cercle de Khi-Oskh, regroupant les initiés d'un ordre dévoué à la pureté de l'oeuvre !

Ce cercle, véritable secte des adorateurs du grand T.n.T, va dès lors se lancer dans une oeuvre d'épuration intelectuelle en convoquant devant son tribunal les plus célèbres des analystes de l'oeuvre d'Hergé. Seront ainsi appelés à témoigner à la barre de leur visiosn d'une hergitude correcte : A. Algoud, B. Garcia, J.-M. Apostolidès, P. Assouline, J.-L. Marion, B. Peeters, M. Serre, S. Tisseron... Du beau monde mais tous ne sont pas dans la ligne (claire) définie par le cercle Khi-Oskh. Et alors, "que le grand cric me croque", la punition tombe - sévère pour l'apostat - et viennent de petites trouvailles qui forment les passages les plus délirants du bouquin. Si le terme roman, sans être faux, est plus que légèrement exagéré, le récit en suit pourtant la construction logique. Cependant si, sur cette trame floue, l'auteur fait preuve d'une réelle érudition tintinienne, il ne séduit pas car trop intellectuel. Les extraits des exégèses philosophiques commises par les plus célèbres des experts ès tinitnneries sont souvent indigestes et ne sauraient séduire le grand public. Un ouvrage qui est plutôt à réserver aux fans et aux spécialistes du reporter à la houppette.


par François Membre

le 18/06/2009


lien :
http://www.livredumonde.net/index.php/module/critiques/cat/8/artid/704/apr%C3%A8s-tintin.html

 

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