Le Cri du
sanglier 
Denoël, 2004, 254 p.
Présentation de l'éditeur
Le sanglier prend la parole. Il fustige les chasseurs et refuse de finir en cuissot à la
Saint-Hubert. Il reconnaît volontiers ses défauts - terre à terre, sans retenue sexuelle - et confesse qu'il aime plus que tout s'embauger. Voici donc le " cochon ", contre toute attente,
instruit, hédoniste, policé mais aussi pourchassé, bu, cuisiné, mythologisé.
Cette fable, anthropomorphique, où Pindare coexiste avec le Muppet's Show, est le prétexte à une lecture . de la nature, de l'histoire et de la civilisation humaines ; et derrière cette
détestation de la chasse, c'est finalement toute notre bonne vieille société qui est passée au crible.
Manière de dictée de Mérimée - version vénerie -, ce monologue iconoclaste, qui relève d'une ironie mordante, renoue avec la tradition du roman d'édification. Et chacun en vient à souhaiter que
l'hallali ait un dénouement heureux.
REVUE DE PRESSE
L'écrivain-sanglier
Quand un philosophe se prend pour un sanglier, cela donne un objet étrange. « Le cri du sanglier », deuxième roman de Frédéric Grolleau, 35 ans, ancien prof de philo et critique littéraire, raconte les tribulations d'un sanglier. Dans la lignée de « Truismes », de Marie Darrieussecq, le narrateur se glisse dans la peau de la bête. « Notre monde est une jungle où les hommes se comportent comme des animaux », explique Frédéric Grolleau. Dans un style atypique, où les références les plus éclectiques cohabitent, de Marc Aurèle à Jean-Paul Gaultier, en passant par Rambo et Heidegger, l'auteur poursuit sa métaphore jusqu'à l'hallali.

A lire comme une fable anthropomorphique burlesque ou comme un traité de savoir-vivre du sanglier. Le livre regorge de citations philosophico-mythologiques et de recettes à base de marcassin
! Le lecteur s'y promène comme dans une encyclopédie, ouverte à la lettre S. Un pari audacieux mais déroutant.
Emilie Trevert
© le point 18/03/04 - N°1644 - Page 114 - 184 mots
Le sanglier, sa vie, son oeuvre
Frédéric Grolleau signe un livre insolite sur son animal fétiche
Les obsessions animalières peuvent s'avérer fécondes. Tel jeune homme rêve de saucisse, de pâté, d'andouille... et hop ! il se fait charcutier. Frédéric Grolleau,
lui, rêve au sanglier. Il pense sanglier, respire sanglier, rit sanglier, geint sanglier. On s'attendrait presque à voir surgir deux courtes défenses de sa mauresque en broussaille.
Après un premier roman sur les souffleurs de verre (Monnaie de verre, 2002), Grolleau poursuit ici sa voie singulière en consacrant aux enfants de la bauge un ouvrage des plus étranges.
Son Cri du sanglier est un roman-patchwork-précis-dico-pamphlet-hommage. Bref, un livre atypique , hors normes, où l'auteur dresse la statue - et le tombeau - de son animal
fétiche.

Impossible à résumer tant il se ramifie, ce livre vous apprend aussi bien la recette de marcassin aux tomates confites qu'il vous récite le Sanglier de Théodore de Banville, il expose
les origines celtes de la mythologie sanglière et développe le glossaire des innombrables termes liés à cet animal. On ne sait jamais si l'on est dans l'exégèse ou la farce, le traité ou la
parodie. C'est ce qui est drôle, et même plus que ça. Car l'auteur aime son sanglier. Il est son dieu, son maître.
Alors, rendons-lui hommage en hurlant à ses côtés sous les futaies : Vla-au ! Vla-au !
Nicolas d'Estienne d'Orves.
Le Figaro Magazine n° 18544 mars 2004
Frédéric Grolleau invité de Franz-Olivier Giesbert dans le Cultures et dépendances du mercredi 10 mars 2004 (France 3) : "Toujours de Gaulle"
Invités :
Amiral Philippe de Gaulle :"De Gaulle mon père" volume 1 et 2, Plon
Pierre Messmer : "Ma part de France", éditions F.-X. de Guibert
Maurice Druon : "Le Franc-parler", aux éditions du Rocher
Vladimir Fedorovski : "Le Roman du Kremlin", aux éditions du Rocher
Olivier Adam :"Passer l’hiver", aux éditions de l'Olivier
Christine Orban :"La mélancolie du dimanche ", aux éditions Albin Michel
Frédéric Grolleau : "Le cri du sanglier", aux éditions Denoël
Daniel Picouly :"La treizième mort du chevalier", aux éditions Grasset
Ô lecteur, ne t'aventure pas dans cet éclat vocal sans ton fil d'Ariane ni tes petits cailloux blancs, car deux précautions valent mieux
qu'une...
Bauge cinq étoiles
La quatrième de couverture - du reste fort appétante - présente Le Cri du sanglier comme une "fable anthropomorphique". Voilà qui sonne un peu réducteur pour ce texte foisonnant où
références, citations et expressions se côtoient, se télescopent, se mêlent en une complexité jubilatoire. Car "fable" supposerait que l'on puisse ramener le tout sous la conduite logique d'un
récit, d'une "histoire" comme l'on dit communément. Et là, en l'occurrence, rien de moins aisé. L'apparence même des pages - mots soulignés, notes de bas de page dont l'étendue par endroits vient
à supplanter celle du texte, documents ajoutés comme en un collage - confère au texte une dimension plastique qui rend superflue la question de savoir s'il y a ou non un "récit", notion dont
relèvent maintes catégories littéraires parmi lesquelles aucune n'est susceptible d'accueillir Le Cri du sanglier.
La chose est donc entendue : pas d'étiquette possible, rien de commode à quoi se raccrocher pour évoquer ou comparer, pas de systématique (comme il en existe, par exemple, pour le
sanglier, cf p. 155) à la disposition du chroniqueur qui aurait succombé à ce Cri comme les compagnons d'Ulysse aux chants des sirènes. Reste alors un recensement détaillé de ces
particularités : un usage surabondant de termes dialectaux ou relevant du jargon de la vénerie, un style azimuté où les circonvolutions d'une syntaxe élégante et désuète croisent le fer avec
néologismes, abréviations et expressions pour le moins familières, la planéité de la page approfondie par les perspectives qu'offre la démultiplication des zones de lecture (notes bas de page,
annexes, glossaire), les références incessantes (et ce dans tous les domaines de ce qu'il est convenu d'appeler la "culture")... enfin un " je " qui abolit la distinction d'usage entre narrateur
et auteur tant les deux s'y lisent à la fois séparément et de conserve.
Pour un peu, on soupçonnerait l'auteur de s'être abandonné aux vertiges créatifs que son propos ouvrait devant lui ; on le dirait parfois emporté par une sorte de frénésie d'écriture, lâchant la
bride à ses phrases qui, contournées à souhait le plus souvent, prennent un essor tout soudain et galopent ventre à terre pour aller buter contre un point bienvenu à quelques pages de là. Pas
toujours facile à suivre, l'ami Grui-Grui - en bon gibier habitué à la traque...
L'auteur semble avoir voulu d'une seule pierre faire plusieurs coups : nous entrouvrir les portes de sa bibliothèque, fustiger la bêtise et l'orgueil humains, se jouer de diverses formes
discursives, jongler avec les niveaux d'écriture, donner libre cours à sa passion lexicographique, se poser en enseignant, prendre prétexte littéraire pour
changer d'incarnation, et dessus tout cela, élaborer une partie fine de mystification avec les lecteurs en les obligeant à se lancer dans un continuel jeu de piste... qu'il prend un malin plaisir
à redoubler encore en les conviant à une étape de "chasse au trésor" via le site dédié au Cri*. D'ailleurs, pour aller dans le sens évidemment ludique qui oriente ce livre, pourquoi ne
pas inciter ceux qui en arpenteront les pages à pousser le jeu jusqu'à interrompre leur lecture le temps de préparer puis de déguster les recettes proposées ? A prendre aussi au pied de la lettre
( !) l'invite de l'auteur en découpant les pages suivant les pointillés ?
Le meilleur comparant qui se pourrait trouver à ce livre étrange serait une forêt, une forêt dense, touffue, parcourue de boutis et de vermillis qu'il faut déchiffrer à force de curiosité et de
persévérance... non, mieux que cela : ces pages sont un véritable vortex sylvestre, fruit d'une expérience à n'en pas douter hallucinogène qui, refusant de s'avouer comme telle, dissimule sa
luxuriance débridée sous les dehors chatoyants d'un lexique et d'une syntaxe aussi rares et précieux que le serait la création inédite d'un grand chef haut toqué au Michelin. Et voilà le sanglier
- il ne manquait plus que cela à sa panoplie - devenu emblème d'une cause pas encore perdue - Frédéric Grolleau le prouve ici : celle de la littérature virtuose.
isabelle roche
*P. 194 : "Pour accéder au chapitre inédit qui présente le sens du secret et
l'importance du retrait pour un sanglier, le lecteur de ces pages est invité à se
reporter au sous-bois retiré accessible sur le site du Cri [...]"
Etats d’âme d’un paisible phacochère
Voilà une manière bien surprenante – et ô combien efficace – de renouveler cette veine intimiste qui avait fini par lasser plus d’un lecteur, ennuyé des réflexions
moroses de narrateurs qui, en panne de sujet, en venaient à faire de l’insipide anti-roman de leurs existences vides le centre d’un monde sans pitié. Car le cœur inquiet dont on assiste ici aux
épanchements était bien gros. Non que cela présage de vaines pleurnicheries ; en réalité, il s’agit de celui d’un sanglier.
A travers le regard bien sympathique d’un animal méconnu qu’on découvre au fil des pages, s’offre une réflexion enjouée, quoique sans illusion, sur la cruauté d’une société au sein de laquelle il est très difficile de n’être ni chasseur ni proie. Bien qu’il utilise un langage parfois déroutant, ce débonnaire sanglier s’avère d’agréable compagnie et se révèle un guide attentif à instruire ses lecteurs. Cet ouvrage fourmille en effet de références aux sources infiniment variées, et de définitions qui aident le néophyte à se repérer parmi la jungle de termes techniques dans laquelle le sanglier a installé sa ludique existence de gentilhomme campagnard.
Conscient de sa finitude, il l’est, sans aucun doute : n’est-ce pas lui qui, le premier, nous suggère maintes façons de l’accommoder de manière à flatter nos papilles qu’il éduque au bon goût ? Et, quoi qu’il en soit, la chasse perpétuellement présente, dont il est un discret et bien involontaire protagoniste, ne lui permettrait de toutes façons pas de l’oublier. La violence est l’environnement ordinaire du sanglier, et lorsqu’un semblable constat sort de la bouche d’un vieil humaniste tel que lui, nul doute qu’il faille comprendre qu’un destin comparable attend également l’être humain.
Pour autant, s’il ne se plaint pas, il se laisse parfois aller à des aveux qui, soyons-en sûrs, en disent long sur ses rêves de jeune marcassin fougueux, qu’il se sera résolu à enterrer en vieillissant, comme tant d’autres. Lorsqu’il se décrit comme un animal foncièrement attaché à l’idée d’un monde paisible dans lequel il aurait toute latitude d’assouvir des désirs simples, et de jouir des petits plaisirs quotidiens offerts par une existence irénique, c’est une manière de plaider en faveur d’une coopération sereine dédiée à l’édification d’une société épicurienne.
Et sa manière de grommeler gentiment à l’oreille d’un lecteur désarçonné par ses cabrioles un peu lourdes autant que par ses boutades redoutablement fines, le rend tellement attachant que l’on finirait par se laisser bercer par ce songe heureux, si lui-même ne se chargeait de nous rappeler à la réalité, laquelle ne se laisse pas si facilement nimber d’hédonisme.
Entre fantaisie et philosophie de vie, cette œuvre se révèle donc rafraîchissante, éclectique, et peut-être même un peu prophétique. Mais attention, derrière cette joyeuse façade, se cache un essai à prendre au sérieux !
Aurore Lesage (Mis en ligne le 05/10/2004 )
www.parutions.com

Jeune écrivain natif des Vosges, il pousse le « cri du sanglier » pour se faire entendre.
NANCY. - A 12 ans, il avait lu tout San Antonio. A 25, il enseignait la philosophie au Prytanée militaire de La Flèche... Frédéric Grolleau vient de commettre le plus étrange des objets littéraires, un peu à son image de touche-à-tout érudit et espiègle. Il ne faut pas prendre l'enfant des Vosges pour un cochon sauvage et pourtant : ne s'est-il pas glissé sous le cuir d'un sanglier !
A la manière de l'héroïne de « Truismes », il s'est métamorphosé : « Nous étions chasseurs hors du commun ; nous sommes devenus chassés de pacotille, voilà tout », écrit-il. Mais sous prétexte de parler au nom des gorets, il dit son fait à la société. Ni roman, ni essai. Pamphlet.
Un « instituteur fabuleux »
« Le cri du sanglier » (Denoël, 250 pages, 16 euros) se présente comme un long et très ironique monologue, ponctué de recettes de cuisine à découper (noisettes de marcassin au cidre et aux pommes, côtelettes aux tomates confites... ), constellé de notes en bas de page, piqué de dépêches et de réclames, complété d'annexes et suivi d'un glossaire.
C'est du côté du tunnel de Sainte-Marie que Frédéric Grolleau, né à Epinal en 1969, dans une famille originaire des Sables d'Olonne, a appris la nature avec son père qui « savait faire naître » devant ses yeux d'enfant, « de magiques cascades dans la forêt vosgienne ».
Et c'est grâce à un « instituteur fabuleux », Michel Blanchard, à Ban de Laveline, qu'il s'est pris de passion pour la littérature : « C'était ma seule ouverture au monde, la télévision n'est venue que plus tard », se souvient-il, « j'empruntais chaque semaine tout ce que je pouvais à la Bibliothèque de Saint-Dié ».
Au gré des mutations paternelles, Frédéric Grolleau s'est retrouvé adolescent en région parisienne, « le début du désenchantement », assure-t-il. Etudes classiques, plutôt brillantes. Devenu professeur, agrégatif en philosophie, envoyé en mission un peu partout en France, il est passé de classes prépas en zones sensibles : « J'ai dû me mettre à la boxe française pour me sentir bien dans ma peau », précise-t-il.
En parallèle, il s'est lancé dans le journalisme littéraire en ligne. Animateur d'une émission sur Canal Web, collaborateur d'un dictionnaire des idées politiques, lecteur, puis éditeur, il a conçu son premier roman « Monnaie de verre », un an après sa fille, en 2002. C'est quand il a été débarqué de ses emplois et qu'il a dû se résoudre à s'inscrire à l'ANPE (en disponibilité de l'Education nationale, il ne reprendra un poste qu'en septembre), que Frédéric Grolleau s'est jeté dans l'écriture de ce second roman : « Je me sentais comme une bête qu'on veut abattre, comme un gibier qu'on traque ».
Son livre, il le reconnaît, est « exigeant ». Révolté, il s'indigne à sa façon de la fracture sociale : « Les sangliers aujourd'hui », dit-il, « sont les gens en rupture de ban ».
Michel Wagner
Si certains écrivains recourent parfois au service d’un nègre pour les aider, les seconder ou les remplacer dans l’écriture d’un manuscrit, l’animal Grolleau a choisi, quant à lui, un sanglier pour se faciliter la plume et s’aiguiser les crocs sémantiques et drolatiques. On peut dire sans emphase que tout le monde se réjouira de cette trouvaille littéraire et grégaire. L’esprit de la forêt et Dame Nature, les premiers. Il y a fort à parier que les critiques littéraires et gastronomiques se régaleront de concert, les épicuriens aussi.
Mille milliards de truffes, cette idée excellente ; et qui pourrait bien remplir l’auge de l’auteur de millions d’euros bien gagnés ; a fait naître un ouvrage noir et rose tout bonnement inclassable et jubilatoire, à ne surtout pas mettre sous les yeux de n’importe quel gland inculte ! Vla-au Vla-au Vla-au ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! Que c’est bon de pousser ce son expiatoire sans aucune sorte de complexe. « L’homme est un sanglier pour l’homme ». Démonstration dans le texte.
Non madame, « Le cri du sanglier » n’est pas un livre comme les autres. De prime abord, c’est un livre objet, joli à regarder, pratique à l’emploi qui se dévore la gueule ouverte comme une encyclopédie d’un autre âge, délicieusement surannée, érudite et joviale.
Balayant les idées reçues, on découvre un narrateur cultivé, bout-en train, à l’humour débridé
teinté d’élégance et de bon sens populaire, autant que d’audace canaille et de références philosophiques de premier ordre. Une belle bête à la hure sympathique, aux deux mirettes intelligentes,
aux dagues séduisantes, au pinceau pénien de toute beauté, au nez fin et au goût culturel sûr. Un sanglier, un Wilsau bien en chair plein d’esprit, de faconde et de fraîcheur maniant le verbe
haut comme aucun être humain ni congénère avant lui.
copyright frédéric vignale. F. Grolleau, Paris, Café K, janvier 2006
Ainsi donc sur plus de deux cent pages qui n’ont rien à envier aux pochardes bâclées de Diderot, on se balade dans les feuillages, on fait des cochonneries avec ce nouvel ami bien moins rustre, rural, plouc et lourdingue qu’on ne pourrait croire, on prend plaisir à se vautrer en sa compagnie dans une boue qui fait du bien au corps et à l’âme. Un bain de jouvence pour les sens et les plaisirs intellectuels vivaces du Cortex. Les gorets ont tellement de choses à nous apprendre et on ne le savait que trop peu.
Entre l’essai, le roman, la satire sociale et l’ovni qu’on ne pourra ranger dans quelconque genre, Frédéric Grolleau et ses champs lexicaux en annexe et dans le texte nous offre un petit livre noir tout simplement historique que l’on est heureux de posséder, fier de faire découvrir à la plèbe et à ceux qui considèrent que les achalandages de librairies ne sont plus ce qu’ils étaient. Dans une tradition séculaire et débonnaire, avec ce qu’il faut de distance et de tact, Grolleau marque de sa patte, de son sabot le monde des lettres et prépare sa statue de sanglierophile à l’orée des bois jolis.
Dans la série « j’apprends-des-mots-tout-en-me-divertissant-et-en-prenant-un-bon-bol-d’air », « Le cri du sanglier » est l’ouvrage qu’il vous faut consommer à feu doux, contre la morosité et la bêtise des hommes.
Vous cherchiez la recette d’un bon Sanglier, ne cherchez plus, voilà la plus succulente qui soit !
frédéric vignale
Frédéric Grolleau fait son sanglier littéraire !!
"Selon Ovide, dans les Remèdes de l’amour, « Un roquet tient quelquefois un sanglier en arrêt » Un proverbe danois stipule que « Souvent le marcassin expie les méfaits du sanglier »
Entre deux maux et deux mots il faut savoir choisir le moindre.
Afin de faire la lumière sur la relation dialectique qui unit le marcassin et le sanglier à l’Homme, les éditions Denoël font paraître début février Le Cri du Sanglier. Un « roman qui s’essaye »
de Frédéric Grolleau dont l’enjeu consiste à la fois à poser un véritable art de vivre propre au sanglier et à transformer cette charmante bête en un curieux philosophème, soit un « lieu commun »
théorique pour penser la décadence de notre société...
: Pénétrez en avant-première dans le sous-bois touffu de cette nouvelle contrée :
Chassez-le vous même : Sanglier- Quizz de culture générale
1) Le sanglier vient du latin singularis porcus, qui signifie : porc solitaire.
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Vrai ou faux ?
2) « Conduire les animaux à la boucherie et, soûl de meurtre, les faire cuire, non pas pour s’en nourrir et s’en rassasier, mais afin d’y trouver du plaisir et d’en repaître sa gloutonnerie, il n’y a pas de nom pour désigner un tel forfait et un tel crime »
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est une citation de Porphyre, Héraclite ou Elisabeth de Fontenay ?
3) « A l’est de l’arc conurbain, les partionistes germanophones [...] du Mouvement pour l’Indépendance Totale de l’Alsace-Lorraine affrontent les partisans de la Nouvelle-Bourgogne rassemblés sous la bannière du "nouveau Sanglier des Ardennes", un soi-disant descendant du fameux Connétable, et ses unités de Téméraires ».
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est une formule de Maurice G. Dantec dans Villa Vortex
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Vrai ou faux ?
: Venez participer à notre Quizz sur le site du Cri du Sanglier :
Mettez -vous l’eau à la bouche :
Noisettes de Marcassin au cidre et aux pommes.
Retirer la peau. Couper en noisettes, passer dans l’huile et saupoudrer de poivre en insistant avec la paume de la main. Laisser au froid 2 heures.
Faire un fond avec les os et les parures.
Faire revenir au tour avec la garniture aromatique.
Dégraisser et déglacer avec le cidre et le calvados.
Réduire lorsqu’il reste un quart de litre de sauce puis faire monter avec du beurre.
Faire sauter les noisettes dans du beurre et cuire doucement. Garder rosé. Servir sur des croûtons frits avec une demi pomme fruit rôtie. Napper avec la sauce
Ingrédients pour 4 personnes
1 selle de marcassin de 1 kg-
100 g de beurre
huile
5 cl de calvados
20 cl de cidre- poivre en mignonnette."
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La passion et le verre, la passion du verre, la jettent sur les routes
incertaines d'Italie et de France, de Murano à Versailles, de Venise à Paris. Monnaie de verre entraîne le lecteur dans un parcours à la fois historique et littéraire où la frontière entre
fiction et document se redéfinit à chaque coin de ruelle. Professeur de philosophie et de culture générale, Frédéric Grolleau a présenté les émissions littéraires de canalweb.net. Éditeur et
critique littéraire, il vit à Paris.
Dimanche 23 juin 2002
« La transparence devient opaque. »
On pourrait croire, à lire ce qui précède, avoir affaire à un classique roman
historique. Certes, ce livre en est un, mais aussi bien davantage. L’intrigue est menée avec application et tous les rebondissements nécessaires pour tenir le lecteur en haleine sont habilement
distillés. Mais le plus déroutant, c’est le reste, tout le reste. Car dans ce roman à tiroirs, Frédéric Grolleau se plaît à brouiller les pistes. Il écrit autant une histoire que l’Histoire,
quasi-scientifique voire pédagogique, de la fabrication du verre. Incises, notes de fin de volume - qui auraient peut-être gagné à être en bas de page -, le lecteur plonge dans des techniques qui
lui sont inconnues avec une curiosité vorace.
Bienvenue dans le premier livre interactif qui saura vous distraire, vous
informer, vous parler d’amour et vous faire rêver. Monnaie de verre, c’est un cédérom livresque comme il n’y en avait encore jamais eu, car peu d’écrivains ont su comprendre aussi bien
que Grolleau les mécanismes intrinsèques des mondes virtuels. Ce livre a réussi à transposer de manière littéraire le principe de l’hypertexte, ce qui est une prouesse qui vaut le coup d’épée et
qui mérite d’être soulignée à sa juste valeur.
Enfin, il faut évoquer le joyeux brassage de clichés littéraires qui, mis au service de l’intrigue, n’en
sont pas moins déconstruits par l’ironie du ton ou bien les astuces de construction. Ainsi, pour satisfaire aux attendus du polar, l’action commence-t-elle dès la première phrase : «A plusieurs
reprises, les trois assaillants plongèrent leur lame dans le corps du malheureux.» Mais cette fracassante entrée en matière se complexifie aussitôt ; le moment de l’agonie est étiré aux
dimensions d’un chapitre entier, dilaté à coups d’acrobaties chronologiques insufflant ici et là toutes sortes d’informations qui ancrent le récit dans un contexte à la fois historique et
narratif.
Or il s'agit aussi d'un roman d'amour bien sûr, la complexité des sentiments n'ayant d'égal que la perversité
des combinaisons que la raison ourdit. Ce récit est également un roman parodique, parodie du roman et roman de la parodie qui nous renvoie ironiquement du rêve à la réalité et de la réalité au
rêve, de la précision historique du "fait vrai" (à grand renfort de notes et de savantes bibliographies) aux envolées romanesques propres au monde de la fiction et de l'imaginaire. Et ce texte
est encore un roman d'initiation à sa façon, initiation au métier des verriers dont la technique et le savoir-faire nous deviennent plus familiers à mesure que nous pénétrons les pensées et les
sentiments de l'héroïne. Les perpétuelles métamorphoses liées à l'art de la verrerie y servent de substrat à la rêverie. Mais il y a plus : initiation à l'art du mensonge et aussi bien de la
vérité, c'est une véritable initiation philosophique par conséquent, où les infinis reflets et autres miroitements du verre nous rappellent à la nécessaire vigilance du jugement. Présence de
Descartes : la clarté transparente et la distinction cristalline de nos pensées y sont obtenues au prix d'une série d'épreuves qui passent par le doute, la peur ou l'angoisse, et qui confinent
parfois à la déraison, dans un imbroglio qu'il nous revient à coup sûr de démêler.
Mené sous forme de tiroirs à fonds multiples, l’intrigue n’a pas fini de nous surprendre.

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