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fredericgrolleau.com


TS - chemin de fer 1 Conscience, perception, sujet, morale

Publié le 23 Octobre 2012, 08:56am

Catégories : #Saint-Cyr 2012-2013

Peut-on échapper aux exigences de la conscience ? 

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1.      Les différents sens de la conscience

·        Sartre, La Nausée

« J’existe parce que je pense... et je ne peux m’empêcher de penser. En ce moment même – c’est affreux – si j’existe, c’est parce que j’ai horreur d’exister ». (Roquentin)

 

2.      S’échapper à soi-même ?

*Alain, Définitions

« Conscience, c’est le savoir revenant sur lui-même et prenant pour centre la personne humaine elle-même, qui se met en demeure de décider et de se juger. »

 

Kant, Fondements de la Métaphysique des Mœurs, « Doctrine de la vertu »

« Tout homme a une conscience et se trouve observé, menacé, de manière générale tenu en respect (respect lié à la crainte) par un juge intérieur et cette puissance qui veille en lui sur les lois n’est pas quelque chose de forgé (arbitrairement) par lui-même, mais elle est inhérente à son être. Elle le suit comme son ombre quand il pense lui échapper. Il peut sans doute par des plaisirs et des distractions s’étourdir ou s’endormir, mais il ne saurait éviter parfois de revenir à soi ou de se réveiller, dès lors qu’il en perçoit la voix terrible. Il est bien possible à l’homme de tomber dans la plus extrême abjection où il ne se soucie plus de cette voix, mais il ne peut jamais éviter de l’entendre. »

 

3.      Le sentiment de culpabilité

Mérimée, Colomba

Colomba est le titre d'une nouvelle de Prosper Mérimée, publiée en 1841. Cet ouvrage est une parfaite illustration de la vendetta (du latin vindex, répondant, vengeur) corse, guerre privée de vengeance entre familles qui se faisaient elles-mêmes justice, et dans le cadre de laquelle la famille dont un membre avait été offensé se devait d'exercer sa vengeance contre la famille de l'offenseur. Dans cette nouvelle de Mérimée, une jeune fille, nommée Colomba, est prête à tout pour venger l'honneur de sa famille, bafoué par la mort de son père.

L'histoire

Miss Linda Nevil et son père, Sir Thomas Nevil, décident de se rendre en Corse afin que ce dernier découvre les merveilles de la chasse dans ce pays (page 24 : « Elis conte qu’il y a une chasse formidable en Corse »). Sur le bateau qui les conduit en Corse, ils font la connaissance d’Orso Antiono della Rebbia (page 29).  Celui-ci s’y rend à cause de la mort de son père (page 37).  Miss Linda et Orso s’aiment profondément (page 71 : « Je penserai à vous, miss Nevil »). Peu de temps après, la sœur d’Orso, Colomba, vient chercher son frère à l’hôtel pour aller à Pietranera (page 78).

Ce village est divisé en deux : d’un côté se trouve la famille des Della Rebbia et de l’autre celle des Barricini, deux familles qui se détestent au point de commettre de nombreux assassinats (pages 59-60-61-62).  Selon la tradition en Corse, Orso doit tuer celui qui a assassiné son père pour sauver l’honneur de sa famille. Le préfet et Orso sont persuadés que c’est Agostini le coupable, un bandit célèbre mais déjà mort (page 114), jusqu’à ce que Colomba les contredise en soupçonnant un Barricini (page 124).  Personne ne pense qu’elle a raison mais Colomba, très futée, réussit à réunir les preuves nécessaires afin que la vérité soit révélée. Aussi, pour respecter la tradition, Orso tue les coupables, Vincentello Barricini et son frère Orlanduccio (page 145 : « Venez donc voir Vincentello : il est encore à genoux, la tête appuyée contre le mur »).  Cette affaire enfin terminée, Orso quitte ce maudit village pour rejoindre Miss Linda, sa bien-aimée, et se marier avec elle (page 180).

 

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