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fredericgrolleau.com


SEV7N (exposé CPES)

Publié le 8 Novembre 2011, 11:39am

Catégories : #Philo & Cinéma

Exposé CPES ° 5 de Mr Julien : Seven

 

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Fiche 

Titre original : Se7en

Sortie : septembre 1995

Genre : Policier

Durée : 130 minutes

Réalisation: David Fincher

Scenario: Andrew Kevin Walker

Brad Pitt: David Mills

Morgan Freeman: William Somerset

Kevin Spacey: John Doe

GwynethPaltrow: Tracy Mills

 

 

Intro

Dans le film SEV7N, l’histoire traite des sept péchés capitaux et de leurs utilisations. Dans ce film, un meurtrier commet ou fait commettre sept assassinats en rapport aux sept péchés capitaux. On a tout d’abord des rapports philosophiques entre les personnages, sur la ville, et sur l’ensemble du film. Puis, des notions philosophiques importantes et essentielles qui permettent de fonder une société stable et paisible.

-Quelles sont, dans ce film, les notions philosophiques utilisées par le réalisateur pour dénoncer ce qui lui semble être une société fondé sur les vices et les péchés ?

Pour commencer cet exposé, nous étudierons les sept péchés capitaux et les meurtres qui s’en rapportent. Puis, nous verrons quels sont les textes cités dans le film dont s’est tiré le réalisateur David Fincher pour créer ce thriller à la foi captivant et intéressant de par sa nature philosophique. Enfin, nous préciserons les rapports philosophiques et les notions philosophiques qui en découlent.

 

I-Synopsis

 

-L'inspecteur de police William Somerset est à sept jours de la retraite. Pour sa dernière affaire, il est adjoint à son remplaçant, David Mills. L'enquête : un homme de très forte corpulence est retrouvé mort la tête dans son assiette de spaghetti, ses membres attachés aux montants d'une chaise. Mills s'occupe d'une autre affaire : un avocat a été sauvagement assassiné avec le mot « avarice » inscrit par terre. Mais ilsse rendre compte que les deux crimes sont étroitement liés. Ils comprennent alors que le meurtrier s’inspire des sept péchés capitaux pour commettre ses meurtres. L'enquête avance tout au long du film mais sans succès jusqu’au dernier jour où le meurtrier se rend de son plein grés à la police et explique qu’il reste deux cadavres à découvrir. Mills et Somerset doivent alors accompagner le meurtrier dans un terrain désert pour les trouver. Mais le plan du meurtrier est tout autre : il veut que Mills le tue en lui apprenant la mort de safemme et de son futur enfant pour terminer ainsi son plan. Finalement son plan est un succès et Mills est arrêté pour meurtre. 

 

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II-Les sept péchés capitaux

1-Qu’est-ce que les sept péchés capitaux ?

 

-Dans la religion catholique, les péchés capitaux sont les péchés principaux qu’il faut absolument éviter afin d’être en paix avec soi-même. Les sept péchés capitaux, identifiés par saint Thomas d’Aquin (Né en 1224 en Italie et mort en 1274, saint Thomas d’Aquin est un religieux de l'ordre dominicain, célèbre pour son œuvre théologique et philosophique et considéré comme l'un des principaux maîtres de la philosophie scolastique et de la théologie catholique) sont : la paresse (spirituelle mais aussi physique), l’orgueil, la gourmandise, la luxure (en rapport avec la sexualité), l’avarice, la colère et l’envie. Chacun de ces sept péchés découlent de tous les autres, ainsi le mot capital n'est pas en rapport avec la gravité (par exemple, le meurtre n’y figure pas) mais en rapport à l’effet que produit chacun des péchés capitaux sur les autres. En effet, ce mot vient du latin « caput » (qui signifie« tête »), par comparaison à cette partie du corps qui dirige tout le reste (les bras, les jambes…). En clair, le péché capital conduit à un ou plusieurs autres péchés, c’est pourquoi saint Thomas d’Aquin a indiqué dans son œuvre philosophique que le terme « vices » était plus approprié que celui de « péché ». Pour équilibrer, il existe « Sept vertus cardinales » : la chasteté, la tempérance, la prodigalité, la charité, la modestie, le courage et l'humilité. Par contre, ces vertus ne sont pas exactement l'inverse des sept péchés capitaux.

-Ambroise Paul Toussaint Jules Valéry est un écrivain, poète, philosophe et épistémologue (partie de la philosophie qui traite des connaissances scientifiques) français, né le 30 octobre 1871 et mort le 20 juillet 1945. Paul Valéry fait remarquer que ces péchés capitaux se neutralisent entre eux dans une certaine mesure. Ainsi l'envie, qui implique jalousie de quelqu’un, serait dans une certaine mesure incompatible avec l'orgueil. En effet, un orgueilleux est rarement jaloux de quelqu’un d’autre car c’est la définition même de ce terme. De même l’avarice s'opposerait dans les faits à la pratique de la luxure.

-Pour en revenir au film, l’ordre dans lesquelles les meurtres ont été commis fait référence à l’ordre utilisé par saint Thomas d’Aquin dans son œuvre philosophique et théologique. On n’en conclut donc que le meurtrier est instruit, a lu cette œuvre et s’y inspire.

   

2-Les meurtres

 

La gourmandise

Gourmandise : Défaut de celui qui a un appétit démesuré pour les nourritures terrestres.

Le premier meurtre du film est lié au péché de gourmandise. Ce meurtre est représenté par un homme obèse qui retrouvé mort la tête dans une assiette de spaghettis. Le meurtrier l’a fait manger jusqu'à ce que son estomac soit saturé et lui a mis un coup de pied qui lui a fait exploser le foie, l'estomac et la rate, provoquant ainsi sa mort. Ce péché ne représente pas le fait de manger pour se nourrir, mais le fait de manger par gourmandise, de manger plus que nécessaire.

 

L'avarice

Avarice : Attachement excessif à l’argent, passion d’accumuler, de retenir les richesses.

Le deuxième meurtre du film est lié au péché d'avarice. Il est représenté par un riche avocat avide d'argent qui n'hésite pas à défendre des meurtriers, des pédophiles et des dealers pour gagner le plus d’argent possible. Il est retrouvé mort avec les poignées d'amour taillées. Le tueur lui a fait choisir une partie de son corps qu'il a dû taillader ensuite lui-même. Ce péché est synonyme d'égoïsme, mais d'une manière encore plus prononcé. Il est évidemment très dur pour tout homme et surtout pour un avocat comme lui de devoir choisir une partie de son corps à sacrifier. Le but du meurtrier était donc de faire « partager »une partie de son corps, ce qu’un homme égoïste ne peut pas faire. De plus, on remarque encore la connaissance du meurtrier du fait de devoir donner une livre de chair qui fait référence au Marchand de Venise où Shylock (le personnage principal) demande une livre de chair à l'homme qui lui doit de l'argent.

 

La paresse

Paresse : Goût pour l’oisiveté ; comportement de celui qui évite l’effort.

Le troisième meurtre du film est lié au péché de paresse. Il est représenté par un homme qui est resté allongé sur un lit pendant un an sans rien faire. En effet, le meurtrier a attaché un homme (qui était pédophile, ne travaillait pas et vendait de la drogue) a un lit afin qu'il ne puisse plus rien faire d'autre que dormir. De plus, il lui administrait quotidiennement des antibiotiques pour éviter qu’il ne meure de maladie. Ce péché de paresse signifie être paresseux au point de ne rien vouloir faire de sa vie. Le meurtrier a donc voulu le punir de n'avoir rien fait de son existence.

 

La luxure

Luxure : Péché de la chair, recherche, pratique des plaisirs sexuels.

Le quatrième meurtre du film est lié au péché de luxure. Il est représenté par une prostituée attachée à un lit, obligée de se faire pénétrer par un godemichet surmonté d'une lame de couteau par un homme. La luxure est liée à la recherche de plaisirs sexuels personnel. La prostituée ne faisait que de coucher un peu partout juste pour faire l’amour et gagner de l’argent tout en risquant de transmettre des maladies.

 

L'orgueil

Orgueil : Opinion exagérée de sa valeur personnelle.

Le cinquième meurtre du film est lié au péché d'orgueil. Il est représenté par une femme qui voulait à n’importe quel moyen être la plus belle pour se sentir la meilleure. Le meurtrier l'a lacérée, lui a coupé le nez et lui a placé un téléphone dans une main et une boite de somnifères dans l'autre. Elle avait ainsi le choix entre appeler les secours ou se suicider. Son orgueil lui a valu de mourir plutôt que de vivre défiguré.

 

L'envie

Envie : Sentiment de tristesse, d’irritation et de haine qui nous anime contre qui possède un bien que l’on n’a pas.

Le sixième meurtre du film est lié au péché d'envie. C’est le meurtrier qui commet ce péché. En effet, il envie la vie de l’inspecteur Mills et essaye donc de se l'approprier. Mais il se rend compte de son péché et fait en sorte de se faire abattre par l’inspecteur Mills en tuant sa femme et indirectement son futur fils. Le tueur se punit ainsi du péché qu'il a commis. L'envie peut pousser à commettre des actes irréparables, et le tueur avait tellement envie de vivre comme l'inspecteur, qu'il a vu tous ses espoirs s'envoler par le refus de la femme, c’est pourquoi il l’a tué.

 

La colère

Colère : Violent mécontentement accompagné d’agressivité.

Le septième meurtre du film est lié au péché de colère et c'est l'inspecteur Mills qui le commet. Totalement abattu et désespéré après l’annonce de la mort de sa femme et de son futur enfant dont il apprend l'existence par la bouche de John Doe, Mills entre dans une colère noir et abat John Doe, achevant ainsi la série de meurtres liés aux sept péchés capitaux. John Doe devient alors la victime du péché de la colère, qui peut pousser à commettre des actes irréparables. L'inspecteur Mills en fait les frais et est embarqué par la police à la place du tueur pour meurtre.

Tous les crimes qui sont commit sont tous plus horribles les uns que les autres et sont présentés dans des scènes qui sont difficiles à voir (par les décors et leurs circonstances quelque peu réaliste). L’un des crimes, celui de Tracy Mills, suscite par contre un énorme retentissement et quelques interrogations ; en effet, quand on regarde le film, on se dit que Tracy est la seule personne de tous les personnages qui ne mérite pas de mourir de par sa douceur de vivre, de sa future maternité et du fait qu’elle n’est coupable d’aucun des sept péchés capitaux. Pourtant, John Doe légitime son acte (ou en tout cas l’explique) en deux points : en expliquant d’abord que c’est cette femme allait faire naître un enfant dans un monde qui, selon lui, mérite non pas d’être sauvé (image de la naissance qui sauve le monde) mais d’être anéanti. Puis, en expliquant que Tracy a suscité en lui la tentation du péché de l’envie, présentant à ce moment l’image de la Pomme d’Eden (Pomme=Tracy) et de d’Eve (Eve=John Doe) qui est tenté par celle-ci.

 

3-Les œuvres utilisés par le meurtrier

 

Tout au long du film, on sent chez le meurtrier une certaine connaissance de la littérature et de la philosophie en général. Il utilise notamment quelques citations, quelques auteurs qui vont permettre aux inspecteurs de trouver des indices dans les livres et non sur le terrain ou sur le lieu d’un crime.

 

Le Paradis perdu de John MILTON
Cette œuvre est un poème écrit en 1667 par MILTON qui traite de la vision chrétienne de l'origine de l'Homme, en évoquant la tentation d'Adam et Ève par Satan puis leur expulsion du jardin d'Éden.

Le meurtrier cite cette œuvre en écrivant un vers du poème qui montre une sorte de possible rédemption des pêcheurs mais à l’unique condition de souffrir lourdement pour gagner le paradis.

« Long et dur est le chemin qui, de l’enfer, conduit à la lumière » MILTON

 

Le Marchand de Venise de  William SHAKESPEARE

Cette œuvre est une pièce de théâtre de SHAKESPEARE écrite entre 1596 et 1597.

Le meurtrier utilise cette œuvre lors du deuxième meurtre lorsque qu’il demande à l’avocat de donner une livre de chair. Cette est demande est en rapport avec la demande du personnage principal dans la pièce de théâtre qui fait cette même demande à un autre personnage afin de rembourser sa dette.

Qu'il s'agisse de la Divine Comédie de Dante, du Paradis perdue de Milton ou du Marchand de Venise de Shakespeare, toutes ces œuvres ont en commun l'interrogation toujours recommencée du Bien et du Mal.

 

La Divine Comédie de DANTE

Cette œuvre est un poème de DANTE écrit au Quinzième siècle qui fait référence à l'Énéide et à l'Apocalypse, les deux textes antiques les plus connus dans le genre des récits de voyage. Le poème narre un voyage à travers trois espaces, appelés cantiche : Inferno (l'Enfer), Purgatorio (le Purgatoire) et Paradiso (le Paradis), ces trois espaces sont la représentation de l’imaginaire de l'au-delà chrétien développée par l'Église catholique romaine.

Le meurtrier s’intéresse dans cette œuvre à la deuxième partie, le purgatoire, qui représente l’endroit où les hommes, qui sont entrés dans l’enfer, doivent purgés leurs peines. Il est écrit dans cette œuvre que chaque pécheur doit subir son propre péché pour expier ses fautes ; ainsi, les coupables du péché d’orgueil sont courbés par un poids sur leurs épaules (pour les rabaisser), les coupables du péché d’envie ont les yeux cousus de fil de fer et ainsi de suite. Il représente ainsi son idée personnel du monde où les hommes doivent purger leurs peines, expier leurs crimes en subissant eux même ce ou ces crime (il l’explique d’ailleurs dans la voiture avec les deux inspecteurs de police), c’est pourquoi le meurtrier décide de tuer ou faire tuer sept victimes qui ont toute un rapport avec un des sept péchés capitaux.

 

 

 

III-L’ analyse et la philosophie de SEV7N

 

1-Analyse

a. La ville et son univers
 

Pour commencer cette analyse, parlons tout d’abord du décor du film : une ville hostile et repoussante (il n’y a d’ailleurs aucun moyens de savoir dans quelle ville se déroule le film) avec des ruelles étroites, sombres et sordides, de longs et grands immeubles et des appartements miteux, délabrés et exigus. Tout ceci mélangé à une circulation très dense qui donne, avec en plus le bruit des personnes dans la ville, une pollution sonore extrêmement désagréable. La ville s’impose alors d’elle-même comme une sorte de labyrinthe contrôlée par tous les vices possibles et dont on ne peut ressortir. Pour couronner le tout, la ville est constamment plongée sous un déluge de pluie, comme si elle n’était pas aimée d’un Dieu ou d’un ordre divin, cette ville prend alors un aspect de prison ou d’égouts dont on a concentré tous vices et toutes les pires choses de ce monde. On remarque que les gens qui vivent dans cette ville sont habitués à cette délinquance : Lorsque Mills poursuit le meurtrier dans les appartements, les enfants qu’il rencontre ne sont pas effrayés ni même surpris, on entend d’ailleurs pas le moindre cri lorsqu' on entend les coups de feu.

L’univers de cette ville en deviens alors très lourd à supporter, très oppressant et cela tout au long du film. Cet univers nous fait sans cesse rappeler la question de l’oppression de la société sur l’être humain et la question d’une probable (ou non) destinée humaine. De plus, Dans une ville où l’homme est englué dans une vie sociale difficile, voire impossible, et presque sans possibilités de futur, David Fincher nous présente des personnages prisonniers de leur vie (comme si lorsque l’on rentrait dans cette ville, on ne pouvait plus en ressortir) et se débattant en vain pour en sortir. On remarque cependant quelques havres de paix installés dans cet espace chaotique : c'est, tout d'abord, la Femme ; elle est représenté à travers la présence de la femme de Mills, Tracy, qui par sa douce présence, apaise et adouci la sombre réalité du quotidien. C'est, ensuite, l'art et la littérature qui sont symboliquement représentés dans la scène de la bibliothèque (endroit calme sans aucun bruit, détaché du monde extérieur) qui permettrai d’élever l’âme ou alors simplement d’être serein et en paix avec soi-même tout en ayant une réflexion sur le monde et la nature humaine. On constate pourtant que ces deux axes de vie ont une certaine limite : Tracy s’interroge sur son désir d’avoir un enfant et sur sa vie dans cette ville malgré l’amour qu’elle porte à son mari, et on comprend (en regardant Mills s’énervé sur son livre) qu’il faut un certain nombre de connaissances et d’expériences avant de bien discerner l’essence même de la philosophie.

Malgré tout, on remarque une sorte de sortie à cet univers oppressant qu’est la ville lors du dernier jour du film : le jour où John Doe est emmené hors de la ville pour retrouver les deux autres corps dont il a parlé. Cette échappée hors de l'univers sombre et pourrissant de la ville est un décor aussi désespérant que l’univers urbain qui le précède. En effet, ce dernier décor (le film se finie d’ailleurs dans ce décor) est un terrain vague, une étendue plate qui fait penser à un désert avec quelques carcasses de voitures, de caravanes détruites et des pylônes électriques démesurés.

  

b. Les personnages

Dans Seven, les deux personnages principaux sont très différents : l’un (Mills) est jeune, optimiste, explosif, faillible et impatient alors que l'autre (Somerset) est à la veille de la retraite et n’a plus aucun espoir en l’homme et sur son avenir. Le film commence sur une scène où l’on voit l’inspecteur Somerset chez lui qui se prépare avant de partir au poste pour commencer sa journée. On remarque tout de suite que Somerset est un homme organisé, presque maniaque du rangement, qui a soin de son apparence, qui est cultivé et qui a soif de connaissance et de littérature. On peut alors penser que, comprenant le nombre d’années qu’a vécu Somerset dans cette ville et l’expérience qu’il en a, il ait décidé dans sa vie intime de devenir comme tel afin d’être opposé au monde extérieur si dur et si oppressant pour ainsi avoir un repli sur soi même et mieux supporter cette ville. Somerset a, en quelque sorte, l’image du vieux sage de l’histoire, on le remarque d’ailleurs par le nombre de citations philosophiques qu’il cite ou aux conseils qu’il donne ; par exemple : « On recommande aux femmes, si jamais elles se font agresser, de ne jamais appeler au secours, il faut crier au feu. Si vous criez au secours, personne ne vient, si vous criez au feu, ils arrivent ». 

De plus, on remarque chez ce personnage un certain fatalisme face au crime et à la vie en général (il n’aime pas les armes à feu, il n’a plus l’optimisme de sa jeunesse et le fait sentir tout au long du film) mais qui ne l’empêche pas de garder un coté humaniste envers l’homme, surtout pour la nouvelle génération : il demande si l’enfant a tout vu avant de mourir lorsqu’il récolte les indices sur le lieu d’un crime. Par contre, on voit qu’à la fin du film, Somerset jette son métronome dans son appartement pour le casser, on comprend alors qu’il est à bout, qu’il n’en peut plus de cette ville et de ce bruit continuel, de ce chao environnant qu’est, et restera, cette ville.

Complètement opposé, David Mills apparaît comme un chien fou (il en possède d'ailleurs plusieurs dans son appartement) qui est de nature émotif, impulsif, désordonné, naïf et impatient. David Mills est le personnage qui est l’opposé identique de Somerset : son appartement est en désordre, il n’attache pas grande importance à son apparence (sa femme lui enlève une crotte des yeux avant de partir travailler), il préfère aller directement travailler plutôt que d’aller boire un café et a besoin à tout prix de considération de la part des personnes environnante (il refuse d’être considéré comme un gamin mais son attitude nous prouve le contraire). De plus, il pense pouvoir arrêter tous les criminels et a du mal à tenir en place dans un bureau car il pense qu’il vaut mieux être sur le terrain au lieu d’attendre un prochain meurtre.

La femme de Mills, Tracy, se débat entre son amour pour son mari, ses doutes concernant le bonheur qu'elle peut lui apporter et son hostilité à la ville qui lui semble totalement contraire à une vie épanouie. Tracy est une femme qui prend les décisions à la place de son mari (elle invite d’elle-même Somerset diner chez eux) mais qui, pour les choix importants, ne sait pas prendre de décisions (elle demande conseil à Somerset pour la naissance ou non de son bébé).

Enfin, on note une certaine ressemblance entre Somerset et John Doe de par leurs connaissances, leur patience et leur sens de l’organisation. Mais ils se différencient sur bien des points dont un important : Somerset n’a plus d’espoir en l’humanité mais tente quand même de se battre, de protéger le monde alors que John Doe a de l’espoir en l’homme, c’est pourquoi il exécute ces meurtres (il l’explique, il dit : « on étudiera tout ça plus tard »).

  

c. La vie intime de chaque personnage

On sent encore la différence entre Somerset et David et Tracy dans leur appartement respectif. En effet, on remarque que dans l’appartement du couple, tout est en désordre, l’appartement est délabré et le métro ne cesse de passer près de chez eux en faisant trembler tout l’appartement à chaque fois. D’ailleurs, Mills se prétend inspecteur mais n’a même pas su faire attention au fait que le propriétaire lui mentait au sujet de l’appartement (pour la gêne qu’entraine le métro). On ressent encore chez le couple une immaturité, en effet lorsque Somerset demande à Tracy pourquoi elle a accepté la demande en mariage de Mills, elle répond : « parce qu’il me faisait rire » signe que le couple est encore au stade adolescent, comme si leur mariage n’était qu’une petite histoire d’amour qui n’était pas vraiment fondé.

Au contraire, on voit que Somerset n'arrive jamais à penser chez lui, on remarque qu’il lance son couteau dans une cible, qu’il tente de s'apaiser au son d'une boîte à rythme : signe qu’il essaye de tuer le temps. De plus, Somerset ne se sent apparemment bien que dans une bibliothèque ou dans son bureau, là où il peut travailler et réfléchir, là où il y a des connaissances.

Enfin, l’appartement du tueur est rempli de photos, présentant les visions de son esprit, de cahiers plein de notes, présentant les pensées de son esprit. Les pièces sont sombres, tournées sur le rouge et rempli d’objets divers, dont un petit lit et une énorme croix rouge (montrant la croyance du meurtrier). On sent chez le tueur une sorte d’organisation chaotique qui lui permet d’exprimer toutes ses idées.

 

2-Relations psychologique et philosophique entre les personnages

 

-Quand Mills parle pour ne rien dire, comme lors du premier meurtre, Somerset ne répond pas, il l’ignore et lui demande même de se taire. Par contre, lorsque Mills a une réflexion intéressante, Somerset lui répond. Exemple : Mills : « Qui a dit que c’était un meurtre ? », Somerset : « Personne.. » (9 minutes et 50 secondes). Par contre, au fur et à mesure que l’enquête avance, les deux personnages changent et deviennent presque des amis : Somerset ris aux blagues de Mills et lui-même commence à raisonner comme Somerset. Un lien se créé entre les deux inspecteurs.

-Mills est considéré dans le film comme un adolescent, voir même un enfant : on remarque en effet qu’il répète souvent ce que vient de dire Somerset (surtout au début du film) et qu’il utilise parfois des phrases construite simplement, dont seul un enfant utiliserai. Exemple : « Il est mort d’avoir trop mangé » (14 minutes et 05 secondes). De plus, on remarque qu’il veut être considéré comme un grand car Somerset et le commissaire ne le considèrent pas comme tel, on peut aller plus loin en disant que Somerset a une figure de père envers Mills : c’est lui qui va dire au commissaire de ne pas donner l’enquête à Mills sans donner de réel explication et celui-ci va lui obéir à cause de son ancienneté.

-On voit pendant tout le film la différence de méthode de travail entre Mills et Somerset. On remarque que Somerset travaille dans des bibliothèques, au calme dans un lieu opposé à l’univers chaotique de la ville. Il ne travail d’ailleurs pas chez lui car le bruit l’en empêche, d’où le fait qu’il passe la majeur partie de son temps dans d’autres lieux. De plus, Somerset est toujours en recherche de connaissances et ne comprend pas pourquoi les gardiens préfèrent s’adonner aux jeux de cartes plutôt que de lire et d’apprendre grâce au savoir qui sont tout autour d’eux. De plus, ils n’ont pas la même vision des choses à propos de leur travail : Mills pense qu’il faut être dehors, bouger pour être au première loge du crime alors que Somerset pense, d’après sa longue expérience, qu’il faut juste récolter des indices, les mettre dans un coin en attendant le procès et recoller les morceaux cassés. On remarque enfin la différence de pensée entre les deux inspecteurs, Somerset considère le tueur comme un prêcheur, c’est-à-dire une personne qui rappelle les gens à l’ordre en n’en punissant certains et Mills le considère comme un punisseur, il a une vision trop simpliste de la chose.

-Au contraire, Mills travaille uniquement chez lui (il joue avec sa chaise ou son stylo quand il est à son bureau) et est constamment en recherche d’action. On voit qu’il travaille chez lui, devant sa télé avec le bruit environnant de la ville où il revoit uniquement les photos du meurtre et essaye de chercher un indice sans véritablement réfléchir. De plus, on remarque que Mills n’est pas un adepte de la lecture : il s’énerve sur le livre qu’il est train de lire dans sa voiture, le jette derrière et dis, je cite « C’est de la poésie de pd de merde ! Fait chier putain ! ». On revient alors à l’idée d’enfantillage de la part de Mills ; par exemple, il cache les livres qu’il a trouvé la veille quand Somerset arrive dans la pièce pour avoir à lui seule la piste et résoudre l’affaire tout seul afin de montrer qu’il peut rivaliser avec les meilleurs . On remarque aussi la différence entre Somerset et Mills lorsque Mills sert à boire : Mills se prend une bière alors que Somerset préfère boire du vin (Le vin est plus raffiné que la bière) et Mills ne le sert pas dans un verre à pied mais dans un verre normal alors que le vin ne doit être servi que dans un verre à pied. On ressent cette différence dans la bibliothèque lorsque Somerset fait des recherches alors que Mills mange des chips et est à moitié endormi.

-Dans le film, Tracy a un rôle de mère par rapport à Mills ; par exemple, c’est elle qui va inviter Somerset à dîner chez eux à sa place comme si une mère invitait un le copain de son fils pour un goûter. D’ailleurs, Mills doit demander à Somerset ce que lui a dit sa femme car elle lui a raccroché au nez. Cela nous montre qu’elle a le même rôle qu’une mère pour son enfant.

-Pour en finir avec les relations entre les personnages, on notera qu’entre Somerset et Mills, lorsqu’ils travaillent sur l’enquête dans des lieux privés comme chez Mills par exemple, ils ne trouvent pas de solutions, butent sur des problèmes. Mais dès qu’ils sont dans la rue ou dans des lieux publics, l’enquête avance. Nous montrant qu’il faut sans cesse s’exposer aux dangers et à l’inconnu afin de progresser.

 

3-Avoir des connaissances pour se battre

 

-De façon symbolique, Mills ne peut pas devenir père car il manque de maturités et de cultures, c’est pourquoi sa femme qui porte son futur enfant, meurt. De plus, ce manque mène à ce qu’il se laisse emporter par ses sentiments (sa colère principalement) lorsque qu’il apprend la mort de sa femme et de son futur enfant, accomplissant ainsi la fin du plan du meurtrier et mettant un terme à son futur propre. Il perd ainsi totalement la possibilité d’avoir un rôle paternel. On comprend alors que John Doe et la ville sont, dans un certain sens, les réalités que doit affronter Mills.

-Finalement, Mills échoue dans son rôle d’inspecteur et de père car il n’a pas su trouver ou comprendre les indices laissé par Somerset et par John Doe. C’est pourquoi il tue l’assassin de sa femme à la fin du film. A l’inverse, si Mills avait compris le sens de la philosophie des livres et des indices, il aurait peut-être agit autrement. On peut quand même comprendre les sentiments de Mills et ressentir un peu la colère qu’il a ressentie à ce moment-là. Mais, même si on comprend les choses, c’est difficile de contrôler ses émotions et ses sentiments, de cette façon, on peut se demander si, même s’il avait compris les indices, Mills aurait réagi ou non de la même façon.

-Dans Seven, il n’y a pas de véritable explication de la raison qui a poussé le meurtrier à commettre ces actes. On comprend à peine qu’il y a peut-être un rapport au divin (texte sur la bible ou sur le paradis, croix sur le mur...) ou de folie (on sent une certaine folie chez le meurtrier) qui nous pousse à nous dire que le meurtrier est totalement fou ou psychopathe. C’est la raison pour laquelle Somerset explique qu’il faut d’abord comprendre le meurtrier, comprendre sa façon de penser avant de comprendre ses actes car il est nécessaire d’étudier la nature humaine avant de comprendre son action dans le monde.

- On remarque aussi dans le film que la notion de culture n’est pas compris de la même manière par les différents personnages : on voit que les gardiens de la bibliothèque (qui jouent au poker) pensent qu’il suffit d’écouter de la musique classique pour avoir de la culture ; Mills pense que la lecture est une perte de temps ; et Somerset pense qu’il faut constamment lire et apprendre pour être cultiver.

 

4-Les notions philosophiques

 

-Le pardon
La notion du pardon est évoquée dans le film par plusieurs exemples : d’abord par l’exemple de Mills et du meurtrier, on comprend en effet qu’à la fin du film, Mills ne pardonne pas au meurtrier (c’est pourquoi il le tue) alors qu’il aurait dû trouver la force en lui de lui pardonner pour espérer continuer à vivre. Mais la colère l’emportant sur le reste, il ne sut contrôler ses émotions et le tua. Ensuite, par l’exemple de John Doe, qui refuse de pardonner ou d’être compatissant envers les victimes. Enfin par l’exemple de Somerset où l’on sent une certaine quête de rédemption de sa part. On comprend qu’il s’en veut de sa décision par rapport au bébé qu’il aurait dût avoir avec son ex-femme.

 

-L’espoir/le désespoir
On sent de l’espoir avec la probable naissance du fils de Mills, comme une sorte de rayon de lumière, une clef de sortie dans ce monde qui est devenu si sombre. On peut d’ailleurs assimiler le personnage de Mills à la notion de l’espoir et le personnage de Somerset à la notion de désespoir. Une scène nous le montre bien, celle où Tracy et Somerset se retrouve dans un café et parlent de la vie. Somerset raconte son histoire avec sa femme et son enfant, il essaye d’expliquer à Tracy de faire son choix (entre garder ou non le bébé) mais dans les deux cas de l’accepter et de l’assumer pleinement. Malheureusement, le film est à la fin rempli de désespoir lorsque l’on apprend la mort de Tracy et indéniablement de l’enfant qu’elle portait. Au-delà de cette fin désespérante, on note tout au long du film un certain désespoir face à la vie et à la société, ressenti à cause de l’atmosphère pesante de la ville et de son univers, par Somerset et son idée de la vie et par le fait que Mills et Somerset n’arrivent pas à arrêter le meurtrier de tout le film.

 

-Oppression de la société sur l’homme
On voit dans le film que l’homme est constamment oppressé par la société dans laquelle il vit. David Fincher nous fait remarquer cette oppression avec la pluie qui ne cesse de tomber, le bruit omniprésent et lourd de la ville (même la nuit) et l’environnement sombre et peu accueillant dans la ville et dans les appartements qu’ l’on peut voir, comme par exemple : l’appartement de John Doe avec ces pièces rouges et sombres à la fois, avec des objets étrange et une atmosphère pesante ; l’appartement de Mills, avec le métro et l’appartement qui tremble.

 

-La justice

Qu’est ce qui est juste ? Est-il juste de tuer les personnes qui commettent des actes mauvais ou de les laisser rependre le mal autour d’eux ? Il y a la une différence entre ce qui est juste et ce qui est morale. En effet, ce qui est juste serait d’empêcher les personnes de rependre les vices autour d’eux mais tuer des personnes pour cette raison serait immorale. On remarque qu’il y a une certaine difficulté à être à la fois morale et juste. Malgré cela, John Doe choisi d’être juste et de faire appliquer sa justice (qui, pour lui, parait la meilleure) et d’oublier la morale.

 

-la folie et l’atrocité humaine

Mills pense que le meurtrier est fou, totalement barge alors que Somerset pense qu’il est, au contraire, calme, résonné et patient et qu’il ne faut pas le sous-estimer. Qu’est-ce qu’être fou ? Le film fait en sorte que nous nous posions la question et, plus généralement, que l’on se demande : comment jugeons-nous quelqu’un ? Par son apparence ? Par ce qu’il est ? Ou par ce qu’il fait ? Chacun juge comme il l’entend, certains penseront qu’il est fou et d’autres non.

 

-Le bien et le mal 

Est-ce bien ou est ce mal ce qu’entreprend le meurtrier ? D’un côté c’est mal parce qu’il a décidé de tuer des personnes et que le meurtre est immorale, mais d’un autre côté, c’est d’une certaine manière bien parce qu’il a tué des rebuts de la société (c’est le terme qu’il utilise), des personnes qui détruisaient la société par leur mode de vie ou par leur utilisation habituelle des vices et qu’au moins, lorsque les gens auront analysés ses actes, ils comprendront peut-être ce qu’ils doivent faire pour créer une meilleurs société. Si l’on pousse l’idée un peu plus loin que les meurtres, on peut comprendre que John Doe a l’envie d’aider et de rendre meilleure la société dans laquelle il vit. Mais pour se faire comprendre, il doit utiliser la force et la peur, il l’explique de cette façon dans le film : « quand vous vous voulez que les gens vous écoute, vous ne pouvez pas vous contenter de leur taper sur l’épaule, il faut y aller à coup de marteau, c’est seulement comme ça que vous allez retenir leur attention » Le « coup de marteau » signifie ainsi la série de meurtre qu’il a entrepris, il veut retenir l’attention de la société pour qu’elle essaye de comprendre ses erreurs.

 

-Le contrôle

A la fin du film, au moment où Somerset ouvre le colis, on finit par comprendre ce qui est suspecté depuis le début : le fait que John Doe contrôle tout. On comprend en effet que John Doe contrôle la ville (on a l’impression qu’il la connait par cœur) et prépare depuis longtemps ses meurtres, qu’il avait tout prévu depuis longtemps. On comprend même qu’il avait prévu la réaction et les sentiments de chaque personnage depuis le début. Et même lorsqu’un imprévu arrive, John Doe réussi à reprendre le contrôle (lorsque Mills et Somerset vont à l’appartement de John Doe, Mills le poursuit et finalement le perd de vue. John Doe le laisse même en vie pour montrer qu’il contrôle l’histoire à sa guise).

 

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Conclusion

Pour conclure, on peut dire que le réalisateur a utilisé plusieurs notions philosophiques importantes dont les plus grands philosophes ont débattu et débattent encore pour créer un film qui nous pose des questions simples mais importants. Ce film nous permet de comprendre que la société est fondée sur les vices et les péchés mais qu’il nécessite une certaine organisation et que le meurtre n’est pas une solution ; l’idée du bien et du mal ressurgi encore une fois. L’idée du film est qu’il faut nous instruire, lire et apprendre afin de mieux comprendre les travers de la société pour pouvoir mieux la changer pour qu’elle profite à tout le monde.

 

 

 

Citations et détails :

 

-Citations :

« Quand t’es en train de lire une revue de chasse en te masturbant dans ton caca, est ce qu’il t’arrive de dire : « Waouh c’est quand même dingue à quel point je peux être givré » » Mills dans la voiture avec Somerset et John Doe (1h 50min)

« Ernest Hemingway a écrit : « le monde est un bel endroit, qui vaut la peine qu’on se batte pour lui » je suis d’accord avec la seconde partie » Somerset (1h 57min)

Le film se termine sur cette citation.

 

-Quelques détails :

Dans le générique du début


David Fincher arrive à y placer quelques détails : il place « Picture title, end of reel », qui signifie  « Titre d'images. Fin de bobine » qui représente en quelque sorte le fait que John Doe ait fini de préparer son plan (juste à la fin du générique). On remarque que ce générique représente un peu l’organisation chaotique de John Doe dans son œuvre macabre (il y a écrit : « NO KEY » pour montrer que la fin du film est déjà programmé et qu’il n’y a pas d’autres issus). De plus, lorsque l’on voit les images du début, on a l’impression de voir la fabrication d’un film (image avec les bobines, les feuilles manuscrites, les lames de rasoir pour couper, le scotch…) pour ramener le spectateur à une mise en abime du film.

David Fincher ne cite que le nom de l’acteur qui interprète le tueur qu’à la fin (Kevin Spacey), au début du générique de fin qui est, de plus, à l’envers. En effet, un générique de fin normal se déroule de haut en bas ; ici, il se déroule de bas en haut, pour montrerun retour en arrière et un retour au point de départ. Le réalisateur veut montrer que le monde se trouve dans l’impasse de l’éternel recommencement et que rien ne peut changer.

Quand Somerset remet la lettre à Mills, il écrit : « mills » sans majuscules. De plus, on voit derrière la plaque où il y a écrit : « DET.MILLS » on remarque encore que Somerset ne considère pas Mills comme un inspecteur mais comme un enfant car il ne met pas de majuscule et n’écrit pas DET.

Lorsque Mills et Somerset montrent les photos à la femme de l’avocat, on voit derrière cette dernière que le mur et peind. On voit alors que la peinture représente Venise, comme pour rappeler l’œuvre « Le marchand de Venise » qu’utilise John Doe pour s’inspirer pour le meurtre de l’avocat.

Le nom du meurtrier, John Doe, est égale à l’expression française de : monsieur X ou monsieur tout le monde. Ce nom signifie que John Doe est personne et tout le monde à la fois, qu’il peut aller n’importe où sans se faire remarquer.

La composition du film (pré-générique / générique / lundi /mardi /mardi / mercredi / jeudi / vendredi / samedi / dimanche / générique de fin) présente une signification religieuse du meurtrier, dans la mesure où elle montre la création biblique du monde en six jours par Dieu. On notera que le septième jour (jour de repos) est précisément le jour choisi par John Doe pour commettre son ultime châtiment et pour mourir afin de se reposer de ses actes.

Un autre plan, qui montre Mills sur le point d'abattre John Doe, représente l’idée du contrôle : on y voit, au premier plan, Mills, assommé par la révélation, pointant son pistolet et, malgré tous ses efforts pour contenir sa colère, prêt à faire feu.Mais, au second plan, se dresse un pylône dont la silhouette évoque une forme humaine métallique démesurée tenant, dans ce qui pourrait être ses mains, des fils électriques. On a alors l'impression que cette créature technologique tire les fils des marionnettes, que sont les humains, qui s'agitent en dessous.

 

Textes :

 

« Lucifer, l’ange déchu, vient d’être vaincu par les armées divines. Avec son armée, il s’apprête à relancer une attaque contre le Ciel lorsqu’il entend parler d’une prophétie : une nouvelle espèce de créatures doit être formée par le Ciel. Il décide alors de partir seul en expédition. Sorti de l’enfer, il s’aventure dans le paradis, et trouve le nouveau monde. Après avoir facilement dupé un ange en changeant d’apparence, il s’introduit dans le paradis et découvre Adam et Ève. Dieu l’apprend, mais décide de ne rien faire : il a créé l’homme libre, et lui accordera sa grâce quoi qu’il arrive… si toutefois il respecte la justice divine. Son Fils, trouvant le jugement sévère, supplie son Père de prendre sur lui les péchés des hommes, ce à quoi celui-ci consent. Après quelques doutes, Satan met au point un plan pour nuire à Dieu et à l’Homme : ayant appris que Dieu interdisait aux humains de manger les fruits de l’arbre de science, il essaye, en songe, de tenter Ève. Mais sans le vouloir, il réveille aussi Adam, qui le chasse. Dieu envoie alors un ange pour les mettre en garde, et les informer sur leur ennemi, afin qu’ils n’aient aucune excuse. Plus tard, Satan revient à la charge : il profite du fait qu’Ève se soit éloignée d’Adam pour la récolte, et, prenant la forme d’un serpent, il la tente à nouveau et lui propose le fruit de l’arbre défendu, avec succès. Ève va alors raconter son aventure à Adam, et lui propose d’y goûter lui aussi, ce à quoi celui-ci finit par céder, par amour. Sitôt Dieu informé, il envoie son Fils prononcer la sentence : ils seront chassés du paradis, et Satan et ses compagnons transformés en serpents. Le Fils, les prenant en pitié, les recouvre. Malgré cela, Adam voit ce qu’il a perdu, et désespère avec Ève. Dieu envoie alors à nouveau un ange pour montrer à Adam l’avenir de sa descendance jusqu’au déluge. Ce dernier, grandement rassuré, se laisse alors conduire par l’ange Michel avec Ève hors du Paradis. L'épée flamboyante tombe derrière eux, et les chérubins y prennent place pour garder le lieu désormais interdit. »

 

MILTON, Le paradis perdu

 

Le Purgatoire

Dante et Virgile ressortent sur la plage d'une île située de l’autre côté du globe terrestre. Ils aperçoivent alors le mont du Purgatoire, le long duquel montent les âmes des morts qui se sont repentis. Le mont est composé d'un Antépurgatoire et de sept girons où doivent attendre les morts, le même temps qu’ils ont mis à se repentir. Alors que des cris et des plaintes déchiraient l'Enfer, le Purgatoire résonne de mélodies. Les âmes arrivent en chantant le psaume "In exitu Israël de Aegypto". Chaque pécheur occupe une place relative à son péché, qui lui est systématiquement rappelé tandis qu'on invoque pour lui l'exemple de personnes qui se sont distinguées dans la qualité contraire. Au fur et à mesure qu'ils expient leurs fautes, les pénitents peuvent gravir la montagne, jusqu'à ce qu'ils parviennent à l'entrée du Paradis. Les prières des vivants peuvent alors les aider à en ouvrir les portes.

 

1er cercle : les coupables de péché d’orgueil sont courbés par un poids sur leurs épaules

2e cercle : les coupables d’envie ont les yeux cousus de fil de fer

3e cercle : colère

4e cercle : paresse

5e cercle : avarice

6e cercle : gourmandise

7e cercle : luxure

 

DANTE, La divine comédie

 
 

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Commenter cet article

M. 13/08/2014 21:45

Super analyse ! Dommage pour la taille du texte qui casse les yeux ! Bonne continuation et merci pour ce très bon éclairage !