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fredericgrolleau.com


Matrix et la cuillère

Publié le 26 Janvier 2012, 14:46pm

Catégories : #Philo & Cinéma

 










 
La Matrice
Warner Brothers/Village Roadshow Pictures, 1999



























 

 

Il n'y a pas de cuillère[1].




compte rendu par Kelley L. Ross, Ph.D.

 


 

Avertissement
Tout comme un autre bon film de l'année 1999, Le Sixième Sens, La Matrice nous surprend par un revirement au plein cœur de l'action. Quiconque n'ayant pas encore vu le film et désirant être surpris devrait le voir avant de poursuivre la lecture de cet article. La version DVD, avec ses multiples commentaires, un documentaire sur le film, et plein d'autres extraits de production, est chaudement recommandé.

 


 

L'intérêt philosophique principal de La Matrice se trouve dans l'exploitation de la crainte classique de René Descartes: Et si la vie n'était en fait qu'un rêve? Dans ce film, les spéculations philosophiques de salon se transforment en réalités terrifiantes. Mais il y a plus. Si la crainte Cartésienne s'applique à un niveau de réalité, pourquoi ne pas l'appliquer à celui là même qui, pensons-nous, se révèle par la suite comme étant véritablement et ultimement “réel”? Au delà de Descartes on retrouve également dans ce film des échos du platonisme et du bouddhisme.

La Matrice est un classique de la science fiction, l'un des géants du Box Office en 1999, un film puissant et dérangeant à plusieurs niveaux. Mis à part les révélations hallucinantes sur la nature de la réalité, le niveau de violence est significatif, et peut paraître gratuit pour certains, en particulier lorsque la fusillade du “lobby” rappelle aux spectateurs l'horrible fusillade de L'école secondaire Columbine. Mais la violence y est irréelle et relativement propre. Il n'y a rien qui ressemble aucarnage du vrai film d'un massacre dans une école secondaire, Carrie (1976); ni au genre de fusillade climatique du film Le Corbeau (1994), mais La Matrice est définitivement dans la même catégorie esthétique – et c'était le but, avec le plus grand nombre de chutes de cartouches au ralenti depuis Rambo (1985)[2][voir note]. La plupart de l'action, cependant, ne se déroule avec l'utilisation d'armes, mais avec des démonstrations sophistiquées d'arts martiaux, pour lesquelles les acteurs eux-mêmes se sont exercés de manière intensive avec des professionnels des films chinois d'arts martiaux. Ceci devient d'ailleurs une tendance, George Lucas voulait aussi se départir de cascadeurs et utiliser les acteurs eux-mêmes pour faire les séquences de combat dans La Menace Phantôme. Bien que pour d'autres raisons, La Matrice apporte un plus grand intérêt sur le plan philosophique, on ne peut nier le fait que ce soit à la fois un film de science-fiction et d'arts martiaux et que la grande part de son attrait émotif et esthétique vient de sa violence. La scéne initiale du film est explosive, avec “Trinité,” jouée par Carrie-Anne Moss, courant sur les murs, assomant 5 policiers avec pour seule arme ses mains et ses pieds (en moins de vingt secondes), et bondissant d'un immeuble à l'autre comme Superman (ou Supergirl), établi l'atmosphère électrique des éléments athlétiques de toute l'aventure. Le fait qu'elle semble disparaître, tel un souffle, ajoute aussi au mystère.

 

Keanu Reeves, jouant le rôle de “Thomas Anderson” ou le pirate informatique “ Néo ”, le “ Messie ”, bien que chargé d'images chrétiens, et également appelé “Jésus Christ” par un autre des personnages, joue à nouveau le rôle d'un Bouddha – tel que dans le film Le petit Bouddha (1994). Le Bouddha est celui qui se réveille comme l'expérimente littéralement Néo, en découvrant qu'il a été un prisonnier comateux, gardé dans une cuve, toute sa vie, avec le monde dans lequel il croyait vivre, dans lequel il avait un travail ennuyeux de programmeur informatique, un monde projeté dans son esprit, comme de la réalité virtuelle sur ordinateur, simulé par une sonde directement implantée dans son cerveau. Il est rescapé par un personnage qui est qualifié par les autorités internationales comme étant un terroriste, “Morpheus,” joué par Laurence Fishburne. Débranché et chassé de sa cuve, Néo est pris par Morpheus et ses associés dans un vaisseau voyageant à travers de profonds tunnels sous la surface d'une terre désolée et pratiquement sans vie – maintenant contrôlée par des intelligences artificielles qui cultives les humains principalement comme source d'énergie, les gardant dociles dans un monde de la réalité virtuelle, c'est-à-dire la “Matrice,” qui est projeté dans leur cerveau.

Attendez une minute... “des cavernes”? Ceux qui sont familiers avec le philosophe Platon, tout cela devrait éveiler des soupçons. Dan la République, Platon avance une théorie qui divise la réalité en quatre niveaux par l'intermédiaire de la Ligne Divisée et l'imagerie de l'Allégorie de la caverne:  Nous sommes tous tels des prisonniers attachés au sol de la caverne. Mais habituellement nous ne voyons pas la caverne elle-même – tout ce que nous voyons sont des ombres sur le mur. Donc, Néo est comme l'un de ces prisonniers attachés, regardant les ombres de La Matrice. Si par contre, le prisonnier de Platon est libéré, il peut regarder tout autour. Il voit alors la grotte, il voit un feu briller à l'arrière, et alors il découvre que la réalité qu'il voyait n'était en fait que la parade de marionnettes devant ce feu, produisant ainsi les ombres sur le mur. Platon ne dit pas qui fait parader ces marionnettes. Néo apprend que ce sont les machines possédant l'intelligence artificielle. Il voit que par ce biais il a été lui-même manipulé comme une marionnette. Au commencement il a de la peine à le croire, et la profondeur de la révélation le rend physiquement malade, mais il ne peut le nier.

 

Un autre aspect de La Matrice qui révèle des nuances platoniques est la fréquence de l'apparition d'images en réflexion. Nous voyons souvent la réflexion de Néo dans les lunettes de soleil de Morpheus, ou dans différentes surfaces métalliques. Un thème fréquemment rencontré dans l'oeuvre de Platon est l'affirmation que nous ne touchons rarement la réalité, nous voyons surtout des images. Les ombres sur le mur de la caverne ne sont que des images des marionnettes, qui sont elle-mêmes des images des formes. Platon avait, c'est bien connu, peu d'estime pour l'art, qui crée des images non pas à partir des Formes [3], mais à partir d'autres choses qui sont déjà des images. L'art basé sur les ombres de la caverne s'éloigne de la réalité par trois étapes. Le monde de La Matrice est lui-même une ombre réfléchie de la réalité, reproduisant de manière lugubre et altérée (toutes les couleurs ont une forte composante verte) le “monde réel” .

La Matrice ne comporte aucune référence directe à Platon, mais il évoque la question posée en suivant l'analogie platonique. La caverne, après tout, n'était pas la réalité ultime pour Platon. Le prisonnier libéré quitte la caverne et découvre la réalité véritable à l'extérieur, le Monde des Formes, sur lequel règne la Forme de la Bonté. Serait-ce possible que le “monde réel” dans lequel Néo se réveille soit également une simulation, de la réalité virtuelle? Ce serait une tournure intéressante pour La Matrice II, mais il n'y a aucun indice de tout ça ici. À vrai dire, par d'autres indices, La Matrice nous porte à la réflexion, même si le “monde réel” est le vrai monde, le monde véritable n'est peut-être pas si “réel” après tout.

Morpheus apprend à Néo que, dès qu'il devient conscient que La Matrice n'est qu'une simulation par ordinateur, il devient possible de la manipuler. Morpheus, Trinité, et les autres membres de la “Résistance” ont tous développés cette capacité, ce qui explique pourquoi Trinité ait pu éviter les balles, courir sur un mur, et faire des sauts innouïs – sa disparition, bien sûr, n'était simplement que le retrait de son corps virtuel de La Matrice. Ce que Morpheus recherche vraiment, par contre, c'est quelqu'un, “L'Élu,” qui peut manipuler La Matrice à volonté et créer une infinité de résultats, c'est-à-dire. faire stopper les balles en plein vol ou vaincre les “Agents,” qui sont “programmes intelligents” invincibles dont la mission est de tuer les gens comme Morpheus, Trinité, et Néo (qui ne peuvent survivre même à une mort “virtuelle”) et détruire la Résistance. L'apogée du film, bien sûr, est atteint lorsque Néo développe cette habileté, est révélé comme étant L'Élu, vainc les Agents et peut commencer la libération de l'humanité.

En cours de route, cependant, une foule de choses se produisent. Après sa formation initiale, Néo est amené vers “l'Oracle,” une vieille dame (jouée par Gloria Foster) qui semble posséder la capacité de voir le futur. Pendant qu'il attend pour la rencontrer, nous voyons une scène importante. Néo est laissé dans une pièce où se trouve plusieurs enfants qui semblent être des adeptes d'actes impossibles à accomplir. L'un d'eux lit aussi un livre en Chinois. Un autre jeune garçon, qui est habillé comme Mahâtmâ Gethi, est assis en toute tranquillité dans la position du Lotus, faisant plier une cuillère par télékinésie. La chose extraordinaire à propos du monde de La Matrice c'est que nous n'avons aucune difficulté à croire que ce genre de chose est possible. Les habiletés paranormales ne sont plus miraculeuses lorsque nous savons que ce ne sont que des simulations par ordinateur. Mais Néo, vivant dans ce monde, a bien sûr un peu plus de difficulté à saisir comment cela peut être possible. Le jeune garçon lui explique le phénomène alors avec peut-être la phrase la plus importante du film, “Il n'y a pas de cuillère.”. Maintenant, ce n'est pas le genre de chose que Platon dirait. Ce pourrait-être l'évêque Berkeley, mais il n'y a rien dans La Matrice qui suggére le moindre scepticisme empirique. Quelle tradition importante pourrait nous permettre de faire une telle déclaration à l'égard du monde “ réel ”?

 

Il s'agit plutôt du Bouddhisme. La cuillère est “vide”. Elle n'a pas de “nature propre”, aucune essence ou réalité durable. Elle existe seulement en rapport avec tout le reste (“existence relative” et “origine dépendante”). C'est ce que le garçon affirme:  Néo peut déformer la cuillère en se déformant lui-même, ou en déformant son propre esprit. Bien qu'il n'y a aucune référence directe au Bouddhisme dans La Matrice, la conclusion est difficile à éviter étant donné (1) le contexte des arts martiaux, (2) le livre en chinois, (3) le fait que le code qui nous est présenté comme étant celui de La Matrice ne soit pas numérique mais vaguement, ou directement, comme des caractères chinois ou des syllabes kana japonaises, (4) le fait que Néo “s'éveille” -- ce que le nom Bouddha signifie, (5) le fait que Keanu Reeves a déjà joué le rôle du Bouddha auparavant, (6) le Gethi ou l'enfant-Bouddha, et (7) des énoncés caractéristiquement paradoxaux, tel “Il n'y a pas de cuillère.” L'importance de cette réplique est consolidée lorsque Néo le répète délibérément, alors que lui et Trinité poursuivent leur tâche de délivrer Morpheus après sa capture par les Agents.

Mais cette réalisation ouvre de nouvelles perspectives:  Serait-ce possible que tout ce que Néo apprend à propos de La Matrice soit aussi vrai pour notre monde “réel”? C'est précisément ce qu' enseigne le Bouddhisme. Le Bouddha est sensé avoir acquis des pouvoirs surnaturels, tout comme Néo, lorsqu'il a atteint l'Illumination. Le film, donc, n'est pas seulement un film de science fiction à propos de la race humaine esclave de machines intelligentes, mais une allégorie de l'esclavage de l'humanité au Sam sâra, le monde illusoire de la naissance, la souffrance et de la mort. Platon ne dirait pas “qu'Il n'y a pas de cuillère.” Le prisonnier quittant la caverne pourrait voir la cuillère elle-même, la forme éternelle et inchangeable de la cuillère. Seul un Bouddhiste pourrait dire de toute réalité ce que le garçon a dit de la cuillère: “Nous quittons la caverne pour découvrir qu'au-delà de la cuillère il y a le néant.”

C'est déjà bien intrigant, mais il y a plus. L'Oracle évoque un élément du film qui n'a rien à voir avec le bouddhisme. Elle n'est pas une adepte des arts martiaux, mais elle attire plutôt l'attention de Néo sur un proverbe écrit en latin sur le mur de la cuisine, “Connais-toi Toi-même” (Temet Nosce). Bien sûr, “Connais-toi Toi-même” n'est pas du latin à l"origine, mais grec (Gnôthi Seauton). C'était l'un des préceptes de Delphi, au même titre que “Point d'excès” (Mêden Agan), ou les dictons de l'Oracle de Delphi, où une prêtresse, la Pythia, possédée par Apollon prédisait le futur. L'Oracle est donc une fonction, non pas du bouddhisme, mais des religions classiques de l'Occident (l'ascenseur pour se rendre à l'appartement de l'Oracle semble avoir la lettre grecque Ômega écrite à l'intérieure, complétée de l'accent circonflexe et d'un iota). Ce que l'Oracle fait, comme nous le voyons, c'est dire à Néo ce qu'il avait “besoin d'entendre”, comme Morpheus l'explique. Néo prend alors des décisions, basées sur ce qu'elle a dit, qui lui permettent de sauver Morpheus et d'atteindre ensuite le plein potentiel de l'Élu.

 

Pourquoi les machines n'ont-ils point d'Oracle? Pourquoi, en ce sens, les Agents n'ont-ils pas les mêmes habiletés que l'Élu? C'est, après tout, leur ordinateur. Alors pourquoi ne peuvent-ils pas manipuler La Matrice à volonté? L'implication ici, et elle est loin d'être Bouddhiste, est qu'il y a quelque chose de plus en l'être humain que ce qui se trouve dans ces “programmes intelligents” et ce monde d'intelligence artificielle. L'Oracle dit à Néo, “Tu as une bonne âme.” Mais il n'y a pas d'âme, aucune notion du soi dans le bouddhisme (la doctrine d'anâtman ou anatta), car ce serait une essence ou une nature propre. Lorsque nous voyons le code de La Matrice dans une scène, nous voyons effectivement le caractère chinois représentant le mot soi.

“Connais-toi Toi-même” est une sorte d'enseignement bouddhiste paradoxale. Si Néo possède une quelconque forme d'âme, et que les machines n'en ont pas, cela explique les habiletés uniques aux humains, et ça nous place alors dans un univers religieux qui va bien au delà de ce que le bouddhisme affirme de son côté. Et rien de tout ça n'est vraiment explicable par la nature virtuelle de la Matrice.

Beaucoup plus manifeste, dans La Matrice, que les thèmes platoniques ou même bouddhistes, sont les thèmes judéo-chrétiens. Néo se fait littéralement appeler au débuts du film “mon propre Jésus-Christ personnel.” Nous découvrons également que son nom véritable est en fait Thomas Anderson -- Thomas l'Apôtre qui doutait. L'Oracle lui dit qu'il n'est pas l'Élu, mais ensuite ajoute “dans ta prochaine vie, peut-être.” Bien, Néo meurt (arrêt cardiaque et tout) et puis Ressuscite. Nous avons déjà compris qu'il était question de réincarnation, puisque Morpheus est à la recherche de quelqu'un qui a déjà vécu auparavant; mais Néo est maintenant né de nouveau, sans aucun doute, toujours dans le même corps, comme étant l'Élu. “Neo,” en effet, vient du Grec Neos, “jeune” ou “nouveau.”

 

Mais mis à part Néo, nous avons Trinité, nommée tout comme la notion chrétienne de Dieu. C'est elle qui déclenche la Résurrection de Néo. De l'avis de Trinité, Néo est vraiment mort, comme tous ceux qui sont morts dans La Matrice et ensuite dans le monde réel. Mais elle l'aime, et elle croit simplement, avec l'aide de l'Oracle, qu'il ne peut être mort. Nous avons vu Trinité comme quelqu'un de très réservée, peut-être quelque peu sceptique, mais nous avons aussi eu un aperçu de ses véritables sentiments et croyances. Maintenant, avec un baiser de pure foi, elle insuffle la vie, comme le Saint-Esprit, à Néo. Il renaît. Trinité alors devient la Mère de Dieu – Comme la Vierge Marie. Cependant, Marie n'était pas un membre originel de la Sainte Trinité, mais C.G. Jung pensa qu'elle devrait être considérée comme la quatrième. Trinité, en effet, semble combiner le Saint-Esprit avec Marie. Nous avons déjà un Père, Morpheus, qui n'a pas seulement agit comme un père. mais est aussi interpellé de la sorte de manière explicite par Tank (Marcus Chong). Alors nous nous retrouvons avec la Trinité complète: Père (Morpheus), Fils (Néo), et Saint-Esprit/Mère (Trinité).

Que conclure alors? Peut-on dire que La Matrice est un film chrétien? C'est très peu probable. Keanu Reeves ne joue pas le Christ véritable. Ce que nous voyons, assurément, est une synthèse esthétique puissante d'éléments grecs, bouddhistes, et chrétiens qui les prend clairement tous au sérieux. Il est, effectivement, rare de prendre la christianisme au sérieux sans tout l'accepter dans son ensemble, ou de rejeter la prémisse de la Divinité de Jésus sans ramener le tout à une allégorie séculaire et moraliste dans laquelle chacun est le fils (ou l'enfant) de Dieu. La comparaison avec le bouddhisme, encore une fois, peut être instructive. En principe, et c'est vrai surtout dans les étapes subséquentes de l'histoire du bouddhisme, est que tous peuvent devenir un Bouddha, mais la plupart ne le sont pas devenus et ne le seront pas pour un long moment encore. L'accomplissement du Bouddha était une chose rare et extraordinaire . Il n'était pas seulement un philosophe, mais le “Béni,” le Tathâgata ou “Celui qui est Venu”, dont les reliques font l'objet de vénération. Même si le Mahâyâna commença à voir tout le monde comme étant déjà des Bouddhas, nous découvrons également l'idée qu'il y a un Bouddha cosmique éternel, Mahâvairocana, de qui nous sommes tous une partie.

L'équivalent chrétien d'un tel concept serait un Christ qui est relativement, mais non pas pleinement, unique. Non pas le seul et unique Fils de Dieu, mais un événement rare, un Sauveur, qui a une fonction spirituelle spéciale et puissante. Un concept semblable fait d'ailleurs partie de la foi Baha'i, où figure des “Manifestations” (dont Moïse, Krishna, Zoroastre, Jésus, et Mohammed) qui font la médiation entre Dieu et l'Humanité, déformant l'influence chrétienne en affirmant que ceux-ci étaient tels des Dieux pour nous, tout en étant tels des hommes pour Dieu. Également dans l'Hindouisme, l'Être Suprême Vishnu prend périodiquement la forme humaine (Avatars), comme dans le cas de Rama, Krishna, et même le Bouddha pour aider l'humanité.

La Matrice suggère donc une religion, comme le Bouddhisme, dans laquelle la réalité ultime est encadrée ou incompréhensible, mais où l'on retrouve une qualité divine et miraculeuse dans la vie humaine pouvant produire des sauveurs, comme Jésus, engendrant une incroyable puissance. Comme au cours de la période hellénistique et à l'aube de l'ère romaine, lorsque de multiples religions naissaient offrant la rédemption et l'immortalité, nous sommes dans une période d'exploration religieuse similaire où les thèmes des grandes religions du monde s'entrecoupent et se chévauchent. D'une manière artistique, indirecte et subliminale, La Matrice suggère ce que les gens peuvent bien rechercher.

 

 


 Notes

[1] - Avec permission. Traduction par Francis Leblanc et Paul Gosselin. Pour le texte intégral (en anglais, plus long d'ailleurs) cliquez ici.

[2] - Au cours de la fusillade du lobby, de peur que certains soient pris de pitié envers les officiers que Néo et Trinité abattent, il ne faut pas oublier que ces gardes et les membres de cette équipe tactique sont des voyous bagarreurs. Ils sont des gangsters obéissants à un État Policier, tout comme l'IRS, la DEA, ou les agents de l'ATF, habillés de vêtements, maintenant familiers, de ninja et coiffés de casques Nazi. Nous avons vu une demi-douzaine d'entre eux, ou leur semblables, plus tôt dans le film battre Morpheus sans pitié. Ils sont eux-mêmes engagés, comme à ce moment là, à commettre des crimes violentes. Néo et Trinité combattent donc par autodéfense, essayant de délivrer Morpheus de la torture, malgré le fait qu'ils semblent initier l'attaque.

[3] - NdT: ou les Archétypes.

source : http://www.samizdat.qc.ca/arts/cinema/matrice_kr.htm

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