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fredericgrolleau.com


« La morale est-elle nécessaire à la vie des hommes en société ? »

Publié le 20 Décembre 2013, 06:35am

Catégories : #Philo (textes - corrigés)

  Proposition 1 de traitement par mr Tsiang, TS1, Saint-Cyr 2013-2014

 

« La vraie morale se moque de la morale » disait Blaise Pascal dans les Pensées. La conscience morale, propre à chaque individu, se différencie en effet de la morale, admise et respectée par une collectivité, et permet son maintien à travers le regroupement autour de principes communs et reconnus. Mais peut-on pour autant affirmer que la morale est le moteur d'une société constituée d'individus, dotés d'une propre conscience morale ? Il est donc légitime de se demander si l'on peut s'affranchir de la morale et ne suivre que sa conscience morale tout en formant une communauté. « La morale est-elle nécessaire à la vie des hommes en société ? »

Nous verrons tout d'abord qu'il apparaît théoriquement impossible de former une société sans morale, puis dans une deuxième partie que d'un aspect pratique la morale et la société semblent incompatibles. Enfin nous nous intéresserons à la conscience morale qui pourrait être une alternative quant à elle nécessaire à la vie des hommes en société.

 

 

 

Ainsi, nous allons mettre en tension des termes proches, morale et conscience morale mais qui diffèrent et ne s'imposent pas tous à une vie en société.

Si « l'homme est un loup pour l'homme », la morale apparaîtrait comme la frontière nous séparant de l'animalité, l'enclos entourant les brebis dans de verts pâturages. Et si ces brebis venaient à s'échapper de l'enclos, elles seraient confrontées à la jungle naturelle et, après quelques jours tout au plus, seraient réduites à une masse de protéines circulant dans l'estomac d'un prédateur ne répondant qu'à ses besoins primaires. L’Histoire peut témoigner

des nombreuses expériences de la société humaine sans morale, où la reconnaissance d'autrui ne serait uniquement basée sur des critères physiques, religieux, ethniques, subjectifs. La masse sociétaire prend alors la forme d'un unique prédateur, régulée par la loi du plus fort où les brebis restantes, désormais dépourvues de l'enclos moral, sont exterminées les unes après les autres, telle l'inexorable rhinocérite de Ionesco dans Rhinocéros. La morale est à la base de la société humaine, sur laquelle de nombreuses institutions, comme la justice, se fondent. C'est au nom de la morale que l'on prétend construire un monde meilleur. La reconnaissance de l'individu par la société se fait par le biais de cette morale, la différenciation du « bon » et du « mauvais » personnage également.


La morale est cette ligne continue tracée sur la route de chaque individu, et quiconque tenterait de doubler un autre soi se verrait sanctionné par une marginalisation, une indifférence de la société à laquelle il appartenait. Le monde, privé de la morale se résumerait à une nuit, comme dans le film « American nightmare », où une nuit par an tous les crimes sont autorisés, et se transformerait en un champ de bataille où chacun se bat pour sa survie. Mais la morale reste un idéal à atteindre, et la respecter dans sa totalité semble utopique et impossible. Comme disait Shakespeare dans Hamlet, « La morale fait de nous autant de lâches ». Bien qu'elle fasse de nous autant de lâches, elle en fait des lâches civilisés, et mieux vaut des humains fuyards qu'une humanité fuyante. Ce métronome que représente la morale permettrait ainsi de réguler la vie des hommes en société, et laisse penser qu'elle en est la base. Tout homme reconnu moral par la société en est distingué, mais cependant La Morale ne semble pas tant respectée en pratique, dans la vie de tous les jours. Elle apparaît presque comme absente quand on s'intéresse à des exemples plus fréquents, voire banalisés, comme les attentats, agressions, et crimes évoqués par la presse au quotidien.

Ainsi, bien que la morale soit reconnue comme un cadre, un tuteur de la société pour qu'elle pousse droite, ne serait-il pas plus juste de dire qu'elle ne serait que théorique et bafouée quotidiennement ? Il serait alors légitime et nécessaire de se demander est bien indispensable à la vie en société.

Si la société représente un groupe, une communauté, un ensemble, c'est avant tout une longue chaîne de maillons que sont chacun de nous. Les individus sont comparables à des atomes cherchant en priorité et de façon instinctive et naturelle à s'équilibrer, par n'importe quel moyen, et quelles qu'en soient les répercussions sur la « molécule sociétaire ».

 

Ainsi dans une société prônant l'individualisme et la réussite personnels, il semble à la fois hypocrite et insensé de prétendre qu'elle serait inconcevable sans morale. Chaque jour au nom du profit personnel, de la spéculation et d'autres paramètres exclusivement subjectifs, nous mettons de côté la morale, et pourtant la société continue d'exister, d'évoluer et d'apparaître de plus en plus perfectionnée et humaine. En effet, n'étant plus bouleversée par des conflits mondiaux, mais simplement secouée par des révoltes locales, la société semble extérieurement conforme à la morale et ses vertus, définies par l'ensemble de l'humanité passée. Mais nous savons que la morale ne « s'étudie » plus à ces échelles internationales, couvertes par des organisations considérant paix, justice et égalité comme des éléments acquis et intégrés à l'humanité présente. La morale collective paraît définitivement avec une société individuelle, et d'une nécessité contestable à son fonctionnement. Si chaque membre de la société réussit à en faire partie intégrante, tout en bafouant la morale censée la gouverner, alors cette société n'est qu'une pancarte où l'on colle les principes de la morale, en passant devant chaque jour sans ne plus y prêter attention, comme une publicité trop connue ou un sans domicile fixe ayant adopté notre rue comme domicile fixe.

 

Mais si la morale n'est pas nécessaire à la société, il apparaît alors légitime de s'en affranchir, car elle ne constituerait qu'un ensemble de principes n'agissant plus comme un tuteur mais comme un carcan, un étau qui se resserrerait autour de chaque individu, l'empêchant de s'exprimer pleinement. Mais si l'individu se détache de la morale collective et admise par tous, comment peut- il encore former et faire partie de la société ? C'est donc que la morale le pas le vrai et juste terme désignant le moteur capable de rassembler des individus en un groupe civilisé et humain. Il existerait donc une autre forme de morale, dérivée de la morale collective, qui permettrait à chaque membre de la société de se limiter lui-même, sans morale « sociétaire ».

La conscience morale, propre à chaque individu, représente la capacité à penser et agir de manière morale mais également subjective, car nous ne réagissons pas et n'interprétons pas tous cette conscience morale de la même manière. Il apparaîtrait donc plus légitime d'obéir et de suivre sa conscience morale plutôt que la morale. On peut observer ce phénomène dans la société moderne, où chaque membre, à l'exception de quelques philanthropes, font passer leur intérêt personnel avant celui de la collectivité, mais tout en respectant des limites de comportement à ne pas dépasser, car comme disait Rousseau « La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres ». C'est cette conscience morale qui régule un équilibre interne dans la société, et qui permet donc de la maintenir en place. Cette conscience morale individuelle se démarque de la morale au sens général, car bien que la conscience morale soit influencée par la morale, elle dépend de nombreux autres paramètres subjectifs liés aux expériences et au vécu de chacun.

Cet aspect de la diversité morale semble bien plus rationnel et rassurant qu'une morale englobant la société sous un unique oeil, comme le Big Brother dans 1984 de George Orwell, qui nous surveillerait et pèserait sur la conscience de chaque individu.


La force de la conscience morale semble également incontestable, car on ne peut s'en détacher véritablement, on ne peut qu'apprendre ou essayer d'en ignorer les conséquences que sont le remord et le regret. Pour la société, cette forme de réflexion et de jugement automatique qu'est la conscience morale apparaît donc comme une nécessité. En effet, même si comme nous l'avons vu précédemment la morale n'apparaît pas comme nécessaire à la société, une forme de morale, ici la conscience morale, est toutefois nécessaire, pour le fonctionnement et la vie des hommes au sein de ce groupe. Cette conscience morale nous différencie et nous sépare des animaux, soumis à la simple conscience végétative, et n'obéissant qu'aux règles de la loi naturelle. La conscience morale prend donc la place de la morale dans la société, car elle est personnelle et donc bien plus représentative de la société individualiste à laquelle nous appartenons. Si seul l'intérêt personnel compte dans la société, composée de nombreux autres individus, alors il faut une forme de morale interne et propre à chacun pour que les bases humaines de la vie en communauté soient respectées. C'est la conscience morale qui s'impose donc comme nécessaire et logique à la vie des hommes en société.

 

La morale ne régule donc que les événements majeurs de la vie des individus, et c'est la conscience morale, moins réfléchie et plus spontanée, qui influence les choix des membres de la société, et cette spontanéité est nécessaire et logique car chaque choix effectué ne peut faire l'objet de considérations infiniment logues pour déterminer si il est conforme ou non à la morale. Mais le fait que grâce à la conscience morale, tout individu agit de manière relativement conforme à la morale, rend cette conscience morale nécessaire et indispensable à la vie des hommes en société. Et la conscience morale, comme présente de manière systématique en chaque individu, ne prend donc plus une forme possible ou envisageable, mais devient et s'unit à la vie des hommes en société. La vie des hommes en société serait donc la conscience morale.



Ainsi, nous avons vu que la morale était certes indispensable à la société d'après des éléments historiques et des faits relativement théoriques. Mais nous avons vu que cette morale était hypocrite et contradictoire avec la société individualiste, et qui pourtant fonctionne et se maintient. Nous avons vu que c'était une autre forme de morale, davantage personnelle que La morale, qui est la conscience morale, qui apparaîtrait comme nécessaire à la vie des hommes en société. Mais comme cette conscience morale est inscrite

en chacun de nous, alors ce n'est plus une nécessité mais une partie intégrante de la vie des hommes en société.

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Proposition 2 de traitement par antoine decrouez, TS1, Saint-Cyr, 2013-214.

 

 

La vie des hommes en société permet l’expression d’un instinct grégaire commun à tous. En effet « l’homme est un animal social » et la société peut être l’aboutissement d’une construction spirituelle commune basée sur l’échange matériel et psychique entre les individus qui composent cette société. En effet, Nietzsche pense que l’Homme, par le fait qu’il soit doté d’une conscience et de pensées, ressent le besoin d’exprimer sa conscience et ses pensées par un communication, ce qui amène à la création de communauté. La société, étant basée sur un ensemble d’individus, doit octroyer à chacun une base morale à respecter sans quoi l’idée de société resterait vague et non légitime pour quelque individu qu’il soit. C’est le fait d’avoir une société qui construit le légal et le rationnel chez l’individu car ses désirs sont constamment mis en relation et en comparaison avec les principes communs pour en décider si l’assouvissement de ses désirs va dans le sens ou non du socle sociétal moral. Mais le développement d’une morale commune ou de « La » morale peut rentrer en conflit avec la conscience morale de l’individu. En effet, la morale commune prévaut-elle sur la liberté de l’individu ? La parfaite acceptation d’une morale commune par chacun n’éloignerait-elle pas l’individu de sa conscience morale ? De ce fait, la morale d’une société ne serait-elle pas faite d’en ensemble de morales et de principes individuels ? D’où le fait que la société puisse être composée d’une morale et des morales de ses créateurs.  La vie des hommes en société serait-elle donc possible sans morale, sans « socle sociétal moral » ?
Cette réflexion suggère un intéressement à la légitimité de la morale individuelle sur la morale commune. Nous verrons donc si la conscience morale individuelle prévaut sur la morale commune et si ce fait même entrave le fonctionnement de la société. Puis nous nous pencherons sur la nécessité ou non d’un respect commun de la morale pour veiller au bon fonctionnement de cette société et enfin nous traiterons de la base même de la société et des morales qui la composent.                            

           

            Chaque individu se créé une conscience morale personnelle qui comprend sa perception individuelle du monde qui l’entoure, les principes et les obligations qui en découle qu’il s’est octroyé, et tout un système psychique qui lui est propre. Mais, bien entendu, elle comprend aussi ses désirs. Les désirs de chacun peuvent aller dans le sens de la société ou à son encontre. En effet, chacun peut avoir des désirs malsains et dangereux pour lui et pour la société. Mais ces désirs font partie intégrante de l’individu et cela peut amener l’individu à sortir du cheminement que lui indique la société. Pascal pensait que l’individu devait agir avec son cœur et respecter toutes et actions qui lui sont propres. Or on peut imaginer qu’un développement à grande échelle de ce non-respect des principes communs amènerait à une désorganisation sociétaire. L’individu peut donc faire prévaloir ses désirs et donc conserver son entière partie face aux principes communs.

            De plus, sans considérer les désirs dont nous venons de traiter, on pourrait imaginer qu’un individu rejette la morale commune à partir du moment où celle-ci rentre en conflit avec sa conscience morale personnelle. En effet, on peut se demander si un respect aveugle de la morale commune ne remettrait pas en question la liberté de l’individu. En effet, la conscience nous permet de renoncer à commettre tel ou tel acte ou d’enfreindre telle ou telle règle. Et cela fait partie de l’individu et de sa liberté. La morale commune, dans l’absolu, pourrait inhiber la liberté de l’individu si on considérait que la vie des hommes en société nécessitait un respect aveugle de la morale commune. C’est aussi une partie de sa conscience qui s’en trouverait entachée car on ne laisserait plus place au légitime et au raisonnable pour faire prévaloir comme absolus le légal et le rationnel. Or c’est le fondement même d’une identité individuelle qui se repose sur la liberté décisionnaire et l’accumulation d’expériences qui serait abolis sous la suprématie d’une communauté qui rejetterait l’individualisme. L’Homme ne se résumerait donc plus qu’à un être n’agissant et ne pensant que dans le sens de la communauté.                                                                                                                             
Enfin, la morale commune n’apparaît pas comme légitime de par son fondement et donc cela suggère qu’il deviendrait légitime de s’en affranchir pour faire prévaloir une morale personnelle. En effet, Pascal dit dans Pensées « la vraie morale se moque de la morale ». Pascal fait référence ici à la morale originelle dictée par le tout-puissant et donc que toutes les autres morales, si elles rentrent en conflit avec « la vraie morale » n’ont aucune légitimité à être respectées. On peut aboutir aux mêmes conclusions concernant la morale de l’individu face à la morale commune. Montaigne dans Essais exprime le fait que la morale commune ne soit qu’un héritage de coutumes (telles que la politesse) et que ces coutumes n’ont aucune légitimité qui leur permettraient de prévaloir sur l’individu. Il revient donc aux mêmes conclusions que Pascal sur la non-légitimité de la morale collective. Un  individu peut faire prévaloir sa conscience morale sur la morale commune lorsque le respect de celle-ci pourrait entacher sa liberté ou lorsqu’il ne considère pas la morale commune comme légitime.

            La société requiert un fondement moral. En effet, si aucun principe n’était admis, il serait impossible de définir le bien et le mal ou même de fixer des sanctions et cadrer les personnes intégrantes à la société. De ce fait, on peut penser que le fonctionnement d’une société induit le respect de la morale commune par une majorité d’individus. Kant pensait que l’homme devait respecter la morale commune dans son entière partie pour pouvoir construire une société idéale ou l’altruisme serait abouti car chacun développerait les mêmes valeurs. Mais cette thèse est qualifiée de rigoriste car non-viable sur le long terme. En effet, on peut supposer que l’application d’une thèse kantienne serait idéale pour le bon fonctionnement d’une société mais pas pour le bon fonctionnement de l’individu.                                                          
Le fonctionnement d’une société est donc basé sur des principes comme « notre liberté s’arrête là où commence celle des autres ». Une société est le fruit du désir humain de communication et donc de l’altruisme. Or on ne peut empiéter sur la liberté de l’autre car, à grande échelle, l’altruisme ne serait plus si chacun ne pensait qu’à soi et à ce que peuvent lui apporter les autres. Il serait donc moral de considérer l’altruisme comme prioritaire sur les désirs personnels. De ce fait, on peut considérer que la morale commune prévaut sur la conscience morale individuelle car le respect de l’altruisme est un principe commun et il parait difficile de s’en affranchir tout en faisant partie d’une société.                                     
Dans l’hypothèse ou un individu (sa conscience morale) se trouve en conflit avec la morale commune, cela suggère la considération de consciences morales différentes de la sienne. Or, si l’on considère qu’une société est constituée d’une multitude d’individus et donc que la morale commune est en fait constituée d’une multitude de principes découlant des morales individuelles, alors, rentrer en conflit avec elle suggère que chaque individu possède une morale (ou une conscience morale) propre à lui-même et donc, cela suggère malgré tout, une considération d’autrui. Le conflit d’un individu face à la morale commune ne le détache donc pas pour autant des principes partagés par tous. En effet, si un individu se détache de la morale commune, c’est pour en faire prévaloir une autre. Donc il parait difficile de s’affranchir de la morale. La morale commune et plus particulièrement l’altruisme parait prévaloir sur toute forme de conscience personnelle car s’en détacher parait inconcevable dans une société. De plus, la morale collective et le respect de celle-ci amène à un fonctionnement et à un entendement maximum entre les individus même si elle peut rentrer en conflit avec l’individu. L’individu devrait donc, dans l’absolu, se considérer comme une partie de la société et non comme une entité et toujours agir et penser dans le sens de la collectivité pour veiller au bon fonctionnement de celle-ci. De ce fait, on peut estimer pour vrai que la vie des hommes en société serait possible dans la morale individuelle mais seulement en respectant la morale commune.                                                                             

            La vie des hommes en société semble s’organiser autour de principes communs à respecter autant que faire se peut en laissant de côté la conscience morale (Kant), ou alors elle s’organise autour de morales personnelles qu’il faut faire prévaloir sur la morale commune pour conserver l’unité de l’individu et sa liberté. Mais, dans les deux cas, la morale semble nécessaire à la vie des hommes en société. Pour reprendre les pensées de Nietzsche, on peut considérer que la conscience est le propre de l’homme et que la conscience induit l’altruisme. Si un homme se destituait de la morale, il ne serait donc plus un « homme cultivé » comme le définit Hegel  c’est-à-dire doté d’une conscience. Le bon entendement des hommes dans une société semble se dessiner comme une alternance qu’il faut réguler par des lois, entre le légal et le légitime, entre le rationnel et le raisonnable et donc entre conscience morale personnelle et morale collective (lorsqu’elles sont en conflit). Chaque individu qui compose une société doit donc considérer l’autre, soi-même, et la communauté comme trois entités à élever au même stade priorité pour ne pas sombrer dans l’égoïsme ou au contraire, dans une « identité individuelle communautaire ».  
Cependant, quel que soit la direction que prend un individu, qu’il soit en conflit avec la société ou non il doit se considérer comme une entité et comme une sous-partie d’un ensemble plus grand. Et cette considération amène à accepter un certain nombre d’obligations créées par la société et donc des hommes. Ce sont les lois. Elles sont faites pour encadrer ou exclure ceux qui nuisent à la communauté par une considération trop importante de soi-même par rapport à autrui. Hegel dit dans Critiques esthétiques que l’homme considère son environnement pour le transformer et le considérer d’une façon qui lui est propre. Il prend l’exemple des transformations physiques : « c’est seulement chez un homme cultivé que la transformation physique […] procède d’une formation spirituelle ». L’homme peut donc considérer ou se considérer comme il l’entend de par sa conscience mais doit, dans une communauté, adhérer à des lois qui régissent et qui veillent au bon déroulement de la vie de ses belligérants. On en déduit donc que la liberté individuelle et donc la morale peut être partiellement inhibée pour permettre un développement plus complet de la liberté collective.

            La vie des hommes en société est régie par une morale commune, elle-même composée des différentes morales de ces belligérants et une acceptation au même rang de soi, de la société et de l’autre est donc primordiale pour le bon fonctionnement de la société. Cependant, on peut choisir de développer une conscience morale personnelle en dépit de la morale collective si l’on considère que celle-ci nous prive de liberté. Au contraire, on peut penser que le bon fonctionnement de la société n’est garantie que si l’individu ne se considère plus comme une partie de la société et qu’il laisse la morale commune prévaloir sur la sienne.   Nous pouvons nous demander si un individu doté de conscience, après avoir quitté la société pour conserver son unité pourrait s’isoler et renoncer au fondement de la conscience humaine : l’intéressement à l’autre.    

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Ahmed Gueye 14/12/2016 11:35

Vous êtes hyper extra ordinaire