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fredericgrolleau.com


Katherine Neville, Le Huit

Publié le 16 Juillet 2012, 10:32am

Catégories : #ROMANS

Une intrigue cosmopolite et érudite sur le pouvoir et l’art de pousser du bois.

 

 

Le joueur d’échecs (Stephan Sweig, Le Livre de poche, 1991), Le roman de Don Sandalio, joueur d’échecs (Miguel de Unamuno, Le Rocher, 1994), Le tableau du maître flamand (Arturo Pérez-Reverte, Le Livre de poche, 1994), L’échiquier du mal (Dan Simmons, Denoël, Folio-SF, 2000), Sherlock Holmes en échecs (Raymond Smullyan, Seuil, 2001) ou encore Echec et mat (Stephen Carter, Robert Laffont, 2003) : la liste n’est pas exhaustive ici des romans qui empruntent leur matière principale à l’art des échecs.

 

 

Il faut désomais ajouter à ces standards la somme de Katherine Neville, Le Huit, qui impressionne avec ce thriller historique qui mêle trois histoires et trois temps différents ayant pour dénominateur commun un singulier jeu d’échecs, aux pouvoirs suffisamment vastes pour déclencher depuis des lustres des complots et de assassinats sans nombre, de Charlemagne aux organismes paragouvernementaux de nos jours, en passant par Catherine de Russie, Voltaire, Marat, Talleyrand et Napoléon Bonaparte...

 

 

La romancière alterne avec talent et documentation maîtrisée des recherches menées pendant la révolution française autour de ce jeu autrefois entreposé par Charlemagne dans l’abbaye de Montglane et les déboires en 1972 de Catherine, liés aux même cases et qui vont entraîner l’héroïne qui travaille pour un important cabinet d’expertise comptable à retracer l’histoire du jeu de Montglane et ses interférences avec l’Histoire. Le mélange d’uchronie, de philosophie et de Graal réévalué à l’aune des échecs fonctionne à merveille, même si l’utilisation des adverbes et du pronom "on" est assez indigeste. Et le lecteur de suivre le coeur battant les aventures des religieuses de l’abbaye chargées par leur mère supérieure de disperser dans toute l’Europe d’alors les pièces du jeu afin qu’aucune âme malintentionnée ne s’en saisisse.

 

 

Voilà un idéal prétexte pour revisiter l’histoire et mettre en scène des personnages tels Robespierre, Euler ou Jean-Sébastien Bach dans une intrigue cosmopolite où le pouvoir et l’art de "pousser du bois" deviennent les deux axes d’un réflexion érudite sur la stratégie vitale inhérente à un jeu mis en abyme dans une folle course romanesque contre les temps et les autres.

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