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fredericgrolleau.com


Into the wild (exposé CPES)

Publié le 14 Décembre 2012, 10:03am

Catégories : #Philo & Cinéma

INTO THE WILD (Voyage au bout de la solitude)

exposé de mr Romero, CPES, 2012

 

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Into the Wild est un film du réalisateur américain Sean Penn, sorti en salle en 2007. Ce film est l’adaptation du roman Into the Wild de l’écrivain et alpiniste américain Jon Krakauer, publié en 1996. Ce film, tout comme le roman, est de genre biographique. Il est, en effet, basé sur l’histoire vraie du jeune étudiant américain Christopher Johnson McCandless (1968-1992).

 

Synopsis:

 Tout juste diplômé de l'université, Christopher McCandless, 22 ans, issu d’une famille aisée, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos à l'existence confortable et sans surprise qui l'attend, le jeune homme décide de prendre la route en laissant tout derrière lui. Des champs de blé du Dakota aux flots déchaînés du Colorado, en passant par les déserts de Californie, Christopher croise des hommes et des femmes qui façonnent sa vision de la vie. Ce retour à la nature prend la forme d’un périple en direction de la région américaine de l’Alaska. Le film se présente sous forme de flashbacks et se décompose en chapitres, chacun marquant le début d’une nouvelle étape dans la renaissance de Chris.

 

Quelles sont les raisons qui ont pu pousser un homme sur le point de réaliser le rêve américain de tout abandonner ?

Cette volonté peut s’expliquer par de nombreux facteurs:

-   La situation familiale en crise, due à un passé de violence et de mensonge.

-   Une société superflue qui ne correspond pas aux attentes de Chris, contrairement à ses parents, dont la condition sociale à laquelle ils appartiennent est source de fierté

-   L’influence de ses lectures personnelles ( Thoreau, London, Tolstoï ) qui mettent en scène des personnes fictives ou réelles vivants à l’écart de la société, dans un environnement naturellement propice au repos et à la réflexion intellectuelle.

-   Une quête de Vérité qui ne pourrait que s’assouvir dans la Nature.

 

Ce film, à travers le récit du voyage initiatique de Chris, soulève donc un des problèmes majeur de la philosophie , celui de la place de l’Homme entre Nature et Culture.

 Un retour à la Nature permettrait-il de parvenir à un épanouissement de soi plus authentique et plus sage qu’en société ?

Pour répondre à cette question nous analyserons dans un premier temps une critique de la société faite au travers une scène de déjeuner dans un restaurant, avant de poursuivre avec l’éloge de la nature lors d’une scène ou Chris profite d’un moment en pleine nature.Nous terminerons par la démystification de cette nature tout aussi hostile que la société humaine en analysant une scène de chasse.

 

I Critique de la société ( 16’10 -  19’35 )

Le début du film commence par l’arrivée de Chris en Alaska , un flashback remémore donc le début de l’histoire de Chris.  Cet extrait se situe suite à la première scène tournée en société : la cérémonie, à laquelle assiste la famille de Chris, de remise du diplôme de l'université d’Emory. Ils décident de fêter l'événement au restaurant .

 

 

 

A. Une uniformité sociale et l’absurdité législative:

citation :  Jean-Jacques Rousseau soutient que la civilisation entraîne avec elle un processus d’uniformisation : «il règne dans nos mœurs une vile et trompeuse uniformité, et tous les esprits semblent avoir été jetés dans un même moule» Jean-Jacques Rousseau, Discours sur les sciences et les arts .

Pour Durkheim: une société n’est pas une simple réunion d’individus: c’est un être à part entière exerçant sur l’individu une force contraignante et lui fournissant des «représentations collectives» orientant toute son existence.

Cette uniformité trouve ces origine dans la culture d’une société et est rendu possible grâce aux instances de socialisation( famille, cercle d’amis...) , et nous socialise toute notre vie. Quiconque se différencie des valeurs culturelles acquises se verra mis à l’écart ou incompris, ce qui fut le cas pour Chris dans un premier temps.

On nous présente une société bruyante dont la quiétude et le repos semblent dure à trouver: des gens qui hurlent en entrants dans un restaurant, c’est aussi l’image de la rapidité de la société où tout doit aller plus vite: ils entrent d’un pas rapide en ouvrant violemment la porte, ces personnes ne font preuve d’ aucun respect.

Par ailleurs on peut voir que Chris transgresse les lois déterminées par la société qui sont pour certaines absurdes, ce qui le conduit à délégitimer la société et ses contraignantes réglementations. ( sa soeur n’avait pas le droit de prendre le volant en dehors de son Etat d’origine bien qu’elle ai son permis et qu’elle soit accompagnée). Henri David Thoreau écrit dans les premières pages de la désobéissance civile la critique suivante du gouvernement : «Les gouvernements illustrent avec quel succès on peut brider les hommes». Il opère ainsi une généralité sur le mode d’action du gouvernement, à savoir le contrôle social. Le contrôle social exprimant l’idée d’une contrainte opérée par la société sur l’individu.

 

 

B. Critique de la société de consommation:

L’offre d’une voiture neuve à Chris pour fêter son obtention de diplôme et sa possible entrée à Harvard nous permet de constater cette critique : plutôt que de réagir de manière culturellement normale et de s’enthousiasmer à l’idée d’obtenir une nouvelle voiture ,Chris est en complet désarroi, surpris mais surtout révolté que l’on puisse vouloir considérer sa voiture comme obsolète ( Sa mère en parle comme d’un tas de féraille, un tas de boue) bien qu’elle fonctionne très bien, selon ses termes : «une nouvelle voiture ? qu’est-ce que j’en ferais ? la Datsun marche très bien, elle est super cette voiture. »

Par la critique de l’obsolescence des produits on assiste à une critique de la morale qui pousse les gens a consommer; une grande part certainement entrainés par leur désir mimétique.

Quelques secondes plus tard on en vient à la distinction entre besoin et envie induit par la question de la consommation. La volonté d’obtenir une même chose pourra être désignée comme envie ou besoin en fonction de l’idée que l’observateur se fait de la nécessité de posséder la chose pour la personne qui exprime cette volonté.

Dans le cas de cette scène on peut bien voir que pour Chris l’acquisition d’une nouvelle voiture ne rentre dans aucune de ces catégorie tandis que pour ces parents cela relève d’un besoin et même d’une nécessité : vous pensez vraiment que j’ai envie d’un paquebot ? Je n’ai aucune envie d’une voiture, aucun besoin d’une voiture, je n’ai besoin de rien. Pour Rousseau «l’impulsion au simple désir est esclavage; l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté» .

«Acheter, acheter, acheter, encore et toujours acheter ! » C’est phrase symbolise la critique du consumérisme, la répétition du verbe acheter insiste sur le caractère mécanique, frénétique, provoqué par l’achat dicté par de simples désirs qui se transforment finalement en besoins artificiels . Selon Schopenhauer la vie d’un être de désir est donc comme un pendule qui oscille entre la souffrance (désir insatisfait et sentiment de manque) et l’ennui ( désir provisoirement satisfait) et c’est la culture qui par différent moyens prône ce mode de vie que les membres de la société acceptent de suivre.Tout comme dans l’antiquité, l’expression latine «panem et circenses» du poète latin Juvénal semble toujours d’actualité dans nos sociétés. (Utilisée pour signifier la relation biaisée qui peut s'établir dans ces périodes de relâchement, ou de décadence entre : 1.une population qui peut se laisser aller, se satisfaire de pain et de jeux, c'est-à-dire de se contenter de se nourrir et de se divertir et ne plus se soucier d'enjeux plus exigeants ou à plus long terme concernant le destin de la vie individuelle ou collective.2.un pouvoir politique qui peut être tenté d'exploiter ces tendances «à la vie facile et heureuse»)

 

C. Une société fondé sur l’injustice ancrée dans la culture:

D’un coté on a une partie de la population qui s’en sort, celle qui profite et dépense sans forcément compter,  on peut y voir une critique de la

société où le paraître prime sur l'être, l’ éphémère matériel sur l’esprit perpétuel ,et dont le seul mérite est de se distinguer. Ceci est rendu possible non seulement par des usages visible culturellement enracinés dans la société tel que les habits, les marques, mais de manière plus subtile,par les comportements «incorporés» que chacun a acquis au cours de sa socialisation comme les manières, la façon de se tenir, de parler ...  Ce que Pierre Bourdieu appel le capital culturel ou (habitus) . Ceci n'empêche pas, voir même instaure un cadre dans lequel les personnes civilisés aiment à se comparer aussi bien entre même classe sociale qu’entre classe différentes . Cette place conquise grâce au pouvoir qu’à l’argent au sein de la société entraine la volonté d’être admiré, reconnu des autres, de se sentir fier, voir dominant économiquement.

Dans cet extrait nous pouvons constater dans un premier temps la fierté de la mère de Chris qui ne peut s'empêcher de le signaler à de parfait inconnus .Dans un second temps on peut relever l'intérêt porté par le père de Chris au sujet des jeunes arrivant en vacarme et vociférant dans le restaurant, en demandant à la servante s’il vont rester au bar, une barrière invisible semble donc séparer ces deux classes différentes fêtant d’une manière différente, dans deux instances de socialisation différentes, un même jour important. Or tout cela semble dépasser Chris pour qui ces valeurs culturelles d’une classe spécifique n’ont pas lieu d'être et sait pertinemment que ce point de vue n’est pas celui de toute les personnes de sa famille : tu m’a fichu une de ses frousses quand je t’es vu sauté sur l’estrade comme ça!» , «vous avez honte de ce que peuvent penser les voisins, peut-être ?!»

D’un autre coté,  conscient de sa condition privilégié,  et faisant acte de bonne foi, ses 24 500  d’économies seront reversées sous forme de don à OXFAM, une confédération d’organisations non-gouvernementales agissant contre la famine et la pauvreté dans le monde, dans la scène suivante. Cela sera pour lui un symbole de déculpabilisation et une manière de quitter la société de manière plus juste. L’absence de sens que la société procure à sa vie semble donc incapable de permettre à Chris de trouver la vérité, ou le sens de son existence. Pire, la société semble corrompre l’homme dans sa quête d’épanouissement authentique. La civilisation étant selon ses propres mots gravés sur l’écorce d’un arbre, en mai 1992, «empoisonnée».

 

Autres scènes:

- Scène où Chris travail dans un fast-food où l’on peut voir un enfant obèse et l'écriteau au dessus d’une poubelle: « It’ ok to waist fries »

-   Scène de nuit dans la ville où le réalisateur nous propose une vision très noir de la société «cachée», presque abandonnée, celle où les désirs des classes plus aisées sont pour eux des besoins de tout les jours.

 

II Eloge de la nature ( 1’‘01’35 - 1’’04’10 )

 

Auparavant Chris fît la rencontre avec Wayne un exploitant agricole qui par la même occasion refourguait des décodeur pirates. Chris lui fît part de sa volonté de quitter la société et du plaisir que cela lui procurerais de vivre dans la nature. Peut de temps après, Wayne est arrêté par les fédéraux . Cette scène témoigne de la concrétisation des attentes que Chris avait envers la nature .

Cette nature nous est présentée comme propice à l’épanouissement aussi bien intellectuellement qu’en terme de volonté de purification de toute idée culturelle ne correspondant pas à son idéalisme.

 

A. Un cadre idyllique d’épanouissement:

Comme l’on peut le voir dans cet extrait, dès sa prime jeunesse Chris était déjà attiré par l’aventure « il avait toujours été un aventurier », et il a voulu en faire sa raison de vivre et ainsi son mode de vie «car rien n'est plus dangereux pour l'esprit aventureux présent en l'Homme qu'un future tout tracé.» citation de Christopher Mccandless. Cette aventure le mène nécessairement dans la nature, que le film tout comme cet extrait montre comme idyllique par des cadrage cinématographique de grand angle renforçant cette idée transmise par le film d’immensité, d’étendue presque infinie, de vasteté de cette beauté naturelle , de ses animaux libres de clôtures ou de cordes, vivants dans leur milieu d’origine . Un milieu que l’on nous présente libre et dénué de toute souillure culturelle et épargné de toute intervention humaine, «d’une pure beauté trop délectable pour que j'y renonce» d’après les écrits de Chris. D’ailleurs dans une scène Chris à les larmes aux yeux en voyant un troupeau d’élans lorsqu’il se trouve en Alaska.

Cette immensité presque transcendante est la principale source du sentiment d’isolement qui né en l’homme . L’isolement étant la situation représentant par excellence l’indépendance. En effet, dans l’isolement, Chris semble ne dépendre que de lui-même. Dans l’isolement, personne ne vient nous empêcher de faire correspondre notre action à notre conscience.  Le regard critique d’autrui n’étant plus porté sur nous,  l’individu se sent plus libre de pouvoir agir bien qu’il ne soit en réalité que débarrassé des interdits qui limite l’individu au seuls actions culturellement acceptées.  Chris conçoit la notion de liberté comme l’indépendance vis-à-vis de toutes institutions susceptibles d’opérer des interférences sur ses possibilités d’actions.

Ce grand espace naturel lui permet de jouir d’une plus grande liberté mobile. La liberté est intrinsèquement liée, pour Chris, au mouvement. Chris en courant aux côtés des chevaux. exprimerait ainsi cette liberté animale et presque originelle. Sa liberté, est même comme il le grave dans l’écorce d’un arbre présent de le bus en Alaska le : «summum de la liberté» .

 

B. Une faculté de réflexion démultipliée:

On peut également constater que Chris consacre une partie de son temps libre à l’écriture et à la lecture , ici on peut voir qu’il écrit une lettre à Wayne sur le bonheur que semble lui procurer sa vie en pleine nature. Cela constitue pour lui l’exercice de sa pensée par ses nombreuses lectures qui lui sont permises par le repos que peut offrir l’atmosphère calme et tranquille de la nature et mène par la même occasion à l’exercice de la contemplation de la nature même qu’il respecte.Tout comme Henri David Thoreau le préconise "Je me suis rendu dans les bois parce je voulais vivre délibérément, ne faire face qu'aux faits essentiels de la vie".

Cela l'amène à définir ce qui pour lui semble être les conditions nécessaires au bonheur tout au long de son périple, tout en faisant face au faits essentiels de la vie pour reprendre les terme énoncés par Thoreau.

 

C.Une condition d’expression de la bonté de l’Homme dans la simplicité.

Le retour à la nature semble être, pour Chris, la condition d’expression de la bonté de l’homme. Pour Chris comme pour Rousseau, «l’homme est naturellement bon». comme on peut le voir dans l’extrait plutôt que de téléphoner à sa famille, il vient en aide a autrui qui est plus dans le besoin que lui, cela n’a peut être pas permis d’arranger les choses mais l’intention était bonne. Ce mode de vie en pleine nature, est donc présenté comme une possibilité de gain de bonté, de sagesse mais aussi de morale. Dans une autre scène on peut voir qu’il ne tueras pas un élan bien qu’il ait faim car l’animal est accompagné de sa mère.

 

Commentaire de l‘Émile ou de l’éducation (Rousseau 1762) fait par un Hors-série Le monde:

« L’homme de la nature est un homme heureux: il doit ce bonheur à la modicité de ses besoins aisément satisfaits par la nature. Être de pures sensations, qui ne connait pas l’abstraction de la pensée, ses désirs se limitent à ses besoins physiques: il vit donc content. Comme il ne reconnaît pas ses semblables et ne les rencontre que rarement, il n’est pas en guerre contre eux. C’est donc un état de paix que l’état de nature, contrairement à ce que prétendait Hobbes (1588-1679): ce dernier à en effet, aux yeux de Rousseau, confondu l’homme naturel avec l’homme «mal gouverné». Comment prend fin l’état de nature ? Ce n’est que par un funeste hasard qu’une société naissante va se former marquant le passage du nomadisme à une vie sédentaire. L’état de nature commence alors à se corrompre: «le tien» et «le mien» font leurs apparition, et avec la propriété, les inégalités et les rapports de domination. L’ homme entre ainsi dans l’histoire: sa «bonté originelle» laisse la place aux passions et aux vices engendrés par l’ordre civil. »

 

Une des remarque que l’on peut retenir sur les nombreuses qu’il a pu dire est celle-ci: «je m'amusais plus quand j'étais sans un sous» ce qui peut amener à vérifier pour le cas de Chris que le proverbe dont la première trace écrite revient à Pierre Choderlos de Laclos, officier militaire et écrivain amateur « l’argent ne fait pas le bonheur» se confirme littéralement. L’exemple de Chris démontre qu’une vie au sein de la nature vaut tout les plaisirs que la société est capable de nous offrir, et que cette fuite de l’argent permet non seulement d’être plus heureux, mais aussi de pouvoir apprécier ce que l’argent ne pourra jamais remplacer: la Nature (au sens philosophique du terme )et son atmosphère propice à la réflexion et à l'apprentissage . Cela permettrait d’atteindre ce que la doctrine épicurienne appel le plaisir pur, caractérisé par l'absence de toute souffrance et l’état de complète satisfaction, «la santé du corps, la tranquillité de âme sont la perfection de la vie heureuse» On peut parler en d’autre termes de l'accès a l’ataraxie.

 

III les limites de cette vision idéaliste ( 1’’21’25 - 1’’26’24 )

 

La scène antérieure en Alaska à celle-ci nous montrait Chris sur une montagne à demi enneigé sans doute en fin de saison hivernale. La scène que l’on vient de voir se déroule pendant le début de l’automne et au regard de la masse corporelle de Chris, on peut supposer qu’entre ces deux scènes la chasse fut loin d'être bonne.

 

A. La fin d’un idéalisme.

«C’est en effet la tâche principale de la culture, le véritable fondement de son existence que de nous défendre contre la nature» Freud, l’avenir d’une illusion, chapitre 3.

Cette scène marque un bouleversement aussi bien dans l’avancée du film que dans les sentiments du personnage principal. Elle symbolise une rupture violente entre l’idéalisme de Chris ,qui s’était jusqu’à maintenant réalisé de manière concrète et prévue, et son premier échec ,dont il ressort de cette expérience nouvelle qu’en homme changé, attristé, et coupable de l’acte qu’il a commis.  En effet l’idéalisme de Chris de se nourrir que de plantes et du produit de la chasse comme il le préconisait se retrouve ébranlé par les évènements dont nous sommes à présent les témoins.

On voit ici que l’état de nature comporte donc tout autant de lois que l’État social, bien qu’elles diffèrent quelque peu. Alors que les lois de l’État social sont réversibles et artificielles, au sens où elles sont inexistantes naturellement et produits par la création humaine, les lois de l’état de nature sont naturelles, impitoyables et inébranlables.

 

B. Similarités entre l’ Homme culturel et la nature primitive.

On peut également trouver des similarités entre la culture représenté par Chris et la nature représentée par les bêtes sauvages.

En effet on peut remarquer que le découpage de l’élan que Chris réalise est tout aussi sanglant que la manière dont les animaux en mangent le cadavre .

Lorsqu’il est question de survie, rien ne nous distingue des animaux sauvages si ce n’est notre apparence et la façon dont nous exerçons cette sauvagerie.

On peut voir dans ce passage le comportement violent de Chris, ses interjections pour le moins vulgaires, il est d’ailleurs en passe à une légère crise de folie lorsqu’il imite ses parents.

Il est enclin à la bestialité et à l'agressivité et ce n’est plus que les remords qui le ronges et le sentiment qu‘une «force qui n'est pas tendre pour l'homme» le dépasse ,qui témoignent de l’humanité dont il peut encore être capable. Bien qu’on ne puisse pas le voir dans cette scène, Chris perd peut à peut les bases culturelles qu’on lui à appris, la lecture se fait plus difficile, le langage devient plus dur à se rappeler et il butte sur les nombres.

Si «l'homme est un animal social» comme le préconise Aristote, que reste t-il d’homme dans ce corps lorsqu’il évolue en dehors de la société, de la civilisation, si ce n’est un animal en puissance ?

 

C.Une confrontation entre l’ homme et la nature.

On peut aussi voir dans cette scène une confrontation entre l’homme et la nature, une confrontation qui passe par la chasse symbolisé par le sang qui coule le long de ses bras qu’il tente désespérément d’essuyer, puis une confrontation avec les insectes qui lui pourrissent tout son travail, Chris s’écrie de manière exaspérée dans une autre scène : «Ils sont passés où tous ces putains d’animaux ? J’ai faim, j’ai faim ! ».

Ces vociférations témoigne non seulement de la bestialité qui semble l’envahir de plus en plus mais aussi la réalité que la vie sauvage qu’il idéalisait ne satisfait pas toujours les besoins naturels de l’Homme, alors que la vie civilisée exaspérait Chris par le fait que la société, dans sa volonté de sécurité, répondait trop facilement à ses besoins.

«On ne commande à la nature qu’en lui obéissant» Francis Bacon, cette phrase met en évidence que le pouvoir sur les choses vient de la connaissance du sujet. On ne peut obtenir ce que l’on veut de la nature en émettant seulement le souhait, il faut l'étudier, la comprendre pour pouvoir l'utiliser à ses fins. C’est paradoxalement ce qui a attiré Chris à rechercher au travers de la nature «le suprême combat qui anéantirait l'affreux imposteur qui vit en lui achevant ainsi sa révolution spirituelle» selon ses propres termes et ce qui lui fit

arriver la où il arriva. Car en fin de compte, les apparences trompeuses ne sont pas qu’un fait social, elles connaissent aussi une réalité naturelle. Lorsque Chris comprend qu’il a été pris au piège de la nature il est déjà trop tard...

 

Conclusion:

S’il peut être utile de retourner dans la nature pour se faire une critique plus neutre et moins biaisées par la société,  il est néanmoins fort probable que cette solution soit contesté à long terme puisque l’on voit que notre faculté de réflexion, notre esprit critique, ont été fondés sur des bases culturelles qui se perdent si elles sont moins sollicitées . Terminons avec la citation d’ Aristote que l’on à vu antérieurement : «l’homme est un animal social», c’est à dire, un Etre ayant besoin de vivre en société (initialement pour sa survie) et ayant besoin de la nature pour vivre.

Il s’agit de n’idéaliser ni les avantages de la nature, ni les lacunes de la société mais d’apprendre à composer avec l’une et l’autre en s’aidant des deux à la fois..

Le film témoigne donc sans illusion l’inadaptabilité de l’homme civilisé à la nature mais démontre aussi la fracture réelle entre nature et culture en dépit de l’idéalisme de Chris.

 

Notions clés:

 

Nature : Désigne au sens large ce qui existe indépendamment de l'action humaine, ce qui n'a pas été transformé. Naturel s'oppose alors à artificiel, ou culturel.

Aristote définit la nature comme ce qui possède en soi-même le principe de son propre mouvement, autrement dit comme ce qui possède une spontanéité autonome de développement.

 

Culture : Par opposition à la nature, la culture est l'ensemble cohérent des valeurs, normes, mœurs et connaissances qui caractérisent une société humaine.

C'est ce à quoi nous initie l'éducation, en tant qu'elle a pour but de nous ouvrir au monde humain. À rapprocher de la notion de civilisation.

 

Obsolescence: Vieillissement technologique d’un matériel obligeant à le remplacer par des technologies plus efficaces bien qu’il ne soit pas encore usé physiquement.

 

Besoin: Caractérise l’état de l’organisme lorsqu’il est privé de ce qui assure son fonctionnement.On oppose le besoin vital et sexuel au besoin «artificiels» crées par la société.Dans les deux cas le besoin trouve son assouvissement dans un objet qui lui préexiste et le complète.

 

Envie : Peut être définie comme la volonté de posséder sans nécessité et s’oppose alors au besoin. La volonté d’obtenir une même chose pourra être désignée comme envie ou besoin en fonction de l’idée que l’observateur se fait de la nécessité de posséder la chose pour la personne qui exprime cette volonté.

 

Consumérisme: Le terme consumérisme est parfois utilisé en sociologie ou dans le langage courant pour qualifier une idéologie économique où la consommation de biens et services dispose d'une place capitale dans la société.

 

Epanouissement :  Développement complet.

 

Ataraxie:  Tranquillité, impassibilité d'une âme devenue maîtresse d'elle-même au prix de la sagesse acquise soit par la modération dans la recherche des plaisirs (Épicurisme).

 

 

 

 

Bibliographie : Into the wild, Jon Krakauer

 

Filmographie: Into the wild 2008 , réalisateur: Sean Penn

 

Sitographie:
-allociné

- intellego

- videocritiques

 

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clement 29/11/2016 15:08

cool