Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

fredericgrolleau.com


Coffret collector Alien Quadrilogy 1

Publié le 16 Juillet 2012, 13:58pm

Catégories : #Philo & Cinéma

Retour sur la spacefresque Alien et le thème du délire technobioscientifique revu à l’aune du décryptage philosophique...

 

 

Alien Quadrilogy, Partie 1

 

 

Les synopsis

 

Alien 1 : Alien, le 8ème passager (1979)
Réalisateur : Ridley Scott
Avec : Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Yaphet Kotto, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton, John Hurt

Après une mission d’exploration dans la galaxie, le vaisseau Nostromo, gigantesque cargo spatial, est sur la route du retour vers la Terre. L’équipage se compose de cinq hommes et deux femmes. L’ordinateur de bord, « Maman », signale la présence d’une forme de vie indépendante sur une planète inconnue, arrête la trajectoire du vaisseau et réveille l’equipage placé en « hyper sommeil ». Les astronautes organisent alors une sortie et découvrent des oeufs d’aspect étrange. Le drame commence au cours du repas, lorsque l’un des monstres jaillit du thorax de l’un des hommes. L’ordinateur surnomme cette créature d’une intelligence hors du commun Alien... Après la mort de cinq membres de l’equipage, seule Ripley (Sigourney Weaver) paraît capable de se débarrasser du monstre.

 

 

 

  

 

  Alien 2 : Aliens, le retour (1986)
Réalisateur : James Cameron
Avec : Sigourney Weaver, Carrie Henn, Michael Biehn, Lance Henriksen, Paul Reiser, Bill Paxton

Après cinquante-sept ans de dérive dans l’espace, l’officier Helen Ripley, seule survivante du premier affrontement entre l’homme et l’alien ayant eu lieu sur le Nostromo destiné à l’exploration de la galaxie, revient sur Terre et témoigne de sa rencontre avec les Aliens sur une planète que tout le monde croit habitée par de paisibles colons. La Compagnie est en cours de plano-formage de la planète incriminée et ne veut pas tout abandonner sur les seules explications d’une malade de l’espace. En effet, LV-426 abrite une colonie comprenant une soixantaine de familles et personne n’a jamais eu vent d’une quelconque créature. Tous les scientifiques demeurent méfiants et incrédules jusqu’au moment où les communications avec la planète sont soudainement coupées.

 

Malgré les cauchemars qui la hantent, Ripley rejoint alors une équipe constituée d’un bataillon de marines surentraînés, d’un conseiller scientifique et d’un androïde. Leur but : enquêter sur la disparition du groupe des colons. Malheureusement, cette fois-ci, ce ne sera pas une créature qui les attend... mais des milliers ! Arrivés sur place, l’équipe doit faire face à la réalité : la planète est dévastée et les colons sont perdus. Ripley y retrouve seulement une petite fille, Rebecca « Newt » Jorden , seule rescapée des attaques des Aliens, ainsi que deux parasites isolés dans un laboratoire...

 

 

 

  

 

  Alien 3 (1992)
Réalisé par : David Fincher
Avec : Sigourney Weaver, Charles Dutton, Charles Dance, Paul McGann, Brian Glover, Ralph Brown, Daniel Webb, Christopher John Fields, Holt McCallany, Lance Henriksen, Christopher Fairbank, Carl Chase, Leon Herbert, Vincenzo Nicoli, Pete Postlethwaite

 

 

Fiorina 161 est une planète morte, qui ne sert plus qu’à abriter une poignée de détenus de droit commun très dangereux. Une vingtaine d’hommes y vit. Psychopathes, violeurs, assassins, infanticides, ce sont les plus dangereux détenus de droit commun de l’univers. C’est dans ce pénitencier désaffecté qu’échoue Ripley, unique survivante d’un carnage provoqué par les Aliens sur une lointaine planète. La Compagnie demande au directeur de ce centre de détention de prendre bien soin d’Ellen Ripley, une navette étant envoyée pour la ramener. Mais les accidents et les morts suspects de détenus se multiplient : rongée par l’angoisse de voir le danger réapparaître, elle ignore encore que l’Alien est en elle...

 

 

 

  

 

Alien 4 : La Résurrection (1997)
Réalisateur : Jean-Pierre Jeunet
Avec : Sigourney Weaver, Winona Ryder, Ron Perlman, Dominique Pinon, Michael Wincott, Dan Hedaya

Les scientifiques du vaisseau USM Auriga (dirigé par l’ordinateur Le Père) ont réussi à obtenir un clone de Ripley, morte à la fin de Alien 3, grâce à des éléments de son sang prélevé sur la planète Fiorina. Par là même ils arrivent à la faire accoucher de l’Alien en train de se développer en elle. Les chercheurs laissent Ripley en vie, malgré les conseils du chef de la junte militaire dirigeant l’opération qui a peur qu’elle ne continue d’exterminer les Aliens. Grâce à la « mère porteuse » issue de Ripley, ils espèrent pouvoir obtenir une multitude de créatures, « tueurs » efficaces qu’ils revendront à prix d’or. Mais la mère porteuse ne s’en laisse pas si facilement conter et parvient à s’échapper du laboratoire où elle était tenue prisonnière avec ses « petits ».

 

Bientôt, ils répandent ensemble la terreur sur le vaisseau. Seule Ripley, aidée par un groupe de mercenaires sans foi mais chevronnés, va tenter une fois de plus d’arrêter l’hémorragie et d’éliminer les monstres.

 

 

 

 

Introduction : Des limites techniques de l’être humain

 

Parler d’Alien, fresque cinématographique marquant nos consciences et notre imagination depuis maintenant plus de vingt ans, c’est immédiatement songer, modèle récurrent, à une créature répugnante qui traque un à un les membres d’un vaisseau spatial pour les éliminer. Une entité biologique irréductible contre laquelle la haute technologie des hommes s’avère impuissante. De la lutte à mort qui s’ensuit à chaque fois entre les forces en présence découle une interrogation légitime quant aux limites techniques de l’être humain face à une puissance qui le dépasse. Et, dans le même élan, une remise en cause du primat accordé tant à la science qu’au savoir afin d’améliorer l’existence des individus. Les pages qui suivent n’explorent pas la saga entière des Alien, mais seulement les épisodes (les volets I et IV) qui nous paraissent susceptibles de recevoir un sens philosophique. Un sens qui déborde la seule mise en scène à coup d’effets spéciaux du combat atavique entre l’homme et le monstre de l’espace.

 

 

 

 

En effet, c’est lorsque l’on réduit - ce qui est compréhensible mais pas le plus fécond - Alien I et Alien IV à un délire de science-fiction que l’on méconnaît une autre dimension du film. De manière plus fondamentale, « relire » ces deux éléments de la série revient à se demander la chose suivante : à quoi avons-nous bien affaire à chaque fois dans ces films ? La réponse est simple, mais c’est l’arbre qui cache la forêt : à une créature hybride et mystérieuse, aux étonnantes capacités d’adaptation qui détruit tout ce qui lui résiste sur son passage afin de se reproduire dans l’espace. Soit quelque chose qui est peut-être de l’ordre du vital, mais non du philosophique ! N’oublions pas toutefois les conditions dans lesquelles ce monstre se trouve approché par les hommes. Le contact entre l’entité E.T. et les spationautes s’établit la première fois lors d’une visite dans l’espace, la dernière fois au cours d’une expérimentation scientifique qui tourne mal.

 

 

À ce qu’il semble, c’est toujours en fonction des outils dont les voyageurs disposent qu’ils parviennent à rencontrer l’Alien : tout d’abord, la maîtrise de la technique du voyage dans l’espace, puis la possibilité de manipuler les cellules qui déclenchent le cataclysme. En ce sens, la créature resterait inconnue de l’homme si ce dernier n’abusait pas de son pouvoir d’investigation de l’univers tant physique que génétique.

 

 

1) Alien I et Alien IV, bastions d’une Technique dévoyée

 

Or, si Alien II est une suite fort réussie du film Alien, la préséance est donnée aux scènes d’actions, organisées autour d’une ultime confrontation des hommes et des créatures dans le nid même des Aliens. Énorme succès du box-office américain, James Cameron s’amusant à dessiner lui-même la reine des Aliens, ce film obtient deux oscars (celui des effets visuels et celui des effets sonores) sur les sept pour lesquels il est nominé. Mais le style - partant, le sens - a changé. L’action prend le devant sur la découverte de la créature et le réalisateur met en scène des Aliens qui se sont appropriés la base tandis que les « intrus » sont désormais les humains. Film sur la reconquête en milieu hostile, soit sur la même planète que le premier film, Alien II n’agite à aucun moment le ressort de la technologie démoniaque. Ce nouvel épisode (dont le slogan aux Etats-Unis était « This time it’s war », « Cette fois, c’est la guerre ») permet seulement de répondre à l’une des grandes questions : d’où viennent les oeufs Aliens ? Raison pour laquelle nous ne nous y attarderons pas.

 

 

 

 

De la même manière, on ne peut interroger dans cette optique critique le troisième volet de la saga, sans doute le plus noir et le plus proche de l’original de Scott, l’initiateur du succès. Si David Fincher y approfondit en effet la psychologie de Ripley, premier personnage féminin du cinéma fantastique doté d’une telle force, tant physique qu’intellectuelle, il en fait du même coup une passionaria messianique qui doit mourir à la fin du film pour porter secours à l’humanité - ce qui ne sera pas d’ailleurs sans nuire au succès international de la spacefresque Alien. Parce qu’il a voulu revenir au mystère d’une unique créature qui sèmerait la terreur comme dans le premier Alien, Fincher fait ainsi ressortir un concept étonnant dans un film de science-fiction : l’archaïsme. Non pas que la mise en scène de Alien III laisse à désirer, bien au contraire, mais elle est déjà la griffe d’un réalisateur qui se fera remarquer ensuite pour son univers bien particulier (voir The Game, Fight Club et Seven, où la lumière, tout en demi-teintes claustrophobiques, chromies et ambiances saumâtres, liquides et acides, joue là aussi un rôle de premier plan) et qui conçoit le nouveau souffle qu’il doit apporter à ce Léviathan de l’espace qu’est Alien sur le modèle exclusif d’un « film sur la rédemption, le sacrifice de soi pour la sauvegarde de l’humanité ».

 

 

D’où une ambiance trouble aux images aux tons métalliques ou ocres consacrant le retour à un âge barbare, sombre et organique, caractérisé par l’absence d’arme, de science-fiction clinquante et technologique. Tension sourde et angoisse à chaque détour de couloir sont donc bien présentes, de même qu’une des plus célèbres scènes de la série : la rencontre tout en sensualité de l’Alien et de Ripley (en mère porteuse) dans l’infirmerie du pénitencier. Fincher préfère cependant mettre l’accent dans ce microcosme, ce monde à l’envers, sur les « criminels » qui combattent aux côtés de Ripley, lesquels, malgré l’extradition de la société qu’ils ont subie, font encore état d’une part de bravoure et vont être amenés, au nom d’une « religion » de substitution, à se défendre sans arme ni technologie. Ici, une bande de criminels endurcis - qui a choisi la religion comme philosophie pour survivre à l’incarcération - se découvre face à la menace suprême des vertus positives et tente de gagner le pardon divin en combattant l’extra-terrestre. On sent plus d’une fois que ce thème intéresse Fincher davantage que celui de l’Alien, de la folie des savants et autres décideurs économiques. Ce n’est pas un hasard si le jeune réalisateur (28 ans à l’époque) a voulu à l’origine que le scénario soit bâti en cinq actes, correspondants, pour Ripley, aux cinq étapes de l’agonie telles que les définit la psychologue Elisabeth Kuebler-Ross : le refus, la colère, le marchandage, la dépression et enfin, l’acceptation.

 

 

 

 

La morale, pessimiste et fataliste, du dénouement de ce qui s’apparente de fait à une science-fiction gothique, quasi moyenâgeuse, vise à établir ce que Ripley, figure christique, vouée au martyre et enceinte de la bête, ressent dès le début : les scientifiques ne viennent pas pour les aider, mais uniquement pour leur profit. Les robots y sont dépeints comme la pire espèce puisqu’ils représentent l’esprit des chercheurs qui se servent d’un modèle similaire à Bishop pour convaincre l’héroïne d’obéir à leurs injonctions. Le climat, mystique, baroque, est inquiétant et la dimension humaniste de l’ensemble est saisissante, certes, mais Alien III, vision d’apocalypse tout feu, tout flammes, n’enfonce pas le clou du thème du délire technobioscientifique et il faudra attendre le dernier volet de la série pour que la boucle soit enfin bouclée.

 

 

A suivre : Alien Quadrilogy, Partie 2
Lire la Partie 3 du dossier Alien Quadrilogy

   
 

frederic grolleau

Coffret collector Alien Quadrilogy
Quatre films en édition spéciale 2-DVD, plus un neuvième DVD de bonus ! Au total, 8h29 de films en version director’s cut, 8h21 de commentaires audio, 13h07mn de documentaires, 15 mn de bonus cachés, des dizaines de galeries photos, bande-annonces et autres vidéos en tout genre (essais, etc.)

Genre : fantastique, thriller Editeur : Fox Pathé Europa Sortie : 3 décembre 2003 Prix : 79,99 euros

Le Coffret Alien Quadrilogy contient neuf dvd, deux par film, le second dvd de chaque film est consacré à la production et aux bonus spécifiques au film. Le neuvième dvd, entièrement rempli de bonus, offre notamment le dvd Alien Legacy, déjà présent dans le coffret Alien Saga, ainsi qu’un documentaire sorti aux Etats-Unis ces derniers mois. Ces deux derniers films sont en vost. Chaque film est homologué THX et proposé en Dolby Digital 5.1 français et anglais, avec un remixage DTS en Français. NB : pas de THX ni de VF DTS pour Alien 3, Fincher ayant toujours contesté la mainmise du studio sur son film... Chaque film est présenté dans sa version cinéma ainsi que dans sa version Director’s Cut, inédite pour Alien et Alien : Resurrection (huit minutes supplémentaires), et identique à celle que l’on connaît pour Aliens. A noter : Alien 3 comporte vingt-huit minutes supplémentaires qui n’ont pas été approuvées par Fincher... et la director’s cut du premier Alien est plus courte de trente-six secondes que la version cinéma, Ridley Scott ayant souhaité enlever certains plans de la version cinéma. Le second DVD de chaque film est divisé en trois parties : la première concerne la phase de pré-production du film (préparation), ensuite celle de production (tournage), puis celle de post-production (montage, son, musique, ...). La technologie « seamless branching » (option d’aiguillage automatique), disponible sur les quatre films, permet de visionner sur le même DVD la version cinéma et la version longue par un ajout simple et automatique des scènes coupées, les deux versions étant présentes sur le même disque.

 

Commenter cet article