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fredericgrolleau.com


"Batman (The dark night)" ou les limites de la morale

Publié le 13 Février 2014, 01:51am

Catégories : #Philo & Cinéma

Exposé par gabriel da costa, Saint-Cyr, TS2, 2013-2014
 
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On va parler du film Batman - the dark knight, et nous poser les questions suivantes :
La vérité apporte t elle le bien ?
Quelle est la puissance de la vérité ?
Quelles sont les limites de la morale ?
Pourquoi acceptons-nous une société corrompue tout en ayant peur d’en entendre parler ?
 
Pour cela je vais d’abord vous présenter un petit peu le film et ses personnages.
 On a :
Batman  le héros du film, il agit secrètement, son but est d’établir l’ordre dans l’ombre.
Bruce Wayne  il représente ceux qui s’investissent pour le bien d’une communauté mais sans se montrer, il fait des dons…
Alfred  Le majordome il est la raison, il va conseiller et servir à nous faire comprendre ce à quoi il veut que l’on réfléchisse, il nous aiguille.
Le commissaire Gordon  il est le parfait idéaliste.
Harvey Dent  il nous représente, ou plutôt ce que l'on on voudrait être, celui qui croit en ce qu’il fait, il se bat pour ses opinions et a confiance en la justice. Il représente la société telle qu’on voudrait qu’elle soit
La pègre représente un réseau mafieux, réunit toute la criminalité de la ville. C’est un poids pour la société mais possède des valeurs, des règles…
Le joker il représente l’anarchie, il est celui dont tout le monde a peur, il a une spécificité, c’est le seul du film qui va  toujours dire la vérité (sauf une fois, pour une raison bien particulière). Il n’a aucun principe.
 
Ce film traite les aspects de la société dans son ensemble, en particulier sur des biens matériels comme l’argent. La manipulation est aussi un axe central de l’intrigue, surtout du fait qu’un individu arrive à contrôler une population en se jouant des règles de la société, et en utilisant la peur et la vérité comme arme.
La pègre est très présente dans la vie économique et sociale et même si elle trouble l’ordre établi et gèêe la société, la pègre est une association qui a créé de nouvelles règles, qui pour un citoyen vont paraitre insensées et immorales, mais qui reposent sur l’intérêt, surtout financier.
Le Joker ne va pas s’attaquer à la société dès le début, même si son but est d’ébranler la société pour montrer les faiblesses du système, il va commencer par cambrioler une banque de la pègre. Cela peut paraitre bizarre car s'il vole des voleurs, on ne peut pas lui reprocher grand-chose, mais le fait qu’il déstabilise un ordre qui lui-même cherche à déstabiliser est illogique et nous montre le caractère très particulier du Joker, et on ne va pas le comprendre. C’est d’ailleurs expliqué à
5’’20 : la pègre avait de l’honneur, toi tu n’en a aucun -----ce qui ne nous tue pas nous rend simplement plus bizarre.  
On peut donc parler de principe antagoniste à la société de justice représentée par Dent et les citoyens, car les voleur volent des gens justes, mais pas d’autres voleurs. Ce que fait le Joker perturbe donc.
On va donc s’intéresser au comportement du Joker, qui va être le seul du film à n’avoir jamais peur, a dire toujours la vérité (sauf à une exception, que l’on détaillera après) et c’est le seul qui va rester toujours fidele à ses opinions.
Le Joker n’est pas à la recherche de l’intérêt, c’est d’ailleurs en partie pour cela qu’on ne va pas le comprendre. En effet, après avoir volé la pègre, il va ensuite se servir de la pègre, pour tenter d’éliminer Batman en demandant en échange la moitié de tout l’agent. Cependant, lorsque la pègre va tenir ses engagements et lui donner l’argent, il va le brûler. L’argent est le symbole de la société capitaliste américaine
Voir 98’’min, passage ou le Joker brule l’argent. 
 
 
 
Ce passage a d’ailleurs fait polémique et a failli être censuré dans bien des pays, et l’est en Chine car il montre une cruauté sans intérêt, et donc de l’immoralité pure, celle de voir le monde brûler et donc de vivre pour le chaos. C’est le majordome qui va nous apporter cette réflexion.
Voir 51’’45 histoire du voleur et des diamants. Ce que l’homme ne comprend pas, il en aura toujours peur. Cette phrase illustre très bien pourquoi le Joker a toujours une longueur d’avance sur les autres. On ne sait pas ce qu’il veut faire, pourquoi il le fait. Le Joker va même l’affirmer à plusieurs reprises, cf. la scène de l’hôpital où le Joker va parler à Harvey Dent. Mais je montrerai cette scène après car elle est surtout en lien avec la deuxième partie.  De même, lorsque le Joker dit que si Coleman Reese n’est pas mort dans 60 min, il fait exploser un hôpital. La logique va être alors de libérer tous les hôpitaux de la ville afin d’éviter le pire, et l’enjeu va être de tuer ou de protéger l’homme en question car tout le monde pense que cela arrangerait tout. Ils n’ont pas compris que le Joker se moque de la vie de mr. Reese et détourne l’intention afin de mieux accomplir ce qu’il a prévu. Le Joker sait que monsieur Reese vivra, c’est pourquoi lorsqu’il va faire explosé l’hôpital, il ne vérifiera pas si  Mr Reese est mort ou pas, ce n’est pas son projet.

On peut aussi montrer que le Joker est imprévisible dans le passage où il signale que le maire va se faire tué, tout le monde pense que la menace va venir d’une fenêtre. Mais elle va venir de la police même.
voir 59’’41, on voit le visage du joker sans son maque. Qui a tiré sur le maire ? Lorsque l’on regarde le film comme cela, on ne reconnait pas qui lui tire dessus. En effet, sans son maquillage, le Joker est un individu comme tous les autres. Lorsque le Joker dit qu’il va tuer le maire, on s’attend à voir un homme masqué faire quelque chose de spectaculaire. Mais non, il va surprendre tout le monde et créer une embrouille totale.
 
 
Maintenant, nous allons voir dans ce film, comment sont abordés les thèmes de la vérité, de la manipulation et de la violence psychologique au sein d’une société.
Nous allons nous appuyer sur 3 passages clefs du film, que nous allons étudier un par un.

Le premier est celui de l’interrogatoire entre Batman et le Joker. Dans cette scène, le Joker  affirme que Batman et le Joker se complètent car sont tous les deux voués à être rejetés de la société. Pour lui, la justice incarnée par ce mode de fonctionnement de la société est une illusion ; " une vaste blague" ; tant que Batman est utile il sera accepté, mais une fois qu’ils n’auront plus besoin de lui, ils le chasseront. Il a un aspect visionnaire et réaliste car à la fin du film, c’est ce qui arrivera.
Visionnage du passage Les paroles du     Joker sont plus blessantes que les coups de Batman, on est donc en plein exemple de violence psychologique.
 

Sa théorie qu’il expose se complète dans une deuxième partie, à l’hôpital.
Cette scène est un axe central du film car va confronter deux personnages aux idéaux antagonistes.  Voir 1’’43 min et 1’’45’’15, passage de l’hôpital. Le Joker cherche à manipuler Harvey Dent pour s’en faire un atout. En agissant ainsi, le Joker a un double but. D’une part, il veut prouver aux gens qu’une personne aussi juste que Dent peut très bien flancher et devenir un agent du chaos et ce par le biais de la folie. Sans doute cette folie était déjà en lui lorsqu’il était seul dans l’hôpital mais elle va exploser lorsque le Joker va le harceler sur sa vision des choses. Ainsi, si les gens voient que Harvey Dent a changé de camp, le symbole de la justice étant mis a bas, cela deviendra l’anarchie totale. D’autre part, le joker nous dévoile dans cette scène qui il est. Tout ce qu’il va dire dans cette scène est vrai et va montrer la puissance de cette vérité à travers le manipulation. Il montre que l’ordre établi ne tient qu’à un fil et qu’il suffit d’un rien pour le faire basculer. Et lui, il est la preuve de cette vérité, il dit « et moi j’annonce le chaos ».
De plus, il affirme que dans la société, tout  reste calme tant que tout reste normal, tout suit un plan, même si celui-ci est affreux. Il va prendre l’exemple du convoi qui devait escorter Harvey Dent en prison, il se fait attaquer, mais ce n’est pas le bazar, car c’était prévu. En revanche, lorsqu’il tire sur le maire, on voit très bien l'impuissance des gens et leur soumission car ils ne contrôlent plus rien, c’est l’anarchie.
 
On va aussi s’intéresser au personnage d’Harvey Ddans cette scène. Il est celui qui s’est  toujours battu pour la justice, il voulait se montrer impartial, c’est d’ailleurs le rôle de sa pièce qui est le symbole de son impartialité. Mais le Joker va lui montrer que la justice est corrompue, que tout le monde cherche un intérêt personnel dans tout ce qu’il fait. Donc Harvey ne pouvait pas être impartial et être ce qu’il voulait être. En revanche, le Joker va lui monter que dans le chaos, tout est impartial. Harvey Dent va donc trouver dans le chaos un idéal, ce pourquoi il s’est toujours battu.
 
La dernière scène est celle du bateau où, pour évacuer la ville, deux ferrys sont mis à disposition, un aux citoyens et le deuxième aux prisonniers pour les éloigner du Joker. Le Joker va tenter ce qu’il appelle une « expérience sociologique », c'est-à-dire qu’il va provoquer une panne générale des 2 bateaux et leur empêcher toute liaison avec l’extérieur. A chaque bateau il donne un détonateur qui fait exploser l’autre bateau. Si au bout d’une heure aucun des 2 bateaux n’a explosé, il fait exploser les deux. De même si une personne tente de s’échapper. Lorsque les occupants des 2 bateaux l’apprennent, c’est la pagaille. Dans le bateau avec les citoyens, un vote est fait et plus des 2 tiers des citoyens veulent faire exploser le bateau d’en face. Mais personne n’ose appuyer lui-même sur le détonateur. Chacun se dit qu’une autre personne le fera et que ce sera cette personne là qui sera coupable d’avoir fait exploser  l’autre bateau. Pourtant ils ont tous l’envie de le faire.
Dans le ferry avec les prisonniers, il n’y a pas de votes, les prisonniers se plaignent mais ne se révoltent pas. Dans les deux bateaux, un des occupants va prendre le détonateur, et on va voir des réactions qui peuvent paraitre étranges.
voir 2’’06 ‘’00 et 2’’06’’39 passages importants sur les bateaux.
La réaction du criminel est celle qu’aurait du avoir le citoyen ordinaire. On remarque aussi que le citoyen n’est pas sûr de ce qu’il fait, il n sait pas si ce qu’il fait est finalement bien ou mal, tandis que le criminel ne se pose pas la question, son choix est clair, et qu’on l’approuve ou non, c’est le seul qui a eu le courage de s’opposer au jeu du Joker. Ce n’est donc pas un homme bien ni un acte extraordinaire qui va causer la chute du Joker, mais c’est un prisonnier qui va relever la société et montrer au Joker qu’elle n’est pas comme il pensait qu’elle est.
 
Ainsi, on remarque que le Joker n’a pas totalement raison car la société peut tenir quand tout va mal, mais qu’elle repose sur des bases fragiles et qu’un moindre rien la fragilise, « La folie suit les lois de la gravité, il suffit de donner une petite pichenette » . En revanche, on est obligé d’admettre une certaine victoire du Joker car à la fin, lorsque Harvey Dent devient fou et veut se venger, le commissaire Gordon et Batman ont compris que la mémoire de Harvey ne doit pas être souillée par une vérité noire car la population doit continuer à penser que c’était un homme bien et qu’il fut l’exemple à suivre. Ainsi, Batman va endosser la peau du coupable afin de ne pas laisser une victoire au Joker.
Cette victoire sera néanmoins là dans Dark Knight Rises le troisième film, et lorsque la vérité éclatera, l’anarchie reviendra.

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