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Jeudi 25 mai 2006

 Scenario pour un livre illustré pour enfants, en cie du dessinateur jean-luc belin (fevrier 06, projet inabouti)

Les fabuleuses aventures de Gonzague Zig



1
Il a beaucoup de chance, Gonzague.
Car l'endroit où il vit est constamment bercé par les vagues.
Partout, des plages, des futaies, des oiseaux crieurs et un soleil resplendissant que rien ne semble pouvoir chagriner. Tel est Eloa.

Gonzague vit sur un île au milieu de nulle part, bordée par l'océan et la houle. Un espace presque sphérique que ne visitent que les rafales du vent. Parfois aussi la foudre et le tonnerre quand la tempête fait rage. La légende raconte que les premiers habitants qui échouèrent ici nommèrent l'ilôt en raison de l'écho qui leur revint quan, à peine, débarqués sur la grève, rescapés de l'Autonomos, un navire en perdition, ils criernt à tue-tête : Hello, y'a quelqu'un ? » Un son bref, seul, leur fut renvoyé en boomerang: « Eloaaaaa ».

2
Certains diraient que c'est un paradis, tout beau tout chaud. Un lieu de détente et de villégiature où il doit faire bon se reposer du bruit et de la fureur du monde. Mais voilà, Gonzague ne connaît rien du monde. C'est à peine d'ailleurs s'il sait ce que c'est le monde... Pour Gonzague ce paradis est bien plutôt un enfer.

3
Ce qui l'ennuie, Gonzague, c'est qu'une île, on en a vite fait le tour. Et qu'à force d'arpenter cette arène terreste, il sent quelque chose ne lui qui ne tourne pas rond. En vérité, il sufit d'être observateur pour s'en rendre comte : des faits bizarres ont souvent lieu à Eloa.
Par exemple, pourquoi les cimes de certains arbres, les faîtes des pitons rocheux les plus élevés, les chapeaux des montagnes les plus hautes, sont-ils coiffés par les carcasses de navires en grande partie dézingués, les Tôba, qui parfois s'effondrent à pic à grand renfort de vacarme métallique et de stridulences sylvestres ?
Il n'a pas beaucoup de chance, Gonzague. Parce que d'une telle île, nul ne s'échappe à tire-d'aile.

4
Autre inquiétude et non des moindres; où qu'il porte son regard, pourtant perçant, Gonzague n'aperçoit jamais autour delui que des individus qui lui ressemblent : personne de plus vieux, personne de différent sur Eloa, qui n'est remplie que d'enfants. Encore ceux-ci ne sont-ils pas tous sympahtique et Gonzague a appris à ses dépensce qu'il en côute de les approcher. Souvent il a reçu des projectiles, cailloux, bouts de bois, écorces urticantes, tandis qu'on l'agonisait d'injures et d'insultes. Ces cris-là font encore plus mal que les coups.
Gonzague le sait : par son aspect il est pareil qu'eux, mais il est radicalement différent dans sa tête. De fait, Gonzague n'est pas heureux et les autres, ceux de la Meute, proclament à qui veut l'entendre qu'il est un drôle de zig. Que fureter tout le temps à droite et à gauce, comme il le fait, en ne faisant même pas attention où on met les pieds – ce qu'ils moquent en appelant cela la « stratégie du Zig-Zag » – est une forme de folie. C'est ainsi. Qu'importe !

5
Cela étant dit, Gonzague a depuis belle lurette compris que son salut ne dépendait pas du regard des autres. C'est pourquoi il passe le plus clair de son temps à inpsecter l'île, la tête en l'air. Non pas parce qu'il est un grand étourdi mais parce qu'il cherche la raison de la présence des Tôba. Ceux de la Meute y voient des totems qu'il faut vénérer, à grand renfort de sacrifices et de prières votives, faute de punition suprême : ne pas honorer les Tôba à intervalles réguliers causerait ainsi les orages qui menacent Eloa...
Mais Gonzague croit qu'il y a là baleine sous rocher : pour lui, les Tôba et leur sinistres coques rouillées recouvertes par le lichen, sans parler de leurs matures dérisoires aux antennes obsolètes, sont l'arbre qui cachent la forêt. Et il est bien décidé, quoi qu'il en coûte, quitte à s'exclure encore davantage de la Meute, à percer ce secret. A pénétrer enfin dans la vraie forêt de symboles qui est la vérité des Tôba et de l'absence d'Anciens sur l'île balayée par les embruns.

6
Aujourd'hui est un grand jour. Gonzague Zig a quitté ce matin le centre d'Eloa, ce regroupement de masures insalubres, consituées de bric et de broc à partir de déchets rejetés par la mer et de tôles vétustes récupérées au pied des Tôba. Il a quitté la cité de Marek pour s'engouffrer dans les sentes obombrées des bois qui jouxtent la ville. C'est là, dans la Sylve, qu'il espère découvrir le mystère qui pèse sur Eloa. La clef de l'énigme de sa propre origine. Le trèsor insoupçonné que devaient sans doute convoiter tous les pilotes de ces vaisseaux décatis désormais échoués dans les arbres...
Pour la première fois, Gonzague va zigzaguer loin de Marek, ce qui est sa manière d'ex-sister.

frederic grolleau
To be continued...

par frederic grolleau publié dans : Nouvelles perso, poèmes & projets divers
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Samedi 13 mai 2006

Suite et fin de la nouvelle Sumo

Mais je ne suis pas au centre de ce rayonnement cette fois-ci. C’est Nicolas, qui est partout. Qui est nulle part. Tout individu dispose d’un potentiel de bonne fortune qui s’achève un jour ou l’autre  ; Nicolas a été mon catalyseur. Le mensonge de mon geste, je le sais, est la vérité de ma condition. Je suis né pour abolir les podiums indus.

De retour à Paris, il a fallu attendre trois semaines avant qu’un journal, Le Figaro je crois, ne soit le premier à diffuser un encart à la Une où il était question de l’inquiétude que causait chez ses proches et auprès des milieux autorisés la disparition de Nicolas Rey. Je n’ai pas l’impression que beaucoup d’autres media aient insisté cet été-là (ni les autres saisons qui ont suivi) sur l’inexplicable disparition d’un trentenaire aussi talentueux que ténébreux promis à une fulgurante carrière dans le milieu de la culture et des Lettres en France.
 
 La vie suivait son cours, l’indifférence reprenait ses droits. On parlait déjà pour la future rentrée d’un jeune homme, s’étant fait (re)connaître par des émissions littéraire sans précédent sur le web, comme du nouveau Pivot online…
 Dans une autre vie, je ne tuerais pas Nicolas Rey. J’ai trouvé la réponse que je cherchais  : accepter qu’il n’y en a aucune. Mieux, considérer que la question est un acte en soi qui à ce titre prime sur tout acte pour nous.
 Comme le disait, non sans philosophie hédoniste, mon oncle Roger, maçon vendéen hors pair qui n’était jamais revenu tout à fait équilibré de la guerre d’Algérie  :
«  Quand y a, y a  ; quand y a pas, y a pas  !  ».

frederic grolleau

copyright : www.fredericgrolleau.com & www.ecrivainsenligne.com

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