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Jeudi 18 septembre 2008 4 18 /09 /Sep /2008 18:31

Une Chinoise dans l’Empire du Milieu

Arrivé au cinquième tome de l’intégrale de la série Yoko Tsuno (qui rassemble les albums 16, 22 et 23, autrement dit Le dragon de Hong-Kong, La jonque céleste et La pagode des brumes), le choix qui a présidé au découpage thématique des aventures fait apparaître ses limites : si le regroupement précédent en fonction des voyages dans le temps, de l’Allemagne ou des pérégrinations spatiales ne posait pas de problème particulier aux aficionados tant le cru était goûtu, celui qui rassemble ici les albums où Yoko se promène en Chine paraît moins heureux. Les informations complémentaires qui jalonnent l’ouvrage restent toutefois des références, notamment pour qui veut mettre ses pas dans ceux de Leloup afin de comprendre les détails de tel visuel ou de compléter sa lecture par une anecdote savoureuse (on notera ici avec intérêt comment Leloup a conçu le nouveau personnage de Rosée du Matin).

Mais ces tribulations d’une Japonaise en Chine ne ressortissent pas hélas ! aux meilleures aventures de notre fameuse électronicienne nippone, d’où un album un peu lourd à digérer en définitive. En effet, qu’elle rencontre à Hong Kong des dragons hantant les eaux du port de Victoria, la délicieuse enfant Rosée du Matin (que Yoko adoptera puisque ses relations sentimentales et amoureuses sont inexistantes !) ou l’opiniâtre Sin Yi (troisième épouse d’un empereur Song âgé de 6 ans tout de même...), Yoko Tsuno prend visiblement plaisir à fouler le sol de l’Empire du Milieu - qui lui rappelle sa grand-mère chinoise - mais le lecteur un peu moins. On trouve pourtant dans ce symposium ce qui caractérise usuellement la série : créatures légendaires, voyages temporels, robots complexes et même complots de cours mais les adeptes de cette intégrale, qui sont surtout des nostalgiques de leur adolescence perdue où ils découvrirent l’heroïne de Leloup, attendront donc le prochain opus pour satisfaire leur appétit sur le plan de la forme comme du fond.

frédéric grolleau

     
 

Roger Leloup, Yoko Tsuno Intégrale - Tome 5 : "Sous le ciel de Chine", Dupuis, 2008, 164 p. - 16,00 €.

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Jeudi 21 août 2008 4 21 /08 /Août /2008 20:26

Un album prometteur sur les croyances celtiques et le mal-être de trois ados.

Aide-toi et...

Manu, Julie et Anna sont trois lycéennes qui décident de fuguer afin de rompre avec un entourage familial pesant : mais comme elles ne savent guère où aller au juste, leur choix se porte sur la vieille maison isolée dans les bois du grand-père de Manu. C’est dans la cave de cette demeure désaffectée où seuls d’atypiques voisins peuvent se rencontrer que Manu montre à ses camarades une colonne rituelle de pierre destinée permettre la communication avec les morts. Cette "porte au ciel" fascine les trois fugueuses, surnommées "les japonaises", qui y voient une échappatoire à leurs médiocres conditions de vie... et il y a accessoirement dans la cave de quoi arroser l’événement !

Si le thème, dramatique au possible, d’adolescentes en proie au mal-être socio-familial (et qui passent une bonne partie de leur temps à se chercher des noises) n’a hélas ! rien de bien novateur en soi, en revanche le traitement imposé par les auteurs est ici remarquable de sobriété et de réalisme. Les croyances celtiques en lesquelles viennent puiser les adolescentes éprouvées par les vicissitudes de leurs vies familiales respectives proposent ainsi un contrepoint parfait à de jeunes âmes à peine édifiées par les cours de philosophie qui leur sont distillés au lycée... mais qui se lancent nonobstant dans des conversations où l’attrait pour l’au-delà côtoie un cynisme du meilleur effet.


© 2008 E. Sicomoro, Makyo - Dupuis

Cela étant, on n’en saura pas plus dans cet album sur le mystère qui auréole la fameuse "porte au ciel", ce premier volet de la série insistant a priori sur la psychologie des personnages, avec notamment un curieux voisin dont la fille a disparu depuis plusieurs années et qui peint chaque année, en devoir de mémoire parental inédit, le portait censé correspondre aux traits évolutifs de son enfant... Si l’on ajoute que le graphisme emprunté à l’école italienne est fort maîtrisé dans le recours aux couleurs directes, en particulier dans le rendu des décors et du cadre rural bucolique, on arrive donc à l’idée que cet album est des plus prometteurs.

NB - Un beau tirage limité est disponible en librairie, avec un cahier supplémentaire de recherches graphiques et d’inédits, pour la somme de 18,00 €.

frédéric grolleau

     
 

Makyo (scénariste), Sicomoro (dessinateur), La Porte au Ciel - Tome 1, Dupuis coll. "Aire libre", mars 2008, 56 p. - 14,00 €.

 
     
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