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fredericgrolleau.com


Rennes 2 - cours 9 Initiation Philosophie & Cinéma 22 11 21

Publié le 14 Novembre 2021, 07:53am

Catégories : #université Rennes 2 - initiation philo & ciné

Rennes 2 - cours 9 Initiation Philosophie & Cinéma 22 11 21

NB : tous les extraits vidéo sont consultables sur  la chaîne youtube de F. Grolleau

Retour récapitulatif sur la séance 8

Analyse des 2 textes de Berkeley :

" Que ni nos pensées, ni nos passions, ni les idées formées par l'imagination n'existent hors de l'esprit, c'est que tout le monde accordera. Et il semble non moins évident que les diverses sensations ou idées imprimées sur le sens, de quelque manière qu'elles soient mélangées ou combinées ensemble (c'est-à-dire quels que soient les objets qu'elles composent) ne peuvent pas exister autrement que dans l'esprit de quelqu'un qui les perçoit. Je pense qu'une connaissance intuitive de cela peut être obtenue par quiconque prête attention à ce qu'on entend par le mot exister quand il s'applique aux choses sensibles. La table sur laquelle j'écris, je dis qu'elle existe : c'est-à-dire je la vois, je la sens ; et si j'étais hors de mon cabinet je dirais qu'elle existe, entendant par-là que si j'étais dans mon cabinet, je pourrais la percevoir, ou que quelque autre intelligence la perçoit effectivement. Il y avait une odeur, c'est-à-dire : elle était sentie ; il y avait un son: c'est-à-dire, il était entendu; une couleur ou une figure: elle était perçue par la vue ou le toucher. C'est tout ce que je peux comprendre par ces expressions et autres semblables. Car, quant à ce qu'on dit de l'existence absolue des choses non pensantes, sans aucune relation avec le fait qu'elles sont perçues, cela semble parfaitement inintelligible. Leur esse [= "être" en latin] est percipi [= "être perçu"], et il n'est pas possible qu'elles aient quelque existence en dehors des esprits ou choses pensantes qui les perçoivent."

Berkeley, Principes de la connaissance humaine (1710)

 

---> analyse de "esse est percipi"

---> voir l'exemple de la cerise dans Trois dialogues entre Hylas et Philonous, Troisième dialogue (1713).

Enrichissement de la problématique initiale :

- L'illusion est-elle à opposer au concept de réalité ? 

- L'esprit a-t-il accès aux choses ?

- Le souci du corps : en suis-je prisonnier ou m'appartient-il ?

- Qu'est-ce qui sépare le rêve de la réalité ?

---> Méthodologie de la dissertation : le travail sur les présupposés et les "ronds-carrés"

voir :
problématiser un sujet de dissertation, exemples

dissertation philosophique - méthodologie, avec plusieurs exemples

Penser hors du cadre : les présupposés dans les sujets de dissertation de philosophie

 

Voir le pouvoir de l'illusion chez Hergé

Pour une réflexion sur l'illusion, exercice sur Ready Player One (Spielberg, 2018)

---> présentation du film

---> analyse du générique
 

*voir la reprise de l'argument cartésien du rêve par C. Nolan dans Inception (2010)

Synopsis :
Dans un futur proche, l'armée américaine a développé ce qui est appelé le « rêve partagé », une méthode
permettant d'influencer l'inconscient d'une victime pendant qu'elle rêve. Des « extracteurs » s'immiscent alors dans ce rêve, qu'ils ont préalablement modelé et qu'ils peuvent contrôler, afin d'y voler des informations sensibles stockées dans le subconscient de la cible. C'est dans cette nouvelle technique que se sont lancés Dominic Cobb et sa femme, Mall. Ensemble, ils ont exploré les possibilités de cette technique et l'ont améliorée, leur permettant d'emboîter les rêves les uns dans les autres, accentuant la confusion et donc diminuant la méfiance de la victime. Mais l'implication du couple dans ce projet a été tel que Mall a un jour perdu le sens de la réalité ; pensant être en train de rêver, elle s'est suicidée, pensant alors revenir dans ce qu'elle croyait être sa réalité. Soupçonné de son meurtre, Cobb est contraint de fuir les États-Unis et d'abandonner leurs enfants à ses beaux-parents. Il se spécialise dans l'« extraction », en particulier dans le domaine de l'espionnage industriel ; mercenaire et voleur, il est embauché par des multinationales pour obtenir des informations de leurs concurrents commerciaux. 

Sur le sens positif de l'illusion selon Freud :

"Une illusion n'est pas la même chose qu'une erreur, une illusion n'est pas non plus nécessairement une erreur. L'opinion d'Aristote, d'après laquelle la vermine (1) serait engendrée par l'ordure (...) était une erreur (...), alors que c'était une illusion de la part de Christophe Colomb, quand il croyait avoir trouvé une nouvelle route maritime des Indes. La part de désir que comportait cette erreur est manifeste (...) Ce qui caractérise l'illusion, c'est d'être dérivée des désirs humains ; elle se rapproche par là de l'idée délirante en psychiatrie (...) L'idée délirante est essentiellement - nous soulignons ce caractère - en contradiction avec la réalité ; l'illusion n'est pas forcément fausse, c'est-à-dire irréalisable ou en contradiction avec la réalité. Une jeune fille de condition modeste peut par exemple se créer l'illusion qu'un prince va venir la chercher pour l'épouser. Or ceci est possible ; quelques cas de ce genre se sont réellement présentés. Que le Messie vienne et fonde un âge d'or, voilà qui est beaucoup moins vraisemblable : suivant l'attitude personnelle de celui qui est appelé à juger de cette croyance, il la classera parmi les illusions ou parmi les équivalents d'une idée délirante. (...) Ainsi nous appelons illusion une croyance quand, dans la motivation de celle-ci, la réalisation d'un désir est prévalente (2), et nous ne tenons pas compte, ce faisant, des rapports de cette croyance à la réalité, tout comme l'illusion elle-même renonce à être confirmée par le réel."

Sigmund Freud, L'Avenir d'une illusion (1927)

1.- Vermine : insectes parasites (poux, punaises)

2.- prévalente : principale

 

Notes des étudiant(e)s sur  cette séance :

XXX

 

Voir la séance 10

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