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fredericgrolleau.com


Analyse d'un photogramme final de "La Corde" (HLP)

Publié le 28 Novembre 2021, 16:03pm

Catégories : #Ateliers audiovisuels

Analyse d'un photogramme final de "La Corde" (HLP)
 
Analysez ce photogramme de La Corde à l'appui du cours HLP sur la parole.
 
Proposition de traitement par Monsieur Oskar Moyon, lycée Jean Macé de Rennes, 1ere HLP H12, novembre 2021.
 
Ce document est une photo extraite du film La Corde de Alfred Hitchcock. Film dans lequel Bernard et Philippe assassinent sauvagement l'innocent David Kentley. Ils vont inviter différentes personnes en lien avec le défunt afin de parachever leur meurtre, dont leur professeur de philosophie : Robert (présent sur cette photo). Nous sommes au moment où les meurtriers ont été démasqués par Robert, ils attendent la venue des forces de l'ordre prévenues par ce dernier.
On trouve Philippe, le plus réticent à l'idée de se meurtre, assis au piano, jouant le même air qui a accompagné la soirée. Bernard est debout se servant un verre d'alcool, comme dans une attente sereine de ce qui va lui arriver ou alors une inconscience de ce qui l'attend. Leur professeur est assis près du coffre ou repose le corps de David Kentley, une position où on ressent tout l'accablement, la responsabilité indirecte de ce meurtre. Il réalise l'ampleur que ses propos ont pris par rapport à la théorie du surhomme soutenue Nietzsche. Nous allons nous demander quel place prennent les livres dans ce film et l'interprétation de l'idéologie de Nietzsche. 
 
On constate la présence récurrente de livres tout au long de ce film. Ils sont également présents dans cette dernière séquence. La présence d'une bibliothèque très fournie nous rappelle la maxime de Victor Hugo : "Il y a des gens qui ont une bibliothèque comme les eunuques ont des harems". En effet, il dénonce les personnes qui s'attardent à la symbolique des livres : Je possède des livres donc je suis cultivé et supérieur. Philippe et Bernard en sont l'exemple parfait, ils se sont considérés comme supérieurs car ils avaient reçu une éducation et des livres. Or, ici ils ont adopté une posture d'érudits et de sophistes.
Ces livres, soi-disant détenteurs de la vérité, ont "commis" ce meurtre. Ils ont donné l'illusion aux meurtriers qu'ils savaient plus que les autres et qu'ils pouvaient se permettre d'assassiner un innocent sous prétexte qu'ils se considéraient supérieurs et qu'ils pouvaient décider qui étaient inférieurs. Ces livres les ont rapprochés de l'érudition, ils n'ont pas compris que ces ouvrages  n'étaient qu'une étape dans la quête de la vérité et non l'accomplissement. Ces trois personnages se sont arrêtés à leur symbolique.
 
Leur maître de philosophie a également fait un usage pernicieux de la parole et des livres. Ils s'est écarté de sa vocation et s'est comporté en sophiste. Cette érudition s'oppose à la vérité que ces personnages pensent détenir. Ils pensent être en possession du savoir car ils possèdent des livres. On nous montre la mauvaise interprétation de la théorie de Nietzsche qui ne visait pas une mise en action. Le philosophe joue en permanence avec l'éthique en opposition avec les sophistes. Contrairement aux sophistes (et donc à ces personnages), les philosophes ont conscience de leur manque de savoir et de leur quête perpétuelle de la vérité. Car oui, "tout ce que je sais c'est que je ne sais rien" nous disait Socrate, une phrase impensable pour les sophistes qui pensent tout savoir. 
Cela nous démontre bien que ces personnages s'arrêtent au contenant et non au contenu et que ces livres sont présents dans ce film pour souligner la posture sophiste de ces derniers. En pensant détenir la vérité, ils s'en sont éloignés.
 
 
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