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fredericgrolleau.com


HLP 1ère- L’Homme de Vitruve & le Doryphore (porte-lance) de Polyclète

Publié le 3 Mai 2021, 06:53am

Catégories : #HLP (Humanités Lettres Philo)

HLP 1ère- L’Homme de Vitruve & le Doryphore (porte-lance) de Polyclète

Représentations du Monde

L’abandon du géocentrisme n’a pas mené à l’abandon de l’anthropocentrisme. Avec la redécouverte de la culture antique à la Renaissance, l’homme est pensé comme une partie construite à l’image du tout.

Comparez les deux représentations de l’homme : le Doryphore de Polyclète (Ve siècle av. J.-C.) et L’homme de Vitruve de Léonard de Vinci (1452 – 1519).

L’abandon du géocentrisme n’a pas mené à l’abandon de l’anthropocentrisme. Avec la redécouverte de la culture antique à la Renaissance, l’homme est pensé comme une partie construite à l’image du tout.  Le cosmos, structuré et harmonieux, aurait un équivalent en l’homme. Léonard de Vinci dans un dessin célèbre, L’Homme de Vitruve, célèbre ces proportions parfaites à l’instar du Doryphore (porte-lance) de Polyclète, sculpteur grec de l’Antiquité.

Dans les deux cas, ces œuvres ne montrent pas l’homme tel qu’il est, mais tel qu’il peut être pensé. Par exemple, la hauteur du corps du Doryphore fait sept fois celle de la tête et celle du buste, trois fois. Léonard de Vinci trace l’homme tel qu’il a été pensé par Vitruve (architecte romain du Ier siècle av. J.-C.) dont le corps s’inscrit dans un cercle et un carré. Ce dessin illustre les proportions parfaites du corps humain selon Vitruve. Le nombril est le centre du cercle, les organes génitaux sont au centre du carré. Sous le dessin de l’homme de Vitruve, Léonard de Vinci précise les proportions très précises données par Vitruve. Voici la traduction du 1er paragraphe : « Quatre doigts font une paume, et quatre paumes font un pied, six paumes font un coude : quatre coudes font la hauteur d’un homme. Et quatre coudes font un double pas, et vingt-quatre paumes font un homme ; et il a utilisé ces mesures dans ses constructions. »

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L'homme de Vitruve est un texte illustré réalisé aux alentours de 1490 par Léonard de Vinci, durant la période ou de Vinci était au service du duc de Milan. C'est également pendant cette période que Léonard a peint La Céne sur un mur du couvent Santa Maria delle Grazie (Milan). L'homme de Vitruve est aujourd'hui visible à la  Gallerie dell'Accademia de Venise.

La technique utilisée est le dessin à la plume et au lavis et les dimensions de l’œuvre sont 34x24 cm. Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement de la Renaissance Italienne.

Sur l'illustration de l’œuvre on observe le croquis non coloré d'un homme nu aux cheveux longs, bras et jambes écartés. Le texte qui entoure le croquis est une citation de l’œuvre de Marcus Vitruvius Pollio, où Vitruve. Vitruve est un architecte romain qui vécu de -90 à -20 avant JC, il écrivit  à la fin de sa vie « De Architectura », une œuvre qui a inspiré le classicisme européen du 15ème siècle.

Voici des exemples de citations du texte nous donnant les proportions du corps humain :

4 doigts font une paume,

4 paumes un pied,

6 paumes une coudée,

4 coudées un double pas

24 paumes une longueur d’homme

 

les mesures de l'époques étant les suivantes :

Double pas = 150cm (env)

Pouce = 2,707cm

paume = 7,6cm

Palme = 12,4 cm

Empan = 20,08 cm

Pied = 32,48 cm

Coudée = 52,56 cm

Toise = 194,9 cm

L'homme de Vitruve (l'illustration du texte) ayant était dessiné celons les mesures de Vitruve représente donc « l'homme parfait » selon ce dernier.

Hdv nb d orHdv b uibi

On retrouve le nombre d'or un peut partout dans ce croquis, il est notamment présent dans le carré dans lequel est inscrit l’homme est un carré possédant pour mesure Phi/Phi. Nous remarquons également que les rapports traits bleu/traits rouge sont environ égales à 1,618 (φ). 
 

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Polyclète, sculpteur grec du premier classicisme ( v° siècle av. J.-C.), l'un des plus connus du monde antique)fut le premier à rédiger un traité sur son art : le Canon (Κανών/ Kanốn, littéralement la « règle »), et  à créer une œuvre, une statue, selon les principes de son discours, qui porte le nom de son ouvrage : le « Canon ».

Polyclète  a entrepris ainsi de démontrer, par une « statue dont toutes les parties seraient entre elles dans une proportion parfaite », quels sont les rapports de grandeur dans lesquels la nature a placé la perfection des formes humaines. La statue, exemple et modèle, est considérée comme un chef d’œuvre incontestable.

« Il réalisa aussi un enfant sous forme d'homme, le Doryphore, que les artistes appellent Canon, parce qu'ils y cherchent, comme dans une loi, les principes de leur art, et que seul parmi les hommes, il est considéré comme ayant réalisé l'art lui-même dans une œuvre d'art »  Pline l'Ancien (Histoire naturelle, XXXIV, 55)

Cette statue est identifiée par Pline et reconnu en 1863 dans une statue en marbre découverte à Pompéi. Le Canon  n'est pas seulement un guide pratique pour le sculpteur : Il montre que le corps humain est régi par les nombres et par la symétrie, comme le reste de la nature.

La beauté, ambition suprême de l’artiste est dépendante de “la symétrie de toutes les parties du corps, du rapport de ces parties entre elles et de chacune d’elles au tout” ( Galien). L’oracle de Delphes disait : “Le plus juste est le plus beau.”

Polyclète part du corps humain différencié en torse, membres  et parties de membres, puis il essaie d’établir comment ces parties se rapportent l’une à l’autre et toutes au tout. Les dimensions des figures sont toutes exprimées en fractions communes de la longueur totale.

«  Le Canon » ainsi défini, repose sur un ensemble de rapports numériques entre les différentes parties du corps … : La tête entre au total sept fois dans le corps, deux fois entre les genoux et les pieds, deux fois dans la largeur des épaules et deux fois dans la hauteur du torse. Le torse et les jambes ont la même hauteur, c'est-à-dire trois fois la hauteur de la tête ; le bassin et les cuisses mesurent respectivement les deux tiers du torse et des jambes.

Pour le visage  aussi :

Le visage grec est généralement ovale et effilé au menton. La caractéristique faciale grecque est une continuité entre le front et le nez. La bouche grecque classique possède une lèvre supérieure ondulée et une lèvre inférieure mince et roulée. Les lèvres peu plissées sont faiblement séparées pour montrer une animation. Le sillon labio-mentonnier est bien défini. Le réalisme anatomique et psychologique des portraits est un des traits les plus originaux de l’art grec.

 Notre connaissance du Canon reste pourtant incomplète car il est difficile de faire correspondre la terminologie anatomique des Grecs avec la nomenclature moderne, et en particulier parce que nous ignorons l'endroit exact où prendre les mesures.

Les Romains, ensuite ont utilisé relativement peu de points de mesure, ce qui a entraîné des variations non négligeables d'une copie à l'autre : des mesures ont par exemple mis en évidence des écarts moyens de 3% entre différents exemplaires de l’Apollon de Cassel, un type statuaire contemporain de Polyclète.

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