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fredericgrolleau.com


Descartes, le doute et la conscience (le cogito) & Sonny l'androïde ("I,Robot")

Publié le 22 Septembre 2020, 13:25pm

Catégories : #Philo & Cinéma

Descartes, le doute  et la conscience (le cogito) & Sonny l'androïde ("I,Robot")


 Avec Descartes, le "savoir vrai" et son instrument - la méthode du doute provisoire ou "hyperbolique" , soit le contraire du doute sceptique qui, lui, a tendance, sinon à être durable, tout du moins, à nier toute vérité -  doutent de tout ​​​​​​.

Illustration avec "Sonny l'androïde" du film I, Robot, avec Will Smith...

Vidéo suivie du texte de Descartes du Discours de la Méthode sur l'épreuve du cogito ergo sum, en latin, qui signifie "je pense, dons je suis", et ce que c'est que d'être "cartésien".

NB : Définition du scepticisme : doctrine selon laquelle l'homme ne pouvant atteindre la connaissance de la vérité, il est nécessaire de pratiquer en toute chose la « suspension du jugement » et d'ériger le doute en système. C'est-à-dire, suspendre sa décision de juger, donc de décider de suivre un avis arrêté sur quelque chose ou quelqu'un.
 

«          Je ne sais si je dois vous entretenir des premières méditations que j’y ai faites car elles sont si métaphysiques et si peu communes qu’elles ne seront peut-être pas au goût de tout le monde. Et toutefois, afin qu’on puisse juger si les fondements que j’ai pris sont assez fermes, je me trouve en quelque façon contraint d’en parler. J’avais dès longtemps[1] remarqué que, pour les mœurs , il est besoin quelquefois de suivre des opinions qu’on sait être fort incertaines, tout de même que si elles étaient indubitables , ainsi qu’il a été dit ci-dessus ; mais, pour ce qu’alors je désirais vaquer seulement à la recherche de la vérité, je pensai qu’il fallait que je fisse tout le contraire, et que je rejetasse, comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s’il ne resterait point, après cela, quelque chose en ma créance , qui fût entièrement indubitable. Ainsi, à cause que nos sens nous trompent quelquefois, je voulus supposer qu’il n’y avait aucune chose qui fût telle qu’ils nous la font imaginer. Et pour ce qu’il y a des hommes qui se méprennent en raisonnant, même touchant les plus simples matières de géométrie, et y font des paralogismes , jugeant que j’étais sujet à faillir, autant qu’aucun autre, je rejetai comme fausses toutes les raisons que j’avais prises auparavant pour démonstrations. Et enfin, considérant que toutes les mêmes pensées, que nous avons étant éveillés, nous peuvent aussi venir quand nous dormons, sans qu’il y en ait aucune, pour lors, qui soit vraie, je me résolus de feindre que toutes les choses qui m’étaient jamais entrées en l’esprit, n’étaient non plus vraies que les illusions de mes songes. Mais, aussitôt après, je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose. Et remarquant que cette vérité : je pense, donc je suis était si ferme et si assurée que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n’étaient pas capables de l’ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir, sans scrupule, pour le premier principe de la philosophie que je cherchais. »

                                                           DESCARTES, Discours de la Méthode, IVe partie.

 


[1] Autrement dit, depuis longtemps.


 

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