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fredericgrolleau.com


Atelier Désir ("Vertigo" / sujets dissertations + fiches)

Publié le 18 Décembre 2019, 04:20am

Catégories : #Ateliers audiovisuels

Atelier Désir ("Vertigo" / sujets dissertations + fiches)

A l'appui de l'analyse en lien ci-dessous de Vertigo, utiliser l'approche du désir proposée dans le film pour proposer un argument dans le cadre du traitement d'une des dissertations suivantes :

Quel est le véritable objet du désir ?
Le désir peut-il se satisfaire de la réalité ?
Est-il absurde de désirer l'impossible ?
Faut-il suivre ses désirs ?

Et croiser cet argument avec au moins :

- un autre emprunté à la figure de Don Juan ou à celle du Werther de Goethe

- un autre emprunté soit à la liste suivante soit aux fiches sur Platon et Spinoza

 

Sur cet exercice, voir cette proposition de traitement

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Analyse d'une séquence du film Vertigo (Sueurs froides en VF) réalisé par Alfred Hitchcock

Synopsis :

Scottie, inspecteur de police, a été limogé parce qu'il est sujet au vertige. Un de ses vieux amis le charge de surveiller sa très belle femme, Madeleine, dont le comportement étrange lui fait craindre qu'elle ne se suicide. Scottie la prend en filature, la sauve d'une noyade volontaire puis s'éprend d'elle. Cependant, en raison de sa peur du vide, il ne parvient pas à l'empêcher de se précipiter du haut d'un clocher.
 

Proposition de traitement par Mlle Claire SZYMCZYSZYN, élève de TES1, lycée Albert-Ier de Monaco, décembre 2019

"Le désir peut-il se satisfaire de la réalité ?"

Vertigo est un film de 1958 réalisé par Hitchcock. L’analyse de la scène étudiée présente Madeleine et John Scottie. Au début de la scène, les personnages aux caractéristiques différentes admettent une certaine attirance. John tombe sous le charme de Madeleine mais il ne l’a jamais rencontrée et il n’a jamais discuté avec elle.
Nous pouvons nous demander s’il tombe amoureux de l’image qu’il se fait d’elle ou bien de Madeleine ? Une distance sépare les individus. Dans un premier temps, on constate une distance physique qui entretient la fascination de cet homme. En effet, il tombe amoureux d’une idée, d’une image. Il l’imagine comme il voudrait qu’elle soit. La distance parait nécessaire pour l’existence de cet amour. Le désir amoureux de John Scottie anime sa dévouée pour la jeune femme.

Dans cet extrait, le désir semble contraire à la réalité. En effet, l’image idéalisée de la femme animée n’est pas l’image réelle. La distance alimente le désir. « Les opposés s’attirent » prend tout son sens ici, puisque John est un Américain banal, il est terre-à-terre ce qui ne l’empêche pas de tomber amoureux de l’icône magnifique qu’incarne Madeleine. Leurs désirs terrestres sont opposés, l’homme aime la vie, la femme veut la mort.
Le vertige est un thème récurrent pour Hitchcock. Ici, on peut supposer qu’il est symbole de trouble, de distance avec la réalité. En effet, John Scottie vivait de la passion amoureuse, il cherchait à satisfaire son désir en approchant la jeune femme. Leur rencontre inversée ne se fait pas dans les règles de l’art. Leur premier contact se fait à travers un geste physique. Alors que la femme ne connait pas l’identité de son amant, ce dernier l’approche très brutalement. Alors qu’il s’attendait à ce que l’achèvement de ce désir devienne plaisir, l’homme est surpris de ses propres sentiments. Le contact physique rompt le désir. La réalité est ici contraire à ses attentes.

Auparavant, son désir était entretenu car il voulait l’impossible. La chute dans l’eau est métaphore de la chute du désir. Cette chute permet de faire face à la réalité. Des éléments cinématographiques soulignent cette idée. En effet, les rôles vont s’échanger. En passant par le couleur des habits, jusqu’aux plans et aux cadrages, aucun détail n’est épargné. La distance physique caractérise une distance avec la réalité. Le plan en contre-plongée de Madeleine lorsqu’elle se trouve auprès du feu dans l'appartement de Scottie accentue l’idée que le désir de John a disparu puisque la femme est en bas de ses attentes (proche du sol).

Ce film basé sur la fascination alimente le désir des personnages. En accédant à la réalité, John brise le désir donc il brise son rêve. Comme l’explique Spinoza dans l’Ethique, le désir est l’essence de l’homme. C’est l’espoir d’obtenir cette femme qui fait rêver John. Enfin, John a peur du vide, en suivant l’idée que les vertiges sont un moyen de troubler la réalité. Tomber dans le vide serait pour lui un retour brutal à la réalité, ce qui met fin à ses désirs. 


 

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