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fredericgrolleau.com


Atelier : trouver les présupposés dans ces sujets sur la liberté (TSTMG)

Publié le 28 Novembre 2019, 16:24pm

Atelier :  trouver les présupposés dans ces sujets sur la liberté (TSTMG)
 
Exercices sur les présupposés
 
A partir de l'analyse méthodologique en classe de l'énoncé : "l'acte libre est-il un acte imprévisible ?", on arrive à la problématique suivante pour le sujet  :
Qu'est-ce qui nous garantit que l'homme est libre et non soumis ? A quoi reconnaît-on le critère d'un acte ? N'est-il pas inquiétant pour l'agent de ne pas savoir ce qui va se passer, d'être livré à l'inconnu ? Dans ces conditions, "l'acte libre est-il [oui ou non] un acte imprévisible ?"  
 
applications :
4 groupes, chacun traite son sujet

Choisit-on d’être libre ?

Il peut sembler que nous ayons le choix d’être libre puisque nous semblons pouvoir  choisir de ne pas être libre. Il semble possible de renoncer à sa liberté pour différentes raisons : pour garder sa vie sauve, sa sécurité ( il peut sembler que se soumettre à des lois pour sa sécurité – contrat de Hobbes- soit faire le choix de ne pas être libre),  pour bénéficier du confort d’être déresponsabilisé et de ne pas avoir à choisir. Mais ce choix présuppose la liberté, choisir de renoncer à sa liberté, c’est faire un choix et donc affirmer une dernière fois sa liberté, la servitude reste volontaire. Si on peut ne pas être libre sans l’avoir choisi comme l’animal ou le chou-fleur ( pris comme exemple par Sartre), on n’a pas le choix de ne pas être libre quand on est homme et donc libre. C’est la thèse paradoxale de Sartre, nous sommes « condamnés à être libre ». La liberté est ce qui nous « définit », ce qui fait que nous avons à nous définir. Donc si faire le choix de ne pas être libre, c’est encore faire un choix et affirmer sa liberté, alors on ne choisit pas d’être libre. Mais être libre, est-ce seulement être par essence libre ou est-ce avoir une existence libre ?

En effet , on peut penser que pour être de fait libre, il faut faire un travail de libération aussi bien à l’intérieur de soi ( lutte contre l’esclavage du désir, contre notre inconscient, le poids du « courant social » qui nous condamnent à l’hétéronomie, si nous = notre raison ou notre moi) qu’au dehors en mettant en place les conditions d’une existence libre ( la conquête de la liberté dans l’histoire par une lente prise de conscience que tout homme est libre – Hegel- ; le contrat de Rousseau, le citoyen actif qui ne laisse pas s’installer u pouvoir paternaliste – Tocqueville – « obéir en résistant, c’est tout le secret » Alain …). Donc on choisit d’être libre dans notre existence car ce travail de libération exige un engagement personnel, une décision de sortir du confort de la minorité pour assumer ses responsabilités et sa liberté. Mais a-t-on vraiment d’autres choix, et donc le choix de ne pas faire ce choix ?

On peut penser que le fait que « nous naissions libres et égaux en droits » nous contraint en un sens à travailler à faire en sorte que cette liberté soit reconnue et respecter ; on peut penser que l’on ne peut pas renoncer à sa liberté, car ce serait « renoncer à notre qualité d’homme », comme le souligne Rousseau ; que cette liberté, qui fait de nous des sujets ayant une valeur absolue et une dignité à respecter, nous oblige en retour. On ne peut pas ne pas faire ce travail de libération, on ne choisit pas d’être libre ( par essence) et d’avoir à conquérir cette liberté ( dans l’existence). Nous sommes libres, mais cette liberté est sans cesse à conquérir et préserver.

[A moins que cette conception de la liberté ne soit comme le suggère Russell après Nietzsche, qu’une conception de la liberté à l’avantage des faibles ou de ceux qui nous gouvernent. A moins que la liberté ne soit pas dans la maîtrise de soi, de nos désirs par notre raison ou même ne soit pas du tout. Dans ce cas, tout choix n’est qu’illusion de liberté et on ‘a pas le choix d’être libre puisque on n’a pas choisi de ne pas être libre.]

Ne pas s’engager est-ce rester libre ?

  Engagement: 1. mettre en gage, donner en gage ( pacte,contrat, promesse, enrôlement). Le gage, c’est soi, son existence, d’où engager soi 2. prendre parti ( dans une idée de combat) On peut ici penser à l’engagement de l’intellectuel qui quitte son poste de spectateur, en prenant conscience de son appartenance au monde et se mettant au service d’une cause: de solitaire, il devient solidaire. Montaigne « état où on est lié à quelques obligations » Mot d’articulation : liberté comme indépendance, absence de contraintes et limites ET liberté comme autonomie. Présupposés: on est libre avant de s’engager ou pas; on peut perdre sa liberté; on peut ne pas s’engager

 S’engager n’est-ce pas s’imposer des contraintes, contraires à la liberté ? Ne pas s’engager est-ce pour autant réellement conserver et affirmer sa liberté ? Et n’est-ce pas finalement cette capacité de s’engager qui est la marque de notre liberté, qui doit être conquise avant d’être conserver ?

 

  1. Définition de l’engagement et de la liberté comme indépendance.
  • s’engager, c’est d’abord choisir et choisir , c’est renoncer. Temps que je n’ai pas choisi, tout est possible.
  • S’engager, c’est faire un choix excluant d’autres choix: être libre c’est avoir tous les choix possibles et aucune contrainte.
  • s’engager, c’est promettre, s’ôter la liberté de revenir en arrière, de reprendre la parole donnée, de changer d’avis.
  • prendre un engagement, c’est hypothéquer l’avenir et ses choix futurs : Si le passé détermine notre présent, l’avenir lorsqu’il est déjà chargé de promesses et d’engagements le détermine aussi . Sur nos choix futurs pèsent des contraintes , des contraintes telles qu’elles entraînent une nécessité : je ne peux que faire tel choix(conditions du libre-arbitre selon Descartes) par « la mémoire de la volonté », comme le dit Nietzsche. Par exemple je me suis engagé à aller au cinéma avec un ami, je ne peux ne pas y aller ou aller au théâtre. Le futur est déjà prédéterminé, mes choix sont déjà déterminés : j’irai nécessairement au cinéma puisque je l’ai promis.

Donc si la liberté, c’est la contingence des choix , l’absence de contrainte, je perds ma liberté en m’engageant, je ne suis, semble-t-il, plus libre en m’engageant. Mais est-ce parce que je ne m’engage pas que je reste pour autant ma liberté et que j’affirme ma liberté?

 II. L’engagement ne s’oppose pas à la liberté qui est non indépendance mais autonomie

  • ne pas s’engager ce n’est pas être libre et l’indépendance est une liberté illusoire
  • il faudrait analyser les raisons de ce non-engagement, qui peuvent faire que ce non-engagement est aussi nécessaire que la nécessité qui découle de l’engagement : la peur, l’irrésolution, la lâcheté peuvent expliquer ce non- engagement. Je n’ai pas librement choisi de ne pas m’engager malgré l’illusion d’une délibération ou d’un choix de vie. L’indépendance est illusoire.
  • ne pas s’engager, c’est renoncer à prendre parti, choisir de ne pas choisir ou laisser le choix au hasard, c’est donc réduire sa liberté à son plus bas degré (la liberté d’’indifférence) ou ne pas en user, ce n’est en aucun cas la préserver
  • si je ne veux pas m’engager, en ne choisissant pas, je me mets dans une positon, où c’est les autres ou les évènements qui finiront par choisir à ma place ( danger du repli sur la sphère privée dénoncé par Tocqueville) , où en ne voulant pas me préoccuper de ce qui m’entoure, isolé dans mon moi, le monde pourrait venir perturber mon univers ( ne pas se préoccuper de ses droits, c’est risquer de les perdre) L’indépendance est impossible, on ne peut vivre seul , sans se préoccuper de ce qui nous entoure, on risque même de perdre des libertés.
  • s’engager c’est confirmer et conserver sa liberté comme autonomie:
  • s’engager est un choix réfléchi au départ , un choix réitéré dans le temps par fidélité à soi , à sa parole ou à ses valeurs (L’engagement est un choix non fait une fois pour toute mais un choix qu’on refait à chaque fois, alors qu’on pourrait ne pas le refaire dans l’absolu. )
  • si les contraintes liées à l’engagement sont acceptées et voulues, elles n’en sont plus ( Comme le dit Merleau-Ponty, « tout engagement est ambigu puisqu’il est à la fois l’affirmation et la restriction d’une liberté ; je m’engage à rendre ce service, cela veut dire à la fois que je pourrais ne pas le rendre mais que j’exclus cette possibilité ».) = autonomie= se donner à soi-même ses propres lois.
  • cette fidélité à soi présuppose une maîtrise de soi, et cette constance est ce qui différencie la volonté libre du caprice, je peux vouloir ce que je ne désire pas ou plus, je peux résister à toutes les inclinations, à toutes les influences, je peux continuer à vouloir (Maine de Biran et l’expérience de l’effort comme expérience de la liberté. Je soulève une chaise bras tendu ; bien vite, j’ai mal au bras et pourtant si je veux je peux continuer mon effort, ma volonté est supérieure à cette souffrance corporelle, je fais l’expérience de ma liberté.).? hétéronomie
  • L’engagement peut permettre la liberté: 

 « En particulier, même nos initiatives, même les situations que nous avons choisies nous portent, une fois assumées, comme par une grâce d’état. La généralité du « rôle » et de la situation vient au secours de la décision, et, dans cet échange entre la situation et celui qui l’assume, il est impossible de délimiter la « part de la situation » et la « part de la liberté ». On torture un homme pour le faire parler. S’il refuse de donner les noms et les adresses qu’on veut lui arracher, ce n’est pas par une décision solitaire et sans appuis ; il se sentait encore avec ses camarades, et, encore engagé dans la lutte commune, il était comme incapable de parler ; ou bien, depuis des mois ou des années, il a affronté en pensée cette épreuve et misé toute sa vie sur elle ; ou enfin, il veut prouver en la surmontant ce qu’il a toujours pensé et dit de la liberté. Ces motifs n’annulent pas la liberté, ils font du moins qu’elle ne soit pas sans étais dans l’être. »

 Maurice Merleau-Ponty Phénoménologie de la perception

  • Un engagement n’a de sens que s’il y a liberté . Là où il n’a que fidélité mécanique sans liberté, comme la fidélité de l’animal à son maître, il n’y a pas véritablement engagement. L’engagement présuppose la liberté sans quoi il n’a ni sens ni valeur.

Donc ce n’est parce qu’on refuse de s’engager qu’on est pour autant plus libre au moment du refus et après; et on peut même voir dans l’engagement et son respect, l’expression et le moyen de préserver sa liberté. D’ailleurs peut-on penser la liberté sans engagement? Peut-on ne pas être libre? Peut-on ne pas s’engager?

  • III.

     

  • on ne peut pas ne pas s’engager car on est « embarqué »(Pascal ), « jeté dans l’existence » ( Sartre) et donc engagé malgré nous et tenu de s’engager ou de se désengager. Mais ce désengager, c’est s’engager au sens de prendre parti. Par exemple, rester spectateur indifférent, c’est faire un déni du réel, se représenter le réel comme ne nous concernant pas, et donc interpréter ce réel. C’est faire un choix d’interprétation de la situation. Être courageux ou lâche, c’est s’engager.
  • C’est par nos choix et donc nos engagements que nous nous définissons et affirmons notre liberté ( idée de projet, « l’existence précède l’essence », Sartre) ainsi que nous mêmes.

 

Est-il nécessaire de pouvoir pour vouloir ?

I. ce qui est nécessaire c’est ce qui ne peut pas ne pas être ni être autrement, si on prend vouloir au sens de désirer, et si on interprète la question comme invitant à porter un jugement sur ce qui est, ce qui se fait, on ne peut que constater que non seulement on peut désirer des choses qui dépassent nos capacités ou même le possible ( désir d’immortalité, d’ubiquïté,…) car le désir se moque des moyens mais aussi que c’est même le propre du désir de tendre vers sinon l’impossible du moins le difficile, au regard du phénomène de cristallisation, du désir mimétique ( qui fait qu’on ne désire que si l’autre désire d’où une compétition et souvent une impossibilité de partager l’objet du désir), de l’objet réel mais masqué du désir (un désir d’être reconnu, désiré en tant que sujet par un sujet selon Hegel ou le fait d’être librement et nécessairement désiré selon Sartre ; l’absolu) ou de la nature même du désir qui est de ne pas se satisfaire de ce qui est , de ne pas se contenter du possible et peut-être même de ne pas souhaiter l’être ( ce qu’on désire, c’est désirer).

Mais dire cela, désirer et vouloir, ce n’est pas exactement la même chose. Vouloir présuppose certes le désir mais aussi son inhibition le temps de son examen. Vouloir, cela présuppose une conception d’un acte possible (proposé par le désir par exemple), une délibération où vont être pesés les raisons, les gains et les pertes, puis une décision et enfin une exécution. Si le désir ne regarde que les fins, la volonté, elle, regarde les fins et les moyens et décident des unes par rapport aux autres avec un souci de rationalité. Dès lors si on peut tout désir on ne peut tout vouloir. Peut-on vouloir ce dont on n’a pas les moyens ou qui pourrait nous nuire, être un mauvais calcul ?

 

II. si on prend la question comme nous invitant à penser dès lors ce qui doit être objet de notre volonté, on peut penser :

– qu’au plan de l’existence et du bien-être, si on ne veut pas souffrir, il est nécessaire de renoncer à nos désirs impossibles, ce qui revient à y renoncer pour se contenter de la satisfaction des besoins naturels et nécessaires ( Epicuriens), pour se contenter d’une volonté raisonnable se concentrant sur ce qui dépend de nous ( Stoïciens)

– qu’au plan de la raison, vouloir ce qui n’est pas possible, ce serait perdre son temps et son énergie donc un mauvais calcul, un manque de rationalité

Mais sur ce même plan, le rationnel n’est pas nécessairement le raisonnable ; être raisonnable, c’est être réaliste (”Le raisonnable est soumis à une sorte d’instinct de réalité” selon J. Guitton) et se garder  justement des excès de la rationalisation. “L’homme raisonnable est peut-être avant tout et fondamentalement celui qui perçoit les limites de la raison » selon  Gabriel Marcel dans Le déclin de la sagesse. Et être réaliste, c’est ici prendre en compte la réalité humaine : ce qui caractérise l’homme, c’est la perfectibilité, et le moteur de celle-ci est le désir de nier le donné, ne pas se contenter de ce qui est, c’est pourquoi le désir est aussi puissance. Dès lors s’en tenir au possible, n’est-ce pas déraisonnablement renoncer à ce qui fait l’humanité et se limiter ?

 

III. il n’est alors pas raisonnable de dire qu’il ne faut vouloir que dans les limites du possible :

– car c’est une volonté du non-encore possible mais pas impossible qui a permis justement permis de repousser les limites du possible, le progrès (on peut penser ici aux vertus de la passion selon Hegel, même si du point de vue moral elle est servitude et « maladie de l’âme »). Même vouloir l’impossible c’est ce qui permet de s’en approcher à défaut de l’atteindre, l’immortalité est impossible mais on peut augmenter la longévité en cherchant à la conquérir. Se contenter de ce qui est, de satisfaire les besoins, c’est renoncer à notre humanité et retourner à l’animalité.

– à vouloir que le possible, on se rend malheureux ( car toujours satisfait et désir qui reste en bas de l’échelle des beautés de Platon) et on n’est pas pour autant vertueux.

– car en morale, on peut penser soit que si tu peux, tu dois ou comme Kant que « Tu dois donc tu peux » : pour lui, le devoir ne s’impose pas en fonction de ce que l’homme peut ; c’est lui qui détermine ce que l’homme peut faire. C’est ce qu’il illustre dans ce texte : «  Supposons que quelqu’un affirme, en parlant de son penchant au plaisir, qu’il lui est tout à fait impossible d’y résister quand se présente l’objet aimé et l’occasion : si, devant la maison où il rencontre cette occasion, une potence était dressée pour l’y attacher aussitôt qu’il aurait satisfait sa passion, ne triompherait-il pas alors de son penchant ? On ne doit pas chercher longtemps ce qu’il répondrait. Mais demandez-lui si, dans le cas où son prince lui ordonnerait en le menaçant d’une mort immédiate, de porter un faux témoignage contre un honnête homme qu’il voudrait perdre sous un prétexte plausible, il tiendrait comme possible de vaincre son amour pour la vie, si grand qu’il puisse être. Il n’osera peut-être pas assurer qu’il le ferait ou qu’il ne le ferait pas, mais il accordera sans hésiter que cela lui est possible. Il juge donc qu’il peut faire une chose, parce qu’il a conscience qu’il doit (soll) la faire et il reconnaît ainsi en lui la liberté qui, sans la loi morale, lui serait restée inconnue » Critique de la raison pratique.(1788) Pour lui la liberté n’est pas un fait ( existence empirique soumis à des déterminismes) mais un postulat. Si je sais où est mon devoir, je sais aussi qu’il est possible de le remplir, même si de fait, c’est peut-être difficile voir impossible ; c’est ce qui expliquera ma culpabilité ou mon sens des responsabilités face au fait, et peut amener l’homme à faire des choses qu’on aurait jugé au regard des faits, de ce qu’il est de fait, impossible.

La morale comme le désir pousse l’homme à se dépasser et à repousser les limites du possible.

 

 

Puis-je être libre si les autres ne le sont pas ?

Quelques pistes sur ce sujet!

I.la non-liberté des autres n’est-elle pas la condition de ma liberté ?

-si ma liberté s’arrête là où commence celle des autres , si celle des autres ne commence pas, la mienne est sans limite,or on pense spontanément la liberté comme  « un droit illimité à tout ce qui tente l’homme est qu’il peut atteindre ». Les autres peuvent ne pas être libre en deux sens :

-soit ils n’ont pas de capacités ou moins de capacités que moi et dès lors leur faiblesse fait ma force et ma liberté

-soit ils n’ont pas de droits , dans ce cas c’est soit moi qui ait tous les droits ( chef, maître) soit j’ai plus de droits qu’eux sous la forme de privilèges ou d’une loi avantageuse et dès lors je suis d’autant plus libre qu’ils ne le sont pas.

Mais avant de faire, d’agir encore faut-il que je puisse décider librement de mes actes, ce qui présuppose la liberté de choix. A priori, les autres n’entrent pas sur ce point en compétition avec moi , car  cette liberté est intérieure. L’autre peut certes réduire , voir m’empêcher de choisir mais cela n’empêche pas que je puisse être libre d’accepter cette situation, de la choisir ( affirmation du libre-arbitre ou liberté comme acceptation de la nécessité) et s’il me laisse libre de choisir, car eux ne le sont pas,  cela n’implique pas pour autant que mes choix soient libres ( ils peuvent être déterminés, nécessaires : illusion du libre arbitre). Ma liberté de choix semble donc indépendante de la liberté des autres.

Donc il n’y aurait un rapport entre ma liberté et celles des autres qu’au plan de la liberté d’action , car apparement ma liberté de penser ne dépend pas non plus des autres. Mais tout ceci n’est-ce pas une vision erronée de la liberté ?

II.cette liberté au prix ou au mépris de celle des autres est-elle une réelle liberté ?

La liberté naturelle ou indépendance n’est qu’un esclavage du désir et la liberté c’est plutôt d ‘ « acquérir un pouvoir absolu sur ses passions », comme le dit Descartes.

La liberté politique dépend de celle des autres, car même si je suis le chef, je ne suis pas libre car argument précédent et mes privilèges sont provisoires, soumis au bon vouloir d’un maître. Or , l’avantage avec la loi, c’est qu’elle permet de se passer de maître (Rousseau) . Elle est la même pour tous, donc même si elle limite ma liberté , elle la garantit en même temps que celle des autres et même la fait, car si la loi est juste, elle est expression de la volonté générale, donc de la raison, or obéir à la raison, c’est obéir à soi-même dc être libre, par opposition à l’argument précédent.

De même pour la liberté de choix et de penser, si on part du principe que le choix libre est le choix éclairé par la connaissance , l’autre peut m’aider à augmenter celle-ci et pour la liberté de penser, on ne pense que mieux en commun comme l’a dit Kant. Donc la liberté des autres favorise ma liberté , a moins qu’on en reste à l’idée du I d’indépendance, mais dans ce cas la liberté des autres n’empêche pas la mienne.

Alors ne peut-on pas aller jusqu’à dire que la liberté des autres est la condition de ma propre liberté ?

III. ne peut-on pas n’être libre qu’au milieu d’hommes libres ?

« je ne suis vraiment libre que lorsque tous les autres humains qui m’entourent sont également libres. La liberté d’autrui loin d’être une limite ou négation de ma liberté en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation », selon Bakounine. Et , en effet, si tout le monde est libre cela signifie, que nous sommes sortis de l’Etat de nature et donc de l’illusion de la liberté naturelle, que nous vivons dans une société harmonieuse sans ou avec lois et que nous sommes tous guidés par notre raison, donc libre aussi dans nos choix et nos pensées.

Ceci est peut-être une illusion, mais alors il faut en conclure non pas que moi je reste libre, mais que si les autres ne le sont pas personne ne l’est , pas même moi.

 

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