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fredericgrolleau.com


Screamin' Jay Hawkins, "I put a spell on you" (1956)

Publié le 30 Octobre 2019, 17:07pm

Catégories : #Philo & musique

Screamin' Jay Hawkins, "I put a spell on you" (1956)

I put a spell on you

I put a spell on you
Je t'ai lancé un sort
'Cause you're mine
Parce que tu es mien
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You better stop the things you do
Tu ferais mieux d'arrêter ce que tu fais
I ain't lyin'
Je ne mens pas
I ain't lyin'
Je ne mens pas

You know I can't stand it
Tu sais que je ne peux pas le supporter
You're runnin' around
Tu cours à droite et à gauche
You know better daddy
Tu le sais mieux que papa
I can't stand it cause you put me down
Je ne peux pas le supporter parce que tu me démolis
Oh oh

I put a spell on you
Je t'ai jeté un sort
Because you're mine
Parce que tu es mien
Oh oh

You know I can't stand it
Tu sais que je ne peux pas le supporter
You're runnin' around
Tu cours à droite et à gauche
You know better daddy
Tu le sais mieux que papa
I can't stand it cause you put me down
Je ne peux pas le supporter parce que tu me démolis
Oh oh

I put a spell on you
Je t'ai jeté un sort
Because you're mine
Parce que tu es mien

You know I love you
Tu sais que je t'aime
I love you
Je t'aime
I love you
Je t'aime
I love you anyhow
Je t'aime de toute façon
And I don't care if you don't want me
Et je m'en fous si tu ne me veux pas
I'm yours right now
Je suis tienne à présent

I put a spell on you
Je t'ai jeté un sort
Because you're mine
Parce que tu es mien

Because you're mine
Parce que tu es mien
Because you're mine
Parce que tu es mien
Oooh yeah

 

I Put a Spell on You (litt. « je t'ai jeté un sort ») est une chanson de rhythm and blues de Screamin' Jay Hawkins, publiée en 1956 aux États-Unis par OKeh, un des labels de Columbia.

Dans un premier temps, cette chanson a dû être retirée du catalogue, sous la pression des radios et elle ne s'est jamais classée dans les hit-parades nationaux américains, y compris ceux de R'n'B. Cependant le magazine américain Rolling Stone l'a placée en 313e position dans sa sélection 2003 des 500 plus grandes chansons de tous les temps1, et 320e dans sa sélection de 2010.

À l'origine, elle devait être une simple ballade. La version la plus plausible des circonstances de l'enregistrement est que Screamin' Jay Hawkins était ivre lors de la session, son producteur ayant délibérément apporté les alcools dans le studio2,

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"I put a spell on you" signifie "j’te jette un sort", ça fait peur, mais c'est pour rire.

Screamin' Jay Hawkins, c'est le plus excentrique des chanteurs afro-américains. Il ne prend rien au sérieux, surtout pas la mort. Quand il fait son entrée sur scène, c'est caché dans un cercueil. A la main, une canne, surmontée d'une tête de squelette qu'il appelle « Mr. Henry », sur le dos une cape de Dracula. Et ses yeux ! Des yeux de loup-garou, menaçants, qui tournent au fond de leurs orbites.

Du grand spectacle, au goût parfois fort douteux comme le Constipation Blues de 1969 repris plus tard avec Serge Gainsbourg à la télé. Les borborygmes, reniflements et autres bruits de bouche : c'est la marque de fabrique de cet homme immense, dont la voix de baryton est à l'avenant.
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Comme Fred McNeil (pour Everybody's Talking) ou Percy Sledge (pour When A Man Loves A Woman), Screamin'Jay Hawkins restera aux yeux du grand public ce que les Américains appellent: «A one guy song». L'homme d'une seule chanson. En l'occurrence I Put A Spell On You, gravée en 1956, pour le compte du label Okeh, à la tête d'une poignée de musiciens (The Leroy Kirkland Orchestra) passablement imbibés.

Réduire la carrière du baryton de Cleveland, Ohio, à cette unique composition, même reprise par quantité d'admirateurs (mention spéciale à Nina Simone, au Alan Price Set, à Creedence Clearwater Revival), est à la fois flatteur et injuste. Flatteur, parce que, eu égard au retentissement planétaire de I Put A Spell On You («je te jette un sort»), cela équivaut, pour son créateur, à une presque canonisation. Injuste, parce l'oeuvre de Screamin'Jay Hawkins est considérable, alors que sa vie captivante, comme celle de tout blueseux qui se respecte, aurait pu faire l'objet d'un feuilleton de Michel Zevaco revu par Chester Himes.


Boxeur amateur. Orphelin élevé par une famille amérindienne (Blackfoot), pianiste autodidacte à six ans, boxeur amateur à quatorze, GI à seize (capturé dans le Pacifique, il sera torturé par les Japonais), champion d'Alaska catégorie poids moyens à vingt, Jalacy Hawkins, las de recevoir des gnons, s'est résolu, à partir de 1950, à taper sur les seuls claviers, au service de quelques colosses du saxophone jazzy tels Gene Ammons, Arnett Cobb, James Moody ou Illinois Jacquet.

Devenu bientôt Screamin'Jay («une nuit dans un boui-boui de Virginie, il y avait cette femme obèse, un vrai pachyderme, qui n'arrêtait pas de se trémousser en criant: «Scream baby, scream!»), il ne tarde pas à rejoindre les Rocking Highlanders du guitariste Tiny Grimes: «Pour trente dollars par semaine, je lui servais de majordome et de garde du corps. Et accessoirement de pianiste et de chanteur. Vêtu d'un kilt, avec deux boîtes de lait en guise de tétons, je reprenais Mama He Treats Your Daughter Mean, en essayant d'esquiver les canettes qui volaient. Un soir Ruth Brown est venue m'écouter. Après le show elle a déclaré à mon sujet: «Voilà bien la seule garce qui chante ma chanson mieux que moi».

Borborygmes.
Doté, on l'aura compris, d'une personnalité excentrique, Screamin'Jay Hawkins ne pouvait guère continuer à jouer les utilités dans les rangs d'une formation musicalement timorée à son goût. Pris en charge par le bluesman Wynonie Harris, qui l'emmène avec lui à New York City, il y enregistre, dans un état d'ébriété avancé, sa première version de I Put A Spell On You. En dépit d'un boycott radiophonique général (Hawkins se voyant reprocher l'abus de borborygmes «suggestifs» et «cannibales»), la chanson se vend à plus d'un million d'exemplaires et devient un classique de la rock music.

Deux mois plus tard, Screamin'Jay Hawkins, fort de son succès météorique, est à l'affiche de la Christmas Rock'n'roll Revue (The Moonglows, Shirley and Lee, The Cadillac"), animée, au Brooklyn Paramount Theater, par le dee-jay Alan Freed. Devant une audience abasourdie, Hawkins entame son show en jaillissant d'un cercueil entouré de flammes, drapé d'une cape de satin noir, tenant à la main un bâton surmonté d'une tête de mort aux yeux fluorescents.

Progressivement enrichie de clochettes, colifichets en osselets, serpents vivants, fumigènes et autres gris-gris vaudou, cette formule scénique restera celle de Screamin'Jay et influencera un grand nombre d'imitateurs plus ou moins déférents comme les Britanniques Screamin'Lord Sutch et Arthur Brown, les théoriciens funkoïdes Bootsy Collins et George Clinton, les free-jazzmen repentis de Dizzaz et les intégristes du Sun Ra Arkestra. Sans compter une kyrielle de hard-rockeux grandiloquents, à commencer par Kiss et, bien sûr, Alice Cooper.

Joyeux attirail. Un peu mis à l'index par le Flower Power, Screamin'Jay Hawkins (qui n'a pourtant cessé d'enregistrer d'excellentes plages comme Alligator Wine, Just Don't Care ou The Whammy) passe les sixties à courir les multiples festivals de rock'n roll revival (en Grande-Bretagne notamment), toujours flanqué de son joyeux attirail. Fidèle à son personnage, mi-Dracula, mi-loup -garou, il ne peut s'empêcher de saluer la fin de la décennie «Love and Peace» à sa manière en signant un perturbant Constipation Blues, prétexte, des années plus tard, à un duo télévisé proto South Park avec Serge Gainsbourg. «Cette chanson est une histoire vécue», expliquera-t-il à l'occasion «Jamais je n'avais été aussi constipé de ma vie. C'était épouvantable. J'en avais les larmes aux yeux. Alors comme il y avait ce rouleau de papier hygiénique dans les toilettes, j'ai pris un crayon et commencé à écrire dessus. Exactement ce que je ressentais. Chaque mouvement, chaque son, chaque douleur"»

Tournant intensivement dans les années 70 (il possédera même un temps son propre night-club à Hawaï), puis tombé un brin en désuétude, Screamin'Jay Hawkins effectue, en 1989, un come-back spectaculaire en réceptionniste pince-sans-rire du Mystery Train de Jim Jarmusch. «Screamin'Jay est un type incroyable» confie alors le cinéaste, il trimballe toujours un petit sac rempli de talismans avec lesquels il prédit l'avenir. Quand je l'ai rencontré, il vivait dans une caravane sans téléphone dans le New Jersey. Désormais, il habite une vraie maison à L.A.» Pas pour longtemps. En 1993, Hawkins abandonnait le soleil californien au profit de la grisaille de" Levallois-Perret, par «besoin d'humanité». Car le Mau Mau du rock aimait la France, et celle-ci le lui rendait bien.

Grand-guignol. Ainsi en mai 1998, l'Olympia était-il comble pour accueillir l'une de ses pittoresques prestations grand-guignolesques. La dernière. Victime d'une occlusion intestinale, à 70 ans, Screamin'Jay Hawkins est mort, ultime facétie, par où il a chanté

source : https://next.liberation.fr/culture/2000/02/14/screamin-et-chatiment-le-createur-fantasque-de-i-put-a-spell-on-you-est-mort-samedi-a-70-ans-screami_315611

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En 1956, Screamin’ Jay Hawkins est un jeune espoir du rythm’n’blues qui a déjà sortit 3 disques au succès assez confidentiel. Quand il rentre dans un studio new-yorkais loué par le producteur Arnold Maxin de la Columbia, c’est pour enregistrer une ballade. Quelques bouteilles plus tard, c’est un morceau brute d’énergie qui deviendra un standard du rock, un morceau d’anthologie qui a connu de très nombreuses reprises.


Entre-temps, le producteur, qui avait visiblement ressenti les paroles différemment, distribua aux musiciens (et au chanteur) quantités de boissons interdites à la vente aux mineurs (et à consommer avec modération) afin de « les motiver ». Cela libéra aussi les cordes vocales d’Hawkins, vu la rage qu’il met dans chacune des paroles, qu’il ponctue de grognements, de bruits indistincts, de ricanements démoniaques et autres onomatopées. Saxophone qui se paye un solo dantesque, batterie très sèche et propre à se faire sampler, la rythmique est elle aussi devenue mythique (elle sera omniprésente dans le film de Jim Jarmusch « Stranger than paradise« ). Le double sens des paroles est lui aussi un des points forts de la chanson mais l’interprétation pleine de bruit et de fureur de Screamin‘ lui donne un cachet unique, difficile à reproduire et qui vous prend aux tripes tout en vrillant les tympans. Le chant illustre l’amour fou, bestial, d’un homme prisonnier de ses sentiments et qui perd la raison. Il veut le contrôle sur cette femme alors qu’il perd le sien. Il finira logiquement par complètement partir en vrille.

Le disque sort et remporte un franc succès mais il est très vite censuré par les radios (on est alors aux débuts du rock avec Bill Haley et Elvis Presley, plus policés). C’est les différentes reprises faites quelques années plus tard par Nina Simone et surtout Creedance Clearwater Revival qui lui permettront de traverser les frontières et le temps avant de s’imposer comme une des plus grandes chansons de tous les temps. Plusieurs artistes en ont fait une version parmi lesquelles Joe Cocker, Jeff Beck (avec Joss Stone), Katie Melua, Marilyn Manson, She & Him, Ray Charles, The Kills, David Gilmour, Eric Clapton (avec BB King), Alan Price, Bonnie Tyler et j’en passe (plus de 200 en tout).

source : 
http://www.blog-zik.com/i-put-a-spell-on-you-de-screamin-jay-hawkins-lamour-sorcier

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