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fredericgrolleau.com


Comme une pierre qui… : “Like a rolling stone”

Publié le 13 Octobre 2019, 09:03am

Catégories : #Philo (Notions), #Philo & musique

Comme une pierre qui… : “Like a rolling stone”

La Comédie-Française se met à l’heure du rock. Marie Rémond et Sébastien Pouderoux, comédien au Français, ont eu l’ingénieuse idée de faire un spectacle sur la genèse d’une des chansons les plus connues de Bob Dylan : Like a rolling stone. Innovation, improvisation et accidents sont les ingrédients d’un événement artistique unique : une leçon magnifique.

L’histoire d’un accident génial

Au printemps 1965, de retour de sa tournée en Angleterre, Bob Dylan songe à arrêter sa carrière de chanteur. Like a rolling stone change le cours de sa vie. Ce long poème de vingt pages écrit avec une rage de révolté, qui ne ressemble à aucune chanson formatée, a été enregistré en juin 1965 avec des musiciens chevronnés, sans partition écrite, qui ne savaient pas exactement combien de temps durerait la chanson. Le rythme de valse à trois temps, les accompagnements à la guitare électrique, au piano, à la batterie et à l’orgue ont varié durant les deux douzaines de prises réalisées durant deux journées, Bob Dylan ne terminant qu’une seule prise qui se retrouvera gravée sur l’album Highway 61 Revisited.

Comme-une-pierre-qui---Rolling-stones---Comedie-francaiseNaissance d’une œuvre

Le spectacle de Marie Rémond et de Sébastien Pouderoux, qui interprète lui-même le chanteur, crinière noire bouclée et look sixties, est un formidable hommage à ce moment historique particulier dans l’histoire de la musique pop, et par là même un beau miroir de ce que peut être la recherche et les égarements qui aboutissent à la création artistique. Il s’inspire du livre de Greil Marcus intitulé Like a rolling stoneBob Dylan à la croisée des chemins dont l’épilogue raconte les deux journées d’enregistrement de la chanson culte. Nous sommes dans le studio avec les instruments et les bouteilles de bière, avec Tom Wilson (Gilles David), le producteur, qui va sérieusement perdre patience en suivant le cours erratique et incertain de l’enregistrement. Sont présents Al Kooper (Christophe Montenez), guitariste et organiste qui va s’immiscer dans le groupe par amour pour Dylan, en créant la partition d’orgue, le guitariste de blues Mike Bloomfield, que campe formidablement Stéphane Varupenne, chargé de faire le lien diplomatique entre Dylan, quasi-mutique, et les autres musiciens, le pianiste Paul Griffin (Hugues Duchêne) et le batteur Bobby Greg (Gabriel Tur), qui a notamment travaillé avec Simon and Garfunkel.  

Un cocktail scénique baroque

Les comédiens, tous très bons musiciens, campent parfaitement ces instants haletants ou lumineux de répétition autour d’un artiste poète qui accueille avec beaucoup d’ouverture les influences sonores différentes. Folk, pop, rock, blues viennent irriguer la chanson et le montage théâtral, basé sur le témoignage du livre. On suit Dylan face aux producteurs, impatients et mécontents, et aux journalistes ennuyés de ne pouvoir mettre l’artiste dans une case précise. Car cet unique enregistrement, capté comme par miracle durant ces deux journées, durait moitié plus de temps qu’un “single” ordinaire de 3 minutes. Atypique, trop long, obscur dans ce qu’il racontait, il ne rencontra le succès que lors d’un passage dans une boîte de nuit de New York où il enflamma les jeunes qui trouvèrent dans cette “diarrhée verbale” qui scrutait les névroses de l’Amérique avec cette rengaine musicale l’écho de leurs interrogations. Le public du Studio Théâtre est totalement conquis par la force théâtrale de ce court spectacle qui fait de nous des “rolling stones”, des pierres qui roulent en musique. 

helene kuttner

source :  https://www.artistikrezo.com/spectacle/comme-une-pierre-qui-r-like-a-rolling-stone.html

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Like a Rolling Stone est une chanson de Bob Dylan, apparaissant sur l'album Highway 61 Revisited (1965). Sa longueur (plus de six minutes), son style et ses arrangements en ont fait l'une des chansons de Dylan les plus célèbres et influentes. Le magazine Rolling Stone l'a nommée plus grande chanson de tous les temps, affirmant : « aucune autre chanson n'a jamais défié et transformé les codes commerciaux et les conventions artistiques de son époque aussi profondément2 ». Dans son discours de réception de Bob Dylan au Rock and Roll Hall of Fame, Bruce Springsteen se souviendra : « La première fois que j'ai entendu Bob Dylan, j'écoutais WMCA avec ma mère dans la voiture, et soudain il y a eu ce coup de caisse claire qui sonnait comme si quelqu'un avait donné un grand coup de pied dans la porte donnant sur votre esprit ».

Écriture
Au printemps 1965, alors qu'il venait de rentrer de sa tournée en Angleterre (évoquée dans le film Dont Look Back), Bob Dylan éprouva un vif dépit vis-à-vis des attentes du public, tout comme de la direction que prenait sa carrière. L'idée de quitter définitivement la scène commençait à faire du chemin dans son esprit. Dans un entretien accordé à Playboy en 1966, il explique sa frustration : « Le printemps dernier, j'étais sur le point d'arrêter de chanter. J'étais vraiment épuisé, tout allait mal, tout était monotone et terne. [...] Mais Like a Rolling Stone a changé tout ça. Je me suis retrouvé, je pouvais enfin savoir qui j'étais au plus profond de moi. C'est usant d'entendre d'autres personnes vous dire qui vous êtes alors que dans le même temps, vous êtes incapable de faire de même, de savoir qui vous êtes vraiment. »3

À l'origine le texte de la chanson a jailli sous la forme d'un long poème2. En 1966, Dylan explique la genèse de Like a Rolling Stone au journaliste Jules Siegel :

« Le poème était long de dix pages. Il n'y avait pas de titre, juste des vers sur une feuille de papier à propos de ma haine incessante envers quelque chose de bien précis, c'était brutal. À la fin, ce n'était plus de la haine, ça disait aux gens quelque chose dont ils ne savaient rien, leur apprenant qu'ils avaient beaucoup de chance. Une revanche, plus précisément. Je ne pensais pas du tout en faire une chanson, jusqu'au jour où, je me suis retrouvé assis à mon piano, chantant à un rythme très lent “How does it feel?” au rythme le plus lent possible4. »

Au cours de l'année 1965, Dylan compose des poèmes en prose et en vers, et de nombreuses chansons, travaillant constamment sur sa machine à écrire. Des photos de Dylan au Savoy Hotel, à Londres, le montrent durant cette période et sont reprises dans le film Dont Look Back. Il explique aux deux journalistes venus l'interroger que Like a Rolling Stone n'était au départ qu'une « diarrhée littéraire » (de dix pages selon une version, vingt pages selon une autre) qui avait ensuite pris une tournure musicale5. Au cours d'une interview pour CBC Radio, à Montréal, Dylan décrira la création de cette chanson comme une avancée décisive, expliquant que la vision qu'il avait sur le sens de son travail avait été changée. Il ajoutera : « Je me suis retrouvé en train d'écrire ce long morceau de diarrhée littéraire, de 20 pages, et que de cela j'en ai tiré le titre Like a Rolling Stone. Je n'avais jamais composé quelque chose de semblable auparavant et tout à coup je me suis rendu compte que c'est cela que j'aurais dû faire dès le départ. [...] Après avoir écrit ça, je ne voulais plus écrire un roman ou une pièce. J'en avais bien assez, je voulais écrire des chansons. »6

Enregistrement
À l'origine, la chanson est composée à 3/4, mesure la rapprochant d'une valse, mais sera plus tard réécrite à 4/4. Dylan l'enregistre pour la première fois les 15 et 16 juin 1965, au cours de deux sessions produites par Tom Wilson ; parmi les musiciens se trouvent Mike Bloomfield, Al Kooper, Paul Griffin, Josef Mack et Bobby Gregg à la batterie. Paul Griffin, engagé pour jouer de l'orgue, passe au piano, et Kooper, guitariste, se retrouve derrière l'orgue Hammond. Wilson doutait des capacités de Kooper à jouer de cet instrument, mais finit par acquiescer. Durant l'enregistrement, Dylan demande à Wilson de relever le volume de l'orgue dans le mixage. À Wilson, qui répond : « Hé, ce mec n'est pas un joueur d'orgue », Dylan, agacé, dit : « Hé, pas la peine de me dire qui est un joueur d'orgue et qui ne l'est pas... Contente-toi de brancher l'orgue. »7 Kooper dira plus tard : « C'est à ce moment-là que je suis devenu joueur d'orgue ! »8. Sur les deux jours d'enregistrement, Dylan ne terminera qu'une seule prise sur deux douzaines de tentatives : c'est la version qui se trouve sur Highway 61 Revisited.

Sujet
Contrairement à la plupart des tubes de cette époque, les paroles de Like a Rolling Stone ne parlent pas d'amour mais expriment bien plutôt un ressentiment et un ardent désir de revanche9,10. L'auteur Oliver Trager décrit ces paroles comme évoquant « le sourire méprisant de Dylan adressé à une femme tombée en disgrâce, obligée de se débrouiller et de lutter dans un monde hostile et inconnu »10. Jusqu'à maintenant, la cible de cette chanson, Miss Lonely (« Mademoiselle Solitaire »), a toujours pris les chemins les plus faciles, est allée dans les meilleures écoles, connaissant des gens haut placés, a acquis une culture livresque qui permet de briller en société, mais dorénavant, sa situation étant devenue beaucoup plus pénible et précaire, elle n'a aucune expérience utile qui pourrait l'aider à se tirer d'affaire10. Les premières lignes de la chanson rappellent les conditions d'existence de Miss Lonely avant sa déchéance :
Malgré ces attaques au vitriol, cette chanson montre aussi une certaine forme de compassion pour Miss Lonely, ainsi que la joie et la liberté obtenues à la suite de la perte de tout ce qui la rattachait à son ancienne vie superficielle9, comme l'a interprété Jann Wenner – cofondateur du magazine Rolling Stone – avec cette reformulation : « Everything has been stripped away. You're on your own, you're free now. [...] You're so helpless and now you've got nothing left. And you're invisible—you've got no secrets—that's so liberating. You've nothing to fear anymore. »12. 
Les paroles de la chanson s'adressent à une jeune femme autrefois prospère qui est tombée dans la misère. Elle n'est pas nommée explicitement, et il existe beaucoup de spéculations à ce sujet. L'une des hypothèses les plus classiques se base sur Edie Sedgwick, une actrice et top model connue pour avoir travaillé avec Andy Warhol ; elle est souvent identifiée à des protagonistes d'autres chansons de Dylan de cette époque, notamment Just Like a Woman (parue sur Blonde on Blonde). Cependant, on pense généralement que Dylan ne rencontra Sedgwick qu'à la fin de l'année 1965, après l'enregistrement de Like a Rolling Stone13, quoiqu'une biographie de Sedgwick place leur première rencontre au Noël de l'année 1964, à Greenwich Village14. Joan Baez a également été envisagée comme une destinataire possible de la chanson8.

D'autres ont vu dans ces paroles un sens plus profond. Mike Marqusee a beaucoup écrit sur les déchirements de la vie de Dylan à l'époque, avec l'éloignement de son ancien public folk et ses positions clairement marquées à gauche. Il suggère que Like a Rolling Stone est auto-référentielle : « la chanson n'atteint son caractère le plus poignant que lorsqu'on réalise qu'elle se destine, au moins en partie, au chanteur lui-même : c'est lui qui est “sans maison” »15. Le documentaire de Martin Scorsese, No Direction Home, montre que Dylan semble avoir été très affecté par l'accueil tiède que lui faisait le public à l'époque.

Like a Rolling Stone est parue en 45 tours le 20 juillet 1965. En dépit de sa longueur – deux fois celle du maximum préconisé par les radios à l'époque – elle devint le plus grand succès de Dylan jusqu'alors8, restant dans les charts américains pendant trois mois et atteignant la deuxième place, derrière Help! des Beatles.

Sur le « vinyle promo » utilisé par les animateurs radios et les disc jockeys, la chanson était coupée en deux parties : la face A comportait les deux premières strophes ainsi que les deux premiers refrains, le reste de la chanson se trouvant sur la deuxième face. Les DJs qui voulaient passer la chanson en entier étaient donc obligés, en direct à la radio, de retourner le vinyle16,17. Alors que de nombreuses radios s'opposaient au fait de passer la chanson en entier, du fait de sa longueur, elles furent finalement obligées de se plier aux désirs des auditeurs et de la diffuser sans en couper la fin16,17. Cette anecdote contribua à la popularité de l'œuvre et l'aida à atteindre cette deuxième place dans les charts aux États-Unis, quelques semaines après sa sortie18 Pour atténuer les réticences, les premiers exemplaires du single mentionnaient une durée de 5 minutes et 59 secondes au lieu des 6 minutes et 9 secondes réelles19.

La chanson atteignit également le Top 10 de nombreux autres pays, parmi lesquels le Canada, l'Irlande, les Pays-Bas, et le Royaume-Uni20,21,22,23.

Dylan l'interpréta en public pour la première fois lors de son passage controversé au Newport Folk Festival, le 25 juillet 1965. Highway 61 Revisited parut à la fin du mois d'août, et dans la tournée qui s'ensuivit, Like a Rolling Stone conclut tous les concerts, à de rares exceptions près, jusqu'à la fin de sa tournée mondiale de 1966, ainsi que lors de sa reprise des concerts en 1974 avec The Band.

Elle est citée comme référence musicale par de très nombreux groupes qui la reprennent sur scène, notamment Jimi Hendrix, U2 ou encore les Rolling Stones (dont le nom est sans rapport, étant tiré d'une chanson de Muddy Waters).

La musique utilisée dans la chanson était révolutionnaire, combinant guitare électrique, orgue et la voix de Dylan, gouailleuse, cynique et acerbe34. Le critique Michael Gray décrit le titre comme « un amalgame chaotique de blues, d'impressionnisme, d'allégories et d'intense franchise dans le refrain »34. Le titre a eu une énorme influence sur la culture populaire et le rock.

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La musique utilisée dans la chanson était révolutionnaire, combinant guitare électrique, orgue et la voix de Dylan, gouailleuse, cynique et acerbe34. Le critique Michael Gray décrit le titre comme « un amalgame chaotique de blues, d'impressionnisme, d'allégories et d'intense franchise dans le refrain »34. Le titre a eu une énorme influence sur la culture populaire et le rock.
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Rarement naissance d’une chanson aura été aussi documentée. Il en reste des images, des versions provisoires, des transcriptions de discussions dans le studio d’enregistrement. On sait que la chanson est née en sol dièse sur un piano droit et qu’elle a fini en do dans le studio. Qu’elle fut d’abord jouée sur un rythme ternaire, avant de finir en 4/4, qu’elle a vraiment pris corps lorsque le guitariste Al Kooper s’est installé au clavier de l’orgue Hammond. Que ses premières interprétations sur scène - avec les autres chansons de l’album Highway 61 Revisited - ont fait crier au scandale : Dylan avait troqué la guitare sèche pour la guitare électrique, événement majeur. Qu’elle était bien trop longue (plus de six minutes) par rapport aux formats de l’époque. On sait tant de choses que le critique Greil Marcus a pu consacrer à cette chanson et à son auteur un livre de plus de 300 pages.

La génèse d'un morceau de légende
Dylan n'était pas disposé à se laisser enfermer dans le carcan du folk. La vague anglaise, l'énergie des Rolling Stones ou celles des groupes californiens interpellait le Picasso des émotions, de plus en plus attiré par une poésie plus fantastique et surréaliste. Après quatre albums réalisés avec pour seul accompagnement sa guitare et son harmonica, Bringin' all back home avait marqué un tournant, accueillant quelques morceaux électrifiés, tels le fameux Subterranean Homesick Blues. Celui par qui le scandale arrivait allait pousser l'expérience plus avant à l'occasion d'un extraordinaire album, peut-être son œuvre maîtresse, Highway 61 Revisited, dans laquelle figurait le dantesque Like a Rolling Stone.

Dylan était revenu lassé de sa tournée anglaise de 1965, au cours de laquelle il avait joué ses derniers concerts acoustiques. Il envisageait purement et simplement de jeter l'éponge et s'était retiré avec sa femme Sara dans une maison de Woodstock qu'il louait à la mère de Peter Yarrow. C'est dans un tel contexte qu'il avait écrit un long texte d’une dizaine de pages, qui allait devenir Like a Rolling Stone. Une allégorie amère, trempée dans l'absinthe, en forme de réquisitoire éhonté, blâmant la chute vertigineuse d'une fille qui avait connu la richesse…


Il fut un temps où tu t'habillais si bien
Tu jetais dix cents au mendiants, pas vrai ?
Les gens appelaient pour dire ‘gaffe, poupée, tu vas trébucher’
Tu pensais qu'ils te faisaient marcher
(…)
Et de continuer en clamant que la jolie pimbêche n’était plus si fière maintenant, sans logis, inconnue de tous, like a rolling stone, à la manière d'une pierre qui roule…

D'autres passages paraissaient indiquer que le narrateur ciblait une personnalité particulière, au parcours chaotique :
Tu passais ton temps sur le cheval de chrome avec ton diplomate
Qui portait sur son épaule un chat siamois
Comme ce fut dur lorsque tu as découvert
Qu'il n'était pas vraiment là où cela se passe
Une fois qu'il t'eut pris tout ce qu'il pouvait piller
Dylan n'avait pas forcément prévu de mettre ces vers en musique. Mais un jour, alors qu'il se trouvait au piano, il s'était surpris à chanter How does it feel ?… Like a Rolling Stone naquit ainsi sur le clavier avant d'être transposé à la guitare.

Rarement une chanson n'avait accueilli une prose aussi forte, aussi acerbe et fleurie. Qui avait bien pu inspirer une telle diatribe à Bobby ? Certains ont prétendu qu'il pouvait s'agir de son ex-compagne Joan Baez, qu'il venait de larguer. Mais selon la chanteuse folk, la cible aurait été le musicien et poète Bob Neuwirth, longtemps son proche confident. D’autres ont voulu y reconnaître le top model Edie Sedgwick, jadis la protégée de Andy Warhol — elle apparaissait dans son film Chelsea Girls. Intimement liée à la scène pop art des années 60, Sedgwick aurait été la compagne éphémère de Mick Jagger et de Lou Reed avant de mourir à l'âge de 28 ans. Or, Edie avait raconté que des junkies de la jet set, avaient dérobé tous ses bijoux et vêtements. Se pourrait-il que Dylan ait extrapolé le texte de Like a Rolling Stone à partir des frasques et mésaventures d'une telle figure de la scène pop-art ? L'intéressé n'a pas voulu confirmer mais a tout de même dit ceci :

Je n'ai jamais eu grand chose à voir avec Edie Sedgwick. J'ai lu ici et là que nous avions été en relation mais tout ce dont je me souviens, c'est qu'elle traînait alentour. C'était une chouette fille, passionnante et très enthousiaste. Elle gravitait autour de Andy Warhol et moi-même j'entrais et sortais de scène. Ma femme et moi vivions dans l'hôtel Chelsea vers 65 ou 66. Nous avions quitté l'hôtel un an avant la sortie du film Chelsea Girls. Pour le reste, je ne me rappelle pas avoir eu une relation particulière avec Edie.
D'autres inspirations ont été suggérées. En premier lieu, la chanson Rolling Stone du bluesman Muddy Waters. De plus, comme allait en témoigner le documentaire Don't look back, il était en train de chanter Lost Highway de Hank Williams les 3 et 4 mai 1965, quelques semaines avant d'écrire Like a rolling stone. Or cette country song démarrait par la phrase I'm a rolling stone. Le plus étonnant reste que Dylan ait déclaré qu'il avait eu l'idée du couplet en écoutant La Bamba, ce chant traditionnel mexicain rendu célèbre suite à son interprétation par Ritchie Valens !

Quoiqu’il en soit, cette chanson que Dylan avait composée au piano en une seule nuit lui a ouvert de nouveaux horizons. Les textes qu’ils va élaborer par la suite vont témoigner d'une nouvelle maturité, d'un horizon plus impressionniste. Pour mettre en scène ces extravagances, ni l'acoustique sobre des premiers albums, ni l'accompagnement rock ébauché sur des chansons telles que Subterranean Homesick Blues ne pouvaient convenir. Il fallait aller au-delà de telles normes, élaborer un nouveau décor.

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