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fredericgrolleau.com


"The Machinist" (Brad Anderson, 2003) ou les méandres de la folie

Publié le 13 Juin 2019, 09:42am

Catégories : #Philo & Cinéma

"The Machinist" (Brad Anderson, 2003) ou  les méandres de la folie
«Si t'étais plus maigre, tu pourrais pas vivre...»

The Machinist est un drame américain réalisé par Brad Anderson sorti en 2005. Dérangeant à souhait (un cran au dessus de Trainspotting, c'est dire !), on retiendra l'incroyable performance physique de Christian Bale qui a perdu 28 kg pour interpréter Trevor.
 

SYNOPSIS
Trevor Reznik travaille à la chaîne. Le reste de son temps, il le partage entre sa prostituée de confidente Stevie et Marie, la serveuse du bar de l'aéroport, qui est très intriguée par sa façon d'être. Et cela se comprend : Trevor est anorexique, mal dans sa peau, mais surtout insomniaque à un stade que l'on pourrait qualifier de morbide.
Mais à partir du jour où un accident grave se produit à l'usine par sa faute, le peu de raison qu'il lui restait encore éclate pour laisser place à la paranoïa et au sentiment d'oppression. Qui est ce mystérieux employé à l'américaine rouge ? Qui met ces post-it sur son frigo ? Il en veut au monde entier, et perd complètement le contrôle sur sa vie...

 

 

CRITIQUE

 

Une performance ahurissante de Christian Bale

Pour rentrer dans son personnage, l'acteur qui interprétera peu de temps plus tard un Batman puissant et athlétique s'est nourri uniquement d'une boîte de thon et d'une pomme par jour pendant trois mois, jusqu'à atteindre une maigreur morbide.
Il enchaînait les nuits blanches pour pouvoir rentrer dans la peau de Trevor... Et quelle claque !
Dès les premières minutes du film, un sentiment de malaise et de vulnérabilité nous envahit. Le squelettique Reznik est là, debout sur ses jambes chancelantes, avec un teint cadavérique et une détresse apparente. Le spectateur sait que, quoi que le film lui réserve, il ne sera jamais indifférent à la détresse du machiniste...
 

Un travail somptueux sur les lumières et les couleurs

Le jour, la nuit, Trevor a depuis longtemps oublié ce que cela signifiait. Après un an d'insomnie totale, la vie n'est plus qu'une succession de moments inconfortables et malsains, hors de toute notion du temps. Et cela est parfaitement rendu par la caméra de Brad Anderson ! Le jour est terne et incolore, la nuit est froide et oppressante. L'usine a des tons métalliques et contrastés. 
T.Reznik, tout comme le malheureux qui regarde ce film, est plongé dans un monde cauchemardesque, où tous les éléments les plus anodins prennent une apparence étrange.
Pas une seconde de répit ! Une simple ballade à la fête foraine, avec une jolie femme et son enfant, arrive à créer le malaise : musique inquiétante, tunnel sombre et ombres travaillées, lenteur, tout est fait pour ruiner la magie d'un moment qui se voulait agréable. La respiration s'accélère, la tension monte...
 

 

La solitude, l'oppression et la paranoïa 

Bienvenue dans les méandres de la folie. Trevor, à cause de son inhumaine privation de sommeil, perd toute notion de réalité. A la détresse physique s'ajoute bien vite la détresse psychologique , et enfin la détresse sociale. Rien ne lui est épargné.
Il n'est plus que l'ombre de lui-même, une silhouette rachitique dans un appartement rempli de post-it de plus en plus inquiétants, le rêve prend peu à peu le dessus sur la réalité.
Il perd peu à peu toutes ses attaches sociales, même Stevie commence à le trouver étrange, puis il y a ce chauve, toujours au mauvaise endroit au mauvais moment. Veut-il me tuer ?
Pourquoi personne d'autre ne semble reconnaître son existence ? J'ai compris, c'est un complot, et tous le monde est dedans... Je suis seul.
 

Un scénario intelligent, à interprétations multiples

L'oeuvre ne souffre d'aucun temps mort, chaque scène est occasion à descendre d'un cercle supplémentaire dans l'enfer "psycho-somato-social" de la vie de Trevor.
A la manière d'un Shutter Island, la question récurrente que vous vous poserez sera la part de folie et de réalité dans les différentes images que le film vous présentera / fera subir.
La fin est énigmatique et peut faire l'objet des théories les plus folles sur la nature de révélations qu'elle apporte. 
 
 

CONCLUSION
Bouleversant, déstabilisant et magnétique, les adjectifs ne manquent pas pour essayer de caractériser l'enfer dans lequel nous plonge ce film. Ce n'est pas un film agréable à regarder, ce n'est pas un divertissement : c'est une oeuvre d'art. Pour peu, la démence du personnage serait contagieuse...


L'Aigle-du-Caucase

source :  http://le-film-du-rasoir.blogspot.com/2014/03/the-machinist-critique.html#.XQIMOVUzaUk

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