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fredericgrolleau.com


Descartes, savoir marcher en forêt, "Discours de la méthode", 3ème partie

Publié le 10 Mai 2019, 02:18am

Catégories : #Philo (textes - corrigés)

Descartes, savoir marcher en forêt, "Discours de la méthode", 3ème partie

« Ma seconde maxime était d'être le plus ferme et le plus résolu en mes actions que je pourrais, et de ne suivre pas moins constamment les opinions les plus douteuses, lorsque je m'y serais une fois déterminé, que si elles eussent été très assurées. Imitant en ceci les voyageurs qui, se trouvant égarés en quelque forêt, ne doivent pas errer en tournoyant, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, ni encore moins s'arrêter en une place, mais marcher toujours le plus droit qu'ils peuvent vers un même côté, et ne le changer point pour de faibles raisons, encore que ce n'ait peut-être été au commencement que le hasard seul qui les ait déterminés à le choisir : car, par ce moyen, s'ils ne vont juste­ment où ils désirent, ils arriveront au moins à la fin quelque part, où vraisemblable­ment ils seront mieux que dans le milieu d'une forêt. Et ainsi, les actions de la vie ne souffrant souvent aucun délai, c'est une vérité très certaine que, lorsqu'il n'est pas en notre pouvoir de discerner les plus vraies opinions, nous devons suivre les plus probables; et même, qu'encore que nous ne remarquions point davantage de probabi­lité aux unes qu'aux autres, nous devons néanmoins nous déterminer à quelques-unes, et les considérer après, non plus comme douteuses, en tant qu'elles se rapportent à la pratique, mais comme très vraies et très certaines, à cause que la raison qui nous y a fait déterminer se trouve telle. Et ceci fut capable dès lors de me délivrer de tous les repentirs et les remords, qui ont coutume d'agiter les consciences de ces esprits faibles et chancelants, qui se laissent aller inconstamment : à pratiquer, comme bonnes, les choses qu'ils jugent après être mauvaises. 

 

Descartes, Discours de la méthode, 3ème partie, « Quelques règles de morale tirées de la méthode »

 

Introduction :

[Une façon possible de présenter le texte est de commencer directement par la problématique]

 

[Problématique] Comment se conduire dans une situation incertaine? C’est cette question que va étudier ce texte extrait de la 3ème partie du Discours de la méthode de Descartes. [Thèse] La seconde maxime de la « morale par provision » nous invite à agir en restant fidèles à nos décisions, même si celles-ci ont parfois dû être prises par hasard. [Enjeu, c’est-à-dire les conséquences de cette thèse] Une telle détermination ne permet pas seulement d’agir plus efficacement : elle nous rend heureux. [Objection à la thèse ou remise en question du présupposé du texte, c’est-à-dire de l’idée admise sans démonstration] Descartes présuppose ici une parfaite liberté de notre volonté. Or sommes-nous vraiment maîtres de notre volonté ? Est-il vraiment possible de rester déterminés si la décision que nous avons prise ne nous paraît plus pertinente ? [Autres objections] Mais cette résolution ne risque-t-elle pas de conduire à une obstination néfaste ? La qualité d’un homme d’action n’est-elle pas de s’adapter en permanence aux circonstances ? Ou bien ne vaudrait-il pas mieux s’abstenir d’agir, et prendre le temps de la réflexion, lorsque nous sommes confrontés à une situation complexe ?

 

[Mouvement du texte (exposer l’idée de chaque grande partie – clairement délimitée – et de son rôle dans l’argumentation – constat, thèse, objection, exemple, justification, conséquence…)] Descartes commence par énoncer sa maxime, qu’il illustre aussitôt d’un exemple qui illustre pourquoi nous devons nous tenir à nos décisions (jusqu’à « dans le milieu d’une forêt ») ; puis il s’intéresse plus particulièrement à la décision elle-même : comment devons-nous la prendre ? Enfin, dans la fin du texte, à partir de « et ceci fut capable… », Descartes souligne les conséquences de sa thèse, explicitant ainsi l’enjeu de ce texte : la résolution nous rend heureux.

Remarque : ici, nous ne situons pas le texte dans l’ensemble du Discours de la méthode, ni le projet d’une « morale par provision ». A l’écrit, nous ne sommes pas supposés avoir de connaissances particulières sur l’œuvre, ni sur l’auteur. A l’oral de rattrapage, en revanche, il faudrait situer le texte dans l’œuvre de Descartes.

 

Développement : LE PLAN NE DOIT PAS APPARAÎTRE. TOUT EST REDIGE.

  1. L’énoncé de la maxime et son illustration :

Ici, nous faisons le choix de faire deux sous-parties : une première analyse l’énoncé de la maxime, la seconde l’exemple. Nous suivons donc le texte PAS A PAS.

  1. Quelle est la seconde maxime ?

Texte analysé [inutile de le recopier] « Ma seconde maxime était d'être le plus ferme et le plus résolu en mes actions que je pourrais, et de ne suivre pas moins constamment les opinions les plus douteuses, lorsque je m'y serais une fois déterminé, que si elles eussent été très assurées. »

 

Ce que fait l’auteur : Descartes commence par énoncer la seconde maxime de sa morale provisoire. « Maxime » est ici à prendre au sens de règle de conduite plutôt qu’au sens d’adage, de proverbe.

 

Ce que dit l’auteur : Que préconise cette maxime ? Citer le texte : Il s’agit « d’être le plus ferme et le plus résolu en mes actions que je pourrais », [développement de l’idée] autrement dit, de se tenir à ses décisions sans changer d’avis, et cela, [analyse précise du texte] autant qu’il est possible ainsi que le souligne le superlatif (« le plus […] que je pourrais »). [Dégager l’implicite du texte] Il faut donc faire preuve de volonté, car c’est la volonté qui nous fait choisir. Descartes suppose donc que nous disposons du libre arbitre, autrement dit d’une volonté capable de se déterminer par elle-même. [Analyse précise du texte] Cette résolution n’est pas une simple fidélité à ses idées. Il faut qu’elle faut qu’elle soit mise en œuvre « en mes actions », ce qui signifie que je dois agir en me conformant aux décisions que j’ai prises. [Critique] Or, la réalité nous oppose parfois des obstacles que nous n’avions pas prévus. Descartes nous invite à rester résolus autant qu’il est possible. Mais à partir de quand pouvons-nous considérer que nous devons prendre une autre décision ? [on avance dans le texte, en le citant] Descartes insiste en effet sur la nécessité de respecter les décisions prises : il s’agit « de ne suivre pas moins constamment les opinions les plus douteuses, lorsque je m’y serais une fois déterminé, que si elles eussent été très assurées ». [Analyse du texte] Descartes reprend la définition classique de la résolution, qui consiste à se tenir à ses décisions. Mais ici Descartes ajoute une précision importante : je dois me tenir à mes décisions même si je me décide sur des « opinions douteuses », [développement de l’idée] autrement dit, lorsque ce que je dois choisir ne m’apparaît pas clairement. Nous savons bien que dans la vie nous ne pouvons tout savoir ni tout prévoir. Une fois que ma décision est prise, je dois m’engager à accomplir cette décision, comme si elle était vraie. En effet, lorsque nous sommes convaincus que la décision que nous avons prise est la bonne, nous nous sentons résolus. Critique Or, comment ne pas hésiter si nous voyons que nous avons fait un mauvais choix ? Comment pouvons-nous rester déterminés si nous ne sommes pas sûrs d’avoir pris la bonne décision ? D’autre part, il peut sembler étrange de donner un tel conseil : ne vaudrait-il pas mieux s’abstenir d’agir si on ne sait que choisir ? N’est-il pas préférable de continuer à réfléchir dans ce cas ? Est-il judicieux de persévérer dans une mauvaise direction ?

 

[Mise en perspective] L’attitude de Descartes est le contraire de celle qu’il préconise dans le domaine de la connaissance : le doute. Mais pour quelle raison est-il nécessaire de ne plus douter dans le domaine de l’action ?

 

  1. Analyse de l’exemple :

Texte analysé [inutile de le recopier] : « Imitant en ceci les voyageurs qui, se trouvant égarés en quelque forêt, ne doivent pas errer en tournoyant, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, ni encore moins s'arrêter en une place, mais marcher toujours le plus droit qu'ils peuvent vers un même côté, et ne le changer point pour de faibles raisons, encore que ce n'ait peut-être été au commencement que le hasard seul qui les ait déterminés à le choisir : car, par ce moyen, s'ils ne vont juste­ment où ils désirent, ils arriveront au moins à la fin quelque part, où vraisemblable­ment ils seront mieux que dans le milieu d'une forêt. »

 

Ce que fait l’auteur : Dans un second temps, Descartes, à l’aide d’un exemple, va expliquer pourquoi il vaut mieux, finalement, s’en tenir à une décision erronée plutôt que de changer de décision ou encore de différer la décision.

 

Ce que dit l’auteur : Des voyageurs perdus dans une forêt mettront un terme à leur errance en suivant toujours la même direction, plutôt qu’en en changeant sans cesse (« en tournoyant, tantôt d’un côté, tantôt d’un autre »). Quelle que soit la direction prise, ils sortiront nécessairement de la forêt, celle-ci étant délimitée. Ils seront alors « quelque part », même si ce n’était pas l’endroit où ils voulaient aller, et « ils seront mieux que dans le milieu d’une forêt » puisqu’ils ne seront plus perdus. Il leur sera alors plus facile de retrouver leur chemin pour parvenir finalement au lieu recherché. C’est pourquoi ils ne doivent pas « s’arrêter en une place », car alors ils restent perdus. [Dégager l’implicite du texte ; ce que suggère l’exemple] La résolution est ici comparée à un chemin rectiligne. La forêt est une métaphore ici de la vie : celle-ci est comparée à un labyrinthe dans lequel nous sommes perdus. Elle illustre une décision difficile à vaincre. La forêt est sombre, et nous offre peu de visibilité. Les voyageurs perdus dans une forêt sont ignorants (ils ne savent pas dans quelle direction aller) mais ils sont pressés aussi d’en sortir : la forêt est un milieu hostile ; il n’est pas question d’y passer la nuit. C’est pourquoi il vaut mieux avancer que de rester sur place. Descartes ménage la possibilité de changer de direction, mais à condition d’avoir de bonnes raisons : un précipice nous empêche de continuer dans cette voie par exemple.

 

Critique (les limites de l’exemple) : La stratégie proposée par Descartes est-elle efficace ? Il faut prendre un risque : rester sur place constitue un risque plus grand. Mais est-ce toujours le cas ? Ne vaut-il pas mieux parfois différer la décision ? Pourquoi ne pas rester au centre de la forêt en attendant de voir l’orientation du soleil, de trouver des indices de la bonne direction ? Si l’exemple de la forêt peut paraître convaincant, il convient néanmoins de se demander s’il peut légitimement s’appliquer à toutes les situations du quotidien. Il est vrai qu’il est dangereux de rester dans une forêt, il n’est pas forcément dangereux de ne pas agir dans la vie. D’autre part, la métaphore de la forêt implique que la difficulté est circonscrite, délimitée, comme une forêt : or, y a-t-il forcément dans la vie une frontière comparable à celle de la clairière et de la forêt ? Y a-t-il des moments où l’on voit clair et des moments où l’on ne sait pas quoi faire ? N’y a-t-il pas en permanence une incertitude ? Ne vaut-il pas mieux au contraire s’ajuster aux circonstances, choisir au cas par cas plutôt que de se fourvoyer totalement ?

 

  1. Mais quelle décision prendre dans une situation incertaine ?

Texte analysé (ne pas le recopier) :

« Et ainsi, les actions de la vie ne souffrant souvent aucun délai, c'est une vérité très certaine que, lorsqu'il n'est pas en notre pouvoir de discerner les plus vraies opinions, nous devons suivre les plus probables; et même, qu'encore que nous ne remarquions point davantage de probabi­lité aux unes qu'aux autres, nous devons néanmoins nous déterminer à quelques-unes, et les considérer après, non plus comme douteuses, en tant qu'elles se rapportent à la pratique, mais comme très vraies et très certaines, à cause que la raison qui nous y a fait déterminer se trouve telle. »

Ici, nous distinguons deux idées, toujours en suivant l’ordre linéaire du texte : d’abord l’analyse de la phrase : « les actions de la vie ne souffrant souvent aucun délai » et ensuite la réponse au problème du choix.

 

  1. La contrainte de la décision, l’urgence de la vie :

Ce que fait l’auteur : Descartes justifie sa comparaison entre la vie et la forêt.

 

Ce que dit l’auteur : « les actions de la vie ne [souffrent] aucun délai », autrement dit, un homme qui agit n’a pas le temps de réfléchir. Développement : Il est engagé dans le réel, contraint de réagir s’il ne veut pas se laisser emporter par les événements. Même l’absence de décision a des conséquences. De cette façon, nous comprenons qu’il est aussi urgent d’agir que de sortir d’une forêt. [exemple] Ce que dit Descartes est particulièrement vrai pour l’homme politique. Lien avec la phrase suivante : Mais puisqu’il faut choisir, la question se pose de la bonne décision à prendre. Comment prendre une bonne décision dans l’urgence ?

 

  1. Quelle décision prendre ?

Ce que fait l’auteur : Descartes pose une thèse : « c’est une vérité très certaine que, lorsqu’il n’est pas en notre pouvoir de discerner les plus vraies opinions, nous devons suivre les plus probables. »

 

Ce que dit l’auteur, en développant : Idéalement, il s’agit donc de choisir en fonction des « plus vraies opinions », ce qui semble évident. Mais il n’est pas toujours aisé de les discerner, dans la mesure où nous ne disposons pas toujours du temps nécessaire à cet examen. Descartes conseille alors de choisir en fonction de ce qui paraît le plus probable : or, qu’est-ce qui est probable ? Nous pouvons penser que le probable ici renvoie à ce que l’expérience montre comme étant efficace. [Illustration] Par exemple, si une crise économique se produit, un homme politique aura tendance à choisir une solution qui a fait la preuve de son efficacité. [Enchaînement avec la suite] La difficulté, c’est que le choix du probable suppose que les situations soient comparables. Or, il n’est pas toujours facile de se rapporter à une situation comparable.

 

[Analyse de la suite du texte] C’est la raison pour laquelle Descartes dit : « et même, qu'encore que nous ne remarquions point davantage de probabi­lité aux unes qu'aux autres, nous devons néanmoins nous déterminer à quelques-unes », autrement dit, si aucune solution probable ne nous apparaît, il faut prendre une décision au hasard. Nous aurions tendance à penser qu’il vaut mieux s’abstenir de choisir plutôt que prendre une mauvaise décision. Descartes nous dit le contraire : il faut prendre une décision. Les idées que nous suivons, il faut « les considérer après, non plus comme douteuses, en tant qu'elles se rapportent à la pratique, mais comme très vraies et très certaines » : le fait d’avoir pris une décision au hasard, dans l’urgence, parce qu’il fallait se décider, ne doit pas entamer notre résolution : pas question de les remettre en question ensuite. Parce qu’ « elles se rapportent à la pratique », au domaine de l’action, les idées les plus douteuses doivent être regardées « comme très vraies et très certaines ». Soulignons le superlatif utilisé par Descartes. Il ne faut pas douter car alors nous resterions au milieu de la forêt, autrement dit, au milieu de notre situation difficile. Mais comment rester résolu lorsque nous savons que nos décisions ne sont pas fondées ?

Ce qui doit nous motiver à rester déterminé, c’est que nos décisions émanent de notre raison : « à cause que la raison qui nous y a fait déterminer se trouve telle », autrement dit, nous ne devons plus tergiverser une fois une décision prise, parce qu’il est très certain et très vrai qu’il faut prendre une décision et s’y tenir.

 

Critique : Cela signifie-t-il qu’il faut s’en tenir à une décision prise par hasard si l’on sait que c’est une mauvaise décision ? Descartes ne nous conseille pas une attitude obstinée, puisqu’il reconnaît que nous devons suivre les « plus vraies opinions ». Par conséquent, si nous avons pris une décision au hasard, nous devons la changer si nous nous rendons compte que c’est une erreur. Mais tant que nous ne sommes pas absolument certains d’avoir fait erreur, nous devons nous tenir à ce que nous avons décidé. On peut bien sûr discuter cette affirmation de Descartes. Dans une situation incertaine, peut-être vaudrait-il mieux soit s’abstenir d’agir, ou au contraire, essayer plusieurs solutions. L’homme d’action n’est-il pas celui qui parvient à s’adapter aux circonstances mouvantes plutôt que celui qui ne change pas de décision ? D’autre part, on peut reprocher à Descartes le ton dogmatique de son propos : « c’est une vérité très certaine ».

 

  1. L’enjeu du texte : être heureux 

Texte analysé (inutile de le recopier) : « Et ceci fut capable dès lors de me délivrer de tous les repentirs et les remords, qui ont coutume d'agiter les consciences de ces esprits faibles et chancelants, qui se laissent aller inconstamment : à pratiquer, comme bonnes, les choses qu'ils jugent après être mauvaises. »

Comme il n’y a qu’une phrase, nous ne faisons pas de sous-parties.

 

Ce que fait l’auteur : Le but de Descartes n’est pas tant la réussite de nos projets que le bonheur. Il nous montre ici les conséquences de sa maxime.

 

Ce qu’il dit : La résolution a surtout l’avantage de « me délivrer de tous les repentirs et les remords ». En effet, si je me tiens à ce que j’ai décidé, je ne serai plus tourmenté par les hésitations. Je cesserai de tergiverser, de me demander si j’ai bien fait. Ce sont « les esprits faibles et chancelants » qui regrettent sans cesse ce qu’ils font. Comment il le dit : Notons l’usage de la première personne : Descartes ne fait qu’exposer son expérience personnelle. Il n’impose pas sa vision du bonheur au lecteur; libre à lui de s’en inspirer, ou de la rejeter. Dégager l’implicite du texte : Ici le bonheur réside dans la sérénité de la conscience, comme le bonheur des Stoïciens. Il y a d’autre part une portée morale dans la résolution, comme l’indique l’expression « esprits faibles et chancelants ». De tels esprits en proie à l’hésitation « se laissent aller inconstamment à pratiquer, comme bonnes, les choses qu’ils jugent après être mauvaises ». Ici nous voyons qu’il ne faut pas varier dans son jugement.

 

Critique : Est-il sûr que nous évitons les remords lorsque nous nous tenons à nos décisions ? Si je me rends compte que ma décision est mauvaise, je pourrai la regretter au contraire, encore plus amèrement.

 

Conclusion :

[Brève synthèse] Dans le domaine de l’action, il faut faire preuve de constance et de détermination plutôt que de changer de décisions constamment. [Avis personnel, les aspects convaincants et les limites du texte] Si la comparaison de l’homme hésitant au voyageur de la forêt est convaincante, cependant, Descartes ne nous explique pas comment atteindre concrètement une telle résolution. En effet il semble difficile parfois d’écarter le doute qui s’empare de nous. Il est vrai que Descartes ne nous invite pas à poursuivre dans une voie alors que de toute évidence nous nous sommes trompés, mais il nous invite à ne pas changer de décision si nous commençons à douter. Or, comment ne pas se laisser gagner par l’hésitation ? Par quel exercice spirituel pouvons-nous affermir notre volonté ? D’autre part, nous pouvons penser que l’homme d’action aurait plus intérêt à développer son intuition et à ajuster ses décisions en fonction des circonstances, chaque situation étant particulières.

Descartes, Discours de la méthode, 3e partie

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