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fredericgrolleau.com


Analyse d’oeuvre : L’emballage du Reichstag par Christo

Publié le 8 Mai 2019, 12:48pm

Catégories : #Philo (Notions)

Analyse d’oeuvre : L’emballage du Reichstag par Christo

L’emballage du Reichstag est une œuvre intéressante à aborder en histoire des arts. En effet elle est suffisamment monumentale et axée à véhiculer l’histoire de l’Allemagne pour susciter l’interprétation. Le palais lui-même est devenu symbole de l’Allemagne réunifiée. Mais que signifie cet acte d’empaqueter, résolument culotté de Christo et Jeanne-Claude sa femme ?

Vous trouverez une analyse de l’œuvre partant de recherche : sur Christo, son courant d’appartenance, l’histoire du Reichstag et une description physique. L’ensemble de ses recherches nous amèneront à analyser et interpréter cette proposition artistique de Christo.

Il manque souvent une problématique dans la mise en place de l’histoire des arts au collège. Vous aurez deux pistes qui permettront à chacun de prendre du recul sur l’œuvre et de la comprendre dans un processus plus global et artistique.

Il reste à préciser que nous déciderons de partir de la photographie de Wolfgang Volz. Ce qui implique que nous devrons imbriquer autant le monument, l’emballage et le point de vue photographique de l’œuvre.

Nom de l’œuvre : Emballage du Reichstag

Période historique : XXe siècle

Domaines artistiques : Arts du visuel et Arts de l’espace

Thématiques possibles : Arts, espace, temps et Art, Etats et pouvoir

Problématiques possibles :

  • N° 1 : En quoi l’art se met-il au service de la mémoire ?
  • N° 2 : Comment l’art s’inscrit-il dans la vie de la cité ?

Image de l’œuvre :

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Christo et Jeanne-Claude Emballage du Reichstag, Berlin, du 23 juin au 7 juillet 1995_ Photo: Wolfgang Volz © 1995 Christo

 

Présentation générale

Nature de L’œuvre : Installation* in situ* éphémère* (voir le vocabulaire en fin d’article)

Artistes : CHRISTO (1935) et Jeanne Claude (1935-2009)

Date de création –lieu : Cette installation éphémère était visible du 27 juin au 7 juillet 1995 à Berlin, en Allemagne.

Eléments de recherche

Repérage chronologique

Repérage de l’œuvre et des évènements historiques proches

  • · 1884-1894 : construction du Reichstag –architecte : Paul Wallot
  • · 1933 : Incendie du Reichstag
  • · 1939 : début 2e guerre mondiale
  • · 1944 : Entrée de l’Armée Rouge en Bulgarie
  • · 1945 : fin de la 2e guerre mondiale
  • · 1957 : reconstruction du Reichstag qui s’achève dans un premier temps en 1972
  • · 13 août 1961 : fut érigé le Mur de Berlin par le régime communiste
  • · 9 novembre 1989 : la chute du « mur de la honte »,
  • · 1995 : Emballage du Reichstag

Situation géographique du Reichstag, Berlin, Allemagne

Emballage du Reichstag

Le Reichstag de Berlin, palais où siège l’actuel Bundestag (Parlement allemand), fut emballé du 23 juin au 7 juillet 1995, dans un tissu argenté. Helmut Kohl crie au scandale au regard du projet : « C’est une atteinte à la dignité du puissant symbole de l’histoire du pays ».

Histoire du Reichstag

Inauguré en 1894, le Reichstag a été construit pour abriter les séances du Parlement allemand. Il devient le symbole du jeune Empire allemand qui s’est constitué en 1871 en choisissant Berlin pour capitale. Sous l’Empire allemand, les députés du Reichstag avaient très peu de pouvoir face au tout puissant empereur allemand. Pendant la 1ère guerre mondiale, est ajoutée sur le fronton de l’édifice l’inscription « Dem Deutschen Volke » (« au peuple allemand ») : l’empereur tient ainsi à montrer qu’il veut se rapprocher du peuple allemand.

Après la fin de la 1ère guerre mondiale, l’empereur allemand est rendu responsable de la défaite. Les Allemands se rassemblent alors autour du Reichstag où ils apprennent l’abdication de l’empereur et la proclamation de la République allemande.

Au cours des années 1920 et surtout 1930, l’influence du parti d’Hitler, le parti nazi (NSDAP) est de plus en plus importante. En janvier 1933, après la victoire du parti nazi aux élections législatives (élection des députés au Reichstag), Hitler devient chancelier allemand (équivalent du premier ministre). Dans la nuit du 27 février 1933, un terrible incendie ravage le Reichstag. Les nazis accusent les communistes et en profitent pour faire arrêter de nombreux responsables communistes dès le lendemain. La responsabilité reviendrait en fait à Marinus va der Lubbe, un communiste hollandais. Les carnets de routes de l’incendiaire du Reichstag nous apprennent qu’il aurait agi seul. Dans un climat de grandes tensions et de terreur, le Reichstag vote les pleins pouvoirs à Hitler. La dictature nazie est dès lors légalisée. Le drapeau à croix gammée (symbole des nazis) flotte sur le Reichstag.

En 1945, à la fin de la 2nde guerre mondiale, les troupes soviétiques entrent dans Berlin en ruine. La bataille pour prendre le Reichstag dure plusieurs jours. Finalement, le 2 mai 1945, les Soviétiques plantent le drapeau rouge sur le toit du Reichstag.

Après la 2nde guerre mondiale, l’Allemagne et Berlin sont partagées entre les Soviétiques d’une part et les Occidentaux (Etats-Unis, France, Royaume-Uni) d’autre part. Le Reichstag se situe dans le secteur occidental mais ce n’est plus qu’un bâtiment en ruine. Le Parlement de l’Allemagne de l’Ouest se trouve désormais à Bonn.

En 1990, l’Allemagne est réunifiée. La fête de réunification de l’Allemagne se déroule devant le Reichstag. En 1991, le pays choisit pour capitale Berlin. Le Reichstag redevient le siège du Parlement allemand (Bundestag) en 1999.

Du point de vue de l’architecture

Paul Wallot a dessiné les plans de l’édifice, dont la construction s’étala sur dix ans (1884-1894). Le monument est de style néo-renaissance. Le style néo-renaissance est un style architectural du XIXe siècle inspiré de styles variés, dont le style Renaissance. Pour en savoir plus : http://www.marcmaison.fr/architectural-antiques-resources/neo_renaissance_style et http://fr.wikipedia.org/wiki/Style_n%C3%A9orenaissance

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Bâtiment du Reichstag édifié par Paul Wallot en 1884-94

Symbole d’une Allemagne unifiée, le Reichstag est décoré des blasons de chacun des royaumes et duchés composant l’Empire. Avant l’incendie de 1933 perpétré par les nazis, le Reichstag était coiffé d’une imposante coupole culminant à 72 mètres.

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Le Reichstag calciné

Sa reconstruction est décidée en 1957 pour s’achever dans un premier temps en 1972. Après la réunification et la désignation de Berlin comme nouvelle capitale, le Reichstag est modernisé pour accueillir à nouveau le Parlement de la République fédérale, le Bundestag. Les travaux confiés à l’architecte britannique Sir Norman Foster permettent au Reichstag de retrouver sa coupole, mais sous une forme contemporaine.

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Coupole du Reichstag modernisée par l’architecte britannique Sir Norman Foster

Caractéristiques du travail des Christo

Les Christo s’intéressent à la structure, à l’usage, à la beauté ou à la dimension symbolique des lieux sur lesquels ils interviennent temporairement et qu’ils « révèlent en cachant ».

Pour Christo, « l’interactivité verbale avec le public » fait partie intégrante de sa créativité. Toutes ses démarches à travers le monde lui sont nécessaires et il y prend plaisir, contrairement à bon nombre d’artistes contemporain qui n’aime pas la partie relationnelle et pédagogique de l’art.

Toujours selon lui, « son art est le résultat d’une réflexion et d’une intuition esthétique imposée à un environnement naturel et construit »

Pour les Christo, leur œuvre est faite pour impressionner le public et apporter un nouveau regard clamant la liberté. Quand un monument est emballé, il acquiert une toute autre forme, une toute autre identité, un tout autre prestige : on ne le reconnaît plus. Les Christo recherchent une vision populaire, une popularité de leur art.

L’œuvre de Christo est éphémère. Pour Christo, « l’urgence d’être vu est d’autant plus grande que demain tout aura disparu… Personne ne peut acheter ces œuvres, personne ne peut les posséder, personne ne peut les commercialiser, personne ne peut vendre des billets pour les voir…Notre travail parle de liberté ».  Il pense que les gens doivent avoir la possibilité de vivre des expériences artistiques intenses et mémorables en dehors des musées.

Ils attribuent à l’art un rôle social, politique, économique, environnemental, moral ou philosophique.

L’art aujourd’hui joue de l’information, la propagande, la publicité, l’emballage et la présentation, ce qui représente exactement l’œuvre de Christo. Le travail de Christo c’est « révéler en cachant ».

Les aventures artistiques de Christo, bien que gigantesques donc coûteuses, sont en général entièrement financées par la vente des études préparatoires.

Rappel : Un article retraçant les grandes lignes des réalisations de l’artiste est lisible aussi sur le blog : voir : Christo et Jeanne-Claude redéfinissent le paysage ici

Courant artistiques

Le Land Art

Le couple se revendique davantage du courant des Nouveaux Réalistes et refuse l’appellation Land Art, précisant que ses interventions ne sont jamais réalisées dans le désert. C’est à mon avis un argument assez discutable au regard de la diversité des pratiques de ce mouvement artistique qui perdure jusqu’à aujourd’hui. En effet, les interventions des artistes du Land Art se font sur le paysage naturel ou urbain, comme c’est le cas de Christo, pas seulement dans le désert. Les matériaux utilisés par les artistes sont au départ naturels mais s’ajoutent aussi des matériaux manufacturés. Les artistes du land art creusent, déplacent, transportent, accumulent, griffent, tracent, plantent… Ils introduisent aussi des produits manufacturés tels que les 400 poteaux en acier inoxydable dans le désert du Nouveau-Mexique de Walter De Maria, The Lightning Field, ou encore 2 700 parasols jaunes ou bleus simultanément sur la côte californienne et au Japon Christo et Jeanne-Claude, The Umbrellas.

Description de l’œuvre et interprétation

Précision : Nous déciderons d’analyser autant l’œuvre que la photographie elle-même qui même si elle n’est pas considérée en tant qu’œuvre d’art, participe de la trace laissée de cette installation in situ éphémère.

Technique(s) :

C’est en 1971 que Christo réalise ses 1eres esquisses du Reichstag emballé. Mais le projet concernant ce monument chargé de souvenirs douloureux sera freiné, notamment par le chancelier Helmut Kohl. A cette époque, l’Allemagne est encore marquée par les conséquences de la Seconde Guerre Mondiale. De plus la ville de Berlin est divisée par l’affrontement des deux blocs, Ouest et Est, cette situation politique délicate peut expliquer la réticence du chancelier pour la réalisation de l’œuvre de Christo sur le monument qui symbolise le début de la persécution nazie envers les communistes.

Cette œuvre a nécessité 100 000 m2 de tissus argenté (polypropylène, recouvert par une couche d’aluminium) et 15 km de corde bleue. Christo et Jeanne Claude ont choisi ce tissu particulier pour créer un jeu de texture grâce à cette matière réfléchissante et aux plis qu’ils ont formé en l’installant sur le bâtiment. Cette œuvre éphémère a duré 14 jours (du 17 au 24 juin), elle a été auto financée par la vente des planches de projet. Il a fallu 90 grimpeurs et 120 ouvriers pour mener à bien ce projet. Du 17 au 24 juin 1995, 90 grimpeurs et 120 ouvriers travaillent sur la réalisation des Christo

Les techniques comprennent donc les dessins préparatoires et l’emballage d’une architecture.

Matériaux :

Il s’agit de tissu argenté de 2,5 millimètres d’épaisseur, cordes et matériel d’attache. La fluidité du matériau utilisé (le tissu) permet d’épouser le bâti et en découpe les ombres et lumières. Il donne aussi un aspect plus massif au bâtiment.

Support :

L’architecture elle-même du Reichstag.

Dimensions :

Elles sont monumentales, à l’échelle Da l’architecture qui supporte l’installation.

Cadrage :

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Nous sommes plein cadre, nous voyons le bâtiment dans son ensemble.

Point de vue :

La prise de vue de la photographie nous positionne face à l’un des angles du bâtiment, à hauteur d’homme. Le point de vue en contre plongée, c’est-à-dire du bas vers le haut.

Composition :

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Couleur / Lumière :

La couleur est donnée par le tissu argenté et les cordes bleues. Le matériau permet de jouer des lumières de jour comme de nuit, visant ainsi une réflexion des couleurs ambiantes éclaircies par l’aspect métallique. De plus la particularité de ce tissu argent est de contraster la lumière, de dessiner les plis du drapé. Un tissu moins brillant aurait amoindri cet effet de contraste. Il est bien question de jouer sur et avec l’environnement, la nature.

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L’éclairage nocturne de l’œuvre est prévu pour venir du bas, éclairant la façade de bas en haut. Cela ajoute à la monumentalité.

Les éléments en présence donnent-ils un sens ?

Lequel ? Pourquoi ? Anecdotes ?

Le point de vue photographique en contre plongée, amplifie la monumentalité du bâtiment. Nous nous sentons en position d’infériorité, en dessous du Parlement. Cela peut être représentatif du point de vue des citoyens face aux hiérarchies gouvernementales.

Les artistes considèrent procurer « une dimension sculpturale nouvelle » aux monuments qu’ils s’approprient, drapent, découpent et colorient.

Déjà en 1962 quand Christo et Jeanne-Claude réalisent des empaquetages sur le port de Cologne à Paris, ils expriment leur contestation dans cette œuvre engagée ; ils assemblent plus de 200 barils d’huile et d’essence pour exprimer leur refus du mur de Berlin.

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1962 Iron Curtain – Mur de Barils de Pétrole

Ils pratiquent l’empaquetage comme symbole de prise de possession de l’espace et du temps, éphémère dans une dimension esthétique populaire et spectaculaire.

L’emballage du Reichstag est une œuvre qui intervient dans la ville par le biais d’un monument qui existe déjà. Elle permet aussi de voir ce monument historique sous un autre jour, les citadins peuvent redécouvrir ce patrimoine urbain dans un nouvel habit de lumière.

L’emballage du Reichstag permet de mettre en avant le palais du Reichstag où siégeait le Reichstag, l’assemblée parlementaire représentant le peuple allemand dans son ensemble pendant la république de Weimar (1894-1933). Après la réunification allemande du 3 octobre 1990, le parlement allemand (Bundestag) décide le 20 juin 1991 le déménagement du parlement et du gouvernement fédéraux de Bonn à Berlin, et sa réintégration dans le palais du Reichstag. Cette œuvre artistique de Christo souligne ces évènements politiques importants pour l’Allemagne et symbolique pour le monde.

Ces projets monumentaux et de longue haleine ont pour vocation de donner une autre identité au lieu et donc de changer le regard du public. Leur objectif est d’amener le public à l’art, le surprendre et l’impressionner. Ces œuvres que l’on ne peut pas acheter, ni même posséder, parlent de liberté selon Christo. Elles s’inscrivent en écho aux phénomènes de société contemporains, comme la consommation, le marchandage ou la médiatisation.

Si nous nous penchons sur le geste, celui d’emballer, il peut rappeler la société de consommation et les empaquetages. Il peut être un geste de préservation, de protection comme il peut être envisagé pour s’approprier un objet, une structure, un corps à habiller, à recouvrir, à posséder, à étouffer, d’autant que les cordages sanglent sa proie architecturale avec force.

L’idée de cacher pour révéler peut aussi être envisagé.
Leurs œuvres sont signées Christo jusqu’en 1994, date à partir de laquelle apparaît le nom de Jeanne-Claude. Christo et Jeanne Claude ne créent pas une sculpture mais recouvrent des bâtiments existants. Cela s’appelle une « installation ».

Le fait de « cacher » ces monuments révèle la monumentalité et met en valeur l’architecture recouverte. Ce sont des lieux importants et connus du grand public. Le fait de cacher permet de montrer le lieu à nouveau, de le rappeler à la mémoiredu spectateur. L’œuvre éphémère, sera démontée et fractionnée en échantillon à vendre, pour mémoire. Seuls les médias, les produits dérivés et les spectateurs peuvent immortaliser la création.

Finalement, l’intervention dont la mise en scène est constitutive de l’œuvre, pourrait s’apparenter au théâtre.

Portée ou influence de l’œuvre

En quoi l’œuvre a-t-elle marqué son temps ?

Ce couple d’artistes contemporains « qui emballe la géographie et l’histoire » s’est rendu célèbre par ses objets empaquetés. Leurs œuvres à l’échelle du paysage savent fasciner le public et attirer son attention sur une nouvelle vision du paysage, qu’il soit urbain ou naturel.

Cette œuvre fédératrice de rencontres ponctuelles donne l’œuvre d’art à voir en dehors des musées et lieux spécialisés. L’art fait ainsi partie de l’environnement quotidien. Peut être pourrions-nous y voir les prémices du Street Art ?

Peut-on la rapprocher d’autres œuvres ?

Voici quelques pistes pour comparer :

  • Si nous prenons la démarche d’Andy Goldsworthy, un autre artiste du Land Art, nous trouvons quelques différences et similitudes :
  • Goldsworthy n’utilise que des matériaux naturels (brindilles, feuilles, pierres, bois, glace, pétales…) alors que les Christo font appel à des matériaux choisis pour leur fonction (résistance, souplesse, transparence, perméabilité…)

    Goldsworthy pense ses œuvre en harmonie avec la nature, en la dérangeant le moins possible, alors que les Christo recherchent le spectaculaire, prononçant, révélant ainsi le paysage sous un nouveau regard. Nous dirons qu’une démarche est plus discrète, intimiste, alors que l’autre vise au populaire.

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    Andy Goldsworthy

    Les deux démarches proposent des œuvres éphémères qui disparaissent au profit de traces filmées, photographiées, de livres et produits dérivés telles que les cartes postales. S’ajoutent les morceaux des tissus d’emballage, découpés et vendus comme des reliques, comme des mémoires.

  • Regard sur l’œuvre

  • Cet espace permet à chacun d’exprimer son ressenti, donner un avis personnel, les questions que soulèvent l’œuvre… comme celles des problématiques proposées :

    En quoi l’art se met-il au service de la mémoire ?

    Comment l’art s’inscrit-il dans la vie de la cité ?

  •  

  • source :  http://e-cours-arts-plastiques.com/analyse-doeuvre-lemballage-du-reichstag-par-christo/

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