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fredericgrolleau.com


« A Witch ! » ou comment traduire une intuition en vérité rationnelle ("Monty Python and the Holy Grail")

Publié le 10 Mai 2019, 22:53pm

Catégories : #Philo & Cinéma

« A Witch ! » ou comment traduire une intuition en vérité rationnelle ("Monty Python and the Holy Grail")

Qui n’a jamais ressenti une intuition, prenant la consistance d’une vérité incontournable, et qui fait « pschitt » à la première confrontation argumentée car, justement, des arguments vous manquent pour développer une démonstration imparable.

Bon d’accord toute intuition n’est pas bonne à suivre – quoique l’instinct peut être salvateur – néanmoins il arrive grâce à l’enchainement logique de propositions vraies que finalement votre intuition devienne en effet une vérité.

Vous voulez une démonstration ? C’est avec plaisir que je puise (c’est une habitude comme le savent les personnes qui me suivent) dans le répertoire des Monty Python avec la célèbre scène du jugement de la sorcière «A Witch !! » (Très drôle et je vous recommande au passage le jeu d’expression remarquable des acteurs) : c’est ici. (4mn16)

Que nous raconte cette scène ? Première séquence des moines pour rappeler que l’obscurantisme règne en ces temps reculés. Seconde séquence des villageois molestent une femme, l’accusant d’être une sorcière. Ils n’ont qu’une obsession : la brûler ! Ça sent le délit de « sale gueule » et l’arbitraire pour une exécution sommaire. Troisième séquence, au cœur de notre propos, l’intervention d’un chevalier qui par questions successives va démontrer que la femme est…bien une sorcière. C’est délicieux :

Que fait-on à une sorcière ? On la brûle !
Qu’est-ce qui brûle ? Le bois
Que fait le bois sur l’eau ? Il flotte
Qu’est-ce qui flotte aussi ? Le canard
Donc si cette femme est une sorcière, elle pèse le même poids qu’un canard…ce qui est le cas !
Et pour finir, la femme reconnait en effet qu’elle a été démasquée !!

Vous noterez aussi au passage le procédé pédagogique du chevalier qui extirpe les réponses des villageois car, comme le démontre Platon, nous avons tous la connaissance en nous pour peu qu’on nous pousse à la reconnaitre.

La prochaine fois que vous aurez une intuition, une idée pensez à la méthode « A Witch ! » pour la transformer en vérité rationnelle.

Jean Méance
 

source : 

https://www.linkedin.com/pulse/witch-ou-comment-traduire-une-intuition-en-v%C3%A9rit%C3%A9-jean-meance/?originalSubdomain=fr

 

L’enjeu ici n’est pas de reconnaître les figures déjà vues, mais de voir le biais et de le dénoncer par un nom de sophisme inventif et imagé. Nous considérons que le plus important en matière de défense contre les arguments fallacieux et fautes de raisonnement est de les voir et d’en comprendre le principe actif, pas de savoir nommer ceux que la tradition a elle-même identifié. L’énergie, autrement dit, ne doit pas être capturée par un effort de reconnaissance des figures pré-existantes, elle est plus utilement tournée vers le diagnostic de la stratégie utilisée par l’interlocuteur qui tente d’abuser de vous.

Extrait N°1 : Monty Python, Sacré Graal (16’25’’ - 20’25’’)

Les villageois : Nous avons une sorcière, nous voulons la brûler ! 52 Bedevere : Comment savez-vous que c’est une sorcière ? Les villageois : Elle en a tout l’air ! Bedevere : Amenez-la moi. La suspecte : Je ne suis pas une sorcière ! Bedevere : Mais vous en avez l’apparence... (les villageois lui ont mis un carotte sur le nez, une fausse verrue et un entonnoir sur la tête). La sorcière : Ce sont eux qui m’ont habillée la sorte. Et ceci n’est pas mon nez, c’est un faux. Un villageois : Bon, pour le nez, on ne dit pas. Et le chapeau. Mais c’est une sorcière. Bedevere : Est-ce vous qui l’avez déguisée ? Les villageois : Non, non ! … Oui, peut-être un peu… Mais elle a une verrue. Bedevere : Qu’est-ce qui vous fait penser qu’elle est une sorcière ? Un villageois : Elle m’a transformée en salamandre. Bedevere : Une salamandre ? Un villageois : … Je vais mieux. Les villageois : On la brûle ! Bedevere : Du calme ! On peut savoir si elle est vraiment une sorcière. Un villageois : C’est vrai ? Dites-nous comment. Bedevere : Qu’est-ce qui vous fait penser qu’elle est une sorcière ? Bedevere (se retournant vers les villageois) : En principe, que faites-vous des sorcières ? Les villageois : On les brûle ! Bedevere : En dehors des sorcières, que brûlez-vous ? Les villageois : D’autres sorcières !... Et le bois. Bedevere : Donc, pourquoi les sorcières brûlent-elles ? Les villageois : Parce qu’elles sont en bois ! Bedevere : Très bien ! Comment savoir si elle est en bois ? Les villageois : En s’en servant pour en faire un pont ! Bedevere : Mais n’existe-t-il pas de pont en pierre ? Les villageois (déconcertés) : Ah... Oui... Bedevere : Est-ce que le bois coule dans l’eau ? 53 Les villageois : Non, il flotte ! Jetons-la dans la mare ! Bedevere : Qu’est-ce qui flotte aussi dans l’eau ? Les villageois (très excités) : Le pain !... Les pommes !.… Les tout petits cailloux ?... La porcelaine ? La sauce blanche ?… Une église ?… Le plomb ? Les canards ! Bedevere : Les canards.... Exactement ! C’est irréfutable ! Un villageois : Donc, si elle pèse le même poids qu’un canard, elle est en bois Bedevere : Et par voie de conséquence… Les villageois : C’est une sorcière !

source :  http://www.philocite.eu/blog/wp-content/uploads/2017/11/PhiloCite_Se_defendre_contre_les_sophismes_1.pdf

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