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fredericgrolleau.com


dissertation : éviter le plan « oui », « non », « peut-être » (la peine de mort)

Publié le 23 Février 2019, 16:54pm

Catégories : #philo (méthodologie)

dissertation :  éviter le plan « oui », « non », « peut-être » (la peine de mort)

UN DEBAT OUI/NON N’EST PAS UNE PROBLEMATIQUE !

 

1- Comment éviter le plan « oui », « non », « peut-être »… ?

A la plupart des sujets, Vous pourriez répondre plus ou moins sèchement « oui », « non », « peut-être » ou « ça dépend des circonstances ». Mais il y a des raisons diverses voire opposées de répondre « oui » ou « non ». Apercevoir ceci permet de bâtir une problématique approfondie et un vrai plan.

2- Exemple d’utilisation de cette technique de problématisation

Prenez un sujet polémique : La peine de mort peut-elle être juste ?

• Voici deux raisons de répondre « oui » à la question. 1) On peut insister sur le fait qu’un psychopathe a un cerveau programmé pour l’être et donc on doit l’éliminer comme toute bête nuisible (Spinoza). 2) Si quelqu’un commet de son plein gré un crime passible de la peine de mort, lui appliquer cette peine revient à reconnaître la liberté de ses actes commis en conscience du risque encouru (Hegel).
Des raisons de soutenir le même point de vue sont souvent strictement incompatibles. Ici la 1) défend l’idée que nos actes sont déterminés par des lois biologiques alors que la 2) insiste sur la liberté de nos actes. Si on distingue ces deux points de vue et qu’on envisage la question sous l’angle de la compassion, il semble que : 1bis) si quelqu’un est un criminel suite à des conditionnements biologiques, familiaux, ethniques, etc., il faut l’empêcher de nuire mais aussi le délivrer de ses conditionnements nuisibles 2bis) si un criminel a agi librement, il peut agir autrement, l’isoler, le tester peut permettre de le réhabiliter. L’enjeu problématique du sujet est donc de savoir si le modèle de la justice est l’ouverture du coeur, la compassion ou le droit à la vengeance.

• A partir de là, on peut définir un plan :

Première partie : Le débat de la peine de mort s’éclaire t-il du point de vue du déterminisme ?
a) Argument 1) : le criminel est déterminé. C’est une bête nuisible à éliminer.
b) Argument 1bis) : le criminel est déterminé. C’est un malade à soigner.

Deuxième partie : Le débat de la peine de mort s’éclaire t-il du point de vue de la liberté ?
a) Argument 2) : Le criminel en subissant la peine de mort voit sa dignité d’homme libre reconnue.
b) Argument 2bis) : Le criminel en payant sa dette et en se voyant proposé une réhabilitation est jugé non seulement pour ses actes mais par respect de sa liberté indépendante de ses actes.

Troisième partie : L’enjeu véritable du débat de la peine de mort est la compassion.
a) Argument 3) : La défense de la peine de mort ne peut s’appuyer ni sur le déterminisme ni sur l’idée d’une liberté de nos actes.
b) Argument 3bis) : La peine de mort s’appuie toujours sur l’idée d’une justice devant faire vengeance pour nous.
c) Argument 3ter) : Nous défendons une justice inspiré par l’amour, la compassion.

Remarque : on pourra aller par ce lien sur un autre site pour trouver des arguments d’une autre nature qui obligeraient à formuler autrement ce plan.

3- A retenir

Il s’agit de repérer dans les diverses réponses OUI et NON à un sujet des tensions internes au OUI ainsi qu’au NON. Ces tensions peuvent être formulées sous la forme de questions problématiques qui permettront de construire un plan évitant le plan « oui », « non », « peut-être »…

source : http://www.lyc-vinci-st-witz.ac-versailles.fr/spip.php?article29&artpage=5-9#outil_sommaire_4

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