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fredericgrolleau.com


"Dois-je respecter autrui ?"

Publié le 23 Janvier 2019, 17:08pm

Catégories : #Philo (textes - corrigés)

"Dois-je respecter autrui ?"


Méthodologie de la dissertation :
L'introduction est divisée en quatre étapes
a) Accroche
b) Définition des termes du sujet
c) Problématique
d) Annonce du plan


L'Homme vivant en société est chaque jour confronté à d'autres individus. Il les côtoie, il échange des paroles avec eux, mais parfois aussi il est amené à se disputer avec ces êtres de corps et d'esprit. Entente, conflits, réconciliation, voilà autant de postures auxquelles l'Homme fait face jour après jour, et ce vis-à-vis des autres.
Plus précisément, par autrui, entendons étymologiquement « cet autre-ci », autrement dit quelqu'un de particulier avec qui je suis en relation, et non tous les hommes différents de moi. Autrui est ainsi singulier, comme moi, et non anonyme, car j'entretiens nécessairement une relation avec lui, quelle que soit la nature de cette relation. Cette relation peut être conflictuelle ou cordiale, elle peut se réaliser dans le respect de cette personne, ou, a contrario, dans l'irrespect.
Aussi, "dois-je respecter autrui ?"
Une relation conflictuelle, irrespectueuse avec autrui, et portant donc atteinte à sa dignité, devient, dès lors, contraire au droit, et peut conduire l'Homme à comparaître devant la Justice, d'où le devoir de respecter autrui (I). Pourtant, il existe de fait des lieux dits de non-droit, où règne un état de nature, et où s'impose la loi du plus fort : alors, le respect d'autrui devient secondaire, et ce principe ne semble plus nécessaire à appliquer (II). Il n'en demeure pas moins que l'Homme qui est corps, est surtout esprit, et afin que la concorde règne entre les gens, le respect d'autrui est une nécessité intrinsèque, sans quoi le chaos deviendrait maître, et l'Homme asservi au mal (III).


Méthodologie de la dissertation :
La rédaction d'une partie suppose le respect de certaines règles méthodologiques. Comment la construire ?
a) On met en place une hypothèse de départ, qui peut prendre la forme d'une phrase « si ...alors... ».
Attention : les trois étapes ci-dessous peuvent se répéter jusqu'à deux fois par partie. En effet, une partie peut être divisée en deux sous-parties.
b) On écrit les questions que l'on se pose, les interrogations qui donneront lieu à notre réflexion
c) On répond à nos propres questions via analyses et définitions.
d) On « compare » par l'utilisation ou de citations, ou de références à des philosophes : la pensée du philosophe doit être la plus complète possible.


I] Le respect d'autrui, un principe garanti par le droit

Si un conflit s'instaure avec autrui, allant jusqu'aux coups et blessures, alors il semble que l'on s'expose à des sanctions judiciaires : cela devrait dissuader l'Homme de lui manquer de respect.
Effectivement, les sociétés modernes disposent d'un ordre juridique, efficace et sanctionné, ayant pour mission non pas seulement de sanctionner les infractions, mais ayant pour but de prévenir toute atteinte à ses normes juridiques. Le droit, de fait, n'a-t-il donc pas pour dessein essentiel de veiller à ce que l'Homme respecte autrui ? Le droit est, par définition, une collection de lois permettant grâce à la contrainte et aux sanctions d'organiser une société. Aussi, organiser une société, c'est encourager le règne d'une harmonie entre les gens, c'est faire en sorte que l'Homme, lorsqu'il entre en relation avec autrui, le respecte et entretienne avec lui une relation ne portant en rien atteinte à sa personne, aussi bien physiquement, que moralement. Car l'Homme est corps et esprit, et le manque de respect peut donc avoir une double conséquence, physique et psychique. L'Homme sensé ne devrait donc pas porter atteinte au respect qui est dû à autrui, car il s'expose de jure à des sanctions. En l'espèce, Spinoza soulignait qu'une cité démocratique permet le plein accès à la justice, c'est-à-dire une disposition où chacun se voit attribuer ce qui lui revient et ce qui lui est dû. Et, de facto, autrui doit pouvoir se voir attribuer par chaque être humain le respect qui lui est dû, et la cité démocratique le garantit.
Seulement, le droit n'est pas mis en application partout de façon efficace, il existe encore sur Terre des zones dites de non-droit, où le droit est bafoué, et ces zones permettent le règne de la loi du plus fort faisant alors du respect pour autrui une préoccupation secondaire.


Méthodologie de la dissertation :
La deuxième partie a pour objectif non pas de s'opposer, mais de poser des limites à l'hypothèse de départ, à l'hypothèse de la première partie. Cela vous permet, de fait, de voir les deux aspects de la question initiale, et de vous préparer à la troisième partie qui permettra de dépasser votre raisonnement.


II] Le respect d'autrui, un principe bafoué au sein des zones de non-droit

Le droit n'étant pas efficace et sanctionné dans tous les Etats et dans certaines zones au sein même des Etats de droit, cela se traduit par l'existence de zones de non-droit, laissant semble-t-il la porte ouverte à toute possibilité d'atteinte au respect d'autrui.
L'Homme peut voir en autrui un être différent, portant en lui des idées qu'il ne tolère pas, ou qu'il n'accepte pas. En l'espèce, si aucune contrainte ne pèse sur cet Homme, n'y a-t-il pas un risque de voir s'installer la loi du plus fort ? Et si loi du plus fort il y a, le non-respect d'autrui ne devient-il pas la norme suprême ? En effet, la loi du plus fort a pour conséquence l'anéantissement des plus faibles, elle permet au plus fort de régner en maître. Ce faisant, puisque aucun droit ne contraint l'Homme à respecter autrui, l'Homme est à même de dominer son alter ego et de le soumettre à sa personne. L'Homme, dans ces conditions, dispose d'une liberté naturelle lui permettant d'agir selon ses envies, en faisant abstraction de toute morale. Rousseau lui-même assurait dans son Contrat social que « ce que l'Homme perd par le contrat social, c'est sa liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu'il peut atteindre ». L'Homme hors de la société, ou qui ne respecte pas les normes juridiques nationales, peut être inévitablement amené à ne pas respecter ceux qui l'entourent, et ce en n'écoutant que « ce qui le tente ».
Ainsi, lorsque le droit n'est plus, l'Homme s'expose, par l'absence de toute contrainte, à l'atteinte du respect dû à autrui. Mais le fait de ne pas respecter autrui, c'est porter atteinte à un être qui a une dignité, qui est sensible aux paroles blessantes à son égard, c'est porter atteinte à un « autre moi ».


Méthodologie de la dissertation
La troisième partie, c'est le dépassement du raisonnement, c'est savoir aller au-delà de la pensée initiale. Cette partie doit dépasser les clivages initialement posés dans les première et deuxième parties et trouver une solution véritable à la problématique de départ. La morale chrétienne peut ici avoir tout son intérêt. Ainsi pouvez-vous faire référence à Saint Augustin, Saint Thomas d'Aquin, Pascal, Saint Augustin de Cantorbéry, mais également à Kant, Spinoza ou Aristote. 


III] Le respect d'autrui, une nécessité morale et un devoir chrétien

Pourquoi l'Homme devrait-il ne pas respecter autrui ? En l'espèce, l'irrespect d'autrui, c'est le manque de respect à l'égard d'un être humain qui est à notre image, n'est-ce pas contraire à l'acte moral ?
L'acte moral, ce serait celui qui pourrait se voir appliqué à tous, sans que cet acte ne blesse qui que ce soit. Ce serait donc un acte ayant pour but le bien commun. Cela pourrait rappeler, à titre de comparaison, ce que les jusnaturalistes appelaient le jus commune, le droit commun, applicable à tous, de façon universelle et ayant pour but la protection des droits naturels et sacrés de l'Homme. Relativement aux actes humains, Kant parle d'un impératif de moralité. Dans ses Fondements de la métaphysique des mœurs, il déclare: « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature. » De fait, dans chacun de nos actes, il semble nécessaire de ne pas occulter la nécessité d'agir en recherchant le bien des autres. Respecter les autres constitue le fondement même de cet impératif de moralité, car toute loi universelle de la nature a pour essence ce respect dû à autrui.
N'est-ce pas là se rattacher aussi à la doctrine chrétienne ? « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». La doctrine chrétienne incite au respect entre les Hommes, avec pour fondement l'amour, un amour venant de dieu lui-même : dieu s'est fait homme et, bien que les hommes en ont fait un martyr, il n'a en rien appliqué la loi du talion – œil pour œil, dent pour dent -, il a au contraire pardonné les Hommes de leurs péchés, et a rappelé la nécessité de s'aimer – et donc de se respecter – les uns les autres. Si l'Homme ne respectait pas autrui, cela contribuerait à faire régner le chaos sur terre, où l'égoïsme régnerait en maître, où la violence serait reine, où la loi du plus fort anéantirait toute morale. Le respect d'autrui, c'est un principe préservant le triomphe de la concorde sur l'amour de soi.


Méthodologie de la dissertation
La conclusion doit répondre à la problématique. Et cela suppose trois étapes:
1) Relire la problématique
2) Répondre de façon clair et brève à la question
3) Ouvrir le sujet (facultatif)


Ainsi, l'Homme doit respecter autrui, pas seulement parce que le droit l'ordonne, mais parce que, dans le but de préserver la paix et la concorde nécessaire sur terre, l'Homme doit agir dans l'optique du bien commun, et considérer l'autre comme son égal. Respecter autrui, c'est respecter son autre soi, c'est respecter l'être créé à l'image de dieu, par amour, pour l'amour.

source : https://classeprepa72.skyrock.com/3081531995-Dois-je-respecter-autrui.html

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