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fredericgrolleau.com


"De la vertu humaine dans "Danse avec les loups" " (exposé)

Publié le 6 Avril 2018, 08:15am

Catégories : #Philo & Cinéma, #Philo (exposés)

"De la vertu humaine dans "Danse avec les loups" " (exposé)

Proposition d'exposé par Liza Palut, Lycée Albert Ier de Monaco, 1 L°1, mars 2018.

 

            Danse avec Les loups [voir une approche philosophique par F. Grolleau dans L'homme et l'animal : qui des deux inventa l'autre ? ] est un film américain de 3 heures et 54 min, réalisé par Kevin Costner en 1990  et, est l’adaptation d’un roman du même nom écrit en 1988 par Michael Black. Ce film a été récompensé de nombreuses fois .Il a notamment reçu sept Oscars et trois Golden Globes .

L’histoire de ce film se déroule en 1863, un lieutenant de mérite, John Dunbar, est envoyé à un poste de reconnaissance dans les immenses plaines du Dakota pendant la guerre de Sécession. Seul sur son camp , il fait des missions de reconnaissances, parmi l’ une d’ elle il rencontre le peuple sioux. John Dunbar se lie d’amitié , malgré les dangers et les préjugés, il se lie avec la population indienne. Il intègre la tribu au point d’être nommé « Danse avec les loups » et de tomber amoureux d’une des leurs, une blanche baptisée «  Dressée avec le poing ».
Pour que vous puissiez comprendre un peu mieux le film vous allez voir sa bande annonce .

BANDE ANNONCE

 

            Le personnage principal est interprété par Kevin Coster le réalisateur. Grâce  à lui nous allons aborder le thème de la vertu .

La vertu vient du  mot latin virtus un dérivé du mot vir c’est-à-dire l’homme . On parle de vertu dans de nombreux cas et cela nous mène à nous poser la question suivante :

Un homme peut-il posséder  plusieurs vertus ?

Nous allons répondre à cette question en dressant le portrait de John . Nous montrerons dans une première partie son courage , puis la tolérance dont il fait preuve dans le but d’apprendre à connaître les autres .

 

I) Courage  :

 

            1) Introduction au courage  ;

            a. Quelques définitions

            Le courage du grec ancien Andreia est lié avec la virilité et n’était donc uniquement exercée qu’à la guerre . D’après Platon, le courage est identifié dans son oeuvre la République  comme une des quatre vertus platoniciennes avec la prudence , la tempérance , et la justice. Le courage aussi appellé force d’âme est défini dans l’œuvre de Luc Brisson intitulé Définitions paru en 2008. Luc Brisson est un philosophe canadien de 72 ans considéré comme l’un des plus grand spécialiste comtemporain de Platon. En s’appuyant donc sur Platon il écrit que « Le courage est état de l’âme qui ne se laisse pas ébranler par la crainte ; hardiesse au combat ; science des choses relatives à la guerre ; fermeté de l’âme face à ce qui est effrayant et terrible ; audace au service de la tempérance ; intrépidité dans l’attente de la mort ; état d’une âme qui garde sa capacité de juger correctement dans les périls ; force qui fait contrepoids au péril ; force de persévérer dans la vertu ; calme de l’âme en présence de ce qui, suivant la droite raison, paraît devoir déclencher terreur ou confiance ; capacité de ne pas se laisser aller à la lâcheté sous l’effet de la terreur que fait naître l’épreuve de la guerre ; état de fidélité constante à la foi. »En s’appuyant sur cette citation on retient que le courage permet de surmonter des obstacles aussi bien physiques que moraux.

 

            Outre la pensée de Platon, nous pouvons définir le courage par quatre points.

            La première est  la capacité à dépasser la peur :

La peur définie un sentiment d’angoisse éprouvé en présence ou à la pensée d’un danger réel ou supposé .Le courage se dévoilerait dans l’action .C’est là que l’on verrait si on a ou non du courage, si on peut dépasser la peur ; c’est dans l’épreuve que l’on mesure si on est capable d’affronter la peur si on se bat ou subi. Le courage n’est fait que par : l’audace, la volonté,et la combativité, qu’on va mettre au service d’une cause. Cette cause à une finalité jugée comme moralement bonne .Lorsque que le courage est mis au service d’actions mauvaises, il n’est plus considéré comme une de ces quatre vertus cardinales. Le courage est aussi lié à un sentiment d’honneur et d ‘estime de soi .C’est le courage qui va causer des sacrifices pour une cause même s’ il y a un prix à payer .

            La seconde définition serait la capacité à affronter les plus grands dangers .Cela pourrait être  imagé  par un comportement héroïque .Elle concerne ceux qui osent et ceux qui n’osent pas. Cela serait comme se lancer un défi personnel .Il y a donc la une forme de témérité c’est - a- dire la disposition à oser entreprendre sans réflexion et sans prudence . Il y a sûrement  un excès de confiance en soi ou un comportement impulsif .

            La troisième définition serait de « supporter la souffrance » .C’est donc accepter son sort autrement dit son destin .

            La dernière définition serait le courage est contraire à la paresse. La paresse surmontant le courage est plus ou moins naturel chez les individus .

 

            b.Mise en action du courage

            Par qui ?

            Le courage est plus reconnu chez les jeunes personnes car il y a plus de fougue, plus de témérité et moins d’engagement dans la vie .

Le courage de nos jours est aussi attribué aux femmes et fait évoluer la société. Cela mènerait les femmes vers plus de liberté . Ces deux cas sont fréquents mais ils ne faut pas oublier que le courage peut advenir chez tout individu .

            Avec quel intention ?

            Le courage est noble et doit être  désintéressé car il ne s’agit pas toujours  de soi et peut avoir des conséquences sur les autres .Un acte de courage pour le bien des autres est un acte motivé . Cet acte pour les autres serait donc un motif juste .

            Comment ?

            Le courage ne se définit par un appel à la réflexion .Celle -ci serait une perte de temps mais aussi pourrait amener à ne pas agir pour peser le pour et le contre. Cela serait comme réfléchir lorsqu’un homme se noie .

 

            2) la vision de cette vertu par : Alain .

 

            Nous allons donc maintenant voir la vision du courage part Alain.Tout d’abord Alain est un philosophe français  ayant vécu sur  2 siècles le 19 ème et le 20 ème .Il est connu comme philosophe mais aussi essayiste ainsi qu’enseignant en philosophie française .

            Je vais donc vous lire le chapitre 1 intitulé du courage du livre six de son œuvre Elément de philosophie .Ce livre se nomme « Des vertus » .  Lecture


  

            A la fin de cette lecture il faut noter plusieurs éléments ;

- Le courage définit l’homme et dit : «  On dit souvent l’homme par la raison ,et cette définition convient à tous , et même  aux fous, si l’on sait apercevoir la raison des passions, car ce n’est pas peu de chose que de se tromper ; mais on pourrait aussi définir l’homme par le courage,  »

- Le courage est finalement banal et peut se retrouver dans des nombreuses circonstances par exemple lors d’une guerre ou encore lors d’une catastrophe . Nous pouvons trouver une marque de courage dans de nombreux cas comme par exemple lorsque une mère protège ses enfants d’un danger .

- Le courage ne se montre que par  l’audace  . Alain écrit «  c’est merveille comme après avoir donné un moment l’image de l’audace la  plus déterminée , ils s’enfuient ou se cachent le plus simplement du monde » Alain attribue cela à l’animal .En revanche cette fuite par l’homme est complètement contraire à l’animal car celui—ci fuit par peur .

-Le courage est donc étroitement lié à la peur .Alain écrit «  je définirai bien l’homme par la peur aussi, car je ne puis penser que l’animal ait peur ; il fuit , ce n’est pas la même chose . »

Cependant la peur serait la marque d’une épreuve qui annonce l’accomplissement prochain du courage . Il écrit «  Il y a une grande honte dans la peur.Mais ce n’est qu’une épreuve  qui annonce un fier courage . »

-Le courage amène  quelqu’un à donner sa vie non pas comme tel mais pour la cause.Il écrit : « On dit quelquefois qu’alors il donne sa vie : mais il faut bien l’entendre ,il donne non à la mort , mais à l’action »

- L’impatience de la crainte du danger est une marque de courage «  une des causes de la guerre est l’impatience qu’on a de la craindre  .Le pressentiment aussi que cet état ne peut durer et que le plus beau courage est au fond de cette crainte la « 

 

            3) le courage de John

            Nous allons donc en s’appuyant sur l’écrit d’Alain commenter deux scènes du film .Avant cela je remets le contexte en place . Après avoir faire preuve d’héroïsme John a le choix de sa prochaine affectation .Il se fait donc envoyer dans un camp proche de la zone de contact avec l’ennemi. A son arrivée au Fort Sedgwick il trouve un camp désert mais décide cependant de rester et peut être la cible des amérindiens a tous moments .

Lecture

En s’appuyant sur les pensées d’Alain ;nous pouvons remarquer diverses marques de courage de la part de  John Dunbar . Précédent à cet extrait, John a donc eu le choix de son affectation et celui ci- était très bien au courant de la dangerosité des lieux .Malgré tout pendant le voyage il était  impatient d’arriver. Nous parlions tout à l’heure du pressentiment d’impatience courageux malgré le risque évident . John Dunbar est donc là courageux .

            Dans l’extrait nous pouvons remarquer deux représentations du courage .La première , majeure,  est essentielle au déroulement du film. C’est le choix qu’a fait John de rester seul malgré les dangers .Comme nous avons pu l’entendre celui-ci se confie dans son journal mais éprouve tout de même de l’inquiétude. Nous avons donc une démonstration de la peur . Cette peur ,est donc, comme le disait Alain, une épreuve prouvant encore une fois le courage de John .

La deuxième marque de courage est lorsque John, à son réveil, à la fois brutal et effrayant,  décide de se recoucher en n’oubliant pas toute éventualité d’une intrusion d’ un indien . Nous pourrions imaginer qu’un indien ait fait, en guise de diversion, sortir son cheval de l’enclos .

            Nous allons maintenant voir un très court extrait abordant aussi le courage. Comme nous venons de le voir John est suptible au danger. Dès  son arrivée , John est apeuré par des bruits suspects.Il découvre enfin leur origine. Un loup . Cet animal à la réputation d’être dangereux .Magré cela john va trouver le désir de l’amadouer .

Lecture

            Nous pouvons donc maintenant reparler de la fuite chez l’animal .Comme écrit Alain Chaussette, le loup, ne fuit pas l’homme par peur .En ce qui concerne John celui-ci connaissant tous les stéréotypes donnés à cet animal affronte sa peur et veut se rapprocher de plus en plus de lui .Nous trouvons encore là l’image du pressentiment d’impatience face au danger .

 

I) Tolérance :

 

 

            1)Introduction à la tolérance

            avant tout, il faut savoir que la tolérance vient du latin tolerare c’est-à-dire supporter et tolerantia c’est-à-dire la patience .Elle désigne la capacité à permettre donc supporter ce que l’on désapprouve et que l’on devra normalement refuser .Cette vertu est reconnue comme une des trois vertus maçonniques avec la bienfaisance et la solidarité .La franc maçonnerie est connue comme l’école de la tolérance et de la vertu . La tolérance est abordée de façon plus précise à la fin du 17 ème siècle grâce au philosophe anglais John Locke qui écrit en 1689 «  La lettre sur la tolérance » .Nous allons donc lire la préface de son ouvrage :

 

« AU LECTEUR

 La lettre suivante, sur la Tolérance, imprimée d'abord en latin, cette année même (1689), en Hollande, a déjà été traduite en hollandais et en français. Une approbation si prompte et si générale peut donc garantir d'avance l'accueil favorable qu'elle recevra en Angleterre. Je crois bien, à dire le vrai, qu'il n'y a pas de nation au monde chez laquelle on ait autant écrit sur ce sujet que chez la nôtre. Mais assurément aussi, il n'y a pas de peuple où l'on ait encore autant besoin de dire et de faire, sur cet article, quelque chose de plus qu'on ne l'a fait parmi nous.Non seulement notre gouvernement a été partial, en fait de religion; mais ceux même qui ont eu à souffrir de cette partialité, et qui par conséquent se sont efforcés, par leurs écrits, de défendre leurs droits et leurs libertés, l'ont fait, pour la plupart, sur des principes étroits; uniquement appropriés aux intérêts de leurs propres sectes.

Cette étroitesse d'esprit, qui s'est manifestée de tous côtés, a sans doute été la principale cause de nos misères et des troubles qui ont régné parmi nous. Mais, quelle qu'en ait été la source, il est aujourd'hui grand temps d'y chercher un remède efficace. Nous avons besoin d'employer des moyens de guérison plus généreux que ceux dont nous avons fait usage jusqu'à présent. Ce ne seront ni des déclarations d'indulgence, ni des actes d'amnistie, plus ou moins étendus, comme ceux qu'on a pratiqués ou projetés parmi nous, qui mettront un terme à notre souffrance. Les premiers ne sont que des palliatifs, les seconds ne font qu'augmenter le mal.

Une liberté absolue, une juste et véritable liberté, une liberté égale et impartiale, voilà ce dont nous avons besoin. Or, quoiqu'on en ait beaucoup parlé, je doute qu'on l'ait encore bien comprise; je suis sûr au moins qu'elle n'a été mise en pratique ni par nos gouverneurs, à l'égard du peuple en général, ni par aucune des sectes non-conformistes, à l'égard les unes des autres.

Je ne puis donc m'empêcher d'espérer que le discours suivant, où ce sujet est traité assez brièvement mais pourtant avec plus d'exactitude qu'on n'y en avait encore mis, et où l'on démontre à la fois l'équité et la possibilité de l'exécution du moyen proposé, sera considéré comme très convenable aux circonstances présentes, par tout ceux qui ont assez de grandeur d'âme pour préférer le véritable intérêt public à celui d'un parti.

C'est pour l'utilité de ceux qui ont déjà ce généreux sentiment, ou pour l'inspirer à ceux qui ne l'ont pas, que j'ai traduit cet écrit dans notre langue. Mais il est lui-même trop court, pour comporter une plus longue préface; je le livre donc à la réflexion de mes compatriotes, et je souhaite de tout mon coeur qu'ils puissent en retenir l'utilité que l'auteur paraît avoir eu en vue en le composant »

            On retient de cet extrait 3 éléments importants:

Le premier est que la tolérance passe par la séparation de la religion et de l’état car cette alliance ne voudrait que « défendre leur droits et leurs libertés ».

Le deuxième est que la tolérance est une liberté essentielle «  Une liberté absolue, un juste et véritable liberté, une liberté égale et impartiale, voila ce dont nous avons besoin . »

Et le dernier c’est que la tolérance se trouve chez les hommes de nature généreuse  et que ce sont eux qui inspirent ceux qui ne le sont pas .

            Au sens moral la tolérance est la vertu qui porte à respecter ce que l’on n’accepterait pas spontanément comme lorsque l’on va à l’encontre de sa propre façon de penser . Elle tend à éviter les conflits .

            Volaire ,dans son oeuvre dictionnaire philosophique, s’interroge sur la tolérance et la définit comme essentiel à l’homme et devrait être acquise de façon naturelle ;

Il écrit : «Qu'est-ce que la tolérance? C'est l'apanage de l'humanité. Nous sommes tous pétris de faiblesses et d'erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c'est la première loi de la nature.»

 

            B) La mise en application de la tolérance par Montaigne

            Montaigne dans ses Essais, aborde indirectement la tolérance .Dans son oeuvre de 1595, il critique la société dans laquelle il vit  .Je vais vous lire un passage « des Cannibales » .voici le contexte : des indiens arrivent à Rouen pour rencontrer le roi Charles IX alors âgé de douze ans ,Montaigne est présent. Lors de cette rencontre Montaigne à eu l’opportunité de parler avec eux à l’aide d’un interprète et retranscrit ce qu’il a vécu .

 

« Or je trouve, pour revenir à mon propos, qu’il n’y a rien de barbare et de

sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun

appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ; comme de vrai, il semble

que nous n’avons autre mire de la vérité et de la raison que l’exemple et

idée des opinions et usages du pays où nous sommes. Là est toujours la

parfaite religion, la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes

choses. Ils sont sauvages, de même que nous appelons sauvages les fruits

que nature, de soi et de son progrès ordinaire, a produits : là où, à la vérité,

ce sont ceux que nous avons altérés par notre artifice et détournés de

l’ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages. » 

 

Montaigne critique l’intolérance et le conformisme de sa société .Cette société ne voit les indiens que comme des barbares .Ce que la société veut c’est ce  que les gens pensent .L’homme n’apprend pas à connaître une personne mais la juge sans même faire l’effort de la connaitre .Il y a donc là un manque de tolérance de la part des occidentaux .La tolérance passe donc par la compréhension d’un peuple et la communication avec lui .

 

            3) LA TOLÉRANCE DU LIEUTENANT :

Nous allons maintenant voir deux extraits les deux à 15 minutes d’intervalle.Ils marquent les premiers rapprochements entre les deux civilisations .

Lectures

John Dunbar applique la tolérance ,comme le fait Montaigne, par le biais de la communication sans s’arrêter sur les préjugés .Malgré la barrière de la langue, les sioux et John échangent aussi bien que possible . La tolérance amène donc à la générosité et au partage. On parle de cadeaux qui partent de bons sentiments. Il y  a donc une preuve que cette vertu maçonique pronne pour le bien et peut se rapprocher avec l’une des deux autres vertus : la solidarité .

 

 

 

            En conclusion nous pouvons affirmer que oui un homme peut être  caractérisé par multiples vertus .On peut se souvenir de ce film comme une preuve de cette affirmation. John Dunbar fait preuve d’un courage sans faille et montre une haute tolérance envers les autres .

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