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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 11:11

 

Exposé de Mr Régis Tardy  : Les Chemins de la liberté

 


film de Peter Weir (2010)


Avec Jim Sturgess, Ed Harris, Saoirse Ronan

Titre original : The Way Back
Long-métrage américain .
Durée : 02h14min




Ce film est adapté du récit très probablement véridique de Slavomir Rawicz :

A marche forcée.

Synopsis

Lors de la seconde guerre mondiale, des prisonniers s'évadent d'un camp de travail sibérien. Ce groupe hétérogène va s'échapper de cet enfer et, à force de volonté, acquérir de nouveau sa liberté après 10 000 km de marche à travers la Sibérie glacée, les plaines de la Mongolie, le désert de Gobi et les sommets de l’Himalaya. Certains s’arrêteront en chemin, d’autres ne survivront pas aux épreuves. L’Inde - alors sous contrôle anglais - est le but ultime.

 

Les chemins de la liberté a d’abord été mal reçu par les premières critiques. Jugement compréhensible car ce long métrage de Peter Weir est très épuré, que ce soit dans l’intrigue ou même, chose étonnante, dans l’image. A tel point que ce film a été comparé aux fameuses feuilles blanches en littérature. Cependant, des critiques plus approfondies qui ont suivi la sortie du film, ont décelé une analyse très profonde de la nature humaine voire du modèle de la société. Cela nous pousse à nous interroger sur la véritable nature du film. En effet ce parcours vers la liberté semble être en réalité un voyage initiatique permettant à l’homme, grâce au groupe, de s’accomplir pleinement. Le meilleur moyen pour l'homme de se réaliser en tant que tel est-il de vivre en société ou non ? Dans ce film il apparaît que l’homme, privé de sa liberté ne peut qu’être individualiste et égoïste : ce sera l’objet de notre première partie, nous étudierons ensuite le processus d'évolution de cette micro société, et enfin comment celle-ci peut et doit faire naître et fructifier les valeurs humanistes de l'individu.

I)L’homme privé de sa liberté doit être individualiste et égoïste pour survivre.
 

Les premières scènes du film sont consacrées à la représentation de la vie du condamné dans un camp de travail en Sibérie. Il se retrouve tout seul. Peter Weir insiste alors sur le fait que, dans cette situation, l'homme, pour survivre, est contraint à l’individualisme. Il devient alors l'esclave et le jouet de sa partie bestiale. Il se révèle sans pitié dès qu’il comprend qu’il n’y pas d’autres moyens pour conserver un semblant de vie. Il doit tirer parti de tout, tant du peu de nourriture qu'on lui concède, que de l'eau croupissante et boueuse, ou même de l’écorce d’arbre qu'il avale avec avidité. Il constate alors que même l'aide qu'il pourrait apporter à un mourant ne lui serrait d'aucun secours : ce dernier mourra de toutes façons le lendemain. Il apparaît alors une véritable haine du prochain car tous deux sont engagés dans la course et la compétition pour la survie.

Nous constatons donc que l'homme seul et enfermé devient égoïste et individualiste. Mais ce n'est pas tout il doit aussi se méfier de tous ceux qui l'entourent. Disparaît alors toute confiance. Toute action entreprise se fait en cachette. Tout succès s'acquiert par soi-même ; il n'y a donc aucune cohésion possible dans ce lieu. Le voisin peut mourir, la seule préoccupation de ses compagnons sera de le faire disparaître au plus vite dans un pur souci d’égoïsme : éviter d'être contaminé par une maladie. Il n'y a donc même plus le respect du mort et de la mort. Nous disons souvent et cela avec raison que l'homme se montre vraiment homme lorsqu'il rend un culte à ses morts en les ensevelissant. Nous pouvons donc affirmer que l'homme seul perd progressivement son humanité, en clair tout ce qui fait de lui véritablement un homme.

Enfin, dans le cas précis du goulag, pour survivre, l'homme a besoin d'un but, d'une fin qu'il se donne ou s’invente afin de garder l’espérance, vertu vitale dans ce genre de situation, car l'homme ne peut même plus compter sur sa liberté de mouvement. Ainsi il se trouve des condamnés capables de vivre de l'espoir des autres, même s'il faut pour cela lui faire perdre tout espoir. L'un fera ainsi croire à son compagnon que l'évasion est possible et se complaira dans ce rêve. Le monde de l'individualité est donc le monde de l'égoïsme, de la cruauté, et de la profonde indifférence pour son prochain. Cette détresse les pousse même à s'entre tuer pour survivre. Cette solitude entraîne enfin la perte de la dernière liberté que possède l'homme lorsqu'il est fait prisonnier, à savoir, la liberté de pensée. Le fait de se recroqueviller sur lui-même pousse l'individu à esclavager son esprit, son jugement. Il ne pense plus, il attend que les événements suivent leur cours, il subit littéralement sa condition. Cela concorde avec les témoignages des personnes ayant survécu à un tel emprisonnement ; ils disent qu'à ce moment ultime, ils perdaient tout, jusqu'à leur liberté de pensée, dernière chose pourtant qui leur restait.

 

II) Organisation progressive et rapide d’une société

Dans cet enfer, un groupe hétérogène essaie de se former dans le seul but de tenter l'impossible c'est à dire, l'évasion. Ce projet réussit et ce groupe devient progressivement une véritable micro société. En effet, les hommes vivent en totale autarcie, ils se procurent eux-mêmes toute la nourriture dont ils ont besoin, ils se fabriquent de leur propre main les objets nécessaires à leur marche, comme les chaussures, ou les vêtements de protection. C’est le cas du masque contre la tempête de neige fabriqué avec des écorces :


Cette vie en autarcie est d’ailleurs une nécessité, tout contact avec la population pourrait les dénoncer. Nous remarquons très vite qu'il n'y a pas véritablement de héros dans ce film : c'est en réalité le groupe entier, cette micro société qui en a le statut. Toutefois, ce groupe garde au départ une attitude de bête traquée. Les hommes fuient en se méfiant de tout ce qui les entoure et nous les voyons se replier sur eux-mêmes, ce qui les contraint rapidement à vivre ensemble et à briser cet individualisme qui régnait dans le camp.

Ainsi, cette micro société va rapidement prendre une forme qu'elle va conserver jusqu'à la fin. Personne ne peut en effet se procurer tout ce qui lui est nécessaire pour survivre dans cette immensité de nature hostile qui les entoure. Ils se retrouvent en effet dans une situation où ils ne sont rien face à l'infini de la nature. Ils ne savent qu'une seule chose c'est que seule leur intelligence et leur volonté, c'est à dire ce qui fait d'eux des hommes, pourra les sortir de là et les écarter de la mort. Peter Weir va ainsi insister longuement sur des images où l’homme est un petit point perdu dans l’immensité de l’étendue du désert. Ces images symbolisent évidemment la petitesse et l’incapacité de l’homme face à la nature et à l’infini. L’homme devient en effet un point sur l’image qui ne comporte plus qu’une immense étendue de désert. Grâce à cela, le réalisateur veut insister sur la fragilité de l’homme par rapport à la nature qui l’entoure, nature féroce et impitoyable. L’homme ne peut rien face à elle, il est totalement démuni. L’homme est le jouet de la mer qu’il a dû apprendre à connaître, il était la victime du feu avant d’avoir réussi à le maîtriser, il est toujours dépendant de la nature et de ses caprices pour se nourrir. Il ressemble au grain de sable au regard de cet infiniment grand. Peter Weir voulait certainement nous faire sentir et même appréhender cette réalité. Nous savons en effet que de nombreux savants et ingénieurs veulent à tout prix prouver que l’homme est le maître de la nature qui l’entoure. Or, cette observation pleine de bon sens de Peter Weir vient nous rappeler la faiblesse de l’homme et son incapacité à régir les lois qui gouvernent la nature. C’est l’exacte pensée de Pascal qui ne peut oublier les innombrables faiblesses humaines et compare ainsi l’homme, dans ses Pensées, à un roseau. Cependant, il reste grand par la pensée d’où l’expression du « roseau pensant »

Conscients de leurs faiblesses, ils décident de tout mettre en commun. Cette attitude rejoint la fameuse thèse de Rousseau qu'il développe dans le Contrat Social et qu'il résume en cette phrase : « chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons encore chaque membre comme partie indivisible du tout. » cette union ne les immunise évidemment pas contre la mort qui va jalonner leur route. Le premier succombe peu de temps après l'évasion. En face de la mort, leur première réaction est le désespoir. Ils sont totalement bouleversés, car ils se rendent compte que cette épopée ne se fera pas sans souffrance et que tous n'y arriveront pas. Ils comprennent néanmoins que la mort ne doit pas être pour eux un sujet d'abattement. Ils apprennent à vivre avec elle et lorsque le dessinateur meurt, c'est dans une atmosphère de quiétude. Peter Weir veut nous enseigner par là, dans le même esprit que les stoïciens, que la mort ne doit pas nous obséder l'esprit et nous empêcher ainsi de vivre, elle est une réalité. Il a aussi l'intention de montrer que lorsque la société a peur de la mort, elle n'avance pas, ne progresse pas, surtout lorsque c'est l'élite intellectuelle qui est touchée par cette peur naturelle mais infantile. En effet, celui qui n'a pas appris à apprivoiser la mort n'a pas vraiment compris la substance de toute vie, la mort en est l'aboutissement. C’est bien la seule vérité lorsque nous venons au monde. Il faut donc apprendre à composer sa vie autour de cet élément certain ; ce que va rapidement comprendre ce groupe d'évadés.



III)comment cette micro société peut et doit faire naître et fructifier les valeurs humanistes de l'individu ?



Tout d'abord, grâce à la société, l'individualisme qui régnait dans le camp de travail disparaît au profit de l'entre-aide, seul moyen efficace pour eux de survivre, car lorsque quelqu'un est fatigué, son voisin, davantage en forme à ce moment, va lui porter secours et lorsque celui-ci sera à bout de force, ce sera au tour de son compagnon de lui venir en aide. Et chacun le fait dans la mesure de ses moyens et avec les compétences qu'il a. C'est ce genre d'attitude qui renforce la cohésion de tout groupe. Prenons l'exemple de Kristina qui va soigner les plaies de monsieur Smith au moment où il est prêt à abandonner. Elle-même va être portée par l'un de ses compagnons après s’être écroulée dons le sable du désert de Gobi. Nous comprenons mieux alors la valeur du don de soi et du service. N’était-ce pas l'idéal des jeunes partis mourir pour leur patrie lors des deux Guerres Mondiales ou même celui des scouts dont la France est le modèle ? L'enseignement que nous devons en tirer est que la société a sans cesse besoin d'hommes qui à différents niveaux sont prêts à se sacrifier pour leur pays auquel ils doivent beaucoup. Et ce n'est qu'à ce moment qu’apparaît une véritable amitié telle que la définit Aristote dans l’Éthique à Nicomaque (livre VIII, 1). On parvient au sacrifice sublime et au renoncement que l'on peut qualifier de divin car l'homme est alors capable de se sacrifier pour le bien commun. Et c'est la définition latine de l'amitié : eadem velle, eadem nolle, ea vera amicitia.

Pour mieux comprendre la place qu'occupe la notion de société dans le film, nous pouvons souligner que les seuls points qui divergent d'avec le livre sont des points qui permettent de mieux mettre en valeur ce groupe organisé en micro société. C'est le cas par exemple de l'implication de Kristina au sein du groupe. En effet, elle devient dans le film la confidente de ses compagnons, ce qui n'est pas le cas dans le livre. Enfin, la société va permettre que chacun par son rôle et ce qu’il représente participe au bien commun. La crapule devient le protecteur, symbole de l'ordre public. Monsieur Smith est le symbole de la sagesse possédée acquise par l'expérience. Le rôle le plus significatif est celui du comique, symbole des arts. D'un point de vue matérialiste ils seraient inutiles. De fait, nous remarquons qu'ils sont indispensables. Ils vont empêcher les hommes de flancher, ils vont les soutenir dans les moments de faiblesses morales. En effet : « personne ne peut vivre sans délectation. C'est pourquoi celui qui est privé des délectations spirituelles passe aux charnelles » l'art va leur apprendre la modération, la joie.

Enfin, la vie en société leur apprend à appliquer les vertus fondamentales qui sont aussi les vertus théologales. Dans son texte Les Vertus, Alain montre que la vertu de foi est indispensable car si nous ne croyons pas, nous ne pouvons pas y arriver. C'est la même chose pour l’espérance : si nous n'espérons pas que l'épreuve soit moins dure que ce que nous appréhendions au départ, nous avons peu de chance de réunir la force nécessaire afin de sortir de cette épreuve. Enfin la vertu qui va coordonner les autres est la vertu de charité ; elle amène la bienveillance envers son prochain et permet de conserver et de développer l'amitié sociale. C'est en effet l'amitié sociale qui est la base de la société. Et soulignons enfin l'importance de la société pour augmenter les connaissances de l'individu et pour faire progresser la société d'un point de vue matériel. Nous voyons en effet dans le film Ianoutch utiliser sa science et la transmettre aux autres pour se diriger grâce à la mousse sur les arbres(la mousse se situe sur la face sud de l'arbre). Chacun a des connaissances mais seule la société d'échanger ces connaissances. Nous pouvons ainsi nous servir des découvertes d'autrui (pensons aux champignons : nous nous servons des découvertes et études d’autrui pour les connaître)

Ainsi, ce film nous permet d'étudier la place de l'homme dans la nature. Et sa seule place est au sein d'une société dans laquelle il pourra développer ses qualités humanistes, pour s'affranchir de son état primitif bestial. La définition de cette société salvatrice exposée par Les Chemins de la liberté réside dans un groupe d'hommes autonomes, unis grâce à un climat d'amitié entre tous les membres et soumis à une autorité, sachant que sa cause finale est le bien commun du groupe. Cela passe évidemment par la paix et la jouissance. C'est ainsi que nous pouvons comprendre la définition que fait Aristote de l'homme: l'homme est un animal social. La vraie liberté de ces hommes commence donc par la liberté physique avant de les conduire à la véritable liberté, celle de l’ homme accompli capable de se maîtriser et de se sacrifier pour le bien commun. Enfin, soulignons que comme dans le Truman Show, du même réalisateur, c'est l'amour qui guide l’homme vers cette liberté.

   

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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 11:09

Mr Habimana : Vanilla sky

Réalisateur: Cameron  Crow

Année: 2001

 

Acteurs principaux :Tom Cruise,Penelope Cruz et Cameron Diaz

David Aames est un jeune millionnaire à qui tout réussit. Lors de la fête organisée pour son anniversaire, son meilleur ami Brian lui présente Sofia. Pour David, c'est le coup de foudre. Le lendemain, Julie Gianni, une amie avec qui il entretenait une liaison, lui propose de faire une balade en voiture. Mais folle de jalousie, car amoureuse de David, elle jette la voiture d'en haut d'un pont. Julie meurt dansl'accident et David reste défiguré. La vie du jeune millionnaire bascule. En effet  l’accident, en plus de cette défiguration va causer de graves séquelles physiques et mentales.  À partir de cet instant, rien ne sera plus pareil pour David. La vie du jeune homme se transforme en cauchemar  car son apparence semble dégoûter celle qu’il aime .Il décide alors d’en finir avec cette vie qui ne lui convient plus et de se faire cryogéniser pour vivre la vie qu’il aurait aimé vivre après cet accident .Cependant, son inconscient lui joue des tours et il se retrouve en proie aux conséquences de ses sentiments pour Julie .Ce monde si parfait semble ne plus l’attirer ,et l’homme décide de revenir à la vie pour connaître le miel et surtout le vinaigre c'est-à-dire la douleur nécessaire au bien être.Le film nous fait donc réfléchir sur l’utilité d’assouvir tous ses désirs et sur ce qui fait réellement le bonheur.

 

 

C’est pour cela, que ce travail répondra avant tout à la question suivante: Qu’est-ce que le bonheur? 

Nous commencerons tout d'abord cette analyse philosophique du film par la personnalité du personnage principal, à savoir David AEMES

Nous nous interrogerons ensuite sur ce qu'est le bonheur grâce au désir et à l'amour .Car, ces notions sont consubstantielles au bonheur .

Nous verrons enfin, que la question sous l’égide de laquelle ce raisonnement s’élabore n'est qu'une piste parmi d'autres pour interpréter ce film .Car l'autre question que nous pouvons nous poser est: qu'est-ce que  le réel?

 

Le  personnage principal

On ne peut comprendre l’œuvre cinématographique sans comprendre la personnalité de David. En effet, en plus d’être la figure central de ce film,l'homme contrôle le monde qui l'entour et ce, à son insu. Il est donc essentiel de se focaliser sur lui pour comprendre le monde dans lequel il évolue.

 

David est l'héritier d'une fortune considérable. Cette situation le rend insouciant car l'homme semble ne rien prendre au sérieux.Cela est dû à la promptitude de son ascension qui peut aussi être mis en parallèle avec sa peur panique du vide car elle est liée à cette ascension fulgurante

qui est allé trop vite et qui lui empêche d'assumer les hauteurs qu'il a atteint. La soirée qu'il organise est aussi importante pour cerner le personnage car nous saisissons l'importance que l'amour va avoir dans sa vie. En effet, c’est à ce moment qu’apparaît Sofia, le monde cesse de tourner pour David qui découvre à 33 ans ce qu'est l'amour en posant les yeux sur cette jeune fille. Une fois encore, son amie Brian lui rappel l'aigreur de la vie qu'il n'a pas connu. Comment  cet homme a t il put commettre un meurtre? C’est la question qu'on se pose en écoutant l'interrogatoire auquel il est soumis. Le port de ce masque est encore plus intriguant car on se demande quelles turpitudes se cachent sous ce faux visage. La suite des événements nous apporte plus d'explications.L'homme en proie à la démence, aurait tué Sofia en la prenant pour Julie. Nous nous retrouvons donc dans l'esprit d'un homme dont les souvenirs

se mélangent et nous sommes aussi troublés que lui en voyant son rêve se transformer en cauchemar. Une fois la vérité dévoilée, David se rend compte qu'il n'a pas trouvé le bonheur dans ce monde artificiel comme dans l'autre. Alors qu'est-ce que le bonheur? Cette question qui

Revient de façon récurrente tout au long du film nous pousse à nous interroger sur cette notion philosophique du début à la fin du film.

 

 

 

 Afin de satisfaire ses désirs, et de mettre fin à ses souffrances, David contacte Life extension et demande à être cryogénisé pour vivre dans son rêve avec Sofia dans un monde crée de toutes pièces  afin de combler tous les manques de sa vie(amour, absence de père etc).Life extension se base donc sur la conception nietzschéenne du bonheur à savoir l’oublie pour ne pas ruminer un passé trop douloureux c’est pour cela, que David a désiré ne se souvenir de rien. Selon Spinoza, les désirs sont ce qui nous exprime pleinement, une affirmation de nous meme. Ainsi,nous pouvons comprendre à la fin du film à quel point ce rêve correspondait à des désirs enfouis dans son esprit mais que lui-même ignorait. En définitive, le rêve ne peut apporter de solution à son problème car, à la longue, David se lasse de vivre dans un monde qu’il contrôle totalement .Il fait donc un choix stoicien en demandant à revenir à la réalité car il choisis de se couper de ce qui ne dépend pas de lui .Epictète affirme qu’il faut accepter les vicissitudes de la vie sans jamais s’en plaindre. Le véritable bonheur présenté par Vanilla sky est donc complétement indépendant de notre gré.

 

Selon Sénèque,le plaisir « est chose basse et servile, faible et fragile ». C’est surtout l’aspect faible et fragile du plaisir qui se manifeste à travers la superficialité de l’amour que David a Connu avec Julie. Sénèque affirme par ailleurs qu’il est impossible de confondre bonheur et plaisir, le premier étant un état durable, le second, un sentiment éphemère.Le plaisir, arrivé à Son plus haut point s’évanouit alors que le bonheur identifié au souverain bien est immortel

Il en va de même pour les désirs que suscitent les deux femmes qui peuvent être rattachés au deux Eros évoqués par Pausanias dans le banquet de Platon. En effet Pausanias distingue l’éros vulgaire de l’éros céleste : L'Éros vulgaire aime l'aventure : il aime les femmes comme les garçons, les corps. Il recherche des partenaires peu intelligents, car seul son but lui importe. Il fait l'amour au hasard, sans se demander si son action est bonne.

 

L'Éros vulgaire c'est l'amour physique et superficiel en opposition à l'Aphrodite céleste qui est l'amour des âmes, l'amour pur. Cette éros est indubitablement incarné par Julie, et s’oppose à celui incarné par Sofia qui est la seul femme qui peut lui procurer un réel bien-être. Cette ataraxie nous prouve que le bonheur est avant tout ce qui touche à l’éternité. « Tu es morte et je suis congelé, mais je t’aime » cette citation met en exergue la seule chose qui peut être éternelle c’est-à-dire ce qui est du domaine du transcandant,du spirituel.Lui qui voulait être éternel,il se rend compte que seul ses sentiments peuvent l’être et ainsi contribuer au bonheur.

 

 

Le film nous montre également que le bonheur, doit pour être savouré, être précédé de la souffrance. «Pas de miel sans vinaigre »cette remarque récurrente met l’accent sur la nécessité Schopenhauerienne de la souffrance pour mieux savourer le bonheur. Pour le philosophe, le bonheur sans souffrances n’est qu’ennui .C’est donc pour fuir cet ennui que David choisi de revenir à la vie réel.L’homme veut cesser de rêver éternellement, il n’y a donc pour lui aucun intérêt à vivre dans un monde qu’il contrôle totalement, cela devient très vite ennuyeux. Nietzsche s’accorde avec Schopenhauer pour reconnaitre tout ce que la réalité a des terrifiant mais rejette totalement le renoncement à cette réalité. Selon lui, il faut au contraire l’accepter et même l’aimer. Ajoutons que pour  Nietzsche l’intensité du plaisir d’un homme est lié à la Souffrance qu’il peut endurer.

 

En définitive, nous pouvons comprendre que le film nous expose une vision purement subjective du bonheur « qu’est-ce que le bonheur pour TOI David ».

De plus le bonheur ne se savoure qu’à condition de ressentir de la souffrance.

Enfin, le bonheur proposé par life extension est un bonheur qui semble parfait, mais ne l’est pas car il comble .Donc, par définition, il ne laisse plus la possibilité de désirer plus (ce qui est le propre de l’homme).Et pour désirer, il faut se retrouver en manque ,il faut donc que la vie soit imparfaite. C’est cette vie que choisi David.

 

En analysant le film en détail nous remarquons également qu’il y a des indices depuis le début, qui nous poussent à douter en permanence de la réalité qui nous est présentée (la date sur la voiture n’existe pas) . Le doute cartésien est donc nécessaire pour comprendre que la seule personne dont l’existence ne peut pas être remise en question est David qui pense et s’interroge. Le cogito ergo sum de Descartes est donc une autre piste d’interprétation d’un film qui semble n’aborder que le bonheur. Ce relativisme concernant la vie peut donc aussi concerner le bonheur, car si le bonheur n’est jamais atteint, et qu’il varie en fonction des personnes, peut-t-on dire qu’il existe ?

 

 

 

 

 

Corpus

 

" La satisfaction, le bonheur, comme l'appellent les hommes, n'est au propre et dans son essence rien que de négatif , en elle, rien de positif. Il n'y a pas de satisfaction qui, d'elle-même et comme de son propre mouvement, vienne à nous , il faut qu'elle soit la satisfaction d'un désir. Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or, avec la satisfaction cesse le désir, et par conséquent la jouissance aussi. Donc la satisfaction, le contentement, ne sauraient être qu'une délivrance à l'égard d'une douleur, d'un besoin , sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait de l'existence un fardeau. Maintenant, c'est une entreprise difficile d'obtenir, de conquérir un bien quelconque , pas d'objet qui ne soit séparé de nous par des difficultés, des travaux sans fin , Sur la route, à chaque pas, surgissent des obstacles. Et la conquête une fois faite, l'objet atteint, qu'a-t-on gagné ? Rien assurément, que de s'être délivré de quelque souffrance, de quelque désir, d'être revenu à l'état où l'on se trouvait avant l'apparition de ce désir. Le fait immédiat pour nous, c'est le besoin tout seul, c'est-à-dire la douleur. Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître qu'indirectement : il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la privation passées, qu'elles ont chassées tout d'abord. Voilà pourquoi les biens, les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n'en avons pas une vraie conscience, nous ne les apprécions pas , il nous semble qu'il n'en pouvait être autrement , et en effet, tout le bonheur qu'ils nous donnent, c'est d'écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre, pour en sentir le prix , le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans intermédiaire s'offre à nous. "

 

Schopenhauer

 

L’oubli n’est pas seulement une vis inertiae, comme le croient les esprits superficiels ; c’est bien plutôt un pouvoir actif, une faculté d’enrayement dans le vrai sens du mot, faculté à quoi il faut attribuer le fait que tout ce qui nous arrive dans la vie, tout ce que nous absorbons se présente tout aussi peu à notre conscience pendant l’état de « digestion » (on pourrait l’appeler une absorption psychique) que le processus multiple qui se passe dans notre corps pendant que nous « assimilons » notre nourriture. Fermer de temps en temps les portes et les fenêtres de la conscience ; demeurer insensibles au bruit et à la lutte que le monde souterrain des organes à notre service livre pour s’entraider ou s’entre-détruire ; faire silence, un peu, faire table rase dans notre conscience pour qu’il y ait de nouveau de la place pour les choses nouvelles, et en particulier pour les fonctions et les fonctionnaires plus nobles, pour gouverner, pour prévoir, pour pressentir (car notre organisme est une véritable oligarchie)_ voilà, je le répète, le rôle de la faculté active d’oubli, une sorte de gardienne, de surveillante chargée de maintenir l’ordre psychique, la tranquillité, l’étiquette. On en conclura immédiatement que nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent ne pourrait exister sans faculté d’oubli. »

 

Nietzsche, Généalogie de la morale

 

These Texte De Spinoza Desirs

Thèse Philosophie

 

Spinoza engage sa réflexion par la présentation de son argument et sa conviction : " En quoi convient-il mieux d'apaiser la faim et la soif que de chasser la mélancolie ? "

Lorsque l'on désire quelque chose que l'on a pas, on ressent un manque et l'on en souffre : les larmes, les sanglots, la crainte... on devient impuissant .   Devons nous rester impuissant ? Kojève dit : " L'Homme s'avère humain en risquant sa vie pour satisfaire son désir ". Il s'agit donc   de se battre pour   lutter contre l'impuissance et de devenir heureux. Il est naturel de satisfaire son désir, car l'objet du désir apaise et amène au bonheur. Et plus l'Homme est affecté par une grande joie plus il s'approche de la perfection, le bonheur agissant comme un entreteneur et décuplant les capacités de l'humain dans toutes ses matières.

Ne se contenter alors que des besoins matériels ne rend pas l'homme plus sage et plus apte à la compréhension, la justesse et l'intelligence, il peut le rendre aveugle de la tristesse engendrée par l'inaccessibilité de l'objet du désir.

Le désir est vu comme l'atteinte de la perfection lorsqu'il rend heureux le désireux. Le désir est comme l'essence de persévérer dans son être, il est la jouissance et le but d'une vie. Le désir peut représenter une victoire personnelle lorsqu'il est assouvit, et donc entretenir l'envie de vivre, et non pas le désir de mourrir comme Freud.

Les désirs ne sont donc pas si mauvais, et peuvent être assouvis, la sagesse réside en la capacité de distinguer quels désirs assouvir. Il faut alors selon Spinoza céder a ses désirs, cette faiblesse permettra d'atteindre un grand bonheur proche de la nature divine, et ne dit-on pas " le meilleur moyen de résister a la tentation c'est d'y céder ? " et la tentation pour être les désirs, son désir.

Mais le désir n'est jamais repu, ce qui fais que chaque désir comblé amène a un suivant,   de plus,   peut aussi prendre de multiples formes .

 

(Stoiciens) Ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous

 

 

 

Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous. Dépendent de nous l'opinion, la tendance, le désir, l'aversion, en un mot toutes nos œuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, en un mot toutes les choses qui ne sont pas nos œuvres propres. Les choses qui dépendent de nous sont naturellement libres, sans empêchement, sans entrave ; celles qui ne dépendent pas de nous sont fragiles, serves, facilement empêchées, propres à autrui. Rappelle-toi donc ceci : si tu prends pour libres les choses naturellement serves, pour propres à toi-même les choses propres à autrui, tu connaîtras l'entrave, l'affliction, le trouble, tu accuseras dieux et hommes ; mais si tu prends pour tien seulement ce qui est tien, pour propre à autrui ce qui est, de fait, propre à autrui, personne ne te contraindra jamais ni ne t'empêchera, tu n'adresseras à personne accusation ni reproche, ni ne feras absolument rien contre ton gré, personne ne te nuira ; tu n'auras pas d'ennemi ; car tu ne souffriras aucun dommage. Toi donc qui poursuis de si grands biens, rappelle-toi qu'il faut, pour les saisir, te remuer sans compter, renoncer complètement à certaines choses, et en différer d'autres pour le moment. Si, à ces biens, tu veux joindre la puissance et la richesse, tu risques d'abord de manquer même celles-ci, pour avoir poursuivi ceux-là, et de toute façon tu manqueras assurément les biens qui seuls procurent liberté et bonheur. Aussi, à propos de toute idée pénible, prends soin de dire aussitôt : « Tu es une idée, et non pas exactement ce que tu représentes. » Ensuite, examine-la, éprouve-la, examine-la selon les règles que tu possèdes, et surtout selon la première, à savoir : concerne-t-elle les choses qui dépendent de nous ou celles qui ne dépendent pas de nous ? Et si elle concerne l'une des choses qui ne dépendent pas de nous, que la réponse soit prête : « Voilà qui n'est rien pour moi. »

(séneque)

 

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